VÉRITABLE DATE DE LA NAISSANCE DE LÉON GOZLAN
Nous recevons la lettre suivante que nous nous empressons d'insérer :
Monsieur le Directeur, Comme Y Amateur d'autographes est un recueil spécialement historique et biographique, j'ai pensé que les renseignenientssuivauts sur un écrivain distingué, mort il y a quelques mois, pourraient intéresser vos lecteurs. La date de la naissance de Léon Gozlan a été, bien qu'il s'agisse d'un moderne, très controversée. Le Dictionnaire des contemporains, si exact ordinairement, la fixe à l'année 1800. Nous avons sous les yeux l'extrait de naissance et l'acte de baptême de Léon Gozlan dont nous* devons la communication à l'extrême obligeance de M. Ch. Duval, son gendre. Ces documents nous permettent d'établir l°aue Léon Gozlan est ué àMarselle, le 11 septembre 1803; 2» qu'il a été baptisé dans la môme ville à Sainte-Marie-Majeure le 14 juillet 1805, clandestinement sans doute puisqu'on n'a pu retrouver son inscription sur les registres de cette paroisse. Léon Gozlan se trouvait donc être catholique, bien qu'il ait été élevé dans la religion juive.
Veuillez agréer, etc. Albert Bance.
fe, Le Chasseur Bibliographe, revue mensuelle publiée par Léon Roudiez 1 .
Cette revue parait depuis deux ans, et cependant, vu sa transformation complète, nous pouvons Va considérer comme une nouveauté. Le personnel de sa rédaction est en effet presque entièrement changé. Le rédacteur principal est Mr Anatole France, connu déjà par quelques poésies et dont les soins feront, nous n'en douions pas, prospérer le journal qu'il
» Bureaux: rue Dauphine 20. Un an, 6fr.
est chargé de diriger. H a bien voulu nous communiquer les épreuves du premier numéro ae 1867. Nous ne saurions mieux faire que d'en donner ici le sommaire. Nous y trouvons des mélanges biographiques et autographiques, une curieuse étude de Mr Ernest Courbet sur les vieux poètes français en commençant par Claude d'Esternod, plus loin un article critiqué sur la traduction de l'Iliade d'Homère par Leconte de Lisle, etc. Une revue théâtrale qui comprend l'analyse succinte de la plupart des pièces parues en 1866 et qui est l'œuvre toute spéciale de M' Anatole France, termine avec un compte-rendu des ventes de livres et d'autographes, le numéro que nous avons sous les yeux. — En terminant nous souhaiterons sincèrement à notre nouveau confrère du succès et des abonnés, bien que nous ne sachions que trop combien la réalisation d'un tel souhait est difficile.
Dieu ! que les belles choses sont étourdissantes ! l'illusion était si grande que nous croyions avoir devant les yeux les si fameuses affiches du Nouvel Illustré, oh ! ah ! eh ! —quel concert naïf et non interrompu d'éloges et d'actions de grâces ! quelle admiration expansive et sans Dornes ! quelle unanimité surtout ! ce serait vraiment dommage de troubler une si parfaite sérénité et nous ne voudrions pas nous rendre coupable d'une action si noire. Hélas! nous, chôtif, que pouvous-nous faire sinon de nous incliner devant lo grand pontife qui efface tous ses prédécesseurs, surtout depuis qu'il a l'insigne honneur d'être l'inventeur d'un système de réclame inusité jusqu'à présent, et de nous joindre à la foule respectueuse qui se presse pour consulter l'oracle qui vient de se révéler. Chose curieuse, il parait que le susdit tfrand pontife, — il le dit, et nous le croyons comme un oracle qu'il est, — faisait, dans son jeune temps, les catalogues d'une façon fort convenable. C'est le cas de s'écrier : que les temps sont changés !! peut-être n'est-il pas inutile de remarquer qu'autrefois il n'était pas tout seul, mais que maintenant.. Enfin nous lui demandons humblement pardon d'avoir douté un seul instant de son infaillibilité, car, après le chef-d'œuvre qu'il vient de mettre au jour et qui n'est comparable qu'aux fameuses réclames du célèbre Mangin, nous aurions mauvaise grâce de nous étonner de ses attaques et il nous en voudrait certainement de te considérer comme un adversaire sérieux.
Dans le débat qui s'est élevé entre mon fils et son oncle, sans qu'il y ait rien de notre part pour le justifier, je me vois forcé d'intervenir pour le faire cesser. Il est inutile de se donner en spectacle au public et de le rendre témoin de ses dissensions. La dernière note de mon très cher frère Gabriel m'a renversé : tout l'encens qu'il se donne devra le parfumer pour longtemps. Grand bien lui fasse ! Il cherche à insinuer que c'est lui qui a mené ma maison, qui m'a appris mon métier, enfin que sans lui, il m'eut été impossible de faire un catalogue. Qui veut trop prouver ne prouve rien et, malgré son affectation à me supprimer complètement dans son article, lei>ublic saura juger, comme elles le méritent
sa conduite vraiment inqualifiable et sa réclame par trop naïve. Paire des ingrats est, parait-il, bien naturel ; les rencontrer dans sa famille est toujours pénible et douloureux. Aussi avons nous le droit de nous étonner de voir celui que nous avons si longtemps, par amitié pour lui, fait participer à nos travaux, retourner contre nous le peu que nous avons tien voulu lui apprendre.
Pour terminer nous lui souhaitons de faire mieux que les autres et dè réussir, mais nous ne pensons pas qu'une querelle de ce genre et des notes présomptueuses et grossières puissent taire avancer beaucoup sa réputation.
NOUVELLE» DIVERSES
M. J. Charavay aîné prépare pour le courant du mois de février, fleux catalogues d'autographes. Le premier comprendra la suite de la collection du vicomte de Fer .. dont la première partie s'est vendue le 3 décembre dernier. Sans avoir l'importance de son aîné il sera encore fort intéressant et point du tout à dédaigner. Le second contiendra principalement des noms modernes et piquera vivement la curiosité. — Nous reparlerons plus longuement de ces deux ventes dans notre prochain numéro.
— On annonçait aussi dernièrement à New-York une vente d'autographes, assez considérable. Nous avons vu les épreuves du catalogue, mais nous n'en avons pas encore reçu d'exemplaires.
Nécrologie : M. Danquin, un des premiers marchands d'autographes, mais qui depuis longtemps ne s'en occupait presque plus, vient de mourir à Pans. — Un de nos abonnés nous promet une notice sur ce vénérable vieillard et nous nous empresserons de l'insérer dès qu'elle nous sera parvenue.
— Mr C. Labussière, de Londres, vient de publier son 5« catalogue à prix marqués. Nous y remarquons les noms suivants : Catherine II, impératrice de Russie; Clément VII, pape; Condé (le grand): Elisabeth (M»*), sœur de Louis XVI ; Eswjt (le comte d') ; Gonsalve de Cordoue, I. a. s., rarissime ; La Fontaine (Jean de) ; Napoléon II, lettre à son précepteur M. Collin; Saint-Pierre (Bernardin de); TourviUe ; Turenne ; Webw, le grand musicien ; etc.
— Le bulletin n° 148 de M» J. Charavay aîné vient de paraître.
— - M. L. Téchcner fera, le t i janvier et jours suivants, la vente de chartes sur l'Orléanais. — Ce catalogue est fort curieux et renferme des documents d'un grand intérêt sur Louis, duc d'Orléans, assassiné rue Barbette et Charles, son fils, père de Louis XII.
Le Dirccleur-PropriiHaire : Jacques CHARAVAY.
Ablieville* - Imp- P. Brie*.
N° 122. — 6e Année
16 Janvier 1867
riiïïiiiis
PRII DR l'aUONNEMBNT POUR PARIS ET LES DBPABTB11BNTB
Pour six mois 6fr. | Pour un an 12 fr.
Étranger : le port en sus.
on s'abonne, pour l'étranger Londres : MM. Pvttiek et Simpson, 47, Lei-
cester-Square.
Ber in ; M. Richard Zeune , Victorias-
trasse,29. a. La Haye : M. Martmu» Nijhoff. 40, Raams-
iraat.
Leipzig : M. Otto-Augtut Schulz.