scène d'un spectacle comique :que de menger la morale soutragée
Les ordonnances royales infligent aux coupables une gmende et les obligent à courir tout nus dans la- ville, devant les habitants témoins de leur inconduite. Cette bizarre coutume paraît avoir prévalu dans la plupart des provinces. Une telle cérémonie était une bonne aubaine pour île populaire. Ainsi, dans certaines villes «du Midi, la femme adultèxe «et son complice, en état de nudité .complète, devaient, à la place déterminée, lâcher ce bruit incongru, que les chartres du moyen âge, désignent sous le nom de « bombus ». Dans un canton du Lyonnaïs, la femme, toujours dans le costume d'Eve, était tenue de courir après une poule, pendant que l'homme, aussi peu vêtu qu'elle, s'oscupait à confectionner wne botte de foyn. ÿ ur h
Te x1 abolit ces divertissements d'un goût douteux; et une telle détermination a tout leu de surprendre chez ce sinistre monarque, si Jovial à ses heures. La
Si jau xvuf sèdle, la bigamie était, comme Le polygamie, un cas pendable, elle était moins sévèrement punie au xWur° siècle.
Et cependant on relève, dans le journal inédit du libraire Hardy, ce jugement qui peut paraître excéssif à la veille de la Révolution:
6 Mai 1788
« Arrêlé- condamnant la nommée Louise Antoinette Fontaine, comlesse de Morangiès, à être atlachée au carcan en place de grève, par l'exécuteur de la Hcute Justice, à y demeurer jusqu'à 2 heures depuis midi, ayant écriteau devant et derrière, porlant Le mot BIGAME et deux chapeaux à ses côlés, comme au di dieu à être flérie d'un fer chaud en forme de fleur de lys sur l'épaule droïte par le dit exéculeur, ce fait, menée et conduite à la maison de force et à l'hôpitai général de la Salpêtrière, pour y êlre détenue : el renfermée à perpétuité, »
Ces deux chapeaux, suspendus au carcan qui emprisonne de cou de la patiente, sont la note gaie de cette lugubre exécution; auire- . fois c'étaient des culottes qui figuraient comme pièces à conviction, et l'on en vit troïs en un jour au seul pilori des Halles. |
Voici enfin un supplice infâme infligé à de pauvres femmes « folles de leur corps > sgüs libres cependant, Dans le Midi, on les condamnait au 4 moulage »,.c'est-à-dire à ceci : & La dame, en chemise, coiffée d'un casque en plume, un double écriteau dans le dos et sur la poitrine, devait faire amende honorable à la perte d'une église, On l’enfermait dans une cage de fer et on la plongeeit plusieurs fois dans l'eau, La malheureuse, greloitante et à demi asphyxiée, était reconduite à l'hôpital, où elle mourait fatalement quelques jours après. » ;
Mais, malgré tous ces châtiments inimaginables, il faut croire que la femme a réellement besoin de plusieurs hom-.
mes, même si elle est mariée, car les lois contre l'adul- “4 tère ont été vaines. L Reconnaissons d’ Ac avec À A UHR Desprez. (1), due ces lois, souvent sont terribles en principe, maïs plus larges dans la pratique de la vie, parce que sans doute leur appli- * cation serait trop fréquente et impossible. L'expérience l’a démontré : l’adultère a toujours été le plus florissant, a. où l’on a pris, pour l'empêcher, les précautions les plus multipliées. Dans les tentes ouvertes de tous côtés, la femme arabe trouve le moyen de tromper son maître ;.
derrière les grilles des harems, sous les yeux des eunuques, qui paient cependant de leur vie tout manque de surveillance, la sultane se procute des rendez-vous galants : l'Espagnole met en défaut la vigilance des duègnes les plus exercées ; l’Italienne se moque de son mari dont toutes les
. facultés sont mises au service de la jalousie ; tandis que, les Américaines se promènent librement à travers le. monde, sans songer même à des intrigues, peut-être parce qu’elles n’ont plus de prix, depuis qu'elles ne sont plus l’objet d’une interdiction sans cesse renaissante.
Aussi ne pensons-nous pas que ce soit l'initiative puritaine de M. Fowle qui puisse ramener à la vertu les Anglaises adultères. —— Qui est M. Fowle ? -— Lisez le Matin du 28 août 1923 : x
« M. Ernle Fowle est un de ces Anglais imitaleurs des quakers qui ne trouvent pas de mots assez violents po stigmatiser l’immoralité du siècle. |
M. Fomwle a commencé hier une campagne conire Li mœurs qui règnent dans les petits bourgs et les villages du Royaume-Uni, et il l’a inaugurée en faisant publier. une liste des châtiments qui, selon lui, peuvent seuls sauver notre époque perverse. 2
Toute personne reconnue coupable d'adulière devrait êlre condamnée à six mois de travaux forcés : de plus, out homme avant trompé sa femme ne serait pas autorisé à jare partie d un gouvernement quelconque.
(1) La femme taie courtisane et reine. .
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LA PREÉCAUTION INUTILE
Un jaloux de son mal vivement entêté Mit à sa femme une ceinture;
Mais la dame de son côté,
Pour se venger de cette injure,
En fit démonter la serrure
Pour demeurer en liberté,
(Sujet de tabatière, Xvirie siècle.)
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Pour les saiyres, il préconise la nb aulion publique. »
Nous ne savons si M. Fowle est qualifié pour s’introniser moralisateur aussi sévère, mais tous ceux. qui édictaient des lois si terribles contre l’adulière étaient-ils bien fondés à
le condamner d’une façon aussi absolue dans la pra-
tique, étant donné la nature et les besoins physiques des femmes ? Ces législateurs féroces étaient-ils, eux, sans péché pour lui jeter la première pierre ? : |
Tous sans doute n'avaient pas fait montre de ce
cynisme des Bassoutas, qui toléraient la mauvaise con-. duite de leurs femmes pour voir augmenter leur famille, denc leurs revenus ; ou des Gabonais, qui avaient réglé par une loi les conditions à remplir pour celui qui voulait légalement devenir l'amant d’une femme mariée, et chez lesquels on pratiquait ouvertément ce principe, suivi seulement en secret par des plus civilisés: « Les cornes sont comme les dents : elles font mal quand elles commencent à pousser, ensuite elle servent à manger. »
Mais tous avaient fait fléchir le principe de l’immutabilité du mariage ; ils avaient montré par là que, semblable à toutes les autres, cette loi pouvait souffrir de nombreuses exceptions, et devait s’harmoniser avec la nature de la femme et son besoin sexuel, on changeant, donc instinctivément polyandrique.
Etaient-ils bienvenus à se plaindre de l’adultère, ces Spartiates qui, de temps à autre, mettaient eux-mêmes les femmes dans les bras d'hommes qui n'étaient pas leurs maris > Plutarque confirme qu'à Sparte, la loi permettait l’adultère dans certains cas. Lycurgue, dit-il, (Lyc. 15}, s'efforça de bannir du mariage la jalousie ; 1] se moquait de ceux qui n ’admettent pas les autres à par-
tager avec eux et qui pumissaient par des meurtres ou des guerres le commerce que des étrangers pouvaient avoir. ‘avec leurs femmes. Toujours d’après Plutarque, — ét celui-là n'a pas menti ! — une loi de Solon permettait à la femme l’adultère dans un cas. Lorsqu'une fille héritière avait été réclamée en mariage par son plus proche parent, - et que celui-ci était impuissant, elle pouvait avoir impu- “ < : M :