‹ L'Amateur d'autographesChapitre 118 sur 175 · IRA BIEN · texte numérisé non relu

IRA BIEN

Il me faut donc du courage et j'en manquerais si vous veniez à vous rebuter, mais je me repose sur votre amitié. La démarche de Zoc' chez M. Delneuf est bien vue. D'après cela je pourrai tenter de faire changer mon décret en adjournement personnel, mais tout cela est long etava;it

tout j'ai besoin de mu liberté. J'aurais été bien aise de scavoir quelle route tient monsieur votre frère. Tout, je crois, dépend du Baron de Breicuil et je ne demande pas à élre quitte de tout. Je ne demande que le traitement qu'on a fait à mon censeur, plus coupable que moi, Vexil en place de ma détention.

Dimanche.

Mes chères demoiselles, je vous donne bien du mal, mais si l'on m'en retire croyez que ce sera le dernier service de ce genre qu'on me rendra. On ne m'y rattrapera pas une seconde fois. J'aime trop ma tranquiiitéet celle de mes avis pour m'exposer davantage à pareille bourasque, mais enlin j'y suis. Il faut me dégager et je compte sur vos bons offices. Quand vous reverrez monsieur votre frère je vous prie de lui bien réitérer toutes mcsactionsdegràcesetdeluirappellerpourhaterlesuccèsde sesdémarches que je ne demande que l'exil, la seule chose qu'onauroitdûme faire, l'exil auxenvironsdeParis pour ne pas être trop éloigné de ma famille et demes affaires qui souffrent beaucoup. Ce faisant, mes chères demoiselles, vous gagnerez les œuvres de miséricorde ; du moins vous pourrez compter sur l'éternelle reconnoissance de votre ami infortuné.

La dernière fois que je vis M. Letourneur j'aurois presque prédit sa fin. C'est une perte à tous égards, mais il y a des v^vans plus à plaindre que les morts.

Ne m 'oubliés pas, je vous prie, auprès des personnes qui pensent encore à moi.

Mon frère me mande que l'arrêt de mon Almanach a été affiché avant hier vendredi dans l'enclos du palais. Tachez de m'en conserver un. On m'a déjà procuré celui qui a été crié.

Dire encore à M. votre frère de tout promettre de ma part, que je n'éciirai plus à l'avenir sur ces matières, car il m'est revenu que plusieurs évéïiues avoient dit au ministre que je n'en resterai pas là.

On sait que Sylvain Maréchal n'en resta pas là en effet et qu'il publia en 1800, son fameux Diclioyinaire des athées dont le gouvernement d'alors empêcha la circulation.

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