‹ L'amaranteChapitre 5 sur 21 · PROMENADE. XXV · texte numérisé non relu

PROMENADE. XXV

quartier où la misère a fait tant deprogrès. dans chaque maison j'entendais dire : — Ah si la duchesse de Berri était encore ici , nous n'aurions pas tant de misère ! J'eus bien de la peine à obtenir la moitié de mon argent; pour le reste il fallut donner du temps , du temps au nom de celle qui avait donné tant d'or à ces pauvres gens. Je comptais être plus heureux avec des débiteurs plus relevés; mais les objets de luxe ne se vendent pas , et les gros marchands sontaussi gènes. — On ne vend plus ni chevaux ni voitures , me dit un loueur de carrosses , en acquittant mon billet , avec force soupirs; je ne m'étonne pas si le commerce va si mal : c'est les jésuites qui en sont l'auteur !.. .

C'est ainsi que partout j'entendais préférer le passé au présent , et maudire les maux qui accablent la France ; la plupart se trompaient sur la cause de la misère publique ; mais tous étaient d'accord pour se plaindre. Ce même gouvernement, qui dote notre pays de tous les mendians de l'univers, devait-il refuser les aumônes de la duchesse de Berri ? Certes la France est heureuse et fière d'acquitter sa dette envers la Pologne dont le sang coula jadis pour elle ; mais s'il vous faut payer une demi-solde aux réfugiés espagnols, aux réfugiés piémontais , aux réfugiés portugais, aux réfugiés Suisses, aux suisses rebelles s'entend , il me semble naturel de préférer nos vieux soldats à tous ces étran-

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