KAUNITZ A PARIS
Situation et griefs réciproques des diverses puissances après la paix d'Aix-la-Chapelle. — Marie-Thérèse consulte ses conseillers sur la direction à donner à la politique de l'Autriche. — Kaunilz conseille Je rapprochement avec la France.
— Avances faites par Marie-Thérèse, au chargé d'affaires de France Blondel, puis à l'ambassadeur, le marquis d'Hautefort. — Inquiétude que cette conduite cause au roi d'Angleterre et au roi de Prusse. — Dissentiments à la cour et dans le ministère français sur le choix à faire entre Marie- Thérèse et Frédéric. — Arrivée de Kaunitz à Paris comme ambassadeur. — Son caractère. — Habileté de sa conduite.
— Fragments de sa correspondance. — Nature de ses relations avec madame de Pompadour. — II quitte Paris sans avoir rien obtenu. — Maintieii de l'alliance entre la France et la Prusse.
« Si jamais événement — dit un document
miuistcriel du dernier siècle — eut des droits à
rélonnement public, c'est celui de l'union du roi
et de l'impératrice-reine conclue en 1756. »
Effectivement, la surprise fut extrême quand
on apprit en Europe qu'une alliance intime allait être substituée à la rivalité séculaire cl s cours de France et d'Autriche. Mais ce qui est aussi singulier que le parut le fait lui-même, c'est qu'il y a peu d'années Tétonnement durait encore, et la postérité ne pouvait pas, mieux que les contemporains, s'expliquer les causes véritables de celte grande et soudaine révolution politique. C'est la remarque que j'avais été amené à faire, il y aura tout à l'heure vingt-cinq ans, lorsque je fis part au public, dans la Revue des Deux Mondes, des particularités curieuses que j'avais eu le bonheur de découvrir sur la diplomatie secrète entretenue par Louis XV, à l'insu de ses ministres, pendant la plus grande partie de son règne. Dans ce récit, qui ne touchait qu'indirectement à l'histoire générale, je rencontrais pourtant le traité de 1756 et ne pouvais manquer de lui faire une place *. J'exprimai alors le regret de ne trouver, sur un fait d'une telle* importance qui fut suivi de conséquences si graves, que des renseignements très incomplets, la plupart appuyés sur des anecdotes suspectes. Gomment se fait-il, disais-je, que nous en soyons encore aux commé-