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ventionnelles aux poussées primordiales de la nature. Tous les écrits, palabres ou opinions à ce sujet, sont de nulle importance. La vie continue, invariable et le grand Livre du Monde reste, en principe, aussi amoral sous la . reliure à dos rigide, qu’on prétend lui imposer. L’amour et la mort dominent tous nos concepts humains. Mes sentiments confraternels. | So OCTAVE UZANNE.
de Me CUV/De PIERREREUN
Si les intellectuels que vous interrogez sont sincères, ils vous répondront : « En principe, nous sommes pour que
les femmes aient les mêmes droits sexuels que l’homme, :
mais en pratique nous ne voulons pas de cette liberté pour nos épouses, nos mères, nos SŒUrS, nos COUSIRES, nos amies, et surtout nos maîtresses. Nous sommes en cela,
et en beaucoup d’autres choses du reste, comme les pha-
risiens de l'Evangile qui « disent et ne font pas ». Guy DE PIERREFEUX.
..de M. CECIL GEORGES BAZILE
(Traducteur ï livre de Madame Marie Carmichaël
Stopes : L'Amour et le Mariage) :
J'aurais mauvais grâce, Madame et cher confrère, à ne
soustraire à une interrogation aussi aimablement présentée, |
d'autant plus que c’est là un sujet qui est loin de me laisser indifférent.
La faillite du Mariage actuel — et je crois qu'il faut
être aveugle où hypocrite pour la nier — est le résultat
de la Crise Sexuelle dont souffre notre époque
Nous avons évolué dans le sens de toutes les libertés ‘ excepté la liberté sexuelle. Sous ce raps:srt, nous sommes
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encore régis par un code de morale digne des temps médiévaux. He … Hypocritement, notre Société qui tolère toutes les licences met à l'index la licence sexuelle. De quel droit ? Pourquoi les jouissances variées qui sont permises à tous “les autres sens sont-elles refusées au' sexe ?
Et pourquoi deux êtres, parce qu'ils ont décidé d’unir leur vie, doivent-ils s’appartenir sexuellement exclusive-
1 ment ? Quel mari, aujourd hui, t trouverait à redire à ce:
que sa femme fasse de la musique ou joue au tennis en | compagnie d'une autre personne que lui-même ? L'adultère n'existe que parce que l'Eglise l'a inventé. Et c'est parce qu'elle en a fait un péché qu'il est aussi fréquent. Remettons les choses à leur vraie place et ne - donnons pas plus d'importance aux faits et gestes de telle partie du corps plutôt que telle autre !
. Qu'une femme ait tous les amants qu'il lui plaît et
un homme autant de maîtresses qu'il en peut servir et
qu'on nous f.... la paix avec l’adultère, les cocus et tou-
et jaloux !
Quant à la thèse de mon confrère Georges-Anquetil, à Jaquelle vous faites allusion, si ] approuve la polygamie, j'approuve aussi la polyandrie.. … mais pas dans un but de
reproduction, car je ne suis pas du tout d'avis que la He
Loi Cobaee BAZILE.
.de M. JOSÉ GERMAINN :
Madame, ,
Le divorce est une institution excellente qe me semble
société actuelle ait (besoin de se reproduire ; c'est déjà
féminin, il aura toujours un inconvénient : les possibles
paternités accidentelles, © pères putatifs |! José GERMAIN.
1% + | ..de Mme RENÉE DUNAN :
Madame,
Votre lettre me demandant une opinion personnelle
sur la polyandrie, aura ci-après ses suites naturelles, je
veux dire la réponse conforme à la conception du pro-
blème posé :
Ce n'est pas d’ aujourd’ bu qu’on revendique le droit, pour les femmes, de vivre sexuellement avec la même liberté que les mâles. Sans remonter au déluge, partout où la femme rion mariée changea d’amant sans perdre,
la « considération publique », on peut on que Ja polyan-
drie était admise spontanément.
Le Grec de la belle époque, pourvu qu il fût riche, | avait une femme-poulinière, pour faire aes gosses —
son épouse — et une maîtresse (parfois un pe pour :
l'esprit .
Aux XVI et XVII siècles, la beile société n'eut jamais vergogne à recevoir et traiter les femmes que nous nommerions ironiquement « galantes » c’est-à-dire den o: parler) « polyandrophiles ».
Je pourrais sourire, durant une ligne, dés) maîtresses de rois qui tinrent une place considérable dans notre histoire, “et qui, toutes, eurent d’autres « jocqueteurs » que
leur hégoumène royal. Polyandrie, comment dire >? spontanée et tacite, créant ce que je nommerai le droit par
précédents.
Le XVIII siècle donna un lustre et une vie Sant à l'amour libre. En 1785, le marquis de Sade, théori-. cien de génie, reconnaissait à la femme désirant un homme le droit, si nécessaire, de se le faire livrer par, gen-. darmes.…
dd
LE 2er GE LS ONE Ce D ES de
| Et de 1789 à 1805, la liberté sexuelle fut parfaite au
point que la Tallien eut une dizaine d'enfants d'autant d'hommes, dont trois ou quatre maris. Je m’arrête ici. La
libération féminine s’est effectuée au XIX° siècle sous divers aspects relevant d'articles isolés du code civil
questions de propriété, de sujétion, d'individualisation des salaires. etc. Des consœurs surent pénétrer dans les
redans de la cité-des-hommes. Klles sont aujourd’hui
avocates, médicastres, archivistes. On en connaîtra bien-
| tôt commissaires de police ou présidentes de Cour d'Appel. Je ne sais même quel scrupule retient les organisa-
teurs de ces revues sans orchestre-qu' on appelle conseils de révision, mais bientôt les femmes-médecins seront sans ‘doute chargées —— c’est normal — de sélectionner les hommes pour le service armé des combats.
Ceci dit, en matière d'examen touchant les aspects passés de la question, je réponds :
La détermination historique assure qu'il ne faut pas faire de saut (natura non facit saltus). Je ne crois donc
pas que le droit normal, régulier, admis, à la polyandrie
puisse être instauré immédiatement. La masse qui utilise
… Jes lois, ne verrait dans la licence accordée qu’un moyen de légaliser une instabilité sentimentale qui, précisément, … est un vieux fruit de la monogamie. Donc, pour un oui, … pour un non, des millions de consœurs douées d’un équili- … bre mental incertain, briseraient des liens légers, soit 1! | mais enfin que personne ne doit désirer nuls. Une femme - qui peut librement choisir son compagnon doit donner ” une valeur à son choix : une heure, un jour, une semaine,
Lun mois, un semestre, trois, six, neuf ans, les engagements
doivent être tenus, fussent-ils, si je puis, dire, chevau-
à chants, de ce chef qu’ils; peuvent tous être tenus. Nous som-
mes dans le mariage sous seing-privé, (dont je parle en
- mon livre « La culotte en jersey de soie ») avec droit
de rupture par volonté d’un seul conjoint et licence d’inter-
… férer les unions. Rien n’est organisable socialement sans …. une coutume, une forme contractuelle des rapports, une … loyauté affirmée dans la tenue des engagements pris,
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fussent-ils infiniment légers. Rien de plus ne doit être soumis à l’inique caprice. Or la masse féminine de notre époque, n’est pas en mesure de donner dignité, stabilité
et honneur à la polyandrie. Il reste, par suite, ici à établir un « cens » de sélection, comme aux systèmes
électoraux de la Restauration. Présentement le droit à la polyandrie n'appartient donc qu'à une aristocratie.
La polvandrie est aristocratique. Et les femmes polyan-
dres seront une élite supérieure à l'élite — usée — des
polygynes. | Je sépare, vous le voyez, la polyarmdrie : union momen-
tanée, désintéressée en son élément constitutif, et repo-.
sant sur une double affinité sexuelle, de la prostitution, qui est un négoce.
Donc, il est nécessaire d'établir un cens nova due tes
La matière est délicate. Il faut apprécier la valeur quan-
titative du frisson sexuel et sa valeur qualitative. Ce second point primant le premier.
À une certaine richesse émotive du système nerveux, ;
correspondant à un certain degré de délicatesse esthéti-
que de l'esprit, et à un exposant plastique complémentaire (tempérament, esprit et beauté) ; la polyandrie serait licite
et anoblissante. Vous me direz : comment apprécier ?
Mon Dieu, voici un jury : Docteur Toulouse, docteur
Rogues de Fursac, Po Rabaud et un étalon (au
sens équidé), pour juger sur pièces le tempérament psycho-physiologiquement. Quatre artistes et quatre gens
de lettres bien choisis avec un arbitre d’équité reconnue, pour estimer la plastique et les. sensibilités esthétiques.
Alors, un papier de noblesse, aux armes de la Républi-.
que, enregistré par le sceau de France, donnerait un … titre (dont la forme est à préciser) et un droit insaisis-…
sable à l’impétrante de régler sa vie sexuelle par des”
engagements aussi multiples et simultanés qu’il lui siérait. …
Les Polyandres, étant une aristocratie des sens, de l'esprit et de la beauté, formeraient une sorte de parle-« - ment (Chambre des Paires) qui discuterait et traiterait «
dans l'Etat le problème de la morale publique, ratifierait.
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; ‘en appel les divorces, et serait égale en honneur au Sénat. … Voilà comment je conçois la polyandrie et sa noblesse, … pour laquelle on pourrait sans doute réclamer l’hérédité.…. Tenez moi, Madame, pour votre dévouée,
‘1 “1 RENÉE DUNAN
de M. JEAN RAMEAU :
Madame, |
Si j'ai bien compris, vous me faites l’honneur de me demander combien de maris doit avoir une femme actuelle, consciente de cette « émancipation intégrale », - vers laquelle nous marchons, dites-vous.
- Et vous souhaitez, pour l'honneur de mon sexe, que je me révèle dans ma réponse, aussi large d'idées que pos- . notes Soyons donc large pour être dant Mille et trois ” maris, le chiffre de don Juan, vous satisferait-il ?
Sinon — et je comprends, certes, qu'une don Juane &: prétende 2 à dépasser don Juan -— (nous vous sommes si is inférieurs en tout) —, je consentirai volontiers à « m'élargr» encore, ne fût-ce que pour être à la dimension de ce sexe aussi aimable qu’ émancipé, auquel je présente, —- À je vous prie de le croire —— mes hommages les plus 4 sincères. We «