C. — Réactions générales provoquées chez
les typhiques par l'injection de l’antigène homologue
Par analogie avec la fièvre de Malle et le chancremou, où l'injection inlramuseculaire des protéines microbiennes homologues détermine constamment de, fortes réactions générales, témoins de l’état de sensibilisation du malade, il était indiqué de rechercher les manifeslations consécutives chez les typhiques à l’inoculation
RDA
profonde de protéines extraites du bacille d’Eberth.
Des épreuves antérieurement faites chez le sujet normal ont montré que l'injection intramusculaire de globulines non diluées à la dose de 2/10, 3/10 et même 4/10 de ce. n’engendre d'ordinaire aueune réaction locale ou‘générale. Au-delà de cette dose, on provoque souvent une élévation thermique fugace qui atteint 38° ou 3805, mais qui chez certains sujets ne peut d’ailleurs être perçue qu’à la condition de prendre la température toutes les trois heures. Il y a là un fait que nous tenons à signaler chemin faisant, car l'injection à un sujet normal de globulines provenant d’autres microbes (méningocoque, bacille de Ducrey, Micrococcus melitensis), et à des doses beaucoup plus élevées pouvant atteindre 2 ce., ne détermine aucun trouble morbide. Qu'un homme sain réagisse à l'introduction de quantités moindres de globulines de bacilles d'Eberth, cela montre, conformément à nos précédentes constatations, que
‘son organisme possède constamment, quoique à des degrés divers, un certain état de sensibilisation vis-àvis de ce microbe, et qui se manifeste dès l'introduction d'une quantité notable d’antigène.
Les effets consécutifs à l’injection de globulines étantconnus chez l'individu normal, injectons à un typhique convalescent une dose minime (1/10 de ec.) de globulines par voie intramusculaire. Dans les heures qui suivent, on assiste à une ascension thermique qui atteint 385 pour revenir le lendemain à la normale. Aïnsi une quantité cinq fois moindre d’antigène a suffi
chez un {ÿphique pour engendrer les mêmes phéno-
Me ie
mènes généraux que chez un sujet normal. Mais là ne se borne pas la différence. Si l’on observe 4 courbe thermique, on constate en effet que la température ne s’équilibre pas autour de 37°. Le lendemain, et même le surlendemain de l'injection, elle avoisine encore 33°, Nous retrouvons donc ici les attributs spéciaux de la réaction fébrile consécutive aux injections d’antigène chez un- sujet sensibilisé au cours d’une infection, vis-à-vis du microbe correspondant. La ressemblañce est frappante avec ce qu’on observe au cours du -chancre mou quand on injecte au malade un extrait de bacilles de Ducrey.
-Vient-on quelques jours plus tard à pratiquer une nouvelle injection et à une dose plus élevée (5/10 de cc.),
on provoque une réaction fébrile beaucoup plus intense qui atteint 39°5, 40°, hors de proportion par conséquent avec celle que la même inoculation détermine chez un sujet sain. Ici encore l’exacerbation fébrile tra- duit l'intolérance générale de l'organisme vis-à-vis de J'antigène et le conflit qui naît de son introduction. En mème temps apparaissent des phénomènes douloureux in situ alors même que l'injection est faite dans les muscles. -
Chez un sujet volontaire, il nous à été possible de pratiquer des inoculations en série. L'expérience montra que l’on assiste alors à une certaine accoutumance de l'organisme, en ce sens que répétées huit jours plus tard et à la même dose, les injections déterminent une réaction thermique infiniment moindre ; aussi, pour provoquer un accès fébrile notable, est-il bientôt né-
cessaire de tripler la quantité du produit injecté. Il n'est donc pas douteux que le renouvellement des injections d'antigène détermine une désensibilisation partielle de l'organisme, à en. juger du moins d’après l'étendue des réactions générales consécutives. Mais cette désensibilisatien parait beaucoup plus difficile à obtenir qu'au cours d’autres infections telles que le chancre mou, vis-à-vis de l’antigène correspondant. En tout état de cause, elle nécessiterait un renouvellement des injections qui chez un convalescent ne saurait être suivi que d'effets fächeux. Aussi ne nous sommes-nous pas cru autorisé à poursuivre cette recherche.
Ilest très vraisemblable d’ailleurs qu’une désensibilisation complète, telle qu'elle peut être acquise par le chancrelleux vis-à-vis des protéines extraites de bacilles de Ducrey, ne saurait être obtenue chez le convalescent de fièvre typhoïde à l'égard du bacille d'Eberth et-lindication nous est fournie par le résultat des réponses intradermiques, test extrêmement délicat. Chez le malade dont nous avons rapporté l'observation plus haut, et alors même que la dose (otale des globulines injectées par voie intramusculaire avait atleint-3 ce. 6, linoculation du même produit dans le derme déterminait encore une vive réponse inflammatoire... On sait au contraire que dans la règle, il est possible de désensibiliser totalement un chancrelleux, au moins passagèrement, par l'injection de quantités équivalentes de globulines extraites du bacille de Ducrey.
Concluons donc que l'intolérance du typhique convalescent vis-à-vis des protéines constitutives du bacille