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sur elles et les détruire, comme si elles élaient frappées par un
peuvoir secret, »
« Les femmes doivent être comblées d'égards et de présents par
leur père, leurs frères, leurs maris et les frères de Ho maris, lorsque ceux-ci désirent une grande prospérité, »
& Quand les femmes sont honorées, aimées, respectées et entourées de soins, les divinités sont satisfaites, mais lorsqu'on ne les honore pas, tous les atles sont stériles, »
Et enfin ces deux pensées qui résument toute la morale familiale et sociale :7
« Lorsqu’ une femme est heureuse, ire la no l'est également. » |
« La femme est l'âme de l'humanité. »
C’est dans notre vieille terre gauloise que cette em preinte demeura la mieux gravée : Honneur à Dieu et aux dames fut la devise traditionnelle qui retentit durant tout le moyen âge, dans les combats comme dans les fêtes, et les chants mélodieux des troubadours.
Et aujourd’hui encore, écrit M”* Léontine Zanta, dans son chapitre sur la femme :
« Ses veux sont toujours aitirés par le mystère des vieux chôteaux movenâgeux, aux fenêtres en meurtrières, où l'amant se hissait la nuit par des échelles de soie ! Ses oreilles toujours aïffentives aux chansons de l'aube, au cliquetis des vers sonores et spirituels de l’Arétin. »
Mais si, chez nous, notre « galanterié » sut faire offrir aux femmes des gerbes de fleurs, c'était pour lui faire oublier sé situation, dont nous parlerons dans un instant. Car le code et les lois continuent à la traiter en mineure et en déchue.
Georges-Anquetil a PabEtte dans La Maîtresse Légiline, quelques opinions des pères de l’Ecriture sur la- * femme et encore il a oublié Saint-Antonin qualifiant la
* femme de « tête de crime, arme du diable » ; Saint-Jean
de Damas qui s’écrie : « La femme est une méchante
bourrique, un affreux ténia qui a son siège dans le cœur de l’homme, fille du mensonge, sentinelle avancée de l'enfer, qui a chassé Adam du paradis » : l’opinion aussi gracieuse de Saint Jérôme : « La femme est la porte
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du démon, le chemin de l'iniquité, le dard du scorpion, au total une dangereuse espèce. »
Et cependant —— textes inconciliables —— les quatre plus illustres Pères de l'Eglise grecque : Athanase, Basile, Grégoire de Nazianze, Jean Chrysostome, et les ‘quatre plus illustres de l'Eglise latine : Jérôme, Ambroise, Augustin, Grégoire le Grand, attesteñt, et plus d'une fois, qu'ils doivent leur développement intellectuel et -moral, linspiration de tout ce qu’ils oùt accompli et enseigné, aux lecons de leur mère et de ieurs - autres parentes chrétiennes.
D'autres femmes, au dire de saint Jérôme, montrent. une telle intelligence des livres sacrés, et ii cite entre autres Salirna, Pentadia, Ampuctré, Nicaète, Clympia, Marcelle, etc., « qu’elles sont consultées par des prêtres, même des évêques qui, sans jalousie, inclinent devant
elles la dignité de leur charge et la supériorité de leur
sexe }».
Mais ces « concessions » devaient être oubliées et seules retenues les diatribes, auxquelles devait plus tard faire écho le chef de l’école mutualiste Proudhon :
« Enire la femme et l'homme, dit-il, il peut exister amour, passion, lien d'habitude, teut ce qu'on voudra, il n'y a pas société; l'homme et la femme ne vont pas de pair; la différence de sexe élève entre eux une séparation de même nature que la différence
de race met entre les animaux; aussi, loin d'applaudir à ce qu'on appelle aujourd'hui émancipation de la femme, j'inclinerais plutôt à mettre la femme en réclusion. » N
Allant même jusqu’au bout de sa pensée, Proudhon, dans son livre La Justice dans ia Révolution raväle la. femme plus encore que dans les précédents, insulte grossièrement Daniel Stern et George Sand, et au milieu de nombreux aphorismes, il émet celui-ci qui fait sourire : « La femme n'a que faire de penser par elle-même. »
Ce fut à M°° Juliette Adam, aui avait alors vingtdeux ans, que revint l'honneur de lui prouver, par une réplique puissante et vengeresse, que la femme pouvait Penser par elle-même.