‹ L'Allergie TyphiqueChapitre 28 sur 50 · LENS · texte numérisé non relu

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ment dans le torrent circulatoire et dans la rate, libérant ainsi l’antigène microbien, on voit à priori que toutes les conditions sont remplies pour que se produise une telle éventualité. Et pourtant, il faut reconnaître qu’à l'analyse, il est encore bien dificile d’apprécier ce qui, dans un symptôme donné, ressort à l’action des germes vivants ou de leurs toxines et ce qui appartient à une manifestation d’intolérance de l'organisme, vis-à-vis des produits de désintégration des bacilles. Cette dernière interprétation mérite cependant d’être envisagée et discutée à propos des trois symptômes suivanis :

1° les taches rosées lenticulaires ;

20 Ja splénomégalie ;

3° les grands accès fébriles à type paludéen qui surviennent principalement au moment de la convalescence.

[. — Taches rosées lenticulaires

C'est à Chauffard et Troisier [21] que revient le mérite d’avoir les premiers soulevé l'hypothèse de la nature allergique des taches rosées Lors de l’inoculation d’une «toxine typhique » diluée, ces auteurs avaient été frappés de la similitude entre les réactions obtenues et l’éruption de taches lenticulaires, au point même que leur communication porte comme titre : « Reproduction expérimentale des taches rosées lenticulaires ». Ils ajoutaient dans leur mémoire : « l'est probable que la variabilité des réactions lenticulaires spontanées ou provoquées chez les typhiques est en rapport avec des

états différents de sensibilisation anaphylactique de l'organisme ». On remarquera que, si suggeslive que soit l'interprétation donnée par Chauffard et Troisier de la nalure des taches rosées lenticulaires, elle reste muette sur le mécanisme de leur production.

La pratique journalière des hémocultures, en montrant l'importance de la bactériémie {typhique, amenait dans le même temps nombre d'auteurs à considérer que ce symptôme était en rapport avec l'élimination des germes au niveau de la peau et avec leur végélation dans les capillaires dermiques. La preuve en fut donnée le jour où la culture des taches rosées mit en évidence la présence dans l'élément cutané, du bacille d’Eberth. Fallait-il donc, et contrairement à la doctrine précédente, ne voir dans la tache rosée que l'équivalent des manifestations cutanées observées au cours de toutes les septicémies et consécutives, comme on le sait, à la simple multiplication des microbes ?n situ ?

Une conception mixte, rapprochant les deux thèses précédentes, a été récemment développée par V. de Lavergne [950]. Cet auteur fait remarquer que, comme l'ont vu tous les cliniciens, les taches rosées représentent un signe relativement tardif et qu’elles ne surviennent jamais avant le cinquième jour de la maladie. (Louis). Leur apparition, contemporaine de la splénomégalie et des lésions iñtestinales, est bien postérieure au début de la septicémie. Le Simple dépôt de bacilles dans les capillaires dermiques, qui s’est accompli à la faveur de la septicémie, est donc insuffisant à déterminer la lésion cutanée. Celle-ci n’apparaîtrait qu’au mo-

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