Schœfrcr, Siehenjàhriqe Krieg, p
2. Pol. Corr. Frcd('ric à KlingracITcn, ministre à Vienne, 18 juillet 1756. — Pol. Corr., t. XllI, p. 90.
apparente, par les deux partis qui se mettent en guerre; il est aussi également vrai que l'un et l'autre ont pris des précautions défensives pour fortifier la barrière qui les sépare. C'est alors question de mesure et surtout de date, il s'agit de savoir qui a commencé et imposé à l'autre la nécessité de se mettre en garde. C'est un point que les contemporains eux-mêmes ont de la peine à décider et qu'à la distance des siècles il serait impossible de résoudre. Naturellement dans le cas présent c'est, entre historiens de Prusse et d'Autriche, le sujet d'une controverse interminable, et Dieu me garde de me faire juge de leur différend *.
Ce qu'il y a de certain, c'est que, si Frédéric armait jusqu'aux dents la frontière de la Silésie, Marie-Thérèse n'avait nulle intention de dégarnir celle de Bohême. Aussi, quand le ministre prus-
1. Au moment où ce travail était sur le point d'être terminé, j'ai eu connaissance d'un écrit publié tout récemment à Berlin et où se point est discuté avec des renseignements nouveaux, pour aboutir à une conclusion différente de celle qui est généralement soutenue par les écrivains prussiens. M. MaxLehmann {Friedrich der Grosse und der Ursprung des Siebenjahrigen Krieges) se propose, à la vérité, de réfuter sur plusieurs points ce qu'il appelle la légende de Frédéric, et il établit que les armements de Marie-Thérèse en Bohême étaient sans aucune proportion avec ceux que Frédéric avait faits en Silésie, et que de plus, l'entrée de la Bohême étant plus difficile à garder que celle de la Silésie, des précautions défensives étaient, de ce côté, beaucoup plus nécessaires. — Voir note 5 à la fin du volume.
l'alliance AUTlllCHIENNE. 405
sien arriva à Schœnbrunn porteur de sa sommation, tout était déjà prêt pour le recevoir. Il avait ordre de demander à voir l'impératrice en tête à tête, à part de tous ses ministres; mais Kaunitz avait pris les devants, et devinant la nature du message, avait recommandé fortement à sa maîtresse de ne pas laisser échapper une syllabe qui pût être interprétée comme une promesse ou une obligation de désarmer. C'était jour de fête, anniversaire de la naissance d'un des archiducs. L'antichambre que KlingraefTen dut traverser était pleine de gens de cour dont tous les yeux furent fixés sur lui. Il trouva Fimpératrice assise tenant un papier à la main. Quand il eut fait sa communication « dans les termes, écrit-il, les plus convenables et les plus décents, elle me répondit que cette affaire était si délicate qu'elle avait jugé convenable afin d'agir sûrement de couclier sa réponse par écrit et qu'elle allait me la lire elle-même ; elle me dit alors que les affaires générales étant en crise, elle avait jugé à propos de prendre des mesures pour sa propre sûreté et celle de ses alliés, qui ne tendaient au préjudice de personne ». — Si la mise en demeure était sèche, la réponse ne Tétait pas moins *.