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O sainte croix, par ta puissance Dont je voy cy la remenibrance, Garde mon corps, et ne consens Que je perde aujourduy le sens Pour ceste gent hideuse et morte , Qui telz nouveles nous apporte.
Nouvelles dures et perverses.
Las, entre les choses diverses Touchans nostre fragilité, De quoy nous ont dit vérité.
Mon povre cueur de peur ireinble Quant trois mors ainsi vont ensemble, Def'figurés , hideux , divers , Tous pourris et inengés de vers.
Le premier dist, bien m'en souvient.
Que mort recevoir nous convient A grant angoisse et grant douleui', Donc il me fist muer couleur.
Et des âmes dist une chose
Que déclarer ne veult ne n'ose, Je croy, c'est de leur dampnemenl En enfer pardurablement.
Telz nouvelles ne sont pas bonnes.
Helas nous, chaitive/, personnes !
A quoy nous fist onques Dieu naistre En ce meschant monde pour estre Si tost livrés à tel ordure ?
De ma vie n'auray plus cure ; Car je voy que lez gens qui vivent, Tant de raaléurtés ensuivent Que je prise trop mieulx d'assez Lepovre estât des trespassez.
Car tousjours sans fin durera Où celuy des vis finera, Et en l'estat qui toujours dure Chascun vivre doit mestre cure.