JEAN RAMEAU
de M. ROBERT DIEUDONNÉ :
. Toutes les théories sont défendabies sur le papier, ce ÿ qui n’empêchera pas la jeune femme abandonnée d’acheter … quinze sous de vitriol ou l’amant bafoué de décharger son … revolver sur sa maîtresse perde.
On a pris tellement de mauvaises habitudes depuis l'â âge des cavernes ! è Veuillez agréer, Madame, mes nues empressées. ‘4
RoBERT DIEUDONNÉ
de M. LÉO CLARETIE :
Madame et chère consœur,
Vous me demandez mon avis sur la liberté Se dés Ja femme.
© Dans un meeting, un orateur ayant dit : « Entre l’homme et la CES il y à une petite différence ! », un Anglais s’écria : « Hurrah pour la petite différence ! ».. Sans d'Abt pour la même raison, je la constate : . c'est la maternité. On a défini l’adultère : « Pour l'homme c'est de l'exportation, pour la femme, c’est de limportation ». L’homme fait l’amour, et tout est dit. Le même geste n’a pas pour la femme le même sens : ï y a l'enfant. Voilà la différence : elle est de nature à brider la liberté féminine, me semble-t-il. CORNE < . Léo CLARETIE.
de M. MAURICE DE WALÉFFE Made
Je me fais un devoir de politesse de répondre : à votre . lettre du 28 mai. Je crois que la monogamie a été inven-. tée, et de tous temps maintenue, par les femmes nanties ; d'un homme, et contre les femmes qui n’en sont pas nan-. ties. Car la question sexuelle est avant tout une question
alimentaire.
Cette monogamie tombera quand les Fous sans
homme seront plus nombreuses que les épouses bien
pourvues, ce qui risque d'arriver si-nous avons encore une guerre aussi meurtrière que la dernière en date.
Quant à la polygamie à l'usage des dames, ou polyandrie, les courtisanes seules la pratiqueront, demain comme aujourd'hui. Mais c’est un vie beaucoup plus dure que
«elle de la femme mariée. Et celle-ci n’ y aspirera Jamais.
Veuillez agréer mon respect.
M. DE WALEFFE
"de M. CHARLES DERENNES :
J'ai dit dans Bonsoir que le livre de M. Georges-
Anguetil m'avait fort intéressé, mais Je ne vois pas très bien comment les thèses qu’il y soutient rejoignent les observations développées par M. Victor Margueritte
dans La Garçonne.
Un homme averti en vaut deux, mais la femme plus avertie est-elle dans le même cas ? Je ne parviens pas à le croire. D'abord, 1l est bien évident que l’homme et la femme sont deux animaux différents et que la sexuahté ne se présente pas chez l’un et l'autre de la même manière, aussi bien psychologiquement que physiologiquement. Et
à. puis surtout, pour que la femme puisse jouir avec dignité … de la liberté sexuelle, il lui faudrait une éducation sécu- . Jaire : elle devrait remonter tout le courant d'habitudes
amoureuses et galantes qui se sont imposées aux civili-
. sations modernes depuis mille ans et plus. À tort ou à … raison, une réprobation qui se traduit par des noms . décriés frappe dans l'esprit des hommes, et dans celui
aussi de ses sœurs, la femme qui, pour employer un euphé-
“… misme, se complait dans de multiples et excessives expé- ‘riences, avant de conquérir sa part de rêve et de bonheur
…. et de fixer son choix. 4
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Il pouvait arriver qu’en d’autres temps et au cours
… d'autres civilisations, où les conditions sociales n'étaient
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plus les mêmes, les courtisanes aient appartenu - — comme l'étrangère de Mautinée — a l'élite féminine de l'esprit et du cœur. Je ne crois pas que de nos jours 1l soit POSsible d'accorder sérieusement de la considération à une femme dont on dit qu'elle fait la noce ou qu ’elle est une... car les mots influent beaucoup plus qu'on ne le croit Sur :
les faits. ‘ CHARLES DÉReR Nes À
….de M. GEORGES DOCQUOSS :
Du point de vue élevé, Je n'aperçois pas tout de suite le bienfait d’une loi qui permettrait à une femme l'emploi de plusieurs maris bien et dûment à elle. La nouvelle institution pourrait être, néanmoins, secourable à ces messieurs : ils n’assumeraient qu'au prorata les dépenses ‘de Jeur commune compagne et s’entr'aideraient avec profit Pi "dans l’exercice du devoir conjugal. Pourtant — et passezmoi la vulgarité de la comparaison, — dans les basse: cours, je vois, constamment, beaucoup plus de poules que de cogs.
Croyez, Madame, à l'expression de mes ee distingués. 75 S AE RL
G. Docquoirs …
* ni PARA,
de M ROUX-COSTADAU | HU
Madame, polygamie, polyandrie ! C’est la nature qui 4 répond à vos questions. 1 La nature veut la vie. lle la veut intensément, aveuglément, universellement. 5 10 Or un homme avec cent femmes procréera dans un an cent enfants, et une femme avec cent hommes, des le même temps, n'en fera qu'un. ;
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… S'ils’agit de peupler ou repeupler la terre, c'est la poly- . gamie qui, doit l'emporter. Les grandes guerres destructives de l'élément masculin déterminent la polygamie. Si à elle n’est pas légale comme en Orient, elle est libre comme en Occident, et revêt tous les caractères et tous les périls
| : à ' » d’une vaste prostitution.
. prophètes, elle sera fatale, aussi fatale que le retour du * monde à la préhistoire. sa ul C'est avec frénésie que les femmes se disputeront les faveurs des hommes. Et les hommes seront bien à plaindre. C'est Salomon qui l'a écrit, lui. qui était possesseur ‘de sept cents épouses. | | Croyez, Madame, à mes distingués sentiments.
| H. Roux-CosTADAU