‹ L'Allemagne sous Napoléon IerChapitre 22 sur 51 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

IVOf» alllé« de la CSonfédératlon du

de PnuMe (lS9#-iS«V).

La campagne de 1806 qui anéantit la monarchie prussienne est aujourd'hui, plus que jamais, la mieux connue des campagnes de Napoléon. Un épisode moins populaire de la guerre de Prusse est la conquête de la Silésie par les contingents de la Confédération du Rhin. Il nous a paru intéressant de rechercher la part qu'ont eue à la défaite de la Prusse ces mêmes Allemands du Sud qui sont venus chez nous chercher la revanche dléna. Quelle figure ont faite sous le drapeau français lesWûrtembergeois, lesBadois, ravageurs de TAlsace et de la Franche-€omté, et ces Bavarois qui se sont illustrés à Bazeilles, — c'est ce que va nous apprendre la correspondance des généraux français.

Une première fois déjà les états du Rhin avaiesS fourni des troupes auxiliaires à la Grande-Année.

LES SOLDATS DE LA CONFÉDÉRATION. i5l

JLvânt la capitulation d'UIm, l'électeur de Bavière avait opéré avec 2S,000 hommes sa jonction avec S^aadotte; les troupes des autres princes n'avaient pris qu'une £aible part à la campagne de 180S. S(Ht qu'elles n'eussent pas été fournies à temps , soit que Napoléon n'ait pas voulu exposer des soldats peu aguerris à une trop rude épreuve, nous ne les voyons paraître sur aucun des grands champs de bataille. Les Bavarois seuls rendirent quelques services dans ia conquête du Tyrol. Mais depuis les traités de juillet i 806, qui avaient constitué le Rheinbundei fixé définitivement le contingent de chaque état, les alliés de la Fran4^ étaient appelés à prendre une plus grande part à la lutte et au danger. La guerre de Prusse allait vraiment serrer les liens de la fraternité militaire.

Ceux qui s'affligeaient en Allemagne de voir les Germains lutter contre les Germains devaient être fort peu nombreux à cette époque. Quand donc les peuples ou les i^inaes auraient-ils appris que des guerres entre Allemands pouvai^it être des guerres civiles? Depuis les campagnes romaines sur le Rhin, depuis les batailles d'Attila où les tribus gennaniques se combat* laient au hasard dans une mêlée universelle, depuis le duel légendaire d Hadebrand et Flildebrand, quand donc le Germain avait-il été sacré pour le Germain? Ce n'avait été assurément ni dans les guerres des CaroUngiens contre tous les peuples teutoniqucs, ni dans la kmgae rivalité des WelfF et des Hohenstauffen, ni dans l'effroyable guerre de Trente ans, ni dans la lutte déjà plus que séculaire de la Prusse et de l'Autriche. En 1866, les Prussiens se sont-ils fait scrupule de répan-

dre le sang des Hanovriens, des Autrichiens et dea Allemands du Sud? ont-ils rougi d'être les vainqueurs et les conquérants de TAUemagne? Au contraire, assure M. de Sybel, « en politique, le sang a une saveur et une vertu toute particulière. »

Pour le plus grand nombre des généraux, officiers et soldats que Tappel des souverains de la Confédération du Rhin rassemblait sous les drapeaux de l'empereur des Français, une seule pensée, une seule préoccupation. On allait combattre contre l'armée de Frédéric II, on allait combattre aux côtés des soldats d'Austerlitz, on allait combattre sous l'œil de Napoléon. Seraient-ils dignes- d'un tel ennemi, de tels alliés, d'un tel général? Cette armée bavaroise qui n'avait jamais pu empêcher une seule invasion de la Bavière, ces armées de Bade, de Wurtemberg, de Darmstadt et de Nassau que Ton n'avait jamais connues que comme « contingents des cercles » et a troupes du Saint- Empire », allaient-elles montrer enfin, bien conduites et bien disciplinées, les vieilles qualités de la race germanique? L'Allemagne tout entière se sentait intéressée au succès des troupes nationales. Qu'elles combattissent des Prussiens, peu importait ; qu'elles les combattissent bien, c'est à cela qu'elle mettait son orgueil. Personne ne trouvait étranges les paroles de Napoléon au roi de Wurtemberg : « Je serai charmé de voir une occasion oîi vos troupes puissent mériter, comme elles l'ont fait dans tant de circonstances^ de nouveaux titres à la gloire^, »

Page 1