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Le titre pour V armée 1866 sera envoyé prochainement à nos abonnés.
PIÈCES INÉDITES
ROHAJV (Henri II de;
(Assassinat du maréchal d'Ancib).
Le maréchal d'Ancre s'étant rendu odieux aux courtisans et au roi, celui-ci résolut de s'en défaire. Il choisit a cet effet le baron de Vitry, capitaine des gardes, qui, décidé par le bâton de maréchal de France qui devait être le prix du meurtre, tua Goncini d'un coup de pistolet dans la cour du Louvre (24 avril 1617). La nouvelle de cet assassinat fut accueillie avec joie par la noblesse et par le peuple.
Les protestants s'associèrent à ces démonstrations et Henri de Rohan, qui n'était pas entré dans la révolte survenue après l'arrestation du prince de Condé par Thémines, témoigne son contentement de la mort du maréchal d'Ancre. C'est à Jacques-Nompar de Caumont, duc de La Force, alors gouverneur du Béa rn, que la lettre que nous allons publier est adressée. Ajoutons que ce curieux document fait partie de la prochaine vente de M. J. Charavay aîné.
Monsieur, je croy que tous avez receu un .grand contentement de la justice que le Roy a taitte du mareachal d'Ancre. Toute la France en reçoit un grand soulagement, particulièrement vostre gouvernement et vostre personne mesme. Maintenant que nous n'avons plus M. Mangot sarde des sceaux, l'on ne nous persécutera sur l'union comme on faisoit. H ne faut laisser d'estre perséveraut à s'y opposer et, sy vous le trouvez bon, le sieur de Lescun fera enregistrer nos oppositions aux Estais du Béarn et de la Navarre, après quoy je croy que vostre présence sera nécessaire icy pour le Roy, pour vous et pour vos amys. Je fay estât de faire dans un moys ou six semaines un voiage en Xaintooge, Poitou et Bretaigne. Si je vous scay de deçà je l'accourciray le plus que je pourray, car fay extrême envye de vous voir. Je ne m'amuseray à vous dire nos particularitez. Vous avez M. de Mompouillan * qui est des favoris et surtout son cher amv » gouverne tout. Il fait une grande fortune, mays je croy que jamays favory ne fut de son honneur, car il est sans vangeance et tasche de faire plaisir à tout le monde. Je vous supplie de me faire scavoir de vos nouvelles, me continuer vos bonnes grâces et me croire à 'a vie d à la mort,
Monsieur, vostre bien humble et affectionné serviteur,
Henry de Rohan.
De Paris, ce 16 may 1617.
L'affaire du Béarn dont il est qu&stion dans cette lettre mérite quelques éclaircissements. L'édit de Nantes avait donné le pouvoir aux catholiques et aux huguenots de rentrer dans leurs biens. Les ecclésiastiques du Béarn demandèrent aussitôt les leurs, mais, comme Jeanne d'Albret avait donné aux ministres, collèges et hôpitaux des protestants, tous les biens de l'Eglise, une vive résistance encouragée par M. de La Force, gouverneur de la Province, empêcha Henri IV de faire droit à toutes les demandes des catholiqnes.
1 Mangot (Claude) était maître des requêtes lorsqu'il fut remarqué par le ma- ' écha\ d'Ancre qui le fit connaître à Marie de Médicis. Celle-ci l'envoya en Suisse comme ambassadeur, et à son retour le nomma premier président au parlement de Bordeaux, et secrétaire d'Etat en remplacement de Puysieulx (1616). Cette même année il devient garde des sceaux par suite de la démission volontaire de Guillaume Duvair. Mais la disgrâce de Mangot suivit de près la mort de son protecteur. Michel de Marillac (collOD Michaud, t. xix, p. 461) en fait le récit en ces termes : « Monsieur Mangot revenant avec les sceaux, les pensoit aller rendre luy-même au Roy, mais quand il tut au bas. du grand escalier qu'il commençoii a monter, Vitry, qui venoit derrière lu1 cria : Où allez -vous, Monsieur, avec vostre robe de salin? le Roy n'a plus que faire de vous. U respondit que le Roy lui avait fait commander de fuy apporter les sceaux, ce qu'il faisoit. » Bref, le roi commanda à M* de Luynes d'aller lui même recevoir les sceaux, « ce qu'il fit, et les rapporta avec les clefs au Roy qui les fit bailler à Armagnac pour les garder, disant : A cette heure, que nous aurons les sceaux, nous aurons de la finance, je les donnerai/ à un qui est mon bon serviteur. » Ce fut Guillaume Duvair qui devint de nouveau garde des sceaux. — Quant à Mangot il rentra pour toujours dans la vie privée. Moréri, qui consacre une notice à ce personnage, ne nous dit ni la date de sa naissance, ni celle de sa mort. La Nouvelle biographie générale publiée par MM. Didot ne mentionne même pas ce garde des sceaux.
i La Force (Jea.j de Caumont de), marquis de Monpouillan. était le 6* fils de Jacques Nompar, duc de La Force. Favori de Louis XIII, protecteur des Luynes. qui le renversèrent, il devint un des chefs des protestants, et fut blessé mortellement au siège de Tonneins, en 16M.
• Le connétable de Luynes.
Les choses en restèrent là, mais après la mort du maréchal d'Ancre, les ecclésiastiques présentèrent de nouveau leur requête. Cette fois ils réussirent et malgré la présence de M. de La Force, attiré à Paris par l'espoir du bâton de maréchal de France, que le connétable de Luynes avait promis pour lui au marquis de Monpouillan, un arrêt du 25 juin 1617 décréta le rétablissement entier de l'exercice de la religion catholique dans le Béa m et des ecclésiastiques dans tous leurs biens. Voyant ses efforts impuissants, M. de La Force manda à ses amis de s'opposer à l'arrêt ce qu'ils firent : M. de Lescun, conseiller à Pau, député des Etats, vint trouver le Roi et lui faire des remontrances. Le Parlement de Pau refusa d'enregistrer l'édit (29 juin 1618) «. Des troubles qu'il serait trop long de raconter suivirent cet acte d'opposition. Enfin, en 1621, la paix se rétablit par l'entremise du duc de La Force qui reçut à cette occasion le bâton de maréchal.
Quant au duc de Rohan, il passa en Piémont après l'assassinat de Concini et combattit les Espagnols sous les ordres de Lesdiguières. En 1617 il revint en France, prit part à la révolte qui suivit le rétablissement de la religion catholique en Bèarn, et ne se soumit qu'en 1623.
Très curieuse épitre adressée à Victor Hugo :
A La Chênaie, le 16 janvier 1823.
Le bon Dieu vous éprouve donc, cher Victor ? Eh quoi, sitôt et au milieu d'une félicité si douce et si bure ! Je souffre avec vous, mon ami, et je bénis avec vous celui qui vous fait souffrir. Ne faut-il pas porter sa croix ? ne faut-il pas même la chérir ? A quoi la vie serait elle bonne, si elle n'avait rien de conforme à celle de Jésus? Oportuit Christum pati% et sic intrare in gloriam. Il est près de ceux qui sont dans l'affliction, il veille >ur leurs peines, et presque toujours il faut sortir de sa joie pour le trouver. Donnez moi des nouvelles de votre frère ; j'ai prié, je continuerai de prier pour lui de tout mon cœur ; mais que suis-je pour être écouté? .
Je loue la modération de vos désirs ; on n'est heureux que par là. Faites ce qu'il est sape de faire pour votre famille, et puis abandonnez-vous paisiblement à la Providence. Je n'ai point reçu la seconde édition de votre recueil, et je l'attends avec quelque impatience, car tout ce qui vient de vous m'est cher, et j'éprouve en vous lisant un double plaisir, celui que donnent de belles pensées et de belles images exprimées en beaux vers, et celui plu9 doux encore que Ton éprouve en admirant ce qu'on aime.
Je suis loin d'être aussi rassuré que vous l'êtes sur le sort de la société. Je la vois au contraire s'enfoncer de plus en plus dans des voies qui n'aboutissent qu'à la mort. Puissé-je me tromper! Les gouvernements ressemblent à des hommes qui se noient et qui au lieu d'employer ce qui leur reste de force à regagner la terre, se jettent dans le courant qui les emporte sans fatigue de leur part. Le présent est tout aujourd'hui. Que demandent les Rois? vingt quatre heures: on ne peut guère demander
Mémoires de Fontenay-Mareuil, collection Michaud, t. xix, p. 12^4.
moins, et pourtant il vient un jour oti les vingt-quatre heures leur sont refusées.
Pensez à moi, cher Victor, et dans vos joies et dans vos chagrins. Je voudrais adoucir ceux-ci et accroître celles-là ; mais l'homme ne peut rien pour l'homme, et c'est pourquoi il faut nous jeter dans les bras do celui qui peut tout. Adieu, je suis à vous bien tendrement. M. de S. Victor me mande que son article paraîtra cette semaine. Je le lirai comme si c'était de moi qu'il était question. Mais n'est-ce pas de moi aussi?
Cette curieuse épttre de l'auteur des Paroles d'un croyant fait partie de la seconde vente que prépare M. J. Gharavay aîné et qui est riche en lettres adressées à Victor Hugo.
Etienne Chahavay.
LISTE PAR ORDRE ALPHAPÉT1QUE DES MEMBRES DE L'ACADÉMIE FRANÇAISE
DEPUIS SA FONDATION JUSQU'A NOS JOURS, DRESSÉE PAR
ALUEHT BAHCE et ETIENNE CH4BAVAf
Ce petit travail a été accueilli par nos lecteurs avec bienveillance et nous remercions sincèrement les personnes qui ont bien voulu nous honorer de leurs encouragements. Nous rectifierons aussi une erreur involontaire qui s'est glissée dans notre avant-propos. Parmi les noms des amateurs qui recherchent les autographes des académiciens il en est un qui a été omis à l'impression. C'est celui de M. Georges de Salverte, auditeur au Conseil d'Etat, dont la collection est déjà fort remarquable.
àntin (Pierre de Pardaillan de Gondrin d'), abbé de Monstier Ramei et de Lyre, évéque el duc de Langres, pair de France, né à Versailles, en 1692, mort à Langres, le 2 novembre 1733. Il succéda, en 1725, à l'abbé Roquette, prononça son discours de réception le 30 juin 1725, et fut remplacé par Dupré de Saint-Maur. (38* fauteuil).
Arbaud de Porchères 1 (François d'), poêle, ami de Malherbe, auteur d'one Paraphrase des psaumes graduels, né à Saint-Maximin(Var), vers la tin du xvi* siècle, mon eu Bourgogne, en 1640. Il fut un des premiers membres de l'Académie française ou il siégea depuis 1634, et fut remplacé par Olivier Patru (25e fauteuil).
Argenson (Marc-Réné de Voyer d'), lieutenant-général de la police, président du Conseil des finances, el garde de3 sceaux, sous Louis XV, membre de l'Académie des Sciences (1716), né à Venise, le 4 novembre 1652, mort le 8 mai 1721. Il surcéda, en 1718, au maréchal d'Estrées, et fut remplacé par Languet de Gergy. (36* fauteuil).
Argenson (Marc-Antoine-RénéDE Paulmy, marquis d'), éruditet littérateur fécond, fondateur de laBibliothèque de l'Arsenal, né à Valenciennes, le 22 novembre 1722, mort à Pari?, le 13 août 1787. Il succéda, en 1748,
« Ce nom est emprunté à un Tillage voisin de Forcalquier.
à l'abbé Girard, prononça son discours de réception le 4 avril 1748, et fut remplacé, en 1788, par le marquis d'Aguesseau. (4* fauteuil).
Arnadd (François), abbé de Grandchamp, littérateur et publiciste, né à Aubignon (Aude), le 27 juillet 1721, mort à Paris, le 2 décembre 1784. 11 succéda, en 1771, à Dortous de Mairan, prononça son discours de réception le 13 mai 1771, et fut remplacé par 1 (13e fauteuil).
Arnault (Vincent- Antoine), poëte dramatique, auteur de Marius à Minturncs, né à Paris, le l'r janvier 1766, mort à Goderville (Seine- Inférieure), le 16 septembre 1834. Il succéda, le 5 vendémiaire an vin, (27 septembre 1799), au comte de Montesquiou-Fésenzac, fut exclu par l 'ordonnance du 21 mars 1816, et le duc de Richelieu fut nommé à sa place (I5a fauteuil). Réélu le 5 février 1829 après la mort de Picard, il prononça son discours de réception le 24 décembre 1829, succéda à Andrieux, en 1833, comme secrétaire-perpétuel, et fut remplacé par Scribe. (17* fauteuil).