‹ L'amaranteChapitre 11 sur 21 · LE BECORE UE JUILLET · texte numérisé non relu

LE BECORE UE JUILLET

— Adieu, Louise, adieu, sœur chérie I...

Je te promets pour ce soir la plus jolie fleur des mont^nes , entends-tu bien , la plus jolie?

— Non, monsieur, non ! . . pas de fleur des montagnes ! ... il y a trop de danger sur ces rochers où vous montez comme un étourdi. .

Puis se tournant vers le fidèle compagnon de son frère, la jolie sœur continua avec un ton de prière qui vous eût ravi.

— Je vous en prie , monsieur de la Villatte, je vous en prie, grondez-le bien fort , s'il me désobéit ; et si vous n'avez pas élé le maître, j'écrirai demain à maman que mon grand frère n'a pas été sage. . . -

Henri menaça du doigt en riant :

— Méchante ! . . .

4 i/amarante.

Puis il piqua des deux éperons et partit au galop , saluant à la grille les braves gens qui se tenaient là , l'œil attendri , et quand il fut passé , ce fut un chœur unanime de voix cassées par l'âge , mais exprimant tout ce que peuvent contenir d'af-. fection et de dévouement les cœurs les plus Kdèles :

— Que Dieu veille sur ce cher enfant?... Qu'il nous appelle à lui , nous vieillards inutiles, et reporte sur le jeune héi'itier de nos pauvres maîtres , le bonheur qu'ils ont perdu! ..

Mais suivons le jeune cavalier; ilgaloppe, ilgaloppeet caresse doucement la crinière flottante de son petit coursier d'Ecosse. Arnvc au bas d'une côte assez rapide qu'il

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faut gravir, il commence à ralentir son pas et le Poney, satisfait , monte à travers les pierres qui roulent sur sa route , sans un seul faux pas.

Alors Henri marche de front avec son guide inse'parable , et tous deux sont si près l'un de l'autre qu'il peut reposer sa main sur l'épaule de cet ami fidèle , sur cette noble poitrine où bat un cœur prêt à se jeter au-devant du fer qui menacerait la vie précieuse, confiée à si digne garde.

— Que la journée est belle, mon ami , dit Henri, c'est un vrai jour de France ! . . .

Le ciel est beau partout, Henri , quand le cœur est pur et sans repproclie.

Alors, mon ami, il n'y a donc jamais pour vous de soleil d'hiver ?

Le brave soui'it et répondit :

— Votre amitié vous égare , cher enfant , et vous en dites trop , car vous êtes sincère

— Oh! oui, sincère!... Ne m' avez-vous pas appris à toujours l'être. N'est-ce pas vous qui avez écrit sur mon album cette phrase du roi Jean que j'aime tant à relire que j'ai copiée et donnée si souvent : « Si la vérité et la bonne foi étaient bannies de la terre , elles devraient se retrouver dans le cœur des rois ! . . . »?

— ^Vous m éprouvez chaque jour, Henri, que vous ne l'avez pas oubliée.

— Mon meilleur ami n'est-il pas tous les jours là pour mêle rappeller ?... Ah! oui , mon meilleur ami ; n'allez pas nie

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