‹ L'amant légitime, ou, La bourgeoise libertineChapitre 73 sur 149 · EMILE FAGUET · texte numérisé non relu

EMILE FAGUET

M"° Paul de Lauribar a eu tort d'écrire, dans son remarquable livre, que Montesquieu et Voltaire n’avaient jamais compris que les femmes eussent des droits. Je tiens

- à sa disposition toute une jolie page de Montesquieu, et;

puisqu'elle dit textuellement : « Woltaire, le grandresprit du siècle, qui se faisait gloire de défendre les.opprimés, fut ioute sa vie l’obligé des femmes ; feuilletons son œuvre immense : y trouvons-nous un seul mot de justice, © DE REVENDICATION pour elles 2°», je me permettrai de lui signaler qu al y en a, à ma connaissance, au moins deux.

Voici d’abord l'extrait d’un banage de Voltaire à Dul tulé : « Femmes, sovez soumises à vos maris ! » et voici la thèse de M"° la maréchale de Grancey :

« Je me souviens bien que Molière à dit :

Du côté de la barbe est la toute puissance.

Mais voilà une plaisante raison pour qué j'aie un maître ! Quoi?

parce qu'un homme a le menton couvert d'un vilain poil rude, qu'il

est obligé de londre de fort près, ei que mon menton est né rasé,

il faudra que je lui obéisse très humblement ! Je sais bien qu’ en,

général des hommes ont des muscles plus forts que les nôtres et qu'ils peuvent donner un coup de poing mieux appliqué : j'ai bien peur qué ce ne soit là l'origine de leur supériorité ! »

. Je crois qu’en fait de coup de poing, . celui-là est un, direct de Voltaire à son sexe, le sexe fort, et en voici un.

autre, plus élégant, mais porté avec quelle ironie ! dans

son Dictionnaire philosophique même, sous la forme d’un

plaidoyer présenté à la junte de Portugal par une comtesse d'Arcira :

« L "Evangile a défendu d'adulière à mon mari, tout comme à moi: il sera damné comme moi, rien n'est plus avéré. Lorsqu'il m'a fait vingt infidélités, qu'il a donné mon collier à une de mes rivales et mes boucles d'oreilles à une autre, je n'ai point demandé aux juges qu'on le fit raser, qu'on l'enfermât chez des moines et qu'on me donnät son bien ! Et moi, pour l'avoir imité une fois, pour avoir, avec le plus jeune homme de Lisbonne, fait ce qu'il fait tous les. jours, impunément, avec les plus sottes guenons de la cour et de la ville, il faut que je réponde sur la sellette, devant des licenciés, dont chacun serait à mes pieds si nous étions en têle à tête dans mon cabinet ; il faut que l'huissier me coupe; à l'audience, mes cheveux qui sont les plus beaux du monde, qu'on m'enferme chez des reli- £ieuses qui n'ont pas le sens commun, qu'on me prive de ma dot et! des conventions matrimoniales, qu'on donne tout mon bien à mon fat de mari, pour l'aider à séduire d'autres femmes et à commettre de nouveaux adultères !

« Je demande si la chose est juste Dial n'est pas évident ne, ce sont les cocus qui ont fait les lois. Je dis à mon mari : si vous êtes sans péché, rasez-moi, enfermez-moi, prenez mon bien; mais, si vous avez fait plus de péchés que moi, c'est à moi de vous raser, de vous faire enfermer, de m'emparer de votre fortune. En fait de justice, les choses doivent être égales. » 'e Mon mari me réplique qu'il est mon supérieur et mon chef, qu a est plus haut que moi de plus d’un pouce, qu'il est velu comme un

ours, que, par conséquent, je lui dois tout et qu'il ne me doit rien.

..Mais je demande ‘si la reine Anne d'Angleterre n'est pas le chef de son mari; si son mari, le prince de Danemark, qui est son grand amiral, ne lui doit pas obéissance entière; si elle ne le ferait pas condamner à la Cour des pairs, en cas d'infidélité de la part du petit homme 2... Îl est donc clair que, si les femmes ne font pas punir les hommes, c “est quand elles ne sont pas les plus fortes. »

Mais, comme le remarque justement Georges-Anquetil

dans La Maîtresse Légitime, ce fut surtout au cours du

XvII° siècle qu'une pléiade d’écrivains, aujourd’hui inconnus, élevèrent, dans leurs romans, une protestation unanime contre la soumission de la femme à l’homme et contre la divergence de leurs droits.

Chez eux, l'humble femelle, la naïve procréatrice, toute instinctive et ioute soumise au mâle disparaît. Elle cède la place à la . femme émancipée, à la citoyenne du monde, à la joyeuse errante, aspirant à se dégager des attachements exclusifs et n’attendant plus son bonheur d'un seul homme, mais préférant s'unir, en un immense mariage d'âmes, ou en des fiançailles mystiques, à la collectivité, à l'humanité toute entière. Voici d'ailleurs l'analyse de quelques-uns de ces livres.

Dans « l'Amour en fureur », paru en 1667, un mari à l'âme .

noble et généreuse accueille sous son toit l'amoureux de sa femme, qui, lui aussi, est un homme infiniment pur et très délicat de sentiment.

Dans un poème italien « Philis el Scire », une nymphe est éprise de deux bergers à la fois. Ce poème fut traduit cinq fois en quelques années, tant il plaisait à cause de sa nouvelle morale arnoureuse, parant d'un charme de poésie et de rêverie tendre ces cas de partage de cœur, cas sottement qualifiés par l'opinion

, d'infidélité, d'adultère, de traîtrise, de félonie ou autres.

Une œuvre du poète Vion d'Alibray, publiée en 1653, plut, beaucoup à ces amoureux qui voulaient s'affranchir. Elle était intitulée : «L'amour divisé, discours académique où il est prouvé qu’on peut aimer plusieurs personnes en même lemps. »

* Le romancier Charles Sorel, dans ses € Œuvres diverses

où discours mêlés ÿ, fait plaider longuement le droit d'aimer plusieurs demes à la fois. Il cherche à démontrer la supériorité de l'amour libre sur lé mariage : la vraie et pure amitié, la véritable association des intelligences ou des consciences ne saurait, affirme-

t-il, éxistér entre époux. Il ne fait en cela que suivre la constante tradition du moyen âge, $elon laquelle troubadours, trouvères ét ‘Cours d'amour —— nous l'avons vu —- narguaient l'union légale ét exaltaient au contraire les immatérielles unions d'âme à âme, la franche « circulation dés esprits el des cœurs »,

Dans Granicus, de François Brice, on voit un mari qui suit dans les colonies sa femme coupable et qui toujours lui pardonne, même quand elle essaie de l'assassiner avec là complicité de son aïiant. Ce Granicus recueille l'enfant adultérit de sa femme et s'obstine à l'aimer, à l’adorer, à l'innécenter;, mêmé au pied de l'échafaud. %

* Tous les romans de l'époque ont la même conception du mariage, très large, très libertaire, basée sur l'absolue reconnaissance des droits de la femme à l'amour, à la passion, donc à la poiyandrie. Les maris, par un sentiment d' admirable délicatesse, ne veulent plus imposer leur amour/à ume épouse qu'ils considèrent comme émañcipéé: pat un räffinemént de susceptibilité sentimentale, il leur est odieux de réclamer er maîtres; ils se contentent d'être candidats, ou de solliciter le libre choix d'un cœur qui peut se. refuser à eux en toute indépendance, malgré les liens du mariage.

Dans Arcadie d'Amarylle, de Nicoläs de Montreux, une! jeune épousée avertit son maïi que son cœur n'est plus libré, qu'elle a aimé précédemment, et qu'elle ne se sent pas encore disponible, Elle réclame et obtient de son mari une totale abstention, Les lecteurs de l'époque de la Fronde admirèrent la noble constance de cette femme restant fidèle à son amant jusque dans les bras de ‘son mari; et quant à [a conduite du mari qui respecte l'amour de sa femme pour un autre, elle fut trouvée toute naturelle,

Dans « La précaution inutile », de Scarron, où voit ün mari qui ne veut tenir sa femme que d'elle-même et he rien devoir au mariage; ce “lui semblerait un viol que de posséder une jeune fille en vertu du seul consentement des parents: et ce mari veut d'abüftl conquérir l'âme de celle qu'il aime avant de devenir de maître de sa personne entière. Comme les vrais polygames, Scätron croyait aux droits souverains de la femme, de l'aiour, de la jeunesse, et 31! savait immoler les jalousies de son moi égoïste pour mieux obéir aux secrètes édictions de sa conscience, qui lui disait que tout être humain doit avoir son printemps.

L'auteur du Roman satirique (1624) nous peint Filatée, la joyeuse fille libre, qui, costumée en homime, suit soh amaht come écuyer, couche platoniquement avec lui et ‘recoit ses confidences amoureuses, à la grande joie des gaillards de la Fronde, les Lôh: gueville, les Chevreuse, les Montbazon, -

C'est d’ailleurs en 1676 que le véritable précurseur du féminisme Poulain de La Barre publia sa fameuse brochure : : « De l'égalité des sexes, discours physique et moral, où l'on voit l'importance de se défaire des pré- ‘jugés. » (1) ES.

Deux siècles plus tard, exactement en 1883, le socialiste. allemand Bebel devait écrire dans son livre : « La femme et le socialisme », en parlant de la femme de l'avenir : « Ælle sera indépendante, socialement et économiquement : elle ne sera plus soumise à un semblant d'autorité et d'exploitation, elle sera placée, vis-à-vis de l'homme, sur un pied de liberté et d'égalité absolues : elle sera maîlresse de son sort. »

. Jusqu’où doit aller cette égalité ? C’est le point délicat.

Pour le docteur Toulouse, « il n’y a pas en équité de raison qui légitime la licence chez l’homme et qui ne puisse la légitimer chez la femme. Le libre épanouissement de la personnalité en amour comme en toutes “choses est aussi désirable pour l’un que pour l’autre. La contrainte d'un devoir étroit liant l’homme à une femme qu'il n'aime plus est égalemment dure pour la femme dans la position symétrique. La force de la passion ou la faible maîtrise des sentiments qui met les instincts audessus de toute convention valent comme excuse pour l’un comme pour l’autre sexe. »

D'une lettre que Georges-Anquetil se aimablement communiquée et que lui écrivait M'° Anna Blum, journaliste, présidente du groupe féministe de Bordeaux, ce passage véhément et significatif est à détacher :

.« Nous ne voulons pas être que des ventres créateurs et de la chair à plaisir (l’homme peut à peine contenter une seule femme bien souvent !) Nous sommes vos égales, Monsieur, et bientôt nous serons des citovennes !

(1) Voir dans ie récent livre de M. Francis Baumai : e féminisme au temps de Molière, l'étude des romans de M de Scudéry, du roman de l’abbé de Pure : La Prétieuse, des lettres de M° de FES et de certains - sermons de Bourdaloue,

Mr Pin U L'Orient secoue ses chaînes, ce n'est bas pour: que nous en forgions pour nous ! » :

— Mais, me dira-t-on sans doute, le lobe Toulouse est un esprit d'avant-garde, et la présidente d’un groupe féministe a peut-être des théories que ne partagent ni ses sœurs ni les esprits pondérés du sexe masculin. — Profonde erreur, je vais vous le démontrer. Vous

Î ne tenez pas Emile Faguet pour un bolchevisant >? Eh

bien ! voici quelques phrases extraites de son livre Le féminisme (1) : \ |

Les hommes et les femmes sont approximativement égaux, destinés à être de plus en plus près de l'égaliié... Comme intelligence et comme sentiments, l'homme et la femme sont les mêmes, avec quelques tendances générales un peu différentes, qui sont le résullat beaucoup plus des traditions et de l'aménagement social que de la nalure primitive. il n'y a que chez quelques rares insecles que le mâle est essentiellement différent de la femelle. Partout ailleurs, mâle et femelle ont les mêmes instincis, la même capacité intellectuelle, et” se livrent aux mêmes travaux. Les femmes vivent-elles sous la loi, la subissent-elles, er: profitent-elles,, en souffrent-elles 2 Oui, . donc elles doivent la faire !... Une femme qui a pour mari un homme atteint d'une folie absolument incurable et interné jusqu'à la mort ne peut se remarter : ELLE PEUT PRENDRE UN AMANT, ELLE NE PEUT PAS PRENDRE UN MARI | »

Ainsi déjà Stuart Mill avait dit : Egalité complète des fonctions, des apütudes et des droits. »

: C’est dans tous les domaines que cette égalité est aujourd'hui revendiquée :

Domaine économique d’abord, parce qu’il apparaît immédiatement comme le plus équitable. Ainsi voici le texte d’un récent télégramme de l'agence Radio :

New-York, 23 juillet 1923. — Le parti féministe national des Etats-Unis lance une campagne en faveur de l'égalité réelle avec les hommes, en ce qui concerne les droits d'héritage, l'égalité devant | * les lois du divorce, devant le droit de propriété, et le payement égal à travail égal.

Le but principal que se propose d'atteindre le’ parli féministe américain esl économique et non politique; par conséquent, les

(1) Edition de la Société française d'imprimetie et de librairie.

je

chefs de ce parti demandent non pas seulement des droits de suffrage égaux à ceux des hommes, mais des droits économiques identiques. Par exemple, lorsque des femmes sont appelées à faire un travail quelconque, à côté d'hommes qui aécomplissent lé même travail, elles doivent être payées selon la même échelle, ‘et non pas: selon une échelle moindre, ce qui constituerait une injustice économique manifeste.

Domaine politique. M"° Jane Deflou écrit :

« Nous aimerons, nous femmes, plus tendrement notre

matrie quand elle n'aura plus pour nous les injustes:

rigueurs d'un parâtre, »

À la phrase de Proudhon : «A la femme, la maison ; à l'homme, la place publique ! » Jeanne Derom réplique : « Puisque l'homme, qui a la place publique et la cité, peut avoir la famille, la femme, qui a la maison et la famille, veut aussi la place publique et la cité, »

Le docteur Mayoux écrit :

! « Si, du fait, nous venons au droit, quiconque a accepté sincèrement la Déclaration des Droits de l'Homme est forcé de reconnaître qu'il n'est pas possible, qu'il est monstrueux de laisser une moitié du genre humain en dehors de la charte commune. La notion de l'égalité des’ sexes n'est même pas une extension du principe, c'est le principe lui-même avec lequel il fant se hâter de mettre en : harmonie l'organisation sociale. Cette notion, sans laquelle il ne

saurait plus y avoir de société digne de ce nom, vient seulément :

de naître et est bien loin encore d'avoir pénétré dans les mœurs. Comme les sauvages qui suspendaient au poitrail de leur cheval les têles de leurs ennemis vaincus, nos jeunes gens se font une gloire de leurs succès amoureux et tiennent registre des jeunes filles qu'ils ont abusées et séduites, des femmes mariées qu'ils ont détournées de leurs devoirs conjugaux. Les mêmes hommes qui respectent et vénèrent leur mère et leur sœur, qui seraient. prêts à châtier toute insulte faite à une femme de leur famille, sont les premiers à mépriser la mère el la sœur d'autrui par une inconséquence analogue à celle des pairioles qui prêchent l'amour sacré de leur patrie et n’ont que haine et insultes pour la patrie de leurs voisins. »

Mais c’est surtout dans le domaine sexuel que les reven-: dications fémimines sé font de plus en plus pressantes. On en jugera par ce dialogue échangé au cours des débats

sun congrès relativement récent entre M. René Viviani

et M. Lucien Le F oyer :

M. ViviANI. — Supposons que les futurs époux aient le droit de faire tel contrat qui leur plaira, relativement à leur personne "1 la femme pourra-t-elle stipuler qu'elle aura un domicile PRES de celui de l'homme ?

M. LE FoYER. — Parfaitement. .

M. Vivianr. — L'homme et la femme pourront-ils se donner réciproquement la permission, non seulement d’avoir un domicile séparé, mais encore de vivre chacun avec une autre personne ?

M. LE Foyer. — Parfaitement.

M. Viviant, — L'homme et la femme pourront-ils s’accorder l'un à l'autre le droit d’admeître, en participation, à leur héritage respectif les enfants qu'il leur plaira d’avoir hors mariage ?

M. LE Foyer. — Parfaitement.

M. Viviant. — L'homme et la femme auront-ils la faculté de. se réserver leur liberté personnelle et de convenir que, dans un délai de trois ou cinq ans, chacun pourra répudier son époux ".

M. Le Foyer.

clause soit acceptée par les deux conjoints.

Michel Corday, dans son beau livre : Sésame ou la maternité consentie (1), a présenté en termes excellents et avec une rare éloquence, les aspirations de la femme moderne, Clara Mignaud, la propagandiste, après une vigoureuse diatribe contre le mariage qui, « dans nos mœurs, n'est que contrainte, oppression, amertume ou déception », revendique le droit à l’amour pour les deux sexes, et esquisse ainsi la condition et la vie de la femme « experte » |

« Elle suivra le penchant de son cœur et de ses sens, comme l’homme actuel : 13 nature a donné aux deux sexes les mêmes exigences. Je vois tr»s bien l'avenir : affranchie à la fois de la crainte et de. l'hypacrisie, maîtresse de sa destinée, la femme : experte connaît l'amaur librement. La virginité n’a pas d'impor-. tance véritable. Le jour où elle croit enfin trouver le compagnon rêvé, celui près duquel elle espère achever sa vie, elle décide, en pleine canscience, de devenir mère. Îci la maternité est nécessaire à son cœur comme à ses sens. S'est-elle trompée dans son choix ? Elle rompt ; mais les enfants lui restent; elle les élève avec l'aide de l'Etat, ou de son travail. Vous voyez, tout est prévu; c'est très simple.

— Mais ce sera la débauche dés jeunes filles >

— Nullement, car le monde renouvelé n'aura plus nos princi-

(1) Fasquelle, éditeur.

De

pes ni notre morale, La conduite de la femme ne sera pas plus taxée de débauche que celle de l'homme d'aujourd'hui, D'ailleurs, la liberté n'ira pas jusqu’à la licence. On n’abuse jamais des plaisirs permis. C'est le fruit défendu qui engendre le vice, »

On connaît, d’autre part, les théories si brillamment exposées et défendues par Victor Margueritte dans La Garçonne et Le Compagnon, deux livres Gui feront époque dans l’histoire du féminisme, na qu'ils marquent une volonté d’ évolution.

Cependant j'ai déjà dit que je partageais l'avis de Georges-Anquetil sur le danger actuel de l’union libre. Par conséquent je suis la première à reconnaître l'exagération momentanée de ces théories. Mais à qui la faute ?

« Cette morale de l'homme avant le mariage », explique Madame Léontine Zanta dans La psychologie du féminisme (1), «& reste encore la sienne après le mariage; il ne connaît qu'un principe, celui de l'honneur, traduisez en langage égciste et utilitaire : V'art de bien mentir et de ne pas tromper ouvertement,

Comment la femme, sans autre formation que celle d'une culture superficielle, sans aucun idéal, ni moral, ni religieux, aurait-elle pu résisler à cetle contagion de tous les instants 2... Elle fut gagnée, elle aussi, par le microbe de la libre jouissance. Elle voulut à son our pleine liberié dans l'amour. Si l'adulière est permis d'un côté, il doit être permis de. l'autre, et alors à quoi bon le mariage, à guot bon promeltre une fidélité que l'on sait d'avance ne devoir point ienir, el l'on en arrive aux théories de l'amour libre, du divorce, à loufes ces revendications que les hommes reprochent si aigrement à certaines féministes (qui les professent en effet), alors qu'ils devraient sincèrement se les reprocher à eux-mêmes et reconnaître en foule sincérité que la femme leur rend intégralement la monnaie de leur pièce. Ils n ‘avaient qu'à réfléchir avant de la leur denner. »

L'idée commune, ici exprimée par M°° Zanta,.que la permission de l’adultère réciproque aboutit à l'union libre souligne la nouveauté de notre thèse, que l’adultère réciproque est parfaitement compatible avec l’état de mariage. Ainsi nous voulons vérifier ce qu’écrivait, en 1895, Edouard Westermark dans son livre monumental : Origine du mariage dans l'espèce humaine :

. (1) Plon Nourrit et Cie, éditeurs.

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