__ AVANT-PROPOS
La notion d'allergie découle, on le sait, des observations de Von Pirquet sur la vaccine, condensées dans une remarquable Monographie parue en 1903. Après en avoir élargi la compréhension et l'avoir appliquée à Ia maladie du sérum et à la tuberculose, le savant VIennois:. définit l'allergie comme étant l’élat particulier de l’organisme soumis une première fois à l'action d’un antigène, et qui réagit différemment lors d’une nouvelle atteinte. |
Le terme, créé par Von Pirquet, dévait être aussitôt adopté par Doerr, qui rapporta également le déterminisme de l’état allergique au jeu d’une interaction antigène-anticorps. Il fut ensuite repris par Coca, qui en : étendit d’ailleurs abusivement le sens et fit rentrer sous ce vocable l’action de substances dépourvues de tout. effet antigénique.
Les innombrables travaux, qui ont été depuis consacrés à la question, se sont surtout attachés à préciser le | mécanisme des faits observés par Von Pirquet.
A ne retenir ici que les manifestations allergiques au cours des maladies infectieuses, l'opinion générale tend à les considérer actuellement comme l'expression d’une
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intolérance protéinique vis-à-vis de l’antigène homologue. Nous n’en voulons pour preuve que les conelusions exprimées pa” Boquet et Nègre [1] à propos d’une des manifestations les plus typiques observées au cours de la tuberculose, le phénomène de Koch :
« De même que le phénomène d’Arthus traduit la
« sensibilité locale du lapin aux protéines sériques, le « phénomène de Koch exprime donc la sensibilité des « téguments aux protéines bacillaires et non l'effet né- « crosant de la tuberculose ou de toute autre substance « toxique qui serait libérée au cours de la réaction ».
C’est prise dans le sens habituel que nous avons repris la question de l'allergie typhique. À vrai dire, elle a déjà fait l’objet de nombreux travaux à l'étranger. Son étude a été renouvelée en France surtout par V. de La-
vergne, et sa compréhension étendue au point que, dans
ses publications personnelles et dans son récent article du Traité de Médecine fait en collaboration avec le regretté P. Ribierre, cet auteur ne craint pas de rapporter à l'allergie les manifestations intestinales de la fièvre typhoide et d'interpréter par cette notion toute la physio-pathologie de la maladie.
Avant d'envisager une telle interprétation et de mon-
trer les critiques qu’elle suggère, nous exposerons le plan général qui a présidé au présent mémoire.
1° Nous rappellerons, dans un premier chapitre, les travaux antérieurement parus sur la question des réac-
tions cutanées pratiquées chez les typhiques ou les con-
valescents, à l’aide d’antigènes divers. Les nombreux
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