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PROMENADE. XXXVII

choléra-morbus et... quelqu'un ou quelque chose de pire. Dieu a le droit de nous laisser faire toutes les sottises qui pourront tourner au profit de notre instruction, et Dieu en use largement de ce droit là. Tout le crime des Bourbons de la branche aîne'e , c'est qu'on disait d'eux : « Ils sont là depuis des siècles, donc Dieule veut!... » les libéraux ont dit : Nous allons créer un monarque éternel , parce que nous le voulons ainsi.

Si c'était le seul crime des Bourbons de la branche aînée que la protection de la providence , les voilà dcguignonnés, puisque Dieu a permis qu'ils fussent exilés ! Sommes-nous plus heureux maintenant?

sommes-nous plus libres?., sommes-nous plus riches?..

Tout est là! ..

Encore une fois, voilà toute la question : j'espère que cette morale-là ne vous paraîtra pas entache'e de jésuitisme.

L'Auvergnat répondit :

— Je commence à croire que vous pouvez avoir raison; mais si les Eour- ])ons revenaient , qui nous assure que nous n'aurions pas une nouvelle révolution? quel sera notre garant?

— Le plus sûr de tous : notre intérêt ! . . l'expérience est faite!..

( Ceci se passait la veille du i '' mai , jour où il fut défendu de se réjouir. )

PllOMENADE. XXXXX

L'Auvergnat , à peu près convaincu , me dit alors :

— Il ne me reste plus qu'un scrupule : si tout cela est ainsi , pourquoi le marchand nouvellement emménagé paraît-il si attaché au gouvernement?..

— Il y a un moyen de le savoiï dis-je alors, en me mettant à la fenêtre de mon entresol ; voici l'honnête marchand qui, malgré la défense, met des lampions sur sa porte , et s'apprête à Lisser un magnifique transparent!... Allez lui demander quel est son état.

A peine dans la rue, et après avoir aidé à mettre en place le transparent sur lequel des couches de couleurs successives aviaent fait paraître alternativement, à

(les époques bien différentes, Y aigle, la fleur de lis et le coq gaulois.

— Monsieur, dit respectueusement l'Auvergnat, oserai-je vous demander quelle est votre profession ?. .

— Je suis , dit le marchand , en redressant sa moustache semi-guerrière, je

suis capitaine de la garde nationale,

et socquier de la couronne î. ..

€e 'Bécové ^e 3uilUt.

Les chevaux avaient été commande's pour la promenade accoutumée. La matinée était belle , la campagne devait être riante , même sous un ciel étranger. Le vieux château semblait rajeuni par le soleil du printemps qui descendait sur ses

tours noircies et égayait les vieilles arcades de la cour aux larges dalles. Les vieux serviteurs de la famille se tenaient sur le seuil et devant la grille ; ils avaient tant de plaisir à voir ce cher enfant , comme ils l'appellent entre eux , monter son Poney avec grâce et agilité. Puis ils étaient sûrs de recueillir à son passage un de ces mots précieux qui charment les vieillards et dévouent les plus jeunes.

Ils n'attendirent pas long-temps : déjà sur le perron royal, Henri faisait un signe et les chevaux furent amenés. Gaîment il baisa la main de sa sœur charmante qui l'accompagnait, puis s'élança léger et fut en selle, ayant à peine effleuré l'étrier. Alors il se retourna encore et saluant de la main :

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