‹ L'amant légitime, ou, La bourgeoise libertineChapitre 89 sur 149 · AU · texte numérisé non relu

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nément des relations avec celui des parents de son mari qu’il lui plaisait de choisir : c'était l'amant légitime devenu l’amant légal. em

Xénophon confirme d’ailleurs que les lois de Sparte autorisaient l’adultère. | Ê

Pouvaient-ils se plaindre, ces Romains chez lesquels, on avait eu l’idée de permettre à César d’épouser toutes les femmes qu’il voudrait, dans l'intérêt de la République, et où l’on voyait Hortensius emprunter la femme de Caton dont il était l’admirateur passionné. Hortensius désirait s’unir à lui de plus près, voulait infuser dans sa famille

quelques gouttes de son sang généreux : il alla lui deman- |

der dé lui prêter sa fille Porcia, déjà mariée à Bibulus, auquel elle avait donné deux enfants. « À consulter la nature, lui dit-il, id était aussi honnête que prefitable qu'une femme belle, à la fleur de l’âge, ne restat pas inutile en laissant passer l’âge d'avoir des enfants, et qu'elle ne fût pas non plus à charge à son mari et ne l’appauvrit pas en lui donnant plus d'enfants qu’il ne voulait en avoir ; qu’en communiquant ainsi les femmes aux citoyens hon-

nêtes, la veriu se multiplierait et deviendrait commune

dans les familles. Si Bibulus, ajoutait-il, veut absolument conserver sa femme, je la lui rendrai dès qu'elle sera mère, et que par celle communauté d’enfants je me serai plus étroitement uni à Caton et à Bibulus. » Et Caton trouva le raisonnement tout naturel ; mais il objecta à. Hortensius l’attachement de Bibulus pour Porcia. « Alors, raconte Plutarque, Hortensius ne craignit pas de demander à Caion SA PROPRE FEMME MARCIA, qui était encore en âge d’avoir des enfants, et qui en avait donné suffisamment à Caton. Celui-ci, voyant la passion d’'Hortensius, et son désir extrême d’avoir Marcia pour femme, NE REFUSA PAS DE LA LUI CÉDER. »

Voilà la largeur d'idées des Anciens sur l’adultère.

En 1314, Philippe et Gauthier de Launoi, frères et gentilshommes de Normandie, accusés et convaincus d’adultère avec les femmes des enfants du roi Philippe le Bel, furent par arrêt du Parlement, le roi y séant, con-

damnés à être écorchés vifs, à être ensuite traînés dans la

ptäirie de Maubuisson, nouvellement fauchée, à avoir les membres coupés et pendus à un gibet. Les princesses coupables furent condamnées à une prison perpétuelle. L'une d'elles, Marguerite, périt en prison ; Blanche fut répudiée dans la suite, sous prétexte de parenté ; et Jeanne, femme de Philippe le Long, fut tirée de prison au bout d'un àn par son mari qui voulut bien la reconnaître innocente et la reprendre avec lui ; en: quoi, dit Mézeray, il fut plus heureux ou du moins plus sage que ses frères.

On reconnaît, dans ce fait-divers juridique, l'histoire de la tour de Nesles. |

Merlin cite un autre exemple d'un supplice atroce dans l’arrêt prononcé en 1329 contre Roger Mortimer, convaincu d’adultère avec Isabelle de France, reine d’Angleterre. Il fut condamné à être traîné dans les rues de Londres dans une cage ; on le mit ensuite sur une échelle, au milieu de la place publique, là on lui coupa les parties sexuelles qui furent jetées au feu, après quoi il fut écartelé et ses membres envoyés dans les quatre principales villes d'Angleterre. C'était une cruauté raffinée et tout le royaume sut que le roi était cocu. Il est vrai que ce pauvre Edouard III, ‘qui surprit les meurtriers, tua le galant, comme on a vu, et fit enfermer sa mère en prison pendant vingt-huit ans. Elle y mourut d’ailleurs.

Que penser des Seigneurs, de Versailles, qui offraient si gaiement leurs femmes à Louis XV, et qui vivaient dans une Cour où l’étiquette exigeait que la maîtresse du roi fût mariée, ce qui fit qu’on fut obligé de marier M°° du Barry avant de la présenter à la Cour. Comment croire à la jalousie des Espagnols et des Italiens qui passent toute leur vie à faire la cour à la femme de leurs voisins, et qui croient toutes les femmes fragiles, excépté la leur ? Il y a là une immense hypocrisie, dont ces hommes ne peuvent être dupes ; et le mot de la situation est celui-ci qu'un prédicateur criait à ses ouailles du haut de la chaire : & À en croire vos femmes, au confessionnal, - elles sont toutes vertueuses : à vous en croire, au contraire,

Dana HT

vous êles tous des débauchés. À qui faut-il ajouter foi 2? La seule société vraiment logique fut, nous l'avons dit, celle du XVII siècle, qui-ne se lança pas dans des déclamations hypocrites, qui n’affecta pas une jalousie ridicule et qui admit l’adultère de la femme comme une conséquence naturelle de son tempérament.

Le xvirr° siècle accepta franchement la communauté. libre des femmes, comme on le voit par les exemples de tous, rois, princes, princesses, nobles et bourgeois ; et quand on demandait d’une nouvelle mariée : « Que. sera-t-elle > » On répondait : « Cela dépendra de son premier amant { » | .

Aujourd'hui, malgré les lois et le Code, malgré le serment de fidélité échangé au seuil de nos mariages monogames, la femme continue, plus. que jamais, à tromper ‘son mari. Mais vous allez voir qu 3] n'est pas de temps. où elle s’en soit privée.

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