‹ L'amant légitime, ou, La bourgeoise libertineChapitre 102 sur 149 · PREMIER ARTICLE · texte numérisé non relu

PREMIER ARTICLE

La Chambre des Communes vient de décider que l'adultère du mari serait désormais, à lui tout seul, un très suffisant motif de divorce... Jusqu'à à présent, en effet, il n'y avait que l'adulfère de la femme qui comptait,

Autrement dit, il est admis, en Angleterre ne F rance aussi, sous de fictives réserves) que les coups de canif dans le contrat ont la même importance, la même gravité, qu'ils soient donnés par Monsieur ou par Madame. ;

Permettez-moi de vous donner mon avis : je trouve cela idiot. Qui, chère lectrice !

Je prétends qu'une telle assimilation ne tient pas debout : elle est un paradoxe, un défi à la morale et même à la nature (c'est d’ailleurs tout comme).

Mille arguments contre cette loufoquerie se bousculent sous ma plume. Je n'en choisis qu'un : le monsieur qui va ‘tromper sa femme emporte de la maison quelque chose qu'il n’y rappoïtera pas, c'est entendu, mais st la dame qui va tromper son époux n’emporte rien, elle peut fort bien rapporter à la maison de quoi faire, neuf mois après, au moins un gentil petit babu. Monsieur s'en va seul et revient seul ; Madame s'en va seule aussi, mais elle risque de revenir deux.

Dites-moi ce que vous voudrez, mais ne venez pas me soutenir que c'est la même chose !

Fort heureusement, la vie se charge de rétablir, contre la loi du Code, la loi du bon sens. Et ce sont les femmes, précisément, qui assurent ce redressement nécessaire,

Evidemment, ça ne les enchante pas du tout d'apprendre que leur mari a été infidèle, mais pour quelques-unes qui retournent chez leur mère, intentent une action en divorce ou même font intervenir le rigolo, le plus grand nombre — après une scène plus ou plus violente —— pardonnent...

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