‹ L'amant légitime, ou, La bourgeoise libertineChapitre 20 sur 149 · REA · texte numérisé non relu

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tionnelles sont célébrées sur tous les tons et en mr) Dctbsian, hd cun s'efforce de cacher aux yeyx de lous des tares el des vices. Le pire est que chacun use de ces mêmes préceples, beaucoupt plus pour juger la conduite d'autrui que la sienne propre, de sorte. qu'ils servent surtout à accroître l'hypocrisie générale, en inspirant la crainte de l'opinion publique, toujours prompie à condamner sans enquête les défaillances qu'on n'a pas réussi à lui dérober: »

Le D° Mayoux a certes raison d'mvoquer le code. de la nature, mais sa voix sera-t-elle entendue, si raïsonnable qu’elle soit > Si je cite obstinément tant d'opi-. nions, toutes concordantes, c'est pour bien montrer que l'avis est unanime que la morale n’a rien à voir dans les questions sexuelles, essentiellement naturelles. Combien de fois encore le faudra-t-il répéter à ces sourds qui ne veulent point entendre ?

Au fond, c'est encore un des grands philosophes du XVIe siècle, Diderot, qui a peut-être le geux posé la question, en la ramassant sous cette forme condensée :

« Voulez-vous savoir l'histoire abrégée de presque nu notre misère ? La voici : : il existait un homme naturel ; on a introduit, au dedans de cet homme, un homme artificiel et il s'est élevé dans la caverne une. guerre civile qui dure iouie la vie. Tantôt. l'homme

naturel est le plus fort, tantôt il est terrassé par l'homme moral et artificiel et, dans l’un et l'autre cas, le iriste monstre est tiraillé, tenaillé, tourmenté, étendu sur la roue ; sans cesse gémissant, sans cesse malheureux. »

Eh bien ! je l’ai dit et je le répèterai sans doute encore : je crois que nous devons, de plus en plus, terrasser, en le démasquant, l’hypocrite homme artificiel, pour redevenir l’homme naturel, à qui rien de ce qui est naturel ne peut paraître une faute. Si donc l'amour des êtres est une Joi de nature, c'est que cet amour n'est ‘point coupable, quoiqu' en disent Messieurs les Moralistes, - Mais quelle autorité sauraient-ils conserver après le coup droit que leur a porté un grand écrivain, que je ne sache point subversif, M. Maurice Dons, membre de

l'Académie française, commandeur de la Légion d’honneur. N'’a-t1l pas écrit en effet :

« Amants ! Îl % a des forces faiales qui accrechent les êtres l’un à l’autre, et la fatalité est la vieille loi du monde : seulement les moralistes ne peuvent pas le dire, parce qu'alors l'humanité s’effaroucherait ! »

Après cet aveu, qui est un signe des temps, surtout sous une telle signature, sn’aurions-nous pas mauvaise grâce d'insister ?

« En somme, il y a tant de morales que je me demande s'il v a, véritablement, une Morale », écrit

M. Henri d'Alméras.

Moi, il y a belle lurette que je ne me le demande même plus !.…

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