DE LA LIBERTÉ SEXUELLE DE LA JEUNE FILLE
« Il ny à qu’un moyen d'obtenir plus de fidélité des femmes dans le mariage : c’est de donner la liberté aux jeunes filles et le divorce aux gens
mtariés. » S ariés (STENDHAL.)
« Pendant des années, on enseigne à une jeune fille læ pudeur comme loi sacrée. Puis, un beau jour, on da fourre au lit avec un homme : éduca-
tion et mariage ! » (ETIENNE REY)
. « Grâce à la prostitution, la vertu des. jeunes filles destinées au mariage peut être respectée par les jeunes gens qui ne sont pas en mesure de ronpre le célibat. « Il faut ce fumier, a dit quelqu'un, pour faire éclore et prospérer la sainte- fleur du mariage ! » Mais ce but n’est atteint que pour les filles de la bourgeoïsie, et encore !.. »
(Docreur Mavoux)
Et ayant ainsi déblayé mon terrain, j’entre dans le vif
de mon sujet : le droit à l’amant pour la femme libre, qu’elle soit jeune fille en quête d’un mari, veuve ou divor-
Qu'on me permette simplement de rappeler deux obser-
vations :
1°) J'ai consacré un chapitre entier de La Maîtresse P Légitime à démontrer que la femme éprouvait, au même titre que l’homme, le besoin sexuel d’amour physique, et
que chez jar R. renvoie a autant ue “oi lecteur à ce chapitre que la même question fait L dans le présent ouvrage, d'un chapitre également, traité par Madame Jane de Magny d'une facon d’ ailleurs dif férente et beaucoup plus complète que la mienne, Je ne présentera donc, sur ce point, qu'un résumé très succinct des opinions faisant autorité en la matière et celles qui. vont être citées ici ou ne l'ont pas été dans La Maîtresse Ë Légitime ou ne le seront pas par Madame Jane de Magny, qui a pris Connaissance de mes épreuves avant d'écrire son étude.
20) J'avais carrément en la liberté la plus absolue | pour la femme libre, maïs sans donner mes raisons, et je n'avais point parlé de la l'berié de la jeune fille. C'est : F cette dernière Sp qui fait Fobjet du présent che
+ essais sexuels avant le mariage, nuits d'éprettes et- on # sesses d'essai : après quoi r'étudierai la liberté sexuelle de la femme non mariée, prologue des chapitres V et VI, consacrés, l’un à l’union libre et à l'amour. libre, tre ; à la glonfcation de la fille-mère, après quoi a pra la plume à Madame Jane dé Massy N |
« C’est une des superstitions de l'es sprit humain 7 d’avoir imaginé que la virginité pORFAE purs ah vériu. ». 4
- À ouai) | F ”
£ re Ÿ
Si c'est M. Marcel Pidres qui à inventé 1e nôtre nr . Demi-vierge, on saït que c’est M. Léon Blum qui, dans un ouvrage spirituel et bien écrit {1}, & Je premier en. France, soutenu la thèse ou subyersi sive que Hrtnn fille doit être libre de « courir » avant le mariage, “tout comme les garçons, ou qu ‘on W/AHBers pas. de
lee tsar
li D. mériaÿe. Oltendorf, satens,
ceux-ci la fidélité qu’on exige de are Et pour Our à à mes lecteurs un double régal, je vais leur donner le brilant résumé que fait de l'ouvrage Emile Faguet, dans
son livre aullement démodé Le Féminisme (1} :
M. Léon Rlum a été frappé de ce fait, comme lout le monde, que les hommes, en France surlout, se marient lard, ce: qui force les * jeunes filles à se marier lard, elles aussi: que les hommes, avant de se marier, foni CRE d'expériences de l'amour, au sens le plus bas du mot, que le mariage es! pour les hômmes une fin et pour les jeunes filles un commencement; qu'il en résulie un désac- . cord funeste et louies les conséquences que vous savez. Si l'on per- | mettait aux jeunes filles, en les y conviant du reste, de faire, avant le mariage, les mêmes expériences de l'amour que pour les jeunes | gens, hommes el femmes arriveraieni «x mariage dans les mêmes conditions, ce. qui est le but cherché, 1 a écrit son livre en s'ap-
payant sur les deux affirmations suivantes : | ia Il y a, et dans la vie de la femme comme dans eue de l'hom- , d'aberd une période polygamique jusqu'à l'âge de trente ou
ee 2-cinq ans, ensuite une période malrimoniale ;
b) Les jeunes filles ont besoin, comme les jeunes gens, de jeter leur gourme pour être ensuile, por satiélé el parfait mépris des . plaisirs de jeunesse, d'honnêtes et fidèles épouses, Jusqu'au mariage, us hu feumes filles auront autant d’amants que les jeunes gens auront de meftresses,. el le plus possible.
> pu rien qui fasse qu'on veuille d'elle, On ne les épousera jamais ! éurquoi non ? N'épouse-t-on pas des veuves ?
= Mais elles auront des enfants 1
— Âkh 1! pour cela non 4 Elle n'euront jamais d'enfanis. Elles
" prendfont, pour ne pas en avoir, tous les mouens qu'il Ja Pour
cela et qu'on aura eu le soin de leur apprendr e.
— Maïs sacrebleu, décidément, ce que vous me br apaee d épouser, c'est la dernière des prostituées !
— Les mots ne me font pas peur ! El si je me propose d’ none tre femnie qui à élé ce que vous dites, avant, c'es! pour qu'elle ’ne denenne pas ce que vous diles après, Autrement, que faire pour
que les jeunes filles ne s'épuisent pas à désirer l'amour pendant que * les jeunes gens le font, et n'arrivent pas ardentes au mariage pour “cmbrasser des tisons, éleinis, d'où viennent toutes les suites que vous 3a9ez ?-
M. Emile F aguet, qui feint de Pt d thèse de
Léon Blum pour un amusant paradoxe, à tort. Ou alors : paradoxe d’aujoura hui, doxe et vérité de demain !
(1) Société française de librairie.
— Mais c'est la jeune fille déflorée, dévelou! és flétrie, n'ayant
Pr e
Convenons d’abord en effet que, si c’est un paradoxe, il est solidement construit, car il repose sur une idée de. justice réparatrice. Dans son second essai, La Magie | de l'Amour (1), Camille Mauclair écrit : à x
« L'injustice initiale du mariage est d'exiger de la jeune fille une virginité qui la contraint à un faux serment, puisqu'elle jure fidélité quant à un acte intime dont il est honorable qu'elle ignore tout. Il serait du moins juste que la virginité fût également exigée du jeune homme. »
D'autre part, l’idée que l’homme et la femme sont, à un moment donné de leur existence, tous deux polygames, est certainement vraie. Dans la seconde préface de La Nouvelle Héloïse, Jean-Jacques Rousseau avait déjà dit : « /l semble qu’il faut toujours au SEXE (féminin) un temps de libertinage ou dans un état ou dans un autre, »
Et puis convenons que bien des hommes, pour ide raisons aussi diverses que leurs tempéraments, accordent de moins en moins de prix à la virginité. Théophile Gautier ne faisait pas de difficultés pour avouer ses ps rences :
« Je me soucie peu de faire épeler l'alphabet d'amour ‘à de petites naïves. Je préfère les femmes qui lisent couramment ; on est plus tôt arrivé à la fi: du chapitre, et, en toutes choses, el suriout en ameur, ce qu'il faut considérer, c’est la fin. »
Et Théophile Gautier est loin d’être seul de cet avis, — voyez la facilité avec laquelle les veuves et les divorcées trouvent à se remarier ! —— mais si, chez lui, il y avait une préférence marquée pour l’absence de virginité, la vérité nous oblige à dire que, chez beaucoup de peuples, cet état n’a aucune espèce d'importance et que l’homme n'y prête même pas attention.
C’est ainsi qu’au Japon, comme le constate Roland Brévannes, 1l n’y a rien de choquant pour une jeune fille à entrer dans une maison du Yoshiwara pour y gagner sa
en 2e nn a de ee à Cu ”
(1) Oliendorff, éditeur,
dot ; il n'est même pas méritoire pour une jeune japonaise de devenir courtisane avant son mariage pour subvenir aux besoins de sa famille : elle ne fait que son devoir et occupe une situation enviée. : |
Et ce qu’il est intéressant de noter, ce sont les conséquences qui en découlent et qui confirment les données ce Léon Blum. C’est dans le délicieux petit bréviaire du mariage, si artistement édité par Eugène Figuière, que nous les trouvons ainsi consignées par Paul Brulat :
« Un ami, qui a vécu en Chine et au Japon, me racontait que, là-bas, la femme mariée demeure à l'abri même du soupçon : l'adullère et tous les maux qui s’ensuivent y sont inconnus. Le Japonais el le Chinois n’attachent aucun prix à la virginité el n’en foni pas une vertu; ne s'inquiétant pas des antécédents d'une femme, ils ne sont pas jaloux du passé; il leur suffit que l'épouse soit irréprochable. Peut-être savent-ils que le cœur humain est comme l'habit du pauvre el que c'est à l'endroit où 1l a été racommodé qu'il est le plus fort, Ainsi l'affection de la demi-mondaine comme de la Japonaise, après avoir erré en mainles aventures, se fixe définitivement dans le mariage, et son cœur déchiré par des passions successives, se raccommode par les liens conjugaux et n'en est que plus solide. »
Les mêmes mœurs, la même indifférence pour la vir-
ginité se retrouvent en Algérie, chez les Ouleds Naïls, qui vont même jusqu'à remarquer et honorer particulièrement celle qui s’est prostituée avant le mariage. Preuve de plus de la variabilité de la morale selon les latitudes. Si vous ne me croyez pas, lisez le Docteur Jaf (1) :
« Lorsqu'un chef de famille, ce que l'on aurait appelé un palriarche au temps d'Abraham, se trouve dans le besoin, il envoie ses filles dans la ville voisine en leur disant : « Allez et gagnez beaucoup de douros ! » Elles savent bien qu'à leur retour, plus elles en auront gagné, plus vite elles trouveront à se marier, non pas à cause de l'argent qui revient au père, mais à cause du fait par liimême; el alors elles sont aulant honorées, sinon plus, que celles de leurs compagnes qui n'ont pas eu le même sort. »
Peut-être après tout est-ce moins ridicule pour le mari que la situation de tous ces cornards avant la lettre qu’a
(1) Albin Michel, éditeur,
si malienement chantés Béranger :
soir des noces » :
L'hymen prend celte nuit Deux amants dans sa nasse, Qu'au seuil de leur réduit Un doux concert se place 1 Zon flüle et basse, Zon violon, Zon flûte et basse, Et violon zon zon !
Par ce trou fait exprès Vayons ce qui se passe :
L'épouse a mille attraits, L'époux est plein d'audace, Zon flûte el basse, Zon violon, 2 . Zon flûle el basse, "Et iolon zon zon 1 L'épouse veul encore Fuir l'époux qui l'embrasse, Mais sur plus d'un trésor Le fripon fait main basse. = Zon flûte el basse, Zon violon, : — Zon flile et basse, Et violon zon zon !
Monsieur jure après nous, Mais qu'à tout il se fasse :
Du divre des époux
Elle itremblé el Dot
Tandis qu'il la délace, se 4 Etva briser le HE 07
Et va rompre la glace
Zon flûte et basse, M Zon violon, HR RAS Zon flüle et baue. va Et violon zon zon !
Mais, pris au trébuchet, :
L'époux — quelle A PE De l'oiseau qu'il cherchait N'a irouvé que la place.
Zon flûte et es Zon violon, - :
Zon flûte et. basse, Et violon zon zon 1:
CE LE < à
La belle, en sanglotant % Le confesse & voix basse :- D'un divorce éclalant Tout haut il la menace.
Zon flûte et basse, | Zor:-miolon uen Es Zon flûte et basse, Et an zon zen Pine
Il n'est qu'à la préface ! PRO EN " a
Zon fläte et -basse, sn aan ÆZon violon, FREE
Zon flûte el basse, : Et violon zon zon !
Et pourquoi tant de prix à cette virginité du cœur et
des sens chez la jeune épousée ? Si Léon Blum a été, disions-nous, le premier à traiter à fond la question, notons. que l'idée se trouve ru moins esquissée dans les œuvres.
du es rnce de Ligne (D
ee ee
(1) Îles écarts ou ma tête en liberté. Bruxelles 1860.
, où nous lisons, dans le tome IV:
"RÉACRMENNE À ARR AMOR
& Peurquoi n'ose-l-on pas épouser une ferme ou une fille qui “aurait déjà aimé plus d'une fois? On dirait que le mérile du sacrement et l'honneur des époux tiennent à ceriaine prise incertaine de l'innocence. C'est une preuve qu ‘elle a un cœur. Si elle ne l'a pas
donné iout entier, fant mieux encore. Plus elle aura cherçhé à aimer
Sans y réussir, plus elle rendra son mari parfailement heureux, se on lui donne celui que son cœur désire. »
Camille Mauclair répond, dans son Amour physique : à la question du Prince de Emme eu
-54@ L'origine de l' ne que l'hemme s'est faite de la virginité, de l'atirait qu'elle exerce et du respect qu'elle mérile, paraît résuller. de deux notions. L'une est l'orgueil du mâle se constatant le premier possesseur d'une femme, orgueil direciement rattaché à l'idée de propriélé.
L'autre est l'agrément du mêle. La rupiure de la membrane hyrien lui procure en effet une sensation violente, qui es! rendue plus aiguë per la cruauté, par le sentiment de blesser. Le sadisme
n'est que l'acceniualion de ceite sensalion primitive du viol, L'idée d' imposer sa marque par une souffrance que nul autre ne es jemais plus causer excité le désir masculin.
Un grand nombre d'hommes réchéranent celle sensation, ei la PACE QTE à doute autre, »
à Nous avons cependant vu qu'il ne menquait pas d'hornmes non plus pour avoir une conception différente de la première nuit. Mais j'entends déjà les récrimina- . tions de nos lectrices me reprochant toujours l’égoisme | £le mon sexe et me demandant de me placer un peu aussi au point de vue de la jeune fille elle-même, qui est égale- “ient intéressée dans le problème... Mesdames, Mesdemotelles, vous avez raison, mais comine je trouve bien souvent de plus solides bases à la physiologie qu’à Îa psychologie, souffrez que je prenne alors l’avis de quelques médecins. Aussi-bier c'est Mi. Léon Blum haies jui prend soin de me donner déjà l’opinion du savant et Nue professeur Metchnikoff.
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« Ce dernier, qui s'occupe, comme on sal, de prolonger la vie humaine, considère l'état de virginité comme éminemment nocif à lespèce. Îl y voit la source d'une sorte d'intoxication permanente, et la membrane hymen lui paraît constituer, lout comme Ce un de tes organes désaffectés qui ne subsistent plus que pour noire mal. Sie Pa bien compris, il voudrait qu'on débarrassät au plus
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tôt les filles de cette cloison fâcheuse, fût-ce autrement que par l'opération naturelle, et dans le seul intérêt de leur hygiène et de leur santé. Îl est bien certain qu'à mesure que s'accroît pour les femmes ce stage de la virginité préalable, on voit se multipher chez elles les cas de déséquilibre organique, de neurasthénie, de consomption. »
Ca, c'est un argument, et un argument d'autant plus digne de considération que les jeunes gens, se mariant de plus en plus tard, et seulement quand ils ont leur « situation » à peu près assurée, l’état des jeunes filles risque de se prolonger, au grand danger de leur santé.
Une autre autorité va d’ailleurs tenir sous une autre forme, plus précise encore, le même langage : c'est le docteur Binet-Sanglé (1), qui s'est mis en tête de régénérer notre pauvre espèce humaine, pensant avec raison qu’on pourrait faire de l'élevage humain aussi facilement que tout autre, si l’on voulait seulement suivre quelques règles élémentaires d’eugénisme au lieu d'abandonner aux. surprises du hasard la plus importante de nos fonctions : Ja génération, la reproduction de l'espèce. Or voici les conseils qu’il donne relativement à la vie sexuelle des enfants de son haras :
& On évitera à l'enfant les spectacles et les lectures susceptibles d'éveiller prémalurément son instinct sexuel, mais, dès la puberté, ‘marquée par la mue de la voix, la langueur, la tendance à la rêverte, l'attrait du sexe opposé, l'apparition des poils aux aines et aux aisselles, la secrétion du sébum par les muqueuses génitales, l'érection de la verge ou du clitoris et du mamelon, la pigmentation de l'aréole, le développement des seins, l'apparition du sperme ou des règles, le coït sera autorisé et cela deux fois.par semaine jusqu'à vingt ans, puis rois fois après vingt ans. Îl sèra autorisé CHEZ LES DEUX SEXES ef, comme la femme ne doit pas être fécondée avant l'âge adulte pour des raisons de meilleure génération, on lui enseignera la prophylaxie anticonceptionnelle, CA
Ce que j'écris là indignera beaucoup de lecteurs. Mais la science na pas à se préoccuper des morales religieuses. Elle ne tient compile que des faits. Car, dès la puberté, (15 ans en moyenne chez les garçons, 14 ans chez les filles) les organes génitaux secrèlent continuellement des toxines dont la présence se traduit par un besoin d'éjaculation. Si cette éjaculation
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(1) Le haras humain. Albin Michel, éditeur.
un
est oblenue autrement que par le coïl, on observe, CHEZ LES DEUX SEXES, la tristesse, l'amnésie, la lenteur, et l'incohérence de l'associalien des idées, l'incertitude du raisonnement, la faiblesse de la volonté; parfois la neurasthénie, l'impuissance ou la stérilité. Les candidats aux grandes écoles qui se livrent à l'onanisme sont à peu près sûrs d'échouer.
St ce besoin d'éjaculation n'est pas salisfait, on observe, chez les hommes, les névralgies testiculaires; chez les femmes, les diges: tions pénibles, la dystrophie des ovaires avec troubles menstruels, parfois l'aspect homasse, et la chlorose; chez les deux sexes, le malaise, le ieint lerreux ou blafard, l'obésité, les éruptions cutanées, le caractère morose et acariâtre, l'émotivité, l'insomnie, les RES APR les allernatives d’excitation ei de dépression, la propension à la iristesse, à la colère, à l'inquiétude ou à l'angoisse.
Chez les névropathes, ce sont les désirs effrénés d'une Cattarina Fieschi, qui se roulait à terre en criant : &« Amour ! amour ! je n'en puis plus ! », les hallucinations, le délire et les flagellations d’une Maria Magdalena dei Pazzi, d'une Térésa de Capedo ou d'une Elisabeth de Genton, l'onanisme, le tribadisme, le saphisme, la pédérastie, tout cet érotisme de couvent qui, au temps des & professions » imposées, obligeait à gorger moinillons et nonnains de laïlue, de pourpier, de sirop de nymphéa ou d'agnus castus, de les saigner, de leur appliquer des lames . plomb sur la poitrine et les lombes 1
L'hystérie qui est presque inconnue ie les femmes hindoues qui - coïlent dès l'apparition, des règles, est si répandue chez les vierges continentes que certains médecins ont recommandé, pour prévenir les erises, la & confrication de la vulve », c'est-à-dire la masturbation.
La continence prédispose également à l'aliénation mentale. Sur
1.726 aliénées à la Salpétrière, 1.276 n'étaient pas mariées. Le coït régulier favorise le développement. Îl assure cel équi- ” libre physique et mental qui se traduit par la fraîcheur du teint, la régularité des menstrues, la souplesse de l'organisme, la gaîié du caractère, la clarté des idées, l'indépendance de l'esprit.
Le coït fait durer la vie. On a depuis longtemps remarqué la longévité des flamangels el aussi de l'âne étalon. En revanche, il meurt 131 femmes célibatalres pour 100 femmes épouses. Les vieilles filles ne fournissent pas de centenaires, si bien que les Anciens dédiaient des statues « à l'Hymen qui retarde la vieil- Îesse, »
Or, comme aujourd’ hui, pour les raisons que j “indiquais plus haut, ce n "est que beaucoup trop tard que les jeunes filles parviennent à l’hymen légitime, la théorie d’hymens irréguliers avant la lettre trouve sa justification dans des
EP Done on de santé et dot les ondicone pen de jé âge des mariages modernes. Et ainsi se trouve. jee le nécessité, pour les jeunes filles, de l'amant légit
Enregistrons d’ailleurs que le « monde » tend à passer de plus en plus l’éponge, à fermer de plus en plus complaisamment les yeux sur les escapades de la jeune garconne, peut-être parce au il constate chez elle un état d'âme nouveau, qui a été magistralement analysé par le docteur Toulouse dans son remarquable livre : Le ques" tion sexuelle et la femme Ch}:
« Je vois autour de moi des familles bourgeoises, où les’ te vieilles traditions en matière d'éducation des jeunes filles étaient sévèrement maintenues, Je dis éducation et non instruction, car on admettait qu'une femme pûl apprendre, acquérir ses grades à la. Sorbonne, enfin s'occuper de lout, sauf des cage FanseraoE les rapparts des sexes. Deus
La guerre vint ef la jeune fille la plus AN, s'engagea dans un corps d'infirmières. Le mysière de l'autre sexe, qu'on. lui défendait sévèrement de chercher à pénétrer, lui fut brusquement révélé sur les lits de misère où gémissaient les soldais blessés, Le centact de l'homme étranger, de l'homme d’une classe inférieure à la sienne, dont -elle avait appris à se garder, lui devint familier. Des sentiments se sont éveillés, une expérience morale plus large à transformé son jugement ; des idées conventionnelles se sant effacées
Ensuite cetle expérience a placé la jeune fille près des origines de l'amour physique. Et comment penser qu'elle n'ait pu être émue? Îl y a chez elle, comme chez le jeune homme, des fempéraments, des. curiosités, qui aplénissent bien des obstacles dressés sur les routes les plus traditionnellement façonnées. Et quand les tendances ins-* tinclives parlent un peu haut, elles trouvent souvent des volontés tout orientées.
Et, d'une manière ou d'une autre, la Rice + posée din l'esprit, après l'avoir été dans le cœur : Pourquoi l'expérience amoureuse est-elle si libéralement Moore au jeune homme et strice tement interdite à la jeune fille ? Hier la tradition répondait par. un impératif qu'on né discuiail pas, Aujourd'hui ce devoir unilatéral est critiqué par des consciences plus éclairées... Par moments, le problème de l'inégalité des conventions sexuelles se pose à elles dans foule sa force. Tout dépend alors des courants qu peuvent se former au théâtre, dans le monde et DANS LES LIVRES. La morale est comme la jurisprudence : elle se fire par des arrêts, que rendent les opinions des milieux influents. AR er Pet 1
(1) Fasquel’e, Las
J'ai connu des jeunes filles de ue éducation ‘qui nl jus-
qu'à revendiquer pour. elles — iout au moins en principe — la nême liberté, le même droit en matière sexuelle que la morale courenie accorde à leurs frères. Je pense qu elles avaient tort el qu elles
auraient di pluiôt demander que les jeunes gens soient soumis aux
mêmes sévères obligations qu ‘elles, Niais, sur ce terrain, JL N'ETAIT
PAS EN VÉRITÉ POSSIBLE de Îeur donner une raison décisive leg
titant cetie énormité de la morale mondaine à double face qui
permet à l'un tout ce qu'elle refuse à l'autre, La religion a été.
impuissante à justifier ceile inégalité saine aussi à l'empêcher. Et ceite inégalüié, une soli ide convention la cacheil jadis, en empéchail le débat AUJOURD'HUI, ELLE SE DRESSE DANS LA CONSCIENCE DES FEMMES JEUNES ET ELLE EST DISCUTÉE,
Tous nos désirs, lous nos intérêts d'homme ne peuvenl plus faire que la question ne soit posée, el quant à la manière dont elle sera
seniations n'auront pas grand effet sur l'évolution des mœurs féminines. Nos exemples dans le sens d'une vie plus chaste auraient seuls quelque force. Je sais bien que les associations féministes foni campagne. pour épurer Îles mœurs qui ont fléchi dens un certuin milieu de fernmes udcnnées à une grande aclivité, Mais les asso-
ciations, placées sous la direction principale de personnes âgées,
n'auront guère plus d'influence que les parenis..
Pour comprendre comment l'avenir peut se dégager du présent, il faut penser que la guerre est forcément une école de liberié sexuelle, La séparation des ménages, la disparition des hommes
. engagés par des liens à des femmes, la crainte d'une mori impré-
Due ét toujours présente sont des conditions qui tendent à transformer lès mœurs...
A Hort au surplus penseraii-on que celle lendénée êst discuiés
ë seulement par quelques vicieuses, Plusieurs jeunes filles m'ont dit :
4 Vous, exprimez fout haut ce que nous pensons TOUTES aujour- : d'hui… » Æt d'ailleurs il ne s'agit pas pour la plupart d'imiter les
. résolue, ELLE NOUS ECHAPPE. Je crois que nos conseils, nos repré-
dévergondés, mais plutôt les jeunes bourgeois de la meilleure édu:
cation. qui ne croient pas déchoir dans leur conscience en poursuivant plusicurs expériences amoureuses avant de se fixer dans le
mariage. Entre les débeuches et la chasteté, il y à bien des étais
infermédiaires, qui sont tous refusés à la jeune fille... De deux choses l'une, ou bien la jeune fille, en menant uñe vie
plus masculine, plus libre, pouvant subvenir à ses besoins et par
conséquent moins dépendanie de l'opinion et du préjugé, imitera le jeune homme, ou bien elle exigera qu'il reste chaste comme elle, Ii n'y a pas d'état intermédiaire possible,
La première hypothèse se vérife dans certains milieux. /! faut
fermen les yeux pour ne pas voir due, dans la classe populaire, la
Jeune fille, qui est l'égale du jeune hounne 0er le sxiaire, tend à lues comme lil, Dis que esla ñen à shcque, qua cela ef mauvais,
tai 76 F2 | ; à t
mais ne diles pas que cela n'est pas, CAR GELA EST. Ce mouvement gagnera-t-il la classe bourgeoise ; C'EST PROBABLE, si rien ne vient l'entraver.
La raison la plus puissante qui s'oppose à la liberté sexuelle de la jeune fille, c'est le risque de la grossesse. « Je verrais, m'écrivait un homme de bonne culture, sans trop de peine (certains pères tirent même quelque fierté) mon fils une fois prémuni contre les dangers de la chose, courir la bagatelle ; je tremblerais si ma fille imitait son frère, Je surveillerais chaque jour ses traits, sa taille... » Mais on ne pense pas, en raïsonnant ainsi, que le déshonneur qui s'attache à l'enfant illégitime peut s'atténuer ef même disparaître dans la situation nouvelle, où la dépopulation forcera l'opinion à être clémente sinon bienveillante envers la fille-mère. Admettez que des femmes libres, ayant conquis leur indépendance économique el n'ayant plus le même besoin de la protection et du garant. d'un homme, se décident à vivre seules avec leurs enfants naturels, l'opinion évoluerait sur ce point.
Voilà ce qui crée la grande inégalité entre l'homme ei la femme: mais, cela ôlé, que restera-t-il ? En quoi la liberté sexueile de la femme est-elle moralement plus blämable que celle de l'homme ? Simple préjugé masculin ! Si la possession d'un être qui n'a pas pris de mauvaises habitudes sexuelles, qui n'a pas été contaminé par le vice, est désirable pour l'homme, elle l'est tout autant pour la femme plus avertie. Il n'y a donc pas de raisons décisives et permanentes pour justifier l'inégalité des deux morales sexuelles, tandis qu ‘il y en a pour imposer la chasteté aux deux sexes avant le mariage. »
Je ne crois pas assez à la possibilité de la Lontinenes des pubères et je me rallie trop à l'opinion du docteur Binet-Sanglé pour ne point croire qu’il soit possible d’im- poser cette chasteté aux deux sexes avant le mariage, mais, sauf cette réserve, je partage volontiers les idées du docteur Toulouse. Encore un point cependant : il réfute l'objection du risque de grossesse en nous laissant entrevoir l’époque toujours attendue où le bâtard ne sera point différencié de l'enfant légitime. J’expliquerai, au cours de mon chapitre consacré à la fille-mère, que la question ne se pose plus si l’on donne à l’enfant le nom de la mère. Mais il y a une autre réponse à faire à l’objection du risque de grossesse pour la jeune fille : c’est la solution de la grossesse d'essai avant la noce, à laquelle nous ass précisément consacrer les deux chapitres qui sui-
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