SUITE DE GALILÉE-GALLIFFET
5. - L. a. s. à son illustre protecteur ... ; villa d'Àrcetri, 21 février 1635, 2 p. in-fol. - 550 fr. (No 107, Charon, 1844); - 281 fr. (No 134, Larochê- Lacarelle, 1847.)
1 Les listes de l'Académie française lui donnent pour successeur, tantôt Target, tantôt Collin d'Harleville. éfus tous les deux en 1795. Or l'abbé Arnaud, étant mort en 1784, il uous parait peu probable qu'il y ait eu une vacance de 10 ans.
1 II disparut de chez lui dans la nuit du 2 au 3 janvier 1829. Il s'était noyé dans la Seine. Son corps fut retrouvé à Meulan le 15 février suivant.
Il a pour se eoutenir dans si disgrâce deux secours puissants . l'un, c'est la certitude que personne no pourra trouver dans la lecture du ses écrits la moindre ombre de choses qui sïcarieut do la piété et du rospect de l'Eglise : l'autre. c*est sa propre consciente, bien connue de lui seul sur la terre, et de Dieu au ciel, qui sait bien que dans la cause pour laquelle il soufTre, beaucoup auraient pu parler et agir plus savant ment que lui, mais personne avec des intentions plus saintes. • La pureté de ma foi religieuse et l'innocence de mon cœur eussent été a autant plus évidentes, que l'on eût mis à découvert de plus en plus les calomnies, les fraudes, les stratagèmes, les tromperies que l'on a employés a Rome de uis 18 ans pour aveugler l'autorité supérieure... Vous avez lu mes écrits : vous avez bien compris quel a été le premier, le vrai moteur qui, sous le masque de la religion, m'a déclaré la guerre et continue à me tenir assiégé, me coupant tous les chemins... »
6. — L. a. s.; « dalla miacarcere d'Arcetrl, » 4 mars 1635. — 347 fr. (N° 85, Simon, 1841); - 190 fr. (N« 135,/. Charavay, 1847.)
Pour se consoler des persécutions que lui suscitent ses travaux, il exulte a la réception de vins vieui que lui envoient les princes et le duc de Guise. On peut sacrifier à Bacchus sans offenser leurs compagnes Vénus et Gérés. Il énumère les bons crûs, et cite par excellence celui de Syracuse, la patrie de son maître Archùnède.
7. - L. a. s.; 1637. — 400 fr. (N* 83, Wurtz et Audenet, 1841 .)
8. — L a s. à Alphonse Antonini, a Udine; u délia inia carcere di Arcetri, • 20 fév. 1638,6 p. in fol. - Retirée (N8 99, Dolomieu, 1843.)
Lettre d'un grand intérêt sur ses découvertes dans la lune.
9. - L. a. s., datée d'Arcetri. — (N° 144 bis, Aimé Martin, 1848.)
10. — Fragment autogr. de calculs astronomiques, en chiffres, sur 6 colonnes, 2 p. in-18. - 51 fr. (N-248, J. Charavay, 1860.)
A cette pièce était la lettre d'envoi de Jacques Arago, datée du 25 nov. 1825.
11. — // saggiatore, de Galilée, avec envoi autographe ainsi conçu : AU' itl. et rev. Mons. arciv di Firenxe, l'autore. — 72 fr. (N8 260, Ch. R. , de Milan, 1862.)
Sur les marges se trouvaient quelques correctionsde la main de l'auteur.
Nous pensons avoir cité tous les autographes de Galilée qui ont passé en vente.
GALL (François Joseph), célèbre médecin et physiologiste, n. à Tiefenbrunn (Grand-duché de Bade), 9 mars 1758, m. à Montrouge, près Paris, 22 août 1828.
1. - L. a. s. au chevalier Karscher, à Paris; 28 déc. 1821, 2 p. in-8°. — 17 fr. (N8 99, Dolomieu, 1843.)
2. - L. a. s.; 1828, 3/4 de p. in-4<>. - 11 fr. 50 (N8 212, Esterhazy, 1857.)
3. - L. a. s.; Paris, 2 mai 1824, 2 p. pl. in -4\ - 13 fr. (no 129, J. Charavay, 1846.)
On trouve encore une dizaine de lettres du docteur Gall vendues de 7 à 10 fr.
<j allais (Dom Jean-Pierre), historien et pubiieiste, n. à Doué (Anjou), 18 janv. 1756, m. à Paris, 26 oct. 1820.
Ses lettres, assez communes, se vendent de 2 à 3 fr.
c; alla M> (Antoine), célèbre autiquaire et orientaliste, traducteur des Mille et une Nuits, membre de l'Académie des Inscriptions, né à Rollot, près Montdidier (Picardie), 1646, m. à Paris, 17 fév. 1715. (hographiej.
1. - L. a. s.; Paris, 5 mai 1677, 3 p. in-4°. — 45 fr. 50 (N« 99, Dolomieu, 1843.)
2. - L. a s. A Ismaël Boueliau ; Marseille, 6 déc. 1678, 3 p. in-4\ - 6 fr. (N- 135, J. Charavay, 1847; ; - 28 fr. 256, Fvssé-Darcosse, 1862.)
U rend compta de découverte». Il a trouvé le buste do Tliéon. des marbres et uue Diane nue, de marbre antique d'un beau travail. Merveille d'un clou de girofle tombé dans une bouteille d'eau rose et q-ii y a pou:sé un germe fort loug. Autres détails de botanique.
3. — L. a. s. à l'abbé Dubos; Paris, 24 avril 1693, 1 p. pl. pet. in-4«. — 7 fr. 50 (N* 196, Laver del, 1855. ;
U lui a envoyé l'exemplaire qu'il lui a demandé pour lui du Ménagions, et celui pour l'abbé Michel. — « Cet ouvrage prend de la vogue et depuis qu'il paroît plusieurs personnes ont promis de contribuer à son. augmentation, et peut-être qu'il pourra aller* plus d'un second volume... »
4. - L a. s. à l'abbé Dubos ; Paris, 27 julll. 1693, 3 p. pl. in-8». - 20 fr. (W 196, Laverdet, 1855.)
11 l'entretient longuement de la publication du Ménagiana. II va paraître un Antimônagiana qui est de la façon de M. Bermer, de Blois. « Vous connoissôs assez l'homme pour juger de l'ouvrage... Les vers que vous pouves avoir vu contre l'abbé de Villiers en faveur du Ménagiana sont de M- Baudelot qui a une si forte démangeaison de versifier que toutes les citations latines, grecques et autres du Ménagiana auroient esté expliquées en vers francois de sa façon si on avait voulu le croire... ■ Nouvelle de la défaite de la flotte marchande des Anglois et des Hollandois.
5. - L. a. s. (à Htiet) ; Caën, 16 sept. 1698, 12 p. in 8«. - 37 fr. (!*• 277, D'Auffay, 1863) ; - 23 fr. (W289, J. Charavay, 1864.)
Belle lettre remplie d'érudition, dans laquelle il relève diverses erreurs commises par Huet, dans ses Origine* île ( aen, au sujet du village de Vieux. U préteud d'après diverses recherches qu'il a faîtes dans les auteurs anciens, que le village de Vieux a été une ville florissante, et que la ville de Caën, aveu beuacoup de probabilité, doit son établissement à la désolation de la dite ville.
6. — L. a. s. (à Huet) ; Caën, 30 sept. 1698, 12 p. iu-4a. - 37 fr. (N° 277, D'AufTay, 1863) ; -21 fr. (N- 289, J. Charavay, 1864.)
Réplique d'une haute érudition, à la réponse faite par Huët à la lettre précédante. Intéressants détails sur l'ancienne ville des Viducassiens.
7. - h. a. s. à Huet ; Caën, 13 oct. 1701. - 40 fr. (N« 130, Charon, 1846.)
11 y est question qu'un de ses amis d'Alep, résidant à Paris, vient de recevoir de son pays un livre arabe en trois volumes qu il I avait prié de faire vonir pour lui, intitulé les Mille Nuits. C'est un recueil de contes dont on s'entretient en ce pays-là dans les veillées.
8. - L. a. s. à Huet ; Caën, 22 août 1706, 4 p. pet. in-4». - 25 fr. 50 (N* 130, Charon, 1846.)
Très-belle lettre sur la littérature orientale.il lui fait complimenteur sa seconde édition des Origines de Caen. € Que vostre chère patrie est heureuse d'avoir un historien si illustre, si affectionné et si zélé à publier la juste gloire qui lui appartient. »
9. - l. a. s. au Révérend Père 4 avril 1707, 3 p. iu-4". - 8 fr. 25 (N* 141, Charon, 1847.)
Détails d'une visite qu'il fit à une église grecque pendant son voyage d'Athènes et des inscriptions qu'il y découvrit.
Les seules lettres de Gahandque nous trouvions dans les catalogues.
gallk (André), célèbre graveur en médailles, membre de l'Institut, n. a Saint-Etienne (Loire), 15 mai 1761, m. 22 déc 1844.
Quelques lettres. De 2 à 3 fr.
GALL1PFET (Le Père Joseph), jésuite, provincial du collège de la Trinité, à Lyon, promoteur de la dévotion au sacré cœur de Jésus, n. près d'Aix (Provence), 1663, m. vers 1740.
L. a s.; Home, 1 ju.u 1719, 3 p. in 4°. — 4 fr. 50 (N°2987 du Bull. J. Charavay) ; - 6 fr. <N* '256, Fosse- Ùarcosse, 1862.)
Belle et curieuse pièce, toute relative aux démàrches qu'il fait auprès du pape et de la congrégation des rites, pour l'affaire du Sacre- Cœur de Jésus, et aux difficultés qu'il
< prouve. « J'attende encore . . convaincu par tout cé que j'nl veu et éprouvé dans cette affaire depuis quarante ans, ipie Dieu la conduit *
Une autre lettre de lui s'est vendue 2 fr.
(La suite au prochain numéro).
Etude sur Saint-Evremond par M. d.-l. Gilbert ; Paris, Firmin
Didot, 1866, gr. in-8.
L'Académie française, dans sa séance annuelle du 20 décembre 1866, a partagé le prix dfélocruence entre MM. D.-L. Gilbert et Gidel, professeur de rhétorique au lycée Bonaparte, auteurs d'une étude sur Saint-Evremond. Mp. Gilbert avait déjà été couronné troisfois par l'Académie et s'était fait remarquer par une excellente édition de Vauvenargues. Son étude sur Saint-Evremond est fort intéressante : il montre son héros tout d'abord dans un salon parce que, dit-il, pour moi c'est là son centre, comme pour lui sa place de prédilection. « Il a vécu quatre-vingt-treize ans et l'on peut dire que cette longueexistence s'est passée presque tout en tière, soi ten F r ance,soit en A ngleterre, dans les maisons les plus célèbres du XVII'- siècle : celles de Ninon de Lenclos, de Marion Delorrae elle-même, de Madame de Rambouillet, de Madame de Sablé, et de la belle Hortense de Mazarin. La période active de sa vie a été courte ; il a servi, non sans distinction et sans honneur, dans le camp du roi ; mais, à l'armée môme, on faisait cercle autour de lui ; on l'écoutait, et les admirateurs de ce vif et infatigable esprit n'étaient rien moins que le grand Condé, Turenne, et les maréchaux de Gramont, de Clérembaut, d'Albret, d'Hocquincourt et de Créqui. En effet, Saint-Evremond est l'homme de société par excellence ; aussi bien que Voiture, mais avec plus d'aisance et moins d'apprêt, il est le premier modèle de ces écrivains qui causent encore alors même qu'ils écrivent, et il n'est pas besoin de regarder au titre desesplus célèbres ouvrages pourvoir que la plupart ne sont, en réalité, que des conversa tions rédigées. » Voilà une longue citation mais dont nos lecteurs ne se plaindront certainement pas, car on ne pouvait mieux dire et exprimer ses idées en plus beau style. Saint-Evremond a gaspillé son temps : supérieurement doué il n'a cependant laissé que des opuscules, spirituellement écrits il est vrai, mais qui sont bien peu de chose quand on songe à sa longue carrière et a ce qu'il aurait pu produire. Les Réflexions sur les divers génies du peuple romain sont le seul ouvrage remarquable qui soit sorti de sa plume. Rempli d'aperçus nouveaux, ce livre a précédé et peut-être donné la première idée des Considérations sur la grandeur et la décadencedes Romains par Montesquieu. Ce que Mr. Gilberten dit est très juste : de môme on ne peut que s'associer à son appréciation des qualités morales et de la vie privée de Saint-Evremoud. Nous ne saurions mieux ûnir ce petit article qu'en reproduisant les dernières lignes de l'opuscule de Mr Gilbert : « J'aurais voulu finir par une conclusion purement littéraire ; mais ici, la conclusion morale ne s'impose-t-elle pas d'elle-même ? Comment ne pas
constater, par exemple, à quoi peuvent aboutir, au terme d'une vie séculaire, l'indifférence et remploi mal réglé de facultés qui furent des plus bi 11 an tes, presque du premier ordre ? Car enfin, que penser et que dire de cette longue, trop longue existence de Saint-Evremond, si répandue au dehors, et au dedans si vide, de ces débuts si vifs, si éclatants, et de cette fin si languissante et si triste, sinon que la conduite de la vie, réduite à la théorie et à la pratique du plaisir, ne saurait mener ni bien loin ni bien haut ? Des diverses qualités qui peuvent faire un grand homme, une seule a manqué à Saint-Evremond, mais c'esl celle, il est vrai, qui les prépare et les achève toutes, je veux dire l'élévation. Il n'a paseu, à coup sûr, la véritable élévation de l'esprit, et peut-être na-t-il pas eu la véritable élévation du cœur. » Voila qui est bien dit, et bien pensé, et qui montre dans celui qui a écrit ces lignes, une indépendance et une élévation qui font toujours plaisir.
Les Joueurs de mots, par Loredan Larchey ; Paris, 1867,in-12.- 2 fr. 50.
Voilà un charmant petit volume vraiment fait pour piquer la curiosité et pour avoir un nombre infini de lecteurs. Le litre le dit : c'est un recueil de mots, non pas tel que le Bièvriana qui ne contient que les calembourgs du marquis de Bièvre, mais un choix de toutes les saillies les plus spirituelles que se sont permis les hommes célèbres. Les souverains français ouvrent la marche, depuis Louis le Gros jusqu'à Louis XVIII. De tout temps nos rois se sont fait remarquer par la vivacité de leurs réparties, et, sans parler de Henri IV dont la réputation en ce genre est proverbiale, nous citerons Louis XV qui semblait avoir hérité de l'esprit de son aïeul. Voyez plutôt ce que raconte Mr Lorédan Larchey :
• Pendant une séance accordée à Latour, son peintre de portraits, le Roi lui demande ce qu'on dit de nouveau à Paris « On n'est pas content, dit franchement Latour. On trouve que les affaires vont mal. — Elles peuvent devenir meilleures, répond le Roi piqué. — Ce serait difficile, continue Latour en insistant... Et puis, nous n'avons pas de marine. — Mais, Monsieur, je crois que vous oubliez celles de Vernet. » Pour un monarque embarrassé c'était remettre habilement un sujet à sa place. »
Napoléon I«r plaisantait volontiers, parfois même sans le vouloir, si nous en croyons l'anecdote sur la discussion du Code civil.
Viennent ensuite les gens de cour qui savent cacher leurs flatteries sous le voile transparent des jeux de mots. Le marquis de Bièvre lient amplement sa place dans cette catégorie. Les échecs que lui fit essuyer Sophie Arnould et un gentilhomme nommé De Chambre sont fort connus mais toujours amusants à relire. Nous cueillerons, parmi le feu croisé de saillies et de plaisanteries que nous oflre la série des gens de cour, cette spirituelle répartie de Mme de La Sablière à un magistrat de ses parents qui lui disait : < Quoi, Madame, toujours de l'amour! toujours des amants! Les bêtes n'ont* du moins qu'une saison !» — « C'est vrai, Monsieur, répondit-elle,
mais ce sont des bêtes. » Nous reproduirons aussi une anecdote sur un ministre de Louis XVIll, Mr de Corbière. « Lorsqu'il vint travailler aux Tuileries pour la première fois, il déposa, pour être plus à son aise, son mouchoir, sa tabatière et ses lunettes sur le bureau de Louis XVIII, qui lui dit tout surpris : • Mais il me semble, monsieur de Corbière, que vous videz vos poches. — Votre Majesté aimerait-elle mieux que je les remplisse ? »
Voici maintenant les gens de guerre, les médecins, Guy-Patin en tête, puis les avocats, les gens d'église, les gens de lettres. Combien nous en aurions à citer dans cette catégorie: Bautru, Boileau, Piron, Voltaire, Voisenon, Rivarol, etc. Qui ne connaît les jeux de mots involontaires que fit le vicomte d'Arlincourt, un poêle dont on pourrait dire aussi qu'il rima malgré Minerve ?
— Mon père en ma prison, seul à manger m'apporte.
— J'kabite la montagne et j'aime à la vallée.
— Sur le sein de l'épouse, il écrase l 'époux l
Ce sont de ces plaisanteries que chacun connaît, mais qui font toujours rire. De même pour ce quatrain improvisé par le poète dramatique Ancelot après la 1èr* réprésentation de Léonidas :
Puisse le chantre heureux des Grecs aux Thermopyles, Quand des auteurs le respectable agent De la recette encaissera 1 argent Ne pas trouTer de terme aux piles.
Nous arrivons au théâtre et ce n'est pas là que nous avons le moins à glaner. Les comédiens et les comédiennes se permettent assez souvent de faire des jeux de mots, et Me,lc Augustinc Brohan, l'excellente actrice, ne nous fournirait pas la preuve du contraire. Le public, lui aussi, a de certaines libertés au théâtre et Mr Lorédan Larchey cite des répliques bien amusantes données aux acteurs par des habitués du parterre. Ainsi lors de la représentation de l'opéra de Loih, dû à l'abbé Pellegrin, lorsqu'on en fut arrivé à ce vers : — L'amour a vaincu Loth. — Un plaisant poursuivit sur le même ton : « Il devrait bien en donner une à l'auteur. » — L'épigramme suivante sur le tragédien Larive, après la mort de Lekain, en 1778, est un modèle du genre :
Ah 1 quel affreux malheur m'arrive, À dit Melpomène à Caron, Lekain a passé l'Àchéron, Mais il n'a point laissé ses talents sur La Rire.
Les bons mots de Sophie Arnould jouissent d'une juste réputation : aussi ne ferons-nous que les signaler à nos lecteurs. — Enfin Monsieur On, c'est-à-dire l'esprit public, termine le volume dont nous nous occupons.
Telles sont toutes les séries de cette compilation faite pour servir à l'histoire de l'esprit français, comme le dit le titre. Somme toute, c'est un recueil fort curieux, qui se trouvera bientôt dans toutes les bibliothèques, il serait peut-être plus exact de dire dans toutes les
poches, car, si par son format et son impression ce petit volume peut prendre place à côté des curiosités bibliographiques, il est appelé par sa nature môme à servir de distraction en promenade ou en voyage pour les hommes sérieux et pour les gens du monde.
VARIÉTÉS
Nous empruntons à un recueil fort curieux, la Revue historique des Ardennes*, dirigée par un érudit distingué, M. Ed.Sénemaud, archiviste du département, les deux lettres suivantes adressées par Charles-Quint à ftabelais. Elles ont été communiquées par un des plus savants géomètres de notre temps, M. Ghasles, membre de l'Académie des Sciences, à M. A. Quételot, de l'Académie de Belgique. Voici la première :
■ Maistre Rabelais, 1
* Vous qu'avez l'esprit fin et subtil, me pourriez -vous satisfaire? J'ai promis 1,000 escus à celuy qui trouvera la quadrature du cercle, et nul mathématicien n'a pu résoudre ce problème, i'ay pensé que vous qui este ingénieux en toutes choses, me satisferiez ; et, si le faites, forte récompense en recevrez. Dieu vous vienne en aide.
« Ce x septembre 1542. « Charles. »
h A maître François Rabelais.
docteur en toutes sciences et bonnes lettres. *
Cette lettre est fort curieuse en ce qu'elle montre entre le toutpuissant empereur et le joyeux docteur des rapports que l'on ne supposait pas. Rabelais ne se pressa pas de répondre, à ce qu'il paraît, car Charles-Quint lui écrit une nouvelle lettre que voici :
« Maître Rabelais, je suis moult surpris de ce que ne m'avez encore fait réponse à la proposition que je vous ay faite touchant la quadrature du cercle. Est-ce que réellement cette chose seroit impossible à résoudre? Mais quant ainsy seroit, je pryeray pour me faire réponse quelle qu'elle soit, vous n'ignorez pas qu'elle sera toujours bien venue de moy. Je l'attends donc par le porteur d'icelle, et me ferez plaisir. Adieu. »
« Charles. »
« k maître F. Rabelais. »