‹ L'amant légitime, ou, La bourgeoise libertineChapitre 71 sur 149 · AUREL · texte numérisé non relu

AUREL

Voici, pour l'édification de nos lecteurs, un extrait caractéristique de ce livre si prodigieusement intéres-. sant. C’est la page qu'inspire à M Paul de Lauribar la loi du 28 mars 1903, punissant l'excitation à la débau-

che :

Nos législateurs ne plaisantent pas avec les questions de morale, et ils ont grandement raison!

Emerveillée de la peine qu'ils se donnent pour maintenir la morale et la vertu dans des limites aussi étroites que sévères, après : avoir, avec ravissement, examiné lous ces textes et bien étudié * léur esprit, il nous est venu l'idée très naturelle d'en rechercher le complément, c'est-à-dire les lois et articles concernant les bénéficiairés de ces coupables agissements, les propres instigateurs de la débauche, car tous ceux dont le Code et les lois nous parlent ne sont que des comparses, des complices, plus ou moins conscients, des exéculeurs commandés el payés de ces basses — combien basses ! — œuvres ! D'après notre modeste manière de penser, évidemment rétrograde el surannée, il nous semblait que, au banquet de la débauche, comme à tous les autres, celui qui commande le dîner el a l'agrément de le manger, est tout de même un peu plus fautif. que celui qui n'a fait que le’ servir.

Après avoir lourné et retourné le Code dans tous lis sens, nous avons constaté, avec une surprise moins émerveillée que la précédente, que, en dehors du viol (art. 340 du Code pénal), du rapt ou d'enlèvement de mineure (art. 354 et suivants du Code pénal), cas excessivement rares, les hommes ayant tant d'autres facilités pour saüsfaire leurs fantaisies, nous n'avions qu'à dresser un procès-verbal de carence, comme les huissiers qui trouvent uite maison vide,

Rien. Il n'y a rien dans le Code pour le monsieur sérieux, respeclable, bien posé dans la vie, marié et père de famille, qui, pour. corser en loule sécurité son menu conjugal un peu fade, s'en va

HO

braconner dans l’humble monde des jeunes travailleuses, sans s'inquiéter de ce qu'il adviendra de la pauvrelie, éblouie par un tel honneur 1.

Rien pour les vieux messieurs inconsolahless dé 00 leur feu éteint — bien qu'il n'eût rien de sacré ! — qui ne reculent devant aucun procédé pour lâcher de le rallumer avec de la chair fraiche. La viande doit être d'autant plus tendre que ces ogres n'ont plus de dents; aussi leurs intermédiaires sont-ils grassement rémunérés, car les risques sont pour eux !..

Par exemple, gare à la soubrette complaisante qui aura + MR ficement introduit l'amoureux de sa jeune maîtresse, surveillée par un Bariholo grincheux. Son compte est bon, car c'est une

femme presque à moitié honnête à côté des. messieurs en ques-!

tion

Rien pour les Lovelace de profession, jouisseurs expérimentés, qui, habilement, par ruses, promesses mensongères, bref tout l'arsenal de la séduction, gagnent la confiance de la jeune fille, profitent de son inexpérience pour lui administrer l'avarie, et disparaissent en lui laissant pour la vie ce terrible souvenir !..

Cas devenu banal, tant il est fréquent !… |

Ces messieurs peuvent conlinuer en toute sécurilé, il n'y a rien pour eux

Il est de principe et de Hier que l'individu qui a excité à la débauche pour satisfaire ses propres passions n'es point regardé comme coupable par notre législation. (Niort, 7 décembre 1861),

he ne voulions qüe le constater. C'est fait. ,

\. Et encore, nous, F rançaises, ne nous plaignons pas |

SI, contrairement à ce que croit le professeur Forel, pour une fois mal renseigné, nous n’avons pas encore le droit de vote, successivement accordé à nos sœurs de Russie, d'Angleterre, d'Allemagne, de Hongrie et d'Italie, nous n’en sommes plus à la situation des femmes de Turquie,

sur laquelle nous renseigne’ exactement un article très.

documenté de M”° Magdeleine Marx, paru dans l’Humanié du 26 janvier 1922, En voici les principes :

« Les hommes sont supérieurs aux femmes parce que

Dieu leur a donné la prééminence sur elles et qu'ils Les

dotent de leurs biens.

Les femmes doivent être obéissantes. Les maris qui ont.

à souffrir de leur désobéissance peuvent les punir el même les frapper.

Si quelqu’une de vos femmes a commis l'adultère, appe-

lez quatre témoins. Si leurs lémoignages se réunissent contre elle, enfermez-la dâns voire maison D à cé que la mort términe sa carrière.

Dieu vous commande, dans le partage Ps vos. biens entre vos enfants, de donner aux mâles une portion double de celle des filles,

Quant aux femmes Egyptiennes, vous verrez plus pe qu’elles en sont encore à revéndiquer le droit de n'être mariées qu'avec leur consentement et d'é cpetser un fiancé | au moins connu d'elles.

C’est donc de toutes parts que s'élèvent de revendications féminines. Sur quel domaine s’étendent-elles et sont-elles justifiées, c’est le dernier point de cette étude ‘* qu'il nous reste à examiner. l

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