livre que je viens de citer, va nous dire en quoi À consiste
. pratiquement, HAT FE ï
Mais, pour nous initier à son analyse, lisons d’abord la lettre qu'il envoyait à mon confrère John Grand-Car- “teret à l’occasion de son enquête sur les différentes formés de mariage (1) :
La coutume du Lan seble en del avec la théorie . de Darwin, qui veut que la Faïowsie soit un sentiment naturel à * l'homme. Où commence FR jalousie 2 Où a-t- eus: lieu de cem-
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(1) Op. oe
2° À; Bornéo, il y a des rapports libres € entre les jeunes a
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mencer ? Un jeune Maraichin est-il admis à regretter que sa future femme ait maraichiné avec d'autres jeunes gens ? Ou bien la prendil comme une Veuve, ainsi que doit faire sagement celui qui épouse une ouvrière el une employée à Paris, ou une Actrice partout ailleurs ? Au fond, il semble que, pour beaucoup de gens, la Jalousie ne soit que la crainte du ridicule; et, si l'on exige la fleur de la jeune bourgeoise moderne que l'on épouse, c'est surtout parce que, pour l'avoir perdue, dans les conditions où elle a été élevée, il lui aura fallu une rouerie de vice extrême Ajoutons la curiosité de savoir ce qu'est une fleur, quand on n'en a jamaïs cueilli entre les pavés de la Caserne ou du Quartier Latin, où l'on passe sa jeunesse !
Mais la Religion elle-même, qui admet les noces renouvelées indéfiniment, ne l'exige pas en mariage. À Malte, naguère, c'était un vœu fréquent, chez les matelots, dans une tempête, de promettre à la Madone d'épouser une fille publique et de la retirer du vice : fille prosliluée par nécessité, bien entendu, et que l'on envoyait d'abord faire une retraite dans un couvent.
S'en suit-il une mésharmonie entre les époux ?
Le brave el savant curé Auguste Simonneau, qui connaissait à
. fond les mœurs maraiïchines, affirmait : « Aucun pays du monde ne peut être comparé à celui-ci sous le rapport de la concorde qui règne entre les époux ». N'élait-ce pas avouer, une fois de plus, que les Mariages, uniquement basés sur l'Amour sexuel et physique et sur l'Essai avant la noce, sont les plus solides qui existent et Les seuls qui peuvent résister? Le curé de Saint-Urbain, en ne consiatant que les résullats et en en vantant les bienfaits, ne visait pas à la morale. Il était dans le vrai. Chez les Esquimaux, les jeunes mariés changent plusieurs fois de femme où de mari jusqu'à ce que chaque couple soit parfaitement assorli, ou pendant un temps, les échanges se font entre deux maris. Ces Esquimaux ne seraient-ils que des précurseurs de l'Union libre et ces mariages à l'essai ne ressemblent-ils pas à ceux dont parle M. Léon Blum dans son livre?
Comme on me l'a fail remarquer, il est bien évident que le MARAICHINAGE, beaucoup mieux que la simple Masturbation, permel aux garçons d'un pays de & connaître » (au sens Rte du mot) toutes les filles de la contrée.
Comme on l'a dit, dès l'école de Salerne : Tota mulier in Ur, La sagesse des nations prétend qu’on ne connaît bien un homme que quand on l'a eu à sa table; el il est évident qu'on ne connaît une femme qu'après l'avoir eue dans son lit ! Mais la femme peut en dire autant de l'homme; et c'est précisément pour cela que la Grossesse D'Essai a un réel caractère de MoRALITÉ, qui a échappé à presque tous les Sociologues jusqu'à présent. —
On s'est demandé si, de leur côté, les jeunes gens ne trouvaient pas dans la Couture moins l'occasion de montrer leur force virile,
dont la plupart des femmes sont peut-être moins friandes qu'on ne
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le dit, qu'un moyen pour eux d'éprouver, dans l'ensemble, teute la Personnalité des jeunes filles entre lesquelles ils doivent choisir une compagne. \
En réalité les Maraîchins ne font pas tant de psychologie que cela et ne pensent pas si loin; et, comme M. Jourdain, s'ils font de la « prose » en Amour, c'est sans le savoir. Ce qui est certain, c'est qu'il y a plus d'intimité dans la vie courante entre ceux qui : oni eu des rapprochements sexuels avant le mariage. Ils semblent vraiment se mieux connaître et mieux se comprendre. La jeune fille est libre de sa personne, et le mariage est une éponge qui efface le passé. La femme mariée, en revanche, est tenue au respect du lien conjugal. Quant au divorce, il semble ne pas exister au Pays maraichin. Je n'en connais pas d'exemple.
D' MarcEL BAUDOUIN. |
Dans son livre De l’amour, Sénancour avait déjà vanté les heureux résultats d’une coutume identique :
« Dans la petite presqu'île de Portland, les jeunes filles ne se marient pas avant d'être enceintes; et cel usage n'a pas encore élé détruit par l'influence de la religion. Lorsqu'un jeune homme et une jeune fille ont entretenu pendant quelque temps un commerce stérile, on croit que la Providence ne les a pas destinés l'un à l’autre. Êu femme conserve sa réputation et elle peut agréer plusieurs prétendants jusqu'au moment où, devenue mère, elle contracte un mariage solide et indissoluble. )
Mais voulons-nous être loyaux et logiques avec nousmêmes : est-ce que notre divorce, de plus en plus fréquent, * ne convertit pas toutes nos unions les plus légitimes en mariages d'essai >... Charles Turgeon écrit dans son gros livre sur Le féminisme français (1)
« Par le fait du divorce, les unions légitimes ont tendance à devenir des engagements à terme, un bail teniporaire, quelque chose comme un.stage d’épreuve. Si, après quelques mois ou quelques années d’expérience, le couple ne se convient pas ou ne se convient plus, on en sera quitte pour quelques scènes violentes jouées en public, et chacun reprendra sa liberté avec l’assentiment de la justice et des lois. On entre par la grande porte en se réservant de fuir par la petite. Sans les résistances de l’église
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(1) Larose et Tenin, éditeurs.
catholique, les progrès énormes, que le divorce a faits dans nos mœurs, nous entraîneraient rapidement à ce awon a justement appelé la « polygamie successive ». Sans doute, nas divorcées ne sont pas comparables encore a ces matrones romaines dont parle Sénèque, et qui comptaient le nombre de leurs années par le nombre de leurs maris. Ainsi pratiqué, le divorce équivalait à l'union bre. Avouons cependant qu'en s'acclimatant chéz nous plus rapidement qu'on ne l'imaginait, il menacé gravement le - mariage lui-même, »
Cette conclusion pessimiste est-elle fondée ?
Allons le chercher au cœur même de notre pays, foyer du maraîchinage.