III. — Réponse du gouvernement turc
a Le soussigné, ministre des Affaires étrangères du Sultan, a l'honneur de rappeler qu'ainsi que Leurs Excellences veulent bien le constater, le gouvernement impérial a déjà reconnu la nécessité d'introduire les réformes que comporte l'administration des vilayets de la Turquie d'Europe.
« 11 a envisagé ces réformes avec d'autant plus de conviction qu'il entend les appliquer en dehors de toute ingérence étrangère, et qu'il prévoit que dans ces conditions leur exécution ne manquera pas de contribuer à la prospérité et au développement économique du pays en assurant, dans l'esprit libéral de la Constitution ottomane, la concorde et la bonne harmonie entre les élé-
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ments hétérogènes qui composent la population de cette partie de TEmpire.
« Il est à relever que si, jusqu'à présent, les différents essais pour l'amélioration de la situation à l'intérieur de ces provinces ne produisent pas tous les fruits qu'on était en droit d'en attendre, une des principales causes de ce retard est incontestablement l'état de trouble et d'insécurité causé par les attentats de tous genres provenant de foyers d'agitation dont le but réel ne laisse aucun doute. Le gouvernement impérial n'en apprécie pas moins l'intention amicale de la communication que les grandes puissances ont jugé à propos de lui faire, en raison des circonstances présentes.
« Il s'associe de tout cœur aux efforts déployés par elles pour conjurer le danger d'une collision dont les conséquences entraîneraient fatalement de grandes calamités, qu'il est du devoir du monde civilisé de prévenir par tous les moyens de conciliation. Sous ce rapport, nous avons conscience
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d'avoir pris les devants pour faciliter la tâche humanitaire des grandes puissances, en présence du redoutable problème dont elles cherchent la solution.
« En effet, sans vouloir insister sur le fait que les vaines stipulations du traité de Berlin reçurent une exécution non conforme, tant à la lettre qu'à l'esprit qui les avait dictées, et qu'ainsi les intérêts ottomans furent gravement lésés en plusieurs cas; sans vouloir en particulier examiner jusqu'à quel point l'article 23 du traité a pu conserver, plus que les autres articles, une valeur actuelle, le gouvernement déclare qu'il vient de prendre de son propre mouvement la résolution de présenter le projet de loi de 1880 dans tout son ensemble historique dès l'ouverture prochaine de la session, à l'approbation du parlement et à la sanction impériale, conformément à la charte fondamentale de l'Empire.
c( Les grandes puissances peuvent être persuadées que les autorités impériales tiendront la main à la scrupuleuse application de la loi
dès sa promulgation. Il serait souverainement injuste d'inférer d'anciennes négligences et de tergiversations plus ou moins systématiques, inhérentes à l'autre régime, que l'Empire constitutionnel d'aujourd'hui ne renoncerait pas logiquement aux errements passés et de prendre l'occasion de certains doutes à cet égard pour chercher d'autres mesures que celles qui seules sont compatibles avec l'intérêt bien entendu du pays et des populations mêmes. »