l'ol. Corr., t. XI, p
pas le cap Breton contre les Pays-Bas? Gela vous rapporterait davantage : car vous ne tirez guère que 5 000 écus de vos possessions d'Amérique. — Mais peut-on croire, dit La Touche, prenant peut-être cette mauvaise plaisanterie trop au sérieux, que l'Autriche voudrait enrichir l'Angleterre à ses dépens? » Le prince, sur cette réponse, changea de discours, parla de Versailles, de la retraite de la comtesse d'Estrade, cousine de madame de Pompadour (dont on avait voulu même, un instant, faire sa rivale) et s'engageant sur ce terrain, montra qu'il n'en avait aucune connaissance *.
Le ministre qui se laissait ainsi berner en public, n'obtenant pas le renseignement qu'on attendait, on crut ou on voulut croire que c'était lui qui n'avait pas su s'y prendre, d'autant plus que Knyphausen, à son retour de Wesel, avait laissé entendre que le roi de Prusse, tout en rendant justice au caractère de cet agent, trouvait (c'étaient les expressions de Frédéric lui-même) « ses vues un peu bornées par rapport à la fonction de ministre qu'il exerçait *. »
\. La Touche à Rouillé, 29 août 1755 {Correspondance de Prusse : ministère des Affaires étrangères).
2. Pal. Corr., t. VI, p. 211. — Frédéric à Podewils, 18 juillet 1755. — Voir note 2 à la fin du volume.
Il n'était que temps cependant, et c'est bien plus tôt qu'il aurait fallu s'y prendre pour avoir à Berlin un agent qui eût Tart ou de gagner la confiance du roi ou de pénétrer son arrièrepensée, et sous ce double rapport, la bonhomie mêlée de finesse de Valori était fort à regretter. Un détail assez curieux peut donner une idée de l'insuffisance du représentant que la France laissiit dans un des postes les plus importants qu'elle eût à remplir. A plusieurs reprises, La Touche, témoin de l'état d'agitation et d'inquiétude où Frédéric paraissait être depuis le commencement de la crise, au lieu d'y voir la preuve d'une vigilance prévoyante, l'attribuait à une incorrigible timidité et parlait de ce courage défaillant qu'il fallait toujours remonter. Rien n'était donc plus opportun et plus pressé que de faire choix d'un meilleur intermédiaire. Mais fut-il bien prudent de passer brusquement d'un extrême à l'autre, et à la place d'un officier d'un rang secondaire et d'une capacité si médiocre, de faire choix d'un grand personnage sur qui sa naissance comme son mérite allait tout de suite attirer tous les regards? C'est pourtant le parti qu'on prit. On proposa solennellement à Frédéric de recevoir un ambassadeur extraordinaire expressément chargé
de négocier le renouvellement du traité d'alliance et on désigna pour cette mission, publiquement annoncée, le petit-neveu de Mazarin qui passait pour porter dignement ce lourd héritage, et qui joignait à une capacité politique généralement reconnue des mérites littéraires très appréciés dans un temps où l'éclat des lettres faisait une grande partie de l'ascendant et du prestige de la France. Tels étaient les titres à Testime générale que réunissait monseigneur le duc de Nivernais, pair de France, membre de l'Académie française, ayant géré avec honneur plusieurs ambassades, proche allié du maréchal de Belle-Isle, beau-frère du ministre Maurepas dont il avait partagé le crédit, mais sans le suivre dans sa disgrâce, car il était, malgré l'exil de ce ministre, resté l'ami et même le familier de la marquise de Pompadour.
Cette désignation, par son éclat même, avait un double inconvénient : d'abord c'était donner une grande publicité à une négociation qu'il aurait mieux valu laisser sous le manteau; c'était avertir tous les spectateurs et tous les intéressés que l'alliance de la Prusse était remise en question; et il eût été préférable de laisser croire que, malgré les atteintes qu'elle avait reçues, elle sub-
sistait encore, ce qui laissait à Frédéric l'embarras de faire le premier un acte ostensible pour s'en dégager. De plus, tous les moments étaient précieux et il importait de se hâter. Mais un haut seigneur comme le duc de Nivernais ne pouvait être expédié en diligence comme un courrier d'ambassade. Il demanda à prendre son temps pour étudier son terrain et préparer son apparition en Allemagne avec un équipage convenable. Il tint à avoir des instructions longuement élaborées, traitant toutes les questions relatives aux rapports des deux pays. On lui permit d'autant plus facilement de ne pas se presser que ce retard s'accordait avec le système de temporisation dont une partie du ministère ne s'était pas encore détachée. On avait reçu d'Amérique de meilleures nouvelles dont on désirait voir l'effet : non que sur mer la fortune nous fût revenue (cette bonne chance ne nous était pas réservée), mais deux attaques tentées par des officiers anglais à la tête des milices coloniales contre des forteresses françaises avaient assez tristement échoué. On aimait à se persuader que ce succès, qu'on faisait ponner très haut, agirait sur l'Angleterre pour i intimider ou sur la Prusse pour la décider à se prononcer. Bref, on laissa Nivernais faire tout à
Taise ses préparatifs, et deux mois étaient déjà écoulés depuis l'incident qui avait rendu la guerre inévitable, que le jour de son départ n'était pas encore fixé.
Quant à Frédéric, il se montra flatté d'un choix dont l'importance était une marque d'égards pour lui et qui répondait d'ailleurs au goût qu'il avait de grouper autour de lui les gens de lettres français et de les honorer en les traitant de confrères, mais il ne témoigna aucune impatience d'avoir à attendre quelque temps l'arrivée d'un envoyé qui pouvait le forcer à s'expliquer. Il fit même engager Nivernais à ne se mettre en route qu'après avoir pris toutes ses sûretés, afin de ne pas être exposé à quelque mésaventure du genre de celle dont Belle-Isle avait été victime pour s'être trop approché des dépendances de l'électorat de Hanovre. Seulement il resta entendu qu'à partir du moment où cette visite décisive était annoncée, le pauvre La Touche, moralement révoqué et tombé dans le néant, n'avait plus le droit d'élever la voix. Ainsi devaient s'écouler dans l'inaction et dans l'attente de longs mois qui, comme on va le voir, ne furent pas perdus pour tout le monde.
Un fait qui pourrait paraître singulier (s'il ne
s'expliquait par la nature même de la situation politique dont la gravité pesait également sur toutes les parties intéressées), c'est que pendant que cette conversation déjà assez aigre, et pleine de réticences et d'ambages, était engagée entre la France et la Prusse, un dialogue absolument du même genre était établi entre les deux alliés (Angleterre et Autriche) qui étaient encore censés leur faire face. De ce côté aussi on se demandait avec inquiétude si on allait recommencer à faire campagne ensemble et dans quelle mesure on pouvait compter sur un appui mutuel. Seulement on procédait à cet examen de conscience avec plus de franchise ou, pour mieux parler, de rudesse.
Le doute à cet égard était d'autant plus naturel que les sujets de mésintelligence que j'ai déjà eu à signaler entre les cabinets de Londres et de Vienne, étaient de jour en jour plus nombreux et donnaient lieu à des contestations de plus en plus vives. Ce n'était pas, comme on aurait pu le croire, par le fait du nouveau chancelier d'État, le comte de Kaunitz qui, à son retour de Paris, loin de remettre en avant ses projets d'innovation diplomatique, s'en était montré, au contraire, assez découragé. Il parlait dédaigneusement de
tout ce qu'il avait vu en France et du peu de cas qu'on devait faire d'une cour et d'une nation devenues aussi incapables de tout grand dessein. Il s'appliquait à faire croire que, cette épreuve lui ayant suffi, il était pleinement rentré dans l'ornière de ce qu'on appelait le vieux système. Son langage en toute circonstance était propre à calmer les inquiétudes du ministre Keith et à tromper jusqu'à la vigilance de Frédéric. En réalité, pourtant, ses sentiments n'avaient pas changé : il continuait à penser que l'Autriche, n'ayant qu'un ennemi sérieux, n'avait aussi qu'un allié possible. Mais sûr que sa conviction était partagée par l'impératrice, il savait aussi quel empire la routine d'une tradition, à ses yeux surannée, exerçait encore sur l'esprit de ses collègues du conseil impérial et de l'empereur lui-même : et n'ayant rien rapporté de son ambassade qui lui permît de les réduire au silence, il attendait avec un mélange de perspicacité et de patience qui lui fait honneur que la lumière des événements eût dissipé les préjugés, et que la force des choses triomphât des répugnances \
1. Keith au duc de NewcasUe, 21 avril 1753, 30 janvier 1754 {Correspondance d'Autriche : Record office). — Pol. Corr., t. IX, p. 437. Frédéric écrit à milord Maréchal le 25 mai 1753 : « On
Ce jour qu'il attendait, il le vit se préparer quand les naenaces bruyantes d'une partie du ministère français et les excitations belliqueuses de Frédéric avertirent tout le monde qu'il fallait pourvoir sérieusement à la défense des Pays-Bas. Rien n'était prêt, en effet, on l'a vu, sur cette frontière pour faire face à une brusque invasion de la France; tout se ressentait au contraire de la situation vraiment bizarre que le fameux traité de la Barrière avait imposée à ces provinces s récemment attachées aux possessions de la monar chie autrichienne et si éloignées de leur centre On sait qu'en vertu d'une stipulation du traité d'Utrecht véritablement sans exemple, la république de Hollande conservait le droit d'entretenir des garnisons dans une ceinture de places fortes situées en dehors de son territoire, qui ' talent censées servir de rempart à sa propre sécurité contre les menaces et les vues ambitieuses de la France. Marie-Thérèse n'avait accepté qu'en frémissant à Aix-la-Chapelle le rétablissement d'une servitude si blessante pour sa dignité royale, et elle ne mettait pas moins de
croit que le comte de Kaunitz doit être chaiulcinent dans les i<lécs de l'Angleterre et fort imbu du système que la cour d Vienne fallait (sic) se lier avec les puissances maritimes ».
mauvaise grâce et d'impatience à en exécuter les conditions. C'était, entre les États-Généraux siégeant à la Haye et le gouverneur représentant l'Autriche à Bruxelles, un échange journalier de plaintes et de mauvais procédés réciproques. L'Autriche devait fournir à l'entretien et à la réparation des places occupées,, et on l'accusait, non sans motif, d'y procéder avec une parcimonie et une négligence qui les laissaient dans l'état de dénuement où les avait réduites la conquête française. La République, de son côté, devait maintenir ses garnisons à un chiffre d'effectif suffisant pour qu'elles fussent en état de se défendre elles-mêmes en cas d'attaque. Mais dans l'état de détresse du trésor hollandais, cette obligation assez lourde était très imparfaitement remplie. Enfin ce qui froissait surtout l'orgueil de Marie-Thérèse, c'est que le même traité qui l'assujettissait à la présence odieuse de troupes étrangères sur son territoire assurait au commerce hollandais ou britannique des avantages dont on lui contestait le droit de faire jouir ses nationaux eux-mêmes : « Ne suis-je donc plus souveraine dans les Pays-Bas, disait-elle, puisqu'on m'empêche défaire du bien à mes sujets? » Et elle parlait si haut (dit l'envoyé anglais à qui
ce propos était adressé) qu'on l'entendait crier de la chambre voisine. Évidemment elle se détachait d'une possession grevée de tant de charges et qui semblait plutôt un dépôt confié à sa garde qu'une propriété dont elle fût maîtresse. Kaunitz, qui voyait naître en elle ce sentiment, se gardait de paraître l'exciter. Il le combattait, au contraire, en lui représentant que les Pays-Bas présentaient au moins cet avantage qu'en cas d'attaque c'était là que seraient portés les premiers coups, ce qui préserverait le cœur même de la monarchie. « Il vaut mieux, se plaisait-il à dire, avoir mal au pied et au petit doigt qu'aux parties nobles et vives du corps. » La comparaison était peut-être juste, mais ne pouvait-on pas en conclure d'avance que, si quelque jour la santé générale du corps entier exigeait l'amputation, on pourrait y consentir et elle ne paraîtrait pas trop douloureuse*? L'Angleterre était loin de regarder les dangers que pouvait courir la sécurité des Paj^s- Bas avec cette liberté d'esprit voisine de l'indifférence. Pour elle l'indépendance de ces provinces,
i. D'Arnelh, t. IV, p. 372. — W. Coxe, Ilnuse of Austria, t. V, p. 48-5J. — C'est dans une correspuiidaiicc datée de Compiègne, de Kaunitz avec Koch, et destinée à passer sous les yeux de l'impératrice, que j'ai trouvé la comparaison que je viens de citer.
achetée au prix de tant de combats, et étroitement liée à celle de la Hollande elle-même, était, surtout depuis rétablissement de la succession protestante, un intérêt majeur et une question vitale. Aussi le cabinet anglais n'avait-il cessé d'appuyer très chaudement les réclamations élevées par les États-Généraux contre l'exécution incomplète et insuffisante des précautions prises par le traité de la Barrière, et les instructions envoyées au ministre Keith qualifiaient dans les termes les plus sévères l'obstination, Vinfatuation, IHngratitude de l'Autriche qui, en laissant découvert ce point sensible et vulnérable de ses domaines, mettait en jeu, avec sa propre existence, le repos de toute l'Europe. Le ton déjà très élevé de ces réprimandes devint plus vif encore et plus amer quand il parut nécessaire de mettre ces contrées si précieuses et si mal gardées à Fabri d'un coup de main qui pouvait tout emporter d'un jour à l'autre.
Keith eut donc ordre de faire savoir au chancelier d'État que l'Angleterre, n'ayant rien de plus à cœur, en fidèle alliée, que de préserver de toute atteinte le territoire autrichien, était disposée à prêter largement son concours pour aider à en défendre l'accès. Elle recruterait à ses frais
le corps de six mille hommes dont le landgrave de Hesse faisait commerce et qu'il tenait toujours à la disposition du plus offrant. En même temps, elle se hâterait de mener à fin, même au prix de lourds sacrifices, un traité avec la Russie en cours de négociation depuis plusieurs années, niais tenu en suspens en raison de l'énormité (les exigences pécuniaires d'Elisabeth et de son chancelier Bestuchef; un très fort contingent de troupes dont elle prenait toute la charge se trouverait ainsi préparé pour la défense commune. .Mais l'Autriche, elle-même, en échange de cet lîsemble de mesures généreuses prises principalement dans un intérêt qui lui était propre, devait y répondre par un effort au moins égal. Le moins qu'on pût attendre d'elle, c'était l'envoi d'un corps d'armée de vingt-cinq à trente mille hommes pour remplir les vides des garnisons flamandes et les mettre en état de faire face au premier assaut de l'invasion française. Ce n'était pas trop lui demander que de se mettre en frais pour veiller à la sûreté de son propre domaine *. Knunitz, avec toute l'apparence de la meilleure
1. D'Arnclh, t. IV, p. 372. — Béer, La Politique autrichienne m 1755, 1756. Ilislonsche Zeitschrift, XXVU" vol., p. 290 et liv. — Hanke, Oviyine de la guerre de Sept ans, Leipzig, ISll, . 32-o0.
140 l'alliance AUTiii chienne.
foi, se montra surpris de cette exigence. Était-on donc réellement si près de la guerre, dit-il, et n'y avait-il pas moyen de l'éviter? Sans contester la justice des griefs qui pouvaient forcer TAngleterre à prendre les armes, tout en rendant même hommage à la modération de ses prétentions, on avait pourtant mieux espéré pour le maintien de la paix de la sagesse et du bon esprit du roi Georges. On voulait y compter encore et se flatter que toute négociation n'était pas rompue. Rien de plus sage assurément et de mieux combiné, si la guerre éclatait, que le plan proposé, mais n'était-il pas prématuré ? On avait bien entendu dire que de hauts personnages de la cour de France tenaient des propos qui paraissaient menacer les Pays-Bas d'une entrée violente faite à l'improviste. Mais le ministre Rouillé, interrogé par Stahremberg, s'était défendu de toute intention pareille. Et supposé même qu'un tel dessein existât chez quelques membres du conseil de Louis XV, n'était-ce pas leur fournir le prétexte qu'ils pouvaient désirer, que de former précipitamment aux portes de France un gros rassemblement de troupes, pouvant servir de motif sérieux ou spécieux d'inquiétude et ayant l'apparence d'une provocation? D'ailleurs, si la guerre devait
être aussi soudaine qu'on le disait, aucun renfort n'arriverait à temps pour la prévenir. Pourquoi ne pas prendre alors le loisir de se préparer soi-même et d'achever les transactions si utiles que l'Angleterre avait en vue? car avec la Hesse et surtout avec la Russie, rien n'était fait, tout était même en projet, ou, tout au plus, disait-il, in fieri. Puis, par un tour diplomatique (qui n'est pas seulement à l'usage de l'habilité féminine), réservant la dernière place à sa pensée véritable, il fit remarquer que l'Autriche n'avait pas trop de toutes ses troupes pour se défendre contre l'agression certaine que le roi de Prusse, à la faveur du trouble général, ne manquerait pas de diriger contre elle, et j'espère bien, ajoutat-il, « que le roi d'Angleterre ne considère pas l'impératrice comme son alliée Feulement contre la France, mais bien aussi contre le roi de Prusse qui, bien que n'étant pas aussi fort que son autre ennemi, n'est pas moins dangereux, et qu'il n'ignore pas que cette nouvelle puissance a changé tout le vieux système de l'Europe \ »
1. Keilh h Holderness, 22 mai 1755 (Correspondance d'Allemagne : Itecord office) : « M. Kaunilz saitl lliad he hoped Ilis Majesly did nol consider Uic Kinporor as bis ally only against France, but likcwise against llic king of Prussia who, tlioiigh
C'était un refus positif, exprimé avec tant de ménagements, en termes si doux, que Keith s'y laissa complètement prendre, et quoique mortifié, disait-il, de n'avoir qu'une réponse de ce genre à communiquer, il n'en crut pas moins devoir en toute justice affirmer qu'il ne V03^ait là ni mauvaise intention ni obstination dans les vues opposées à celles du roi d'Angleterre : c'était seulement une manière différente d'entendre les intérêts communs. Mais le ministre qui reçut sa lettre, le comte de Holderness, secrétaire d'État, chargé principalement des affaires d'Allemagne, ne partagea nullement cette satisfaction. Il y vit tout de suite plus clair. Holderness était, comme c'est le cas de beaucoup de diplomates anglais, un personnage d'humeur hautaine et au verbe rude. « Je vois ce que c'est, dit-il, ils ne veulent nous prêter leur concours que si nous les aidons aussi à reconquérir tout ce qu'ils ont perdu dans la dernière guerre, et ce serait, dans notre situation, une vraie folie d'y songer '. »
Aussi fut-ce sous l'empire d'une irritation visible qu'il répliqua à Keith courrier par courrot so powerful as the other, was fuily as dangerous. He observed lliat Uns new power had qui le changcd the old System of Europa.