‹ L'amant légitime, ou, La bourgeoise libertineChapitre 39 sur 149 · B) DANS LES DEUX-SÈVRES · texte numérisé non relu

B) DANS LES DEUX-SÈVRES

(D'après deux lettres du docteur Le Bouchet, de Saint- Loup-sur-Touet, et du pharmacien E. Cordier, à Parthenay.)

. Dans une partie des arrondissements de Bressuire et de Parthenay, règne une coutume que l’on nemme le FOUAILLAGE. Cela se pratique, sous un Parapluie, et dans les Auberges dans une chambre où se trouve un lit. En général, deux couples au moins opèrent simullanément, car chaque jeune fille a une Camarade, qui la suit loujours dans ses sorties. Les baisers se pratiquent avec introduction simultanée de la langue, et, lorsque la sensation voluplucuse est arrivée à son paroxysme, on peut entendre dire : «&« Crache mu dans la goule ei dis mu que tu m'aimes | »

Les choses se passent à l'auberge sur une chaise ou sur un lit, avec attouchements récipreques des organes génitaux par la main

restée libre. Le garçon a la main passée dans la & Miguaillière » de la fille et la fille introduit la sienne dans la braguette du garçon.

Cet exercice se continue pendant des heures, en prenant du café, avec force rhum. En général, lorsque l'excitation est trop forte, la fille s'abandonne entièrement et le coït est pratiqué sur le lit. Ensuite il est renouvelé; mais LA FILLE PREND LE GARÇON DE SA CAMARADE POUR OPERER. En agissant ainsi, elles prélendent éviler sûrement une grossesse possible. Les maraichines du Mont n'ont pas du lout ceite théorie, quoiqu'elles pratiquent parfois le PRÊT DES MARIs, dont nous parierons plus loin. Ces pratiques ont lieu ouvertement et on n'y attache pas d'importance. Les jeunes gens les premiers arrivés sont en général ceux qui sont favorisés. En public, les choses se passent de même, mais il n'y a pas coïl en général, sauf la nuit, dans les lieux isolés (bois, genêls, blés, etc...) Îl résulte de ces coutumes que nombre de filles se marient enceinles et que très peu sont vierges. On peut dire sans exagération que les 9/10 des filles de campagne ont cassé leur sabot avant de se marier, c'est-à-dire qu'elles ont vu et revu maintes fois le loup. Leur mentalité sur ce point est telle qu'une fille qui s'amuse noloirement est considérée comme très honnête, tant qu'elle n'a pas eu un enfant avant de se marier.

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