‹ L'Amateur d'autographesChapitre 132 sur 175 · L'ACADÉMIE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

L'ACADÉMIE FRANÇAISE

DEPUIS SA FONDATION JUSQU'A NOS JOURS, DRESSÉE PAR AI.BCMT BAICB et énKNItE IHtBAlAT

Pontanes (Louis, comte de), poète, grand maître de l'Université, né à iNiort (Deux- Sèvres), le 6 mars 1757, mort à Paris* le 17 mars 1821. Il fut nommé membre de l'Institut le 24 frimaire an IV (15 décembre 1795), exclu et condamné à la déportation après la journée du 18 fructidor, et remplacé par Cailhava. Il fut réélu de nouveau en 1803, et remplacé par M. Villemain.

Fontenelle (Bernard Le Bovibr de) , célèbre écrivaiu , membre et secrétaire- perpétuel de l'Académie des Sciences, né à Rouen (Seine- Inférieure), le 11 février 1657, mort à Paris le 9 janvier 1757. Il succéda, en 1691, à Renouard de Villayer, prononça son discour* de réception le 5 mai de la môme année, et fut remplacé par A.-L. Séguier (26e fauteuil).

Fourier (Jean-Baptiste-Joseph, baron), savant et écrivain, membre et secrétaire-perpétuel de l'Académie des Science?, né à Auxerre (Yonuei, le 21 mars 1768, mort à Paris le 16 mai 1830. Il succéda, le 14 décembre 1826, à Lémontey, prononça son discours de réception le 17 avril 1827, et fut remplacé par Victor Cousin (2e fauteuil).

Fraguier (Claude François), érudit et moraliste, membre de l'Académie des Inscripiions (1705), né à Paris le 28 août 1766, mort le 31 mai 1728. Il succéda, en 1708, à Colbert, archevêque de Rouen, prononça son discours de réception le 1« mars de la môme année, et fut remplacé par l'abbé de Rotuehn (4« fauteuil).

François de Nf.ufchateau (Nicolas, comte), poète et homme d'État, né à Satfais, près Rozières (Lorraine), le 17 avril 1750, mort à Paris le 10 janvier 1828. Il succéda, le 26 novembre 1797, à Nicolaï, et fut remplacé par M. Lebrun (6* fauteuil).

Frayssînous (Denis- Antoine- Luc), prédicateur, évêque d'Hcrmopohs, grand maître de l'Université, né à La Vayssière (Aveyron), le 9 mai 1765, mort à Saint Gêniez, le 12 décembre 1841. Il succéda, le 27 juin 1822, à l'abbé Sicard, prononça son discours de réception le 28 novembre suivant, et fut remplacé par Pasquier (32* fauteuil).

Furetière (Antoine), écrivain, auteur d'un Dictionnaire de la langue française, né à Paris, en 1620, mon le 14 mai 1688. Il succéda, en 1662, à P. 'de Boissat, prononça son discours de réception le 15 mai de la même année, fut e\clu le 22 janvier 1685, pour l'impression de son dictionnaire, et remplacé par La Chapelle (29e fauteuil).

Gaillard (Gabriel-Henri! , publiciste et historien, membre de l'Académie des Inscriptions (1760), né à Oslel (Aisue), le 26 mars 1726, mort à Saint-Firmin le 13 février 1806. Il succéda, en 1771, à Alary, prononça sou discours de réception le 21 mars de la môme ancée, et fut remplacé par {21* fauteuil).

Gallois (Jean), érudit et littérateur, professeur de langue grecque au Collège de France, secrétaire-perpétuel de l'Académie des Inscriptions, né à Paris le 14 juin 1632, mort fe 9 avril 1707. Il succéda, en 1673, à Bourzéis, prononça sou discours de réception ie 12 jauvier de la même année, et fut remplacé par Mongin (16e fauteuil).

Garât (Dominique-Joseph), constituant, ministre de la Justice et de l'intérieur, sénateur, littérateur, auteur de Mémoires, né à Ustaritx (Basses-Pyrénées), le 8 septembre 1749, mort à Usdains, le 9 décembre 1833. Il fut élu membre de l'Institut en 1795, exclu par l'ordonnance royale de 1816, et remplacé par le cardinal de Bausset.

Géhoyn (Nicolas), traducteur et- critique, membre de l'Académie des Inscriptions (1711), né à Orléans (Loiret), le 15 juin 1667 , mort au château du Fort-Pertuis le 10 août 1744. Il succéda , en 1719, à Valon-de- Mimeure, prononça son discours de réception le 25 mai de la même année, et fut remplacé par l'abbé de Bernis (7e fauteuil).

Genest (l'abbé Charles-Claude), littérateur et poète dramatique, né à Paris le 17 octobre 1639, mort le 20 novembre 1719. Il succéda, en 1698, à Boyer, prononça son discours de réception le 7 septembre de la même année, et fut remplacé par Dubos (39* fauteuil).

Girard (l'abbé Gabriel), grammairien distingué, auteur d'un livre estimé sur les Synonymes français , n^ à Clermont-Ferrand (Puy de- Dôme), le 25 juillet 1680, mort le 4 février 1748. Il succéda, en 1744, à l'abbé de Roihelin, prononça sou discours de réception le 29 décembre de la même aunée, et fut remplacé par le marquis d'Argen?on (\* fauteuil).

Giry (Louis), traducteur, né à Paris, en 1595, mort dans la même ville, en 1665. Membre de l'Académie dès sa fondation, il fut remplacé par Cl. Boyer (39e fauteuil).

Giry (Odct-Joseph de Vaux de), abbé de Saint-Cyr, sous-précepteur du Dauphin, ûlsde Louis XV, né à Bagnols, au commencement du xviue siècle, mort à Paris le 14 janvier 1761. Il succéda, eu 1742, au cardmal de Polignac, prononça son discours de réception le 10 mars de la même année, et fut remplacé par l'abbé Balteux (37e fauteuil).

Godeau (Antoine), évêque de Vence, poêle et littérateur, un des habitués de l'Hôtel de Rambouillet, surnommé le Nain de la princesse Julie, né à Dreux, le 24 septembre 1605, mort à Vence le 21 avril 1672. Membre de l'Académie dès sa fondation, il fut remplacé par Fléchier (1* fauteuil).

Goibauo-Durois (Philippt ), traducteur, né à Poitiers (Vienne), en 1626, mort à Paris le 1er juillet 1694. 11 succéda, en 1693, à Potier de Novion, prononça son discours de réception le 12 novembre de la même année, et lut remplacé par Ch. Boileau (25* fauteuil).

Gombauld Uean-Ogier de), poêle, né à Saint-Just de Lussae, vers 1570, rnortf en 1666. Membre de l'Académie dès 8a fondalion. il fui remplacé par l'abbé Paul Talleinuul (2e fauteuil).

Gombkuvillk (Marin Le Koy de), littérateur et romancier, né" a Paris, ou à Klampes, ou à Chevreuse, eu 1600, morl a Paris le 14 juin 1674. Meiàibre de l'Académie dès sa fonda non , il fut remplacé par, Hue » |20- fauteuil).

(Lasutit au prochain numéro.)

(GOETHEG0LDSM1TH)

gœthe (Jean-Wolfgang), l'un des plus grands génies de l'Allemagne, n. àFrancfort-sur-le-Mein, 28 août 1749, m. à Weimar, 22 mare 1832.

t - L. a. s. a M«« B. Lebede ; Rome, 18 août 1787, 4 p. in-8» - 20 fr. 50 |N» 123, Charon, 1845) ; 15 fr. (N<>285, chevalier tt...y, 1863.)

É pitre toute poétique sur la beauté du climat et la fertilité de l'Italie. — H est trèsoccupé à Home. • C'est d ailleurs une ville calme et sérieuse, avec une grande diversité de fêtes et de momeries qu'il faudrait y passer les jours et les nuits.., Je vois souvent Madame Angélica (Kauflmann)... C'est une eieeileute femme et une artiste unique... •

2. - L. a. s.; 17 mai 1792, I p. in-8». - 10 fr. 50 (N<> 135, J. Charavay, 1847); 18 îr. («• 268, La Bèdtryère, I8t>2.>

y - L. a s.; octobre 1792,, 1 p. in-4°, cachet. - 12 fr. 50 (N° 261, Laverdet, 1862.)

4. — L. a. s.; 2 septembre 1793, l p. in 4° — 48 fr. (K° 99, Dolomieu, 1843), 17 fr. (No 121, Charon, 1845; ; 17 fr. 50 (N* 242, Lucas de Montiyny, 1860); 16 fr. (N*ai2, J. Charavay. Iboa.)

5. — L. a. s.; 7 avril lb03, 1 p. iu 4°. - 18 fr. 50 (If 131, Lacoste 1846.)

6. - L. a. s. à M- de Staël ; léna, 19déc. 1803, 1 p. in-4". - 24 fr. 50 (N- 183, Laverdet, 1854.)

Non, ce ne sera pas elle qui fera par ces neiges, lu petit mais très-désagréable trajet .. Samedi il vient se vouer tout à bile et il espère qu'il voudra bieu prendre le diuer ( liez lui avec M et Mine de Schiller... Son impatience s'accroît de jour en jour... • Vous seriez sûrement contente d'un ancien ami, 3i vous pouviez lire ce qui passe et repasse dans mon âme... * *

7. — L. a. s.; 5 février 1804, 1 p. in4«. — 10 fr. 50 (N- 198, Renouard, 1855.)

8. t. L. a. s. à sa chère amie ...; léna, 13 avril I8i0, I p. pl. in-fol.— 21 fr. (N' 254, Laverdet, 1861.)

Les deux profils qu'elle lui a envoyés lui ont fait un très-grand plaisir. Afin qu'elle arrive à faire encore mieux, il lui conseille d'essayer hardiment un buste d'après un modèle vivant, ou, ce qui vaudrait mieux, d'après un plâtre. Bien entendu, elle ne doit pat chercher à en faire de graiideur naiurelle. mais pourtant plutôt grand que petit. Une fois qu'elle aura fait cela, un profil lui semblera très facile, et le reste ira tout naturellement. Il vaut bien la peine qu'elle se mette sérieusement à l'œuvre ; avec le talent qu'elle a elle finira par faire eu une heure, ce qui lui prend maintenant une journée entière. * Excusez ces conseils bien intentionnés, et suivez les: vous et vos amis, vous vous en trouverez bi-in, et je ne serai pas le dernier à vous en féliciter. »

9. — L. a. s.; Weimar, 28 mars 1811, 2 p. in-4». -40 fr. (N« 290, D'flvnols i«n,1864.)

ta —, L. a. s.; 21 août 1817, 1 p. in 4v - 16 fr. (N* 212, Esterhazy, 1857. ) 11. - L. a. s.; 1817, 1 p. inr4°. - 15 (r, (Pè> 4686, du QuU, J. Charavay.)

12. — L. a s., en français, an grand chancelier de la Légion d'honneur; Weimar, I" nov. 1818, 4 p. in-fol. - 57 fr. ?N- 254 bis, J Charavay, 1861); 25 fr. (1*280, Hervey, 1864.)

Superbe lettre de remerciments de la croix d'officier de la Légion d'honneur que le roi v. Louis XVI II) vient de lui accorder, et protestations d'enthousiasme pour le souverain qui gouverne la France. • ... Je me sens heureux du devoir qui m'est désormais imposé de m'associe r à l'allégresse générale et aux vœux qui, dans les jours actuels^ si pleins d'avenir, appellent sur le monarque et sur la nation tout ce qui, du dedans et du dehors, peut amener la satisfaction, le repos et la prospérité... J'attends avec respect le hrevet qui m'a été annoncé et pour lequel j'envoie ci-jointes leé notices désirées... » Cette notice remplit la 4» page.

13. — L. a. s. à Son Excellence Weimar, 20 jan*. 1830, 1 p. in-4». — 16 fr. 50 (No^ Hervey, 1857.)

t4. - L. a. s., 2 p. in-8». - 16 fr. 50 (Iî° 109, Alliance des Arts, 1844.) Relative à des difficultés qu'il avait avec une Revue publiée à Iéna.

15. — L a. s., en français, l p. fn-8'. — 37 fr. (N° 235, Bénée, 1860.)

16. - Ballade autog. de 16 vers - 31 fr. (N- 262, Solar, 1861.)

17. - Pièce de rers autog., 1/2 p. in-4v - 26 fr. (W 176, Trémont, 1852.)

Ce sont à peu près toutes les pièces aut. sijr. de Goethe qui ont passé, en France, dans les ventes. On trouve encore dans les catalogues des billets, la plupart seulement autographes, et des lettres signées. Le prix des premiers est d'une douzaine de francs : quant aux secondes, elles se vendent de 6 à 10 fr., suivant leur importance. Celles qui ont la souscription autographe sont plus recherchées et atteignent un prix un pe» plus élevé.

gœtz (André), savant philologue allemand, n. à Nuremberg, 23 nov. 1698, m. 18 avril 1780.

Quatre lettres de lui se sont vendues, eu moyenne, 1 fr. 50 (cat. n« 183).

goezmann (Louis-Valentin), conseiller au Parlement, fameux par ses démêlés avec Beaumarchais, n. à Landser (Alsace), 1730, décapité à Paris, avec André Chénier, le 25 juill. 1794.

Deux lettres de lui se sont vendues 5 fr. 50 et 3 fr. 50. - Une lettre de ?a femme a été payée 4 fr. 50.

GOFFiN (Hubert), maître mineur belge, connu par un beau trait de dévouement, en 1812, célébré par Millevoye, m. SjuiH.

Une quittance signée de son traitement de chevalier de la Légion d'honneur a été payée 2 fr. 50.

(Louis- Jérôme), député à l'Assemblée législative, ministre de la justice, directeur, auteur de Mémoires, n. à Semblançay, 1746, m. à Paris, 29 mai 1830.

1. — L. a. s. à Talleyrand, ministre des relations extérieures , Amsterdam, 7 prairial an XI, 4 p. pl. In fol., vig. —28 fr (N- 121, Charon, 1845 ) .

Document d'un grand intérêt historique à l'occasion de la déclaration de guerre de l'Anglt terre n la France ; sur la situation politique et matérielle de )a Hollaudo. Il commence ainsi : c La déclaration de guerre annoncée d'abord par les papiers anglaisa causé ic i nne sensation d'autan! plus grande qu'on s y attendoit le moins ; qu'on espéroit tout de la modération généreuse du gouvernement français. La lecture du volumineux exposé du cabinet de Saint James qui a précédé celui du gouvernement n'a

flU satisfait même les plusaveugles partisans do l'Angleterre. On y a vu la mauvaise oi, la foi angloiso aux prises avec la loyauté française, cherchant, vainement à dissimuler la violaiion d'un traité solennel sur les prétextes les plus frivoles. Mais lorsque la note adressée le 28 floréal au lord Witworth a été connue, il s'est élevé un cri

ré aussi inhabile à la maintenir. »

ta noio adressée le 28 floréal au loni wuwortn a eie c

général d'indignation contre le ministère anglois, qui s'est montré aussi inhabile a faire la paix qu astucieux et perfide dans les négociations

2. - L. a. s. an gi>n«ral ... ; Amsterdam, an XIII, 2 p. t/2 in-fol. — 6 fr (3» 89*26 du Bull. J. Charavay t

Bell, lettre relative à son administration en Hollande, et écrite en qualité de commtstutrt gênerai d<» relation» .r mmercinles de t'Kmpire françaii en Batavie. « Si. dans des moments difficiles, j'ai été assez heureui pour concourir à faire respecter le nom français, en conservant l'esiime de la nation sur laquelle pesaient les mesures es que nous avons été obligés de prendre, c'est à vous que je le dois. *

3. — !• L. a. s. a M Villenave ; Eau-Bonne, 17 mai 1 827, 2 p. in-4°. — 2» Couplets a Monsieur Déranger, chauson aulog., 3 p. 1/2 in-8». - 7 fr. (N* 154, VU- Imave, 1850) ; Il fr. (H8 249, Lajarrtelte, 18U).)

Analyse de la lettre. — Il regrette de ne pouvoir assister au banquet où il est invité ; mais il envoie sa souscription et les anciens couplets qu'il a adressé à leur ami Beranger.

La chanson est une vigoureuse philippique contre la Restauration. En voici le dernier couplet :

Horace et Tibulle à la fois, Bon Français, aimable poète, L'honneur des chansonniers, reçois, Tribut d'une simple musette :

Chant du cygne d un vieil athlète Que l'âge a mis hors des combats.

Toi, plus heureux, ah ! fouette, fouette, Chante toujours, ne t'endors pas.

Une quinzaine d'autres lettres. De 3 à 4 fr.

GOls <Étiennc- Pierre-Adrien), habile statuaire, n. a Paris, 14 fév. 1731, m. <ians la même ville, 3 fév. 1823.

Deux ou trois lettres de lui. De 4 a 5 fr. — Les autographes de sou fils, Edme-Etienne-François, sculpteur distingué, n. 1765, m. 1836, valent à peu près le même prix.

GOLDOM (Charles), célèbre poëte comique, surnommé le Molière italien, n. à Venise, 1707, m. à Paris, 1793 (Isographie).

I. — L. a. ». (à l'abbé Vieilli) ; Venise, 5 juill. 1758, 2 p. in-4-. — 31 fr. ( N«2 79, Succi, 1863.)

Intéressante lettre, relative à l'impression du t. IV de ses comédies. — 11 augure fort bien d'un libretio que lui a fait aroir Bettinelli. Demain il va en ville pour se reposer des fatigues de ses deux dernières comédies . la Dotia di governo et la Spûta

2. - L. a. s. à M. Gabriel Cornet ; Paris, 27 déc. 1760, 2 p. 1/4 in-4v - 26 fr. («• 289, Hervey, 1864.)

• ... Que le ciel soit loué et béni, je suis content aujourd'hui 1 Ma troisième comédie vient d dire joute; elle a eu un succès tellement grand, tellement universel, que les termes me manquent pour l'exprimer. Les deux autres avaient fait beaucoup, celle-ci a fait tout. Les deux autres avaient leurs partisans, celle-ci a tout le monde pour elle... J'ai enteudu des choses au foyer du théâtre, après la pièce, qui m'ont étourdi; mais croyez- vous que tout cela mu rassure, et me tranquillise pour l'avenir ? Non. au contraire, je tremble plus que jamais. Le hasard m'a Tait faire trois comédies qui ont été adoptées par le gouL de Fans, mais je vois combien ce goût est délicat, et j'ai peur de ne pas avoir assez de talent pour continuer de même... •

3. - L. a. s. à l'abbé Vicini ; Venise, 18 avril 1761,2 p. iu-4°.-27 fr. (N'260, Ch. de Milan, 1862.)

4. - L. a. s.; Bologne, 15 juin 1762, 4 p. in-4°. - 32 fr. (No 99, Dolomiêu, 1843); 22 fr. («• 121, Charon, 1845.)

5. - L. a. s. à Voltaire; Lyon, 17 août 1762, 3 p. 3/4 in-4°. - 33 fr. (W217. J. Charavay, 1857.)

b. - L. a. s a Albercati-Capacelli ; Paris, 13 déc. 1762, 2 p. in-4». — 25 fr. (H' 260, Ch. de Milan, 1862.1

7. - L. a. s. â Voltaire; Paris, 1763, 1 p. 3/4 in-4«. - 7 fr. 50 (iV 6315 du Bull. J. Charavay.)

8. - L. a. s. à Albergati-Capacelli ; Paris, 13 déc. 1763, 2 p. pl. in-4°, cachet. - 32 fr. (N° 253, Laverdet, 1861.)

Nouvelles théâtrales de Paris ■ Ces comédiens italiens sont des paresseux. Ils n'ont pas encore pu apprendre par cœur la première comédie que je leur ai donnée... Je pense que pour Noël on donnera la comédie écrite dont j'ai fait un long extrait en français, pour ceui qui entendent peu l'italien. »

9. — L. a. s. à Àlbergati-Capacelli ; Paris, 31 avril 1764, 1 p. pl. in-4'. — 18 fr. (N° 291,./. Charavay, 1864.)

Envoi et analyse d'une comédie qu'il vient de composer.

10. - L. a. s. (à Albergati-Capacelli); Paris, 3 déc. 1764, 3 p. 1/2 in 4*.-45fr. (No 306, J. Charavay, 1865.)

Si son portrait peint par Tiepoletto n'est pas très -ressemblant, c'est bien autre chose que ceux que lui font ces habiles fronçai». Il y en a un qui vient de le peindre bossu* sans cou. <*t avec des yeux de chouette. Et pour faire un si beau travail, ces artistes sont très-long* et se font payer fort cher. Il en est de même en littérature ; un auteur,

îp

râtla mémoire d'un compatriote qui vjentde mourir, Molinelli, membre de l'Académie de Chirurgie. - Détails sur les pièces qu'il vient de faire pour Fontainebleau et pour Versailles. Sa comédie lés Rendez-vous noc tûmes n'est qu'une farce. — Il est ici en butte à la jalousie; les comédiens continuent à être impertinents envers lui, et il a demandé son congé pour Pâques.

11. - L. a. s. (â Albergati-Capacelli) ; Versailles, 27 mai 1765, 4 p. pl. in-4*.

- 29 fr. (N° 306, J. Charavay, 1865.;

Lettre très intéressante, par laquelle il charge le marquis, delapartdeM.de La Ferté, intendant des théâtres royaux, d'engager l'arlequin Sacco, qui déjà, il y a deux ans, a refuse de venir en France, ayant la prétention d'exiger la part entière. Ilexplique que ce n'est pas l'usage ici : quand on engage un artiste, on lui donne ses frais da voyage, aller et retour ; l'année ensuite, suivant son méritet il reçoit demi-part ou trois-quarts. puis la part entière, qui monte de 14 ou 15 mille livres : après quinze ans de services, une pension de mille livres. On ne peut pas espérer cela en Italie.— Quelques détails sur ses fonctions de lecteur des filles de Louis XV et son séjour â la cour.

12. — L. a. s. (à Albergati-Capacelli); Compiègne, 10 août 1765, 3 p. pl. iu-4*.

- 15 fr. (N° 306, J. Charavay, 1865) ; 28 fr. (N° 19405 du Bull. J. Charavay )

Curieuse épitre, relative à une comédie d'Albergati-Capacelli, et â une aventura fort drôle qui vient de lui arriver : on voulait lui faire payer 200 livres pour le port d'un paquet

13. — L. a. s. à Albergati Capacelli ; Versailles, 26 mai 1766, 3 p. in-4*, cachet armorié. — 30 rr. (N° 291, J. Charavay, 1864.)

Très- intéressante épitre relative à son emploi de lecteur de madame, ttlle de Louis XV.

- Le voilà tout â fait Uxé à lu cour Sa patronne est pleine de boutes pour lui. Outre ses appointements, il a reçu d'elle, en cadeau, une tabatière d'or de 60 louis, et 100 louis

14. - L a. s. àFavart; Versailles, 16 mars 1768, 2 p. in-8*. - 5fr. (!«• 106, De Soleinne, 1844.)

11 le remercie de ses remarques sur une pièce qu'il lui avait communiquée : « Je vois en vous un Aristarque charmant qui m'enchante tous les jours, de plus en plus. »

15. - L. a. s. à Favart ; Versailles, 18 avril 1768, 4 p. in-4". — 26 fr. 50 ,V 183, Laverdet, 1854.)

Il a chargé son neveu de lui présenter le dixième volume de ses comédies, et le secoud des pièces fugitives... Il n'a jamais voulu acheter les Moissonneurs, parce qu'il les attendait chez lui ; « mais je les ai lu il y a longtemps avec plaisir, admiration, et les larmes aux yeux. La pièce est faite pour attendrir toute âme sensible, et l'ami de l'auteur doit s'attendrir davantage. Le sentiment et l'amitié m'ont fait pleurer... Vous sou venez- vous, mon cher ami, que quatre jours après mon arrivée à Paris, j'ai fait des vers a la louange de madame Favart ? Quels vers ! quelle témérité I j'en suis bien puni. »

16. — L a. s. (â Albergati-Capacelli) ; Paris, 3 sept. 1776, 3 p. in-4'. - 30 fr. (N- 289, Hervey, 1864.)

Relative à sa comédie l'Avare fastueux, qui doit être représentée â Fontainebleau le 15 octobre, et dont il fera une trauuction italienne, si la pièce est jugée digne d'être imprimée et représentée â Paris.

17. — L. ». ». (à «Ibergali-Capacelli) ; ('T76|, 3 p. pl. io-4*. — W fr. (H»?89, Htvvcy , 1864.)

Il lui recommande la sitrnora Ferrari, qui va se fixer à Bologne. Il a donné sur le thMtre de Fontainebleau l'Avare fastueux ; mais celte pièce a oie accueillie si froidement qu'il n'ose la Taire représenter à Paris. Toutefois il en fait une traduction italienne, et lui en enverra un exemplaire, aussitôt qu'elle sera imprimée. Depuis plusieurs années il ne travaille pas pour la Comédie- Italienne de Paris, mais il va recommencer à écrire pour ce théâtre, ayant trouvé dans la signora Ricci un interprète intelligent.

18. — L. a s. i M. de Maisonneuve ; 5 août 1787, 2 p. ia-8'. - 5 fr. (Il* 190; Laverdet, 1854.)

Relative a la représentation d'un de ses ouvrages.

19. - L. a. s. à AlbergatirCapacelli ; Pari*, 9 nov. 1788, 2 p. pl. in-4v - 21 fr. (N° 291, J. Charavay, 1804.)

Sa vue est tellement fatiguée qu'il a pensé devenir entièrement aveugle. Son oœur lui suggcre mille pensées ; sa main serait prompte à les écrire, mais ses yeux sont ep convalescence et il ne pourrait en abuser sans péril.

20. — P. a. a., en français ; Paris, 28 mars 1789. 1 p. ta- 4*. — I7fr. (N#290, &Hunol$tein, 1864 i

Cession, i la veuve Ducbesne, de sa traduction italienne du Bourru bienfaisant.

21. - L. a. s. à M. Casella ; Paris, 20 jutll. 1789, 1 p. in-4\ 15 fr. (If m,

22. - L. a. s. à Voltaire ; 1 p. pl. in-4'. - 7 ft. 50 (If 194, /. Charavay, 1855.)

23. - L, a. s. à M. Bold*ni, 2 p. in-8», déchirée. - 6 fr. (if 242, Lucas d* Montignv, 1860.)

Ce sont toutes les lettres de GoLdoni que nous trouvions dans les catalogues français»

GOLDsmiTH (Olivier), célèbre poète et romancier anglais, auteur du Vicaire de Wahefield, n, à Pallas (Irlande). 10 nov. 1728, m. à Londres, 4 avril 1774.

Ses autographes sont très-rares en France. Le catalogue Chàteaugiron contient une lettre de lui, sans autre indication que ces mots I. a. s., et qui a été retirée, peut-être comme n'étant pas d'Olivier G oldsmith, mais d'un de ses homonymes.

(La suite au prochain numéro i

COMPTE-Ri:i%I>U DE LA VEIVTE DU O MAI

Cette vente, qui a été annoncée en son temps, a eu lieu le 6 mai tMle a produit 1,347- fr. 25 c. Voici les prix atteints par les principaux articles.

Arnould (Sophie), 14 fr. 50; Aumale (Henri d'Orléans, duc d'),

10 ï.]Beauharrmis (Joséphine), 16 f., 6 f. 50, 26 f., 16 f., 18 f., 16f., 27 fr., 12 fr., 6 fr. ot 7 fr.; Bossuet, 26 fr. et 24 fr. ; Bouhier (le P» )

11 fr. ; Brosses (le P». de), 12 fr. ; Bussy-Raèiitm, 35 fr., 42 fr., 54 fr. et 62 fr. ; Collin-Harleville, 8 fr. 50 (n° 57) ; David (J.-L.) 12. fr, ; Dubarry (M»e), 20 fr.; Estrècs (le maréchal d), 22 fr. ; Estrèes (Gabrielïe (D, 25 fr., très-bon marché ; Fréron (SU, 11 fr.; et 6 fc. ; Huet iDaniel), 25 fr. et 15 fr. ; Hummel, 18 fr. et 6 fr. 50 ; Lé&polwf**, roi des Belges, 28 fr. ; Mancittii (Marie), 22 fr. ; Maria

- lââ -

(Goria), 14 fr. ; Rachel (M»,e), 10 fp. ; Récamier (M«»h deux lettres, chacuoe 9 fr. ; Rouget de Liste, 8 fr. 50 et 5 fr. ; Royer-Gollard, 10 fr. 50 et 8 fr. ; Saint-Pierre (Bernardin <le), 5 fr. 50;. Saint- Huberty (Maei, 7 fr.; Swelchim (M™t, 6 fr.; Tallien (M»#), 12 fr., 4 fr. 50 et 6 fr. ; Talma, 13 fr. ; Verdi, 18 fr. ; Veuillot, (louis), 12 fr. 50 ; Westermann, 10 fr. ; etc.

BIBLIOGRAPHIE

NOTICE SUR LA BIBLIOTHÈQUE DE, LA VILLE DE MONTPELLIER, Par m. Saturnin Léotard ; Montpellier, 1867, in-8.

La ville de Montpellier a deux bibliothèques, celle du. nausée Fabre, et celle de la Faculté de médecine. La première est la seule reconnue comme propriété de la ville. Elle date de Tau III et elle a été formée, comme un grand nombre des dépôts publics des déparlements, avec les richesse* provenant des communautés reli^ gieuses, et ce n'est qu'en 1806 qu elle devint propriété de la commune. En 1825, François-Xavier- Pascal Fabre, peintre d'histoire fort estimé, élève de "David, ami de la célèbre comtesse d'Albany, qui le fit son légataire universel \ revint de Rome à Montpellier, rapportant une superbe collection de tableaux et d'objets d'art. Il tint à honneur d'enrichir le musée de sa ville natale et lui légua les trésors qui composaient son cabuiet. De là le nom de musée Fabre par lequel on désigne parfois la bibliothèque publique de Montpellier. Fabre, créé baron par Charles X, mourut le 16 mars 1837, à l'âge de 71 ans. M* Léotafd rappelle que la Bibliothèque s'augmenta encore des legs de M Auguste de Saint-Hilaire» naturaliste distingué, membre de l'Institut, en 1853, et de l'abbé Flottes, professeur de philosophie à la faculté des lettres de Montpellier, mort en 1864.

La Bibliothèque possède actuellement 60,000 volumes, des manuscrits, des objets d'art, des médailles et 10,000 estampes. Le fonds Alfieri se compose de classiques grecs et latins et d'ouvrages italiens. Tous les volumes portent la signature de leur possesseur: beaucoup sont annotés de sa main, ce qui leur donne une grande valeur . Non loin d'eux — et c'était justice — ou trouve les livres pro^ venant de la comtesse d'Albany. Mr Léotard fait remarquer avec raison un La Bruyère, commenté par celte femme d'esprit et de cœur. Il cite ensuite les principaux ouvrage.* que possède la Bibliothèque, roen* tionne quelques manuscrits et bon nombre d'autographes sur lesquels, à notre grand regret, il donne peu de détails.

Quatre bibliothécaires ont été successivement chargés de veiller

1 Me lui laissa tous les manuscrits autographes d'Alfleri. que Kabre déposa à la Laurentiana de Florence, ne se réservant, dit M. Léotard, qu'une copie faite sous les yeux d'Alfleri lui môme, avec notes et corrections de la main de F illustre poète* italien .

sur le précieux dépôt dont nous venons de nous occuper. Le premier fut M. Jean-Cyrille Rigaud, docteur en médecine. M. Jean-Pierre Atger, ancien greffier de la cour des comptes, lui succéda en 1815. Puis vint, en 1819, M. Guillaume Renaud, qui a été remplacé par M. Paulin Blanc, avocal, le bibliothécaire actuel. M. Blanc est vaillamment secondé par M. Léon Gaudin, bibliothécaire-adjoint, et par M. Saturnin Léotard, sous-bibliothécaire. C'est à ce dernier que nous devons la curieuse notice dont nous venons d'entretenir nos lecteurs. Ecrite avec élégance, remplie de détails pleins d'intérêt et qui montrent une érudition profonde, la brochure de M. Léotard lui fait le plus grand honneur. 11 serait désirable que les conservateurs des bibliothèques de nos départements veuillent bien suivre l'exemple qui vient de leur être donné et nous édifient un peu sur les richesses des dépôts confiés à leurs soins. M. Léotard, dont les connaissances bibliographiques sont connues et dont la bienveillance et la modestie sont proverbiales à Montpellier, a pu voir avec une juste satisfaction l'accueil empressé fait à sa courte mais curieuse notice. Il a même reçu, paraît-il, d'un de nos plus éminents critiques, une distinction flatteuse et une approbation qui sont d'autant plus précieuses que nul.n'en ignore la valeur.

VARIETES

JEA1V BAPTMTE ROUiSEAU

(Suite et fin).

Voici donc Jeau- Baptiste Rousseau à Vienne. «Jusqu'à présent, écrit-il à M»»* de Fériol, j'ai tout lieu de me louer de ce païs-ci. J'y ai des amis et il ne tiendroit qu'à moi d'en avoir davantage. Le Prince a toujours mille bontez pour moi. Je suis presque de tous ses disnez publics et particuliers qui sont les seuls momensque lui laissent ses affaires. J'ai lieu de me flatter de sa protection si le cas se présente d'en avoir besoin. Quand je n'aurois pas une ressource je vous assure, Madame, que je n'aurois jamais songé à prendre aucune mesure pour retourner en France. Ceux de mesamisqui m'ont fait des ouvertures sur cela scavent comme je pense et sont trop raisonnables pour exiger que je pense autrement. Je ne croirai jamais qu'il convienne^ un honneste homme d'aller montrer son nez dans un pals où on a pu l'offenser impunément. » On ne saurait méconnaître sans injustice que cette lettre est empreinte d'un sentiment plein de fierté et de noblesse qui honore notre poète. Celuici avait conservé à Paris des amis dévoués et puissants, entre autres le Baron de Breteuil, qui obtinrent pour lui du régent la permission de revenir dans la capitale, mais Jean-Baptiste Rousseau mit pour condition à l'acceptation de cette grâce qu'on examinerait de nouveau son procès et qu'on proclamerait l'iniquité de la décision qui l'avait condamné. Le régent refusa et l'exilé resta à Vienne, il ne

se déplaisait pas du tout en ce pays, comme l'attestent les lignes suivantes • : .

« Nous finissons aujourd'hui un carnaval qui a esté très magnifique ici. Il y a eu presque tous tes jours des bals comme ceux que vous avez veus autrefois au Palais roial et si vos dames de Paris remportent sur les nôtres en beauté il est certain que cellos-ci l'emportent de beaucoup en pierreries et en habits. La politesse allemande n'en doit rien raesme à la irançoise et il me semble quenostre nation ne connoist point cellui dans la préférence qu'elle trouve bon de se donner sur les autres nations de l'Europe. La proposition seroit un peu forte si toutes les dames françoises ressembloient à Madame de Bouzoîs et à vous, mais, comme il s'en faut de plus des trois quarts et demi, je crois que, tout compté, tout rabatu, ou peut dire sans trop avancer que Vienue vaut bien Paris au moins pour les habitans, car pour les maisons je vous les passe, quoiqu'il y en ait ici de très-superbes. •

Le 15 mai 1717 il écrit à Mme de Fériol que son sort est heureusement fixé. « Je deviens sujet de l'Empereur avec assurance d'une charge dans les Païs bas, où M. leprinceEugèneàquijedoistoutveut bien réinstaller lui-môme aprez la campagne, et en attendant on me donne de quoi attendre que le Conseil ait réglé le gouvernement de cette province qui depuis la mort de Charles II a esté assez peu arrangé. »

Voltaire fut arrêté au mois de mai pour une épigramme contre le Régent et mis à la Bastille. Rousseau mentionne cet événement en ces termes: « J'ay esté plus fâché que surpris de la disgrâce du pauvre Arouet. Il n'y a rien de si dangereux que de se répandre dans le monde avant d'avoir appris à le connoistre. Je souhaite pour l'amour de lui que sa muse ait le tem? qu'il lui faut pour se meurir à la Bastille. Elle y sera plus en seuretô que dans de certaines compagnies a. » Plus lard Rousseau et Voltaire devinrent des ennemis intimes.

Le Prince Eugène s'était ouvertement déclaré le protecteur du poète qui lui voua une sincère reconnaissance. Jean-Baptiste Rousseau applaudit aux succès de son Mécène. A l'époque où nous sommes arrivé, l'illustre capitaine venait de s'acquérir une gloire immortelle par la prise de Belgrade sur les Turcs (15 août). Là dessus joie immense de la part de notre poète. « M. le Prince Eugène, écrit-il le 2 octobre, est attendu ici à la fin de ce mois et à moins qu'il n'arrive des choses que je ue prévoi point il y a lieu de croire qu'il ne passera pas l'hiver sans prendre le chemin de son gouvernement. Vous prendriez encor plus de part à sa victoire si vous connoissiez sa personne Les François qui ont fait la campagne avec lui seront ma caution et les Turcs que vous avez chez vous ne seroient point assez Turcs pour s'empescher de l'aimer. Je parirois au moins • pour Mademoiselle Haïcé. Elle ne seroit pas la seule Eryphile qui auroit pris de l'estime pour le vainqueur desa patrie, mais elle n'en a plus d'autre que vostre maison, Madame, et je ne pense pas qu'elle

1 Catalogue Monmerqué : Lettre du \1 février 1716. • Catal. Monmerqué S Lettre du 25 février 1716.

regrete beaucoup le ciel et les mœurs qu'elle a quittez. Je lui rem mille grâces de l'honneur qu elle me fait de se souvenir de moi. »

Rousseau préparait une édition de ses œuvres que son séjour à Vienne entravait, comme il le dit lui-môme i : « L'édition de mes ouvrages qui est sous presse depuis plus de deux ans se trouve accrochée par le séjour gue ie suis obligé de faire en ce pals-ci. J'y suis fort bien et comme je m aime encor mieux que je n'aime mes ouvrages, je n'ai nulle impatience d'en partir que je ne sois bien , seur que ce soit pour estre mieux. S'il arrive quelque changement à ma situation vous en serez toujours avertie des premières, mais, comme j'ai l'honneur de vous dire, je n'ai aucune envie den changer. Le tems qui me reste à vivre s accourcit de jour en jour et je ne suis point assez fou pour en empoisonner la douceur par des inquiétudes et des désirs qui m'empécheroieni peut-eslre de sentir mon bonheur présent. Vous voiez, Madame, qu'es changeait de païs je n'ai point changé de caractère ni de sentimens. »

Le même jour (11 février 1721) Rousseau écrivait à M. d'Argental et il assaisonnait son épltre de récriminations contre les vices de l'époque, tant il est vrai que le temps passé nous paraît toujours le meilleur. «Je suis un homme du vieux tems, s'écrie- t-il, et les nouveaux systèmes n'ont pas assez bien réussi en France pour me dégoûter des anciens. Aussi ne fais-je aucun douté que ma morale antique ne vous accomode mieux que la morale moderne. » Rousseau était alors à Vienne : bientôt il passa en Angleterre, et c'est à Londres que parut une édition de ses OEuvres, en 2 volumes in 4. Cette publication fut une bonne affaire pour Rousseau qui revint à Bruxelles, rapportant i 0,000 livres qu'il eut malheureusement l'imprudence de placer sur la compagnie d'Ostende. Le destin poursuivait l'infortuné poète : la Compagnie fut dissoute, ce qui causa la ruine de ceux qui lui avaient confié leur fortune. Ce^ pendant Rousseau trouva de nouveaux protecteurs dans le duc d'Aremberg, le comtede Lannoy et le prince de la Tour-Taxis. De 1722 date son entrevue avec Voltaire et par conséquent la haine réciproque qu'ils se portèrent mutuellement. Dans une lettre à Mme de Fénol, la dernière que nous citerons, datée de Bruxelles le 15 juillet 1723, il parle de Paris, et Ton voit qu'il voudrait rentrer dans cette ville où il avait passé les années les plus glorieuses de sa vie. A mesure qu'il avançait en âge, ce désir de revoir le lieu de sa naissance ne faisait que grandir. Il s'adressait à tous ceux qui pouvaient, par leur position, le servir dans son dessein. Il envoya une ode au cardinal Fleury pour le mettre dans ses intérêts Voici la réponse que lui fit le premier ministre de Louis XV et que nous communique un de nos abonnés :

- Issy, le 15 janvier 1737.

« J'ay reçu votre lettre. Monsieur, où je vois avec peine la peinture de votre triste situation. Quoyque je sois informé en général de tous vos malheurs, je m'instruiray plus à lond de l'étal de votre affaire et si je

• Catel. Monmerqué: Lettre du 44 juillet 1T17.

puis trouver quelque moyen de vous faire plaisir je ne le négligent point. Je vous ifais mes remerciemens de l'ode que vous m'avez envoyé qui ne se ressent assurément point de l'inOrmitéet de l'âge où vous êtes. Elle est très belle, remplie de bonnes choses et d'une poésie noble et bien versifiée. J'en suis infiniment content et vous prie d'être persuadé, Monsieur, des sentiments que j'ai pour vous.

« Le Card. de Fleury »

« Je n'ay à me plaindre que de ce que votre ode a de trop flatteur pour moi. * »

Vaines promesses, car, malgré les efforts de plusieurs grands personnages, le comte Du Luc entre autres, on ne put obtenir le rappel de Rousseau» Celui-ci vint cependant, en 1738, à iParis, mais incognito, sous le nom de M. Richer. La police ne l'inquiéta nullement, soit qu'on ignorât sou séjour dans la capitale, soit qu'on ne voulut pas s'en apercevoir. Néanmoins notre >poéte Quitta Paris le 3 février 1739, el cette fois-ci pour toujours. Il revint à Bruxelles, où îl mourut le 17 mars 1741, à l'âge de 71 ans.

Jean-Baptiste Rousseau a manqué complètement sa carrière, et cela à cause de son caractère satyrique et envieux. Appartenant au siècle de Louis XIV par ses premiers essais, il serait devenu, s'il n'eût pas quitté la France, pour les littérateurs de la régence et du règne de Louis XV un maître, un oracle aussi vénéré peut-être que l'avait été Boileau et que le fut plus tard Voltaire. Sa vie, grâce â son égoïsme, se serait écoulée calme et majestueuse au milieu d'une cour brillante d'admirateurs et de disciples, et il aurait laissé un nom, sinon plus illustre, du moins plus pur et plus respecté. Loin de là, Jean-Baptiste Rousseau n'a acquis qu'une renommée de mauvais aloi, et qui va toujours s'affaiblissant. Jamais, quoiqu'on ait tait, on n'a pu absoudre complètement sa mémoire du tort que lui ont fait son mauvais caractère et les désordres de sa vie. Il faut reconnaître cependant que trente ans d'exil sont un châtiment bien dur et une expiation bien cruelle. Aussi se trouve-t-on tout disposé à l'iudulgence et nous ne saurions mieux terminer qu'en répétant les deux vers qui terminent l'épitaphe de Rousseau par Piron :

Il fut trente ans digne d'envie Et trente ans digne de pitié.

NOUVELLES DIVERSES

Le savant éditeur des lettres de Colbert, M. Pierre Clément, de l'Institut, vient de détacher de cette précieuse collection et de publier à la librairie Didier un joli volume in-18 renfermant la Relation d'un voyage en Italie, en 1671, par le marquis de Seignelay, fils aîné du grand ministre et de son digne successeur au département de la marine. La relation est fort intéressante et contient le

1 Ces deux lignes sont de la main du cardinal.

relevé exact des richesses artistiques de l'Italie à cette époque. Elle est en outre précédée d'une étude biographique des plus complètes, comme sait les faire l'auteur de Jacques Cœur et Charles Vil, des Portraits historiques et d'Enquerrand de Marigny. Enfin un certain nombre de lettres de Seignelay à Fénelon, Du Quesne, Tourville, etc., complètent ce volume. On sait que Seignelay fut un curieux d'antiquités. Les manuscrits laissés par son père et par lui font aujourd'hui la principale richesse de plusieurs de nos grands dépôts historiques.

— Nos lecteurs se rappellent que nous avons inséré, dans le numéro 128, une communication de M. le marquis de Raipecourt. Il s'est glissé à la dixième ligne une faute d'impression qu'il importe de rectifier. Au lieu de : « toutes les lettres, c'est-à-dire douze ou quinze, sont en ma possession, » il faut lire : « toutes ces lettres, c'est-à-dire douze sur quinze, sont en ma possession. »

— Dans notre liste de l'Académie française les dates des discours de réception de MM. Octave Feuillet et Camille Doucet étaient restées en blanc. La date du premier est le 3 avril 1862, et celle du second le 22 février 1866.

La date de la naissance de Nicolas Faret doit être aussi rectifiée. Des renseignements pris sur les registres conservés à la mairie de Bourg, département de l'Ain, nous permettent d'établir que Faret est né dans cette ville le 11 avril 1600, et non en 1595, comme le disent à tort quelques biographes.

— Le 3 mai 1867 le père Gratry et M. Jules Favre ont été élus membres de l'Académie Française en remplacement de MM. de Barante et Victor Cousin. Le premier a obtenu sur 32 votants 18 voix contre 12 données à Théophile Gautier, et le second a eu 18 voix contre 13 accordées à M. ae Charapagny.

Bibliographie: M. le comte Hector de La Ferrière, qui est bien connu de nos lecteurs, vient de réunir tous les rapports relatifs à sa mission à Saint-Pétersbourg dans .un beau volume in-8 intitulé: Deux années de mission à Saint Pétersbourg : Manuscrits, lettres et documents historiques sortis de France en 1789, par le comte H. de La Ferrière ' Le titre seul suffit pour donner une idée de l'importance de cet ouvrage dont nous donnerons prochainement un compte rendu plus détaillé.

Nécrologie : Un architecte anglais bien connu, M. Robert Strike, vient de mourir à Londres dans sa 87e année. Nous rappellerons que c'est lui qui construisit, en 1823, les bâtiments du « British Muséum. »

1 Paris, Aubry, libraire, rue Dauphine, 16.

Pour tous les articles non signés : Étibnnb CHARAVAY.

Abbeville» — Imp. P. Etiez.

N°» 131 et 132. — 6« Année

1er BT 16 JUIN 1867

Duream s me de* Grandp-<%u£u»tlne, * Pari»

PARAISSANT LES Ier ET 16 DE CHAQUE MOIS

«ou» la direction d'ETIEHWE CHAUAVAY FU«

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