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CORRESPONDANCE DES DUOS DE VENDOME ET DE .IEHAX1\E D'ALBRET

■ Occupé depuis longtemps à réunir pour une publication spéciale, toutes les correspondances et documents historiques concernant les comtes, ducs et princes du Yendomois, épars dans les dépôts publics de Paris, des déparlements et de l'étranger, ainsi que dans les collections particulières, que l'on veut bien nous communiquer, nous avons dû comprendre dans notre étude tout ce qui se rattache à la maison de Bourbon-Vendôme, et spécialement a;la reine Jehanne d'Albret.

Nous venons d'apprendre que M. le comte de LaFertiêre-Percy se répare, de son côté, â mettre au jour une correspondance de ehanne d'Albret. Nous regrettons cette coïncidence, parce qu'il est difficile qu'une de ces (Jeux publications ne nuise pas. à l'autre, et que nous ne pouvons ni ne devons renoncer à cette partie (te nos travaux. ; ■ •

Il nous semble que le Vendomois, qui a été le berceau des Bour? bon-VendOme, et, depuis son mariage avec Antoine de Bourbon, 1$ résidence si fréquente de la mèred'ljenri IV, il nous semble, disonsnous, que, plus que toute autre province, le Vendomois doit revendiquer Thonneur de cette publication.

Aussi nous adressons-nous en toute confiance aux amateurs qui possèdent des pièces émanant des comtes, ducs, ou princes du Vendomois, et des lettres de Jebanne d'Albret. Npùs leur serons fècon? naissant de nous en donner avis, persuadé d'avance qu'jls voudront contribuer à enrichir et rendre plus complète une œuvre toute Vendomoise.

(ChôteaM de Itcchambeau, près Vendôme, Loir-et-Cher.) .. - .

. . Cl*. A. DE U0CUA>JBPAU.

MAIVUEX. DE L'AMATEUR O'AUT00I\iVI*IIE«

(gmeun-goeckinok) - • ' : »

gmelin (Jean-Georges), un des plus célèbres botanistes* de son temps, dont le vovage en Sibérie a rendu à la science d'importante services, n. à Tubingue, 12 juin 1709, m. dans la mémo ville, 20 mai 1755.

Deux lettres. De 4 à 6 fr. .

GNEiSENAfJ (Auguste NEimiAnDT, comte de), feJd-maréchal prussien, chef d'état-major de Blucher, qui eut la plus grande part à l'organisation des sociétés secrètes allemandes et au gain de.: la bataille de Waterloo, n. à Schilda (duché (Je Saxe), 1760, m.. 1831.

, Çuelques lettres. De 4 à 5 ir.

go bel (Jean-Baptiste-Joseph), constituant, évèque constitution* nel de Paris, célèbre par son éclatante apostasie en 1703, n. àThann (B.-fthin), \" sept. 1727, décapité à Paris le 24 germinal an II (14 avril 1794). — (Isographie).

On trouve dans les catalogues une douzaine de lettres de lui. Le prix moyen est de 5 fr.

G obi net (Charles), docteur en Sorbonne, principal du collège du Plessis, auteur de plusieurs écrits religieux, n. à Saint-Quentin (Aisne), 1613, m. h Paris, 9dôc. 1690.

Deux lettres de lui se sont vendues ensemble 2 fr. 75 (catalogue

GOCLENIUS (Conrad), savant philologue allemand, ami d'Erasme, avec lequel il entretint une active correspondance, n. a Mengerich (Westphalie), 1455, m. à Louvain, 1539.

1. - L. a. b., en lalin; 1535. - 30 fr. (N° 103, Van Sloppen, 1843).

Lettre du plus grand intérêt sur la mort de Thomas Morus et celle de Jean Fisher. La tête de ce dernier a été exposée plusieurs jours aux yeux du peuple, et, loin de se décomposer, elle se conserva saine, ot l'on disait que cette figure n'en était que plus vénérable. Dos que ce bruit se répandit, elle fut enlevée, et de peur qu'il n'en arrivât autant pour Thomas Morus, et que l'exposition de sa léto n'excitai dans le peuple des sentiments religieux contraires au roi, renovata est T hy es tea fabula, et la tétefut exposée sur une pique longa coctura mficei'atam, pour qu'olle tombât plus tôt en putréfaction. — Goclonius assigne trois causes â la mort de Morus : il ne voulut pas jurer, selon la formule de Luther, que le pape n'avait aucun droit dans les matières ecclésiastiques, et que le roi était le chef spirituel del'Eglise anglicane, il refusa de déclarer que le dernier mariage du roi était légitime et que sa femme avait été justement répudiée, et enlin il avait écrit à l'évêque de Roches ter.

2. — L a. s., en latin, à Erasme de Rotterdam, l'unique ornement de notre siècle, à Pâle ; Lourain, 13 janvier, 1 p. pl. in-fol., traces de cachet. - 78 fr. (N» 279, Succi, 18C3).

Il donne des détails â Erasme sur un mariage qu'a célébré Ch. Harstus â Louvain. 11 lui annonce ensuite que les livres sur la Trinité, annotés par Dorpius, et qu'il avait chargé Danus de redemander à Pierre Cursius, lui sont parvenus.

Les seules lettres qu'on trouve de lui dans les catalogues français.

G ODE AU (Antoine), évôqUe de Vence, littérateur et bel esprit, un des habitués de l'hôtel de Rambouillet, surnommé le nain de la princesse Julie, membre de l'Acad. fr., n. à Dreux, 1605, m. à Vence, 21. avril 1672.

1. — L. a. s. au card. de Lavalletle ; Paris, 9 juill. 1G31, l p. ga in-fol., cachets et soies. - Retirée (N« 135, /. Charavay, 1847).

Envoi d'un cantique de sa façon où il y a des choses nouvelles.

2. - L. a. s. à l'abbé de Forest; 3 fév. 1662, 3 p. in-4<>. -2 fr. (N°8l, Pixérévourt, 1840); 18 fr. (N° 167, Capelk, 1852); 29 fr. (N0 256, Fossé Darcosse, ttfiî); 43 fr. (N° 312, J. Charavay, 1865).

«Je loue Dieu de ce qu'il vous a conduit à Paris,pour travaillera une cause aussi sainte qu'est le séminaire des Pauvres Escholiers... Lo sacerdoce de Jésus-Christ a été royal, mais il l'a exercé de la mémo manière qu'il a possédé la royauté, c'est-à-dire on esprit d'anéantissement ot de pauvreté .. •

3. - L. a. s. à M. Barillon ; 12 mai, 1 p. in-4°. - 26 fr. (Nu 205, Parison, 1856).

Les seules lettres qui aient passé en vente.

godefroy (Théodore), historiographe de France, un des érudits les plus distingués de son temps, habile diplomate, n. à Genève (Suisse), 17 juill. 1580, m. à Munster, 5 oct. 1649.

1. — L. a. s. à son (Ils Denis ; Nnncy, 22 mars 1631, 2 p. 1/4 in-fol. — 5 fr. (N° 154, Villcnave, 1850); 6 fr. 25 (Kn 189,7. Charavay, 1864); 3 fr. 75 (N*20l, J. Charavay, 1856); 12 fr. [0 (K« 215, Laverdct, lc57).

2. — L. a. s. à son fils; Nancy, 14 mars 1635, 1 p. 1/2 in-fol. - 10 fr. 50. (No 107, Charon, 1814); 14 fr. (N° 200, Duplessis, 1855).

t ...Le droit du roi de Savoye au duché do Milan est le mieux fondé, ce mo semble, et le feu roy avait fait son traité d'alliance et confédération avec feu son père, le duc de Savoye, sur ce mesme fondement... •

3. - P. aut.; Paris, 5 décembre 1642 , 20 p. in-fol. - 8 fr. (K« 124, Charon, 1845).

Récit de co qui s'est passé lors de la mort du cardinalde Richelieu arrivéo le jeudi 4 décembre 161Î, à midi.

4. - L. a. s. à son Ois ; Calais, 29 oct. 1643, 3 p. pl. in-fol., cachets. — 18 fr. (iNo 14850 du IiuU.-J. Charavay).

5. — L. a. s.à M. de Sainte-Marthe; Munster, 3 juin 1645, 2 p. 1/4 ln-4\ cachet. - 2 fr. 50 (N« 181, J. Charavay, 1853).

6. - L. a. s. à son fils; Munster, 4 déc. 1646, 4 p. in-fol. - 5 fr. (N* 112, Gallois, 1844).

Ce sont toutes les lettres aut. sig. qu'on rencontre dans les catalogues.

godefroy (Jacques), un des plus savants jurisconsultes de son temps, auquel on doit la meilleure édition du Code Théodosien, frère puiné du précédent, n. à Genève, 1587. m. dans la môme ville, 22 juin 1652.

1. — L. a. s. à son frère; Paris, 16-26 no?. 1631, 1 p. in-fol. — 8 fr. 50 (N* 254 bis, J. Charavay, 1861); 4 fr. 50 (N° 279, Succi, 1863); 3 fr. 50 (N- 289, llervey, 1864).

Relative à l'impression de son Code théodosien. Il prie son frère de se joindre à Dupuy et Rigaut pour examiner le manuscrit.

2. — L. a. s., en latin, à Samuel Petit; 1637, 1 p. pl. in-fol., cachet. — 3 fr. 50 {N«226, /. Charavay, 1858;.

3. — L. a. s., en latin, à Sam. Petit ; Genève, 11 mars 1640, 1 p 1/2 in-fol., cachets. — 5 Tr. (N° 222, /. Charavay, 1858).

4. — L. a. s., en latin, à Sam. Petit ; 1642, 1 p. in-fol. — 14 tr. (N-219, J.Charavay, 1858).

5. — L. a. s. à M. Boyer, conseiller au parlement de Bourgogne, à Dijon ; Genève, 15-25 oct. 1644, 1 p. pl. in fol., cachet. — Réservée. (> 205, Parison, 1856).

Depuis son retour de Dijon, il a religieusement conservé la mémoire de sa franchise cl courtoisie... Il so souvient bien aussi de l'espérance qu'il lui a donnée d'un roauuscrit du Code théodosien, et que l'ayant, il lui fera la faveur de le lui communiquer. Maintenant il nouo parue avec les imprimeurs pour mettre son travail sur la presse pour ce printemps au plus tard.

Nous ne rencontrons pas d'autres lettres de lui dans les catalogues.

GODEFROY (Denis II), fils de Théodore et son successeur dans la charge d'historiographe de France, un des ôrudits les plus distingués de son temps, n. a Paris, 24 août 1615, m. à Lille, 4 juin

L. a. s. à M. de LaReynie; 12 fév. 1667, 2 p. in-4°. - 6 fr. 25. (N° 200, Duplessis, 1855)'; 5 fr. 50. (ft° 238, J. Charavay, 1860).

La seule lettre que nous trouvions dans les catalogues.

godefroy (Jean), 3* fils du précédent, garde des archives de la cour des comptes de Lille, éditeur des Mémoires de Commincs et de Marguerite de Valois, n. à Paris, 1656, m. 23 fév. 1732.

L. a. s.; 16 avril 1724, 2 p. in 4*. — 4 fr. (X<> 154, Villcnave, 1850). La seule lettre qui ait passé en vente.

GODESCARD (Jean-François), écrivain ecclésiastique, le meilleur hagiographe du xvmc siècle, n. à Rocquemont lSeine-lnférieurc\ 30 mars 1728, m. à Paris, 21 août 1800.

Quelques lettres de lui se sont vendues de 2 à 4 fr.

GODET DES MARAIS (Paul de), évôque de Chartres, confesseur

de M™ de Maintenon, supérieur de la maison de Saint-Cyr, prélat célèbre par sa charité et par la part qu'il prit à la condamnation du livre de Fénelon; n. à Taicy (Loir-et-Cher), juin 1649, m. 25 sept. 1709,

Une lettre aut sig. de lui est cotée 7 fr. 50 daus le Bulletin nu 142 de M. J. Charavay aiué.

GODiN (Louis), célèbre astronome, compagnon deflouguer et de Lacondamine dans le voyage qu'ils entreprirent au Pérou, membre de l'Académie des Sciences, n. à Paris, 28 fév. 1704, m. à Cadix, 11 sept. 1760.

Une sixaine de lettres. Eu moyenne,. 4 fr.

GODOÏCDon Manuel de), prince de la Paix, célèbre homme.d'État espagnol, premier ministre et favori de Charles IV, n. à Badajoz, 1? mai 1767, m. à Paris, 4 oct. 1851,

1. - La. s.; San Lorenzo<del'Escurial), 22nov. 1797, t p. 1/2 in-4'.-9fr. 50 174, y. Charavay, 1852) ; 20 fr. (N° 249» LajarrieUe, 1860.)

Relative à la ratillcation du traité de paix entre la République française, l'Espagne et l'Angleterre.

2. — L. a. s. à Lucien Bonaparte ; Àranjuez, tl fév. 1801, 2 p. in 4'.— 8 fr. 50 (N° 130, Charon, 1846.)

3. — L. a. s. à Lucien Bonaparte ; Madrid, 7 mai 1801, l p. in-4'. — 8 fr. 50 (No 124, Charon, 1845.)

4. — h. a. s.; Rouen, 19 sept. 18*22, 1 p. pet. in-4». - 28 fr. (Ko. 99, ZWomieu, 1843.)

5. - L. a. s. à Don Miguel d'Àlava; Paris, 15 oct. 1835, 1 p. l/l in 4o. - 7 fr. 50 (N-2l2,&fer/ifljy, 1857.)

Belle et intéressante lettre dans laquelle il hii parle d'une lettre qu'il a en sa possession et que D. Cevallos lui a écrite en 1815, approuvant la conversation do lui d'Avola avec l'empereur d'Autriche vous auiorisan* ù constituer vos rapports avec moi pour qu'il lui retirât sa protection... 11 lui parle de sa position malheureuse et ajoute. ., m Je m'aflligo d'une si araère cruauté étant innocent et réduit à la misère bien que propriétaire de biens dont d'autres jouissent à l'ombre d'une persécution obstinée et de l'injustice

Une dizaine d'autres lettres : de.6 à 8 fr.

GODWIN (William), célèbre écrivain et économiste anglais, auteur du roman de Caleb Williams, n. dans le comtéde Cambridge, 3 mars 1756, m. à Londres, 7 avril t836.

Quatre ou cinq lettres de lui se sont vendues de 4 à 5 fr.

GŒCKINGR (Léopold-Frédéric-Gunthcr de), poêle et homme d'État allemand, n. à Gruningen, 1748, m. 18 fév. 1828.

Deux lettres de lui se sont vendues 1 fr. et 2 fr. 25,

. , (la suite au prochain numéro.)

DÉCOUVERTE IV I \i: FO\DERIE CKLTIQI.'F

Le 10 mars 1865 on découvrit sur le territoire de Larnaud, à quelques lieues de Lons-le-Saulnier, une fonderie celtique *, appelée à devenir pour les érudits une source féconde d'étude et de critique,

Cette trouvaille qui parut d'abord si merveilleuse qu'on la mit en doute * se compose de plus de 1,000 pièces en bronze ouvré, dont les formes et les ornements sont différents 3. Quelques-unes sont très-rares, d'autres encore inédiles.

Ainsi je citerai des rouelles en potin, propres à fournir des inductions, devenues importantes, depuis que la communication de Mr de Longpérier aux antiquaires de France vient de rejeter cette curieuse question dans le courant des recherches actuelles ; des agrafes qui portent l'image d'un oiseau, et remarquables à une époque où les représentations d'animaux semblent tout à fait disparues ; des fragments de ceinturons en métal, intéressants à rapprocher de ceux qu'on retrouve dans les tumulus mérovingiens ; une matrice destinée à reproduire les doubles rondelles dont on ornementait si fréquemment les armes et les bijoux ; un umbo de bouclier d'un grand fini ; des poignards qui figurent dans la revue archéologipue de mars 1860 • comme des formes très-rares et trèsanciennes • ; enfin une épingle, dont la tête ciselée à jour est un beau témoignage de l'art gaulois.

Quant aux pièces uniques ce sont, je crois, des scies minces et courtes qui ne sont rapportées dans aucun des ouvrages spéciaux ; des morceaux de deux àlrois kilogrammes et qui paraissent pour la première fois dans un musée.

Mais si ces nombreux instruments de chasse, engins de pèche, épingle ù cheveux, rasoirs et fibules, nous intéressent parce qu'elles nous révèlent le caractère agriculteur et civilisé, moins guerrier que luxueux des Gaulois de la Séquanaise, une autre considération attache à cette

i Je crois rendre service aux amateurs qui n'auraient pas encore visité cette collection, en leur faisant savoir qu elle est exposée tous 1rs jours gratuitement chez Mr Mazaros-Uibaillier, boulevard des Filles-du-Calvaire, n° 20.

3 Le procès-verbal de cette découverte, et les pièces authentiques qui lui sont relatives ont été lus et produits en séance publique de la Sorbonne le 23 août 1867. Outre ces titres d'origine, revêtus de toutes les garanties ofil cielles, on peut ajouter, pour rassurer les incrédules, que l'enfouissement d'un atelier gaulois n'est pas un fait isolé : on en a rencontré quelques-uns dans le nortf-est de la France.

a Cette variété de forme pour des objets affectés au même usage et rencontrés dans une même fonderie n'est pas une objection contre l'unité de la trouvaille, qu'on se rappelle seulement que les moules servaient rarement à deux coulages : on comprend que des exemplaires tirés chacun dans un moule différent ne se ressemblent pas.

' Mr Forel, un des savants à qui l'érudition celtique est la plus familière, a trouvé, dans cette pièce, la confirmation d'un système qu'il a émis pour expliquer les procédés du fondeur. L'ouvrier imprimait le dessin de la matrice sur un bloc de cire auquel il avait déjà donné la forme générale de l'objet q'il voulait fabriquer. Il revêtait cette première préparation d'une terre malléable et propre à recevoir facilement une empreinte. Le tout s'ox - >osait au feu, la cire fondait et le sable durci formait le moule. — On peut , uger, d'après ce petit fait, le parti qu'il y aurait à tirer de semblables documents.

i Planches v et vi, lettres a, b, c.

• Ce qui présente un élément chronologique à l'aide duquel on pourrait déterminer l'âge de ces bronzes.

découverte un intérêt considérable. L'enfouissement d'une fonderie, surprise en pleine activité par une alluvion, nous dévoile la vie industrielle de cette époque que les inductions les plus nettes n'auraient fait qu'à peine entrevoir. Les moyens de production, moulage, rivures, repoussés, laminages, etc., nous apparaissent saisissantes et certains, c'est par- là que cet ensemble prend beaucoup de valeur. Je terminerai en exprimant le vœu que cette curieuse collection, ap-

1>réciée par les savants de France et d'Allemagne, vivement enviée par es villes de Morges et de Lauzanne, trouve un asile à Saint- Germain. Elle est le complément nécessaire de ce musée dont le savoir et la sagacité de M. Alexandre Bertrand ont fait une institution de premier ordre.

VARIÉTÉS

JEAIV.BAPTIftTE ROUMEAV

Jean-Baptiste Rousseau avait un caractère difficile ; il se croyait un grand poëte, un écrivain de génie, et, qui pis est, un homme incompris aussi soulîrait-il avec une humeur qui souvent n'était pas de saison les succès de ses confrères .persuadé qu'ils nuisaient auxsiens. C'était môme, à tout prendre, un triste personnage, si nous ajoutons foi à l'anecdote célèbre qu'on aimerait à croire controuvée, et suivant laquelle Rousseau aurait refusé d'avouer publiquement pour son père l'honnête cordonnier auquel il devait le jour. Toute la vie de notre écrivain se ressentit du reste de son mauvais caractère : il marqua ses premiers pas dans la carrière poétique par des satyres pleines de fiel qui lui attirèrent bon nombre d'ennemis, pendant qu'avec une habileté très-condamnable, à notre avis, il composait des odes religieuses pour se faire hien venir à la cour, et des épigramraes licencieuses et même obscènes pour récréer cette société de libertins qui avait pour chef le grand prieur de Vendôme et pour adeptes zélés Ghaulieu, Lafare et Rousseau lui-même. Passons rapidement sur ses démêlés toujours de plus en plus vifs avec ses confrères en littérature, sur sa rivalité avec Lamotte pour un fauteuil à l'Académie française, échec qui porta un coup terrible à la vanité de notre poète, et enfin sur cette malheureuse affaire des couplets, encore si obscure, mais qui ue fut que la conséquence fatale de sa réputation d'un esprit satyrique et envieux à l'excès. Rousseau, comme on le sait, sortit de France. C'était en 1711 : il avait alors 41 ans. Exilé de sa patrie il choisit pour refuge une terre hospitalière où Voltaire, son futur ennemi, et Jean -Jacques Rousseau, son homonyme, devaient aller plus tard chercher le silence et le repos. C'est à Soleure, en Suisse, qu'il se fixa pour quelque temps. Il y était attiré par le comte Du Luc, homme d'un goût éclairé, alors ambassadeur de France, et qui jugea à propos d'être le Mécène du poëte persécuté. Quant à celui-ci il subit sa disgrâce avec sa mauvaise humeur habituelle et toutes ses lettres sont remplies de récriminations contre ses rivaux qu'il accusait de son infortune. ■ Vous verrez, Madame, écrit-il 1 à Mn,e de Fériol, mère du comte d'Argental, par la lettre dont j'ai l'honneur de vous envoyer copie à quel excez d'audace est monté l'acharnement de la canaille poétique qui me

« Vente Monmerqué: Lettre du 10 août 1711.

persécute. Elle est escrile par un homme d'Amsterdam à une personne de Lausanne qui s'estoit chargée de négocier l'édition de mes ouvrages. Vous voiez mieux que personne toutes les suites du coup dont je suis menacé...»

La grande préoccupation de Rousseau était alors l'édition de ses Œuvres à laquelle il mettait tous ses soins, et qui parut en 1712. Ce travail lui suscitait beaucoup d'ennuis, et il consulte Mme de Fériol sur uue ode fameuse qu'il avait composée en 1701 et dont on avait fait une maligne application aux amours de cette dame avec le maréchal d'Huxellcs. Voici là première strophe de la pièce :

Quel charme, beauté dangereuse Assoupit ton nouveau Paris ?

Dans quelle oisiveté honteuse De ses yeux la douceur flatteuse A-t-elle plongé ses esprits ?

Faut-il comprendre cette ode dans l'édition des Œuvres ? telle est la question que Rousseau adresse à Mne de Fériol, tout en pensant qu'il convient de l'y insérer. 1 Mais la dame n'était pas de cet avis et le poêle, agissant galamment cette fois, se soumet, mais non sans murmurer: « Vous serez obéie, Madame, et je ne raisonne plus dès que vous ordonnez. La feuille sera réimprimée et l'ode ne verra point le jour.... Je sens bien cependant, et vous ne le verrez que trop, que cette suppression d'un ouvrage qui est de moi fera dire que tout ce qu'on m'a attribué i st dans le mesme cas et servira de preuves à toutes les impostures dont j'ai esté chargé, mais ma réputation en l'état où la calomnie l'a mise ne sauroit estre mise en balance avec la satisfaction d'une personne à qui tout mon sang ne paieroit pas la centième partie de mes obligations. Cependant, pour vous faire voir que je n'avois pas imprimé cette ode sans précaution, je vous envoie lu feuille où elle est, et je vous prie de voir vous mesmes s'il est possible que la méchanceté la plus endiablée puisse y trouver le moindre rapport qui vous intéresse Dans le même moment Gacon préparait son trop fameux libelle, VAnti- Rousseau. « Je ne sçai, s'écrie notre écrivain, où eu est l'impressionne cet infâme volume, qui, selon les apparences, va me condamner à passer le reste de ma vie dans le triste emploi de me deffendre et d'attaquer, car je suis bien résolu si jamais il paroist de dire toutes les vérilez que je sçai et de n'épargner aucun de mes ennemis de quelque qualité qu'il puisse estre, ce que je regarde comme un grand mal pour moi et pour eux et qui auroit pu être détourné si les hommes n'avoient résolu de mettre ma vertu à des épreuves auxquelles il est impossible qu'elle résiste toujours. » Rousseau ne savait pas mieux supporter les injures que les contradictions : il ignorait que le meilleur moyen de confondre la calomnie est de se mettre au dessus d'elle par le mépris. Plus sage était La Motte, quand il refusait de répondre aux pamphlets que Gacon publiait sans cesse contre lui, parce que, — ce sont ces propres paroles, — « on n'a rien à gagner avec ceux qui n'ont rien à perdre. » Mais Rousseau n'avait point cette judicieuse philosophie. Il revient encore à la charge. « Ce que • je puis vous dire, c'est que si ce livre paroit, j'en ai un autre tout prest à mettre sous la presse qui développera bien des mistères, car je n'ai pas tout à fait perdu mon tems en Suisse et, outre toutes les pièces de mon procez que j'ai mot à mot, j'ai une information signée et scellée du

1 Vente Monmerqué ■ Lettre du 26 octobre 1711. t Vente Monmerqué: Lettre du 18 novembre 1711.

Conseil de Berne et faite par ordre de la République dans laquelle plus de vingt témoins déposent juridiquement des vols et friponneries que l'infâme Saurin y a commis pendant qu'il y a résidés Rousseau n'est pas avare du titre d'infâme et il ne se gêne pas pour le prodiguer à ses ennemis. Qu'il n'aimât pas Saurin : cela se conçoit sans peine, mais quelles raisons à sou tour celui-ci n'avait-il pas de lui rendre la même injure. Rousseau n'avait-il pas faussement accusé Saurin d'être l'auteur de couplets à lui attribués ? n'avait-il pas été la cause de son arrestation et de sa déteution au Gbâtelet? En vérité Saurin avait peu de ménagements à garder avec un adversaire qui s'était conduit si peu loyalement envers lui.

Le 7 avril 1712 un arrêt du Parlement de Paris déclara le sieur Jean- Baptiste Rousseau auteur de couplets et vers impurs et satyriques et le condamna comme tel et comme calomniateur à l'égard de Joseph Saurin à être banni perpétuellement du royaume. À cette époque Rousseau avait déjà quitté la France depuis un an.

En 1714 le comte du Luc tut nommé plénipotentiaire au congrès de Bade et il s'empressa d'emmener avec lui son protégé.Celui-ci ne manque

Sas l'occasion d'exercer sa verve satyrique. • La broderie de Bade sera aus le goust du canevas de Rastat. Voilà tout ce que l'on en peut dire. Nous attendons dans quinze jours M. le prince Eugène avec le glorieux rival de sa renommée, aprez quoi il n'y aura plus qu'à signsr et tout le monde s'en retournera chez soi, content je n'en sais rien. Nous avons ici une foule de princes et d'en y oie z qui y sont comme les spectateurs d'un opéra de Dancbet qui rassemble la meilleure compagnie du monde et qui ne satisfait personne ». « Pauvre Dancbet ! Rousseau ne peut lui pardonner d'avoir obtenu des succès au théâtre, lui qui n'y a guère subi que d'éclatants revers.

L'arrivée du prince Eugène, qu'il mentionne en passant, devait avoir pour lui une grande importance. Le comte du Luc présenta Rousseau au grand capitaine : le poëte plut au guerrier qui, une fois la paix signée, l'emmena à Vienne avec lui.

[La fin au prochain numéro.)

BIBLIOGRAPHIE

. L^ABBÈ COTIÂI EX so\ BIOGRAPHE a

L'étude des personnages illustres ne suffit pas toujours à donner une idée exacte du milieu dans lequel ils ont vécu ; la biographie des grands hommes' est bien loin d'être l'histoire complète des sociétés. On peut, par exemple, parfaitement connaître Bossuet et Fônélon sans avoir la moindre notion de ce qu'était le clergé au xvir siècle.

C'est un danger de la grande histoire de faire trop souvent connaître le troupeau par le berger et les chiens. Il est bon que parfois la petite histoire nous mène à travers les sentiers et les chemins étroits du passé : un pays est mal connu de qui n'en connaît que les grandes roules. Il

* Vente Monmerqué: Lettre du 28 décembre 1711.

* Vente Monmerqué .-Lettre du 10 août 1714.

s Les grotesques d'autrefois : vie du très-ridicule, très-famenx et trèsinconnu abbé Cotin, par P. Larousse. - Brochure gr. in-8°. Librairie Larousse et Bayer, 1867.

est bon de visiter les palais, très-bon de visiter les maisons, et, avec les lunettes bleues de l'archéologue, je ne vois point de mal à ce qu'on regarde un peu dans les alcôves ; les autographes sont un excellent laissez passer pour les indiscrets de l'histoire : Il est peu d'endroits où ils ne conduisent. L'histoire est par là mieux connue. Les caractères secondaires, les hommes médiocres sont excellents surtout pour renseigner sur les idées d'une époque. Un homme qui pense comme tout le monde, apprend d'un coup la pensée de tout le monde qui l'environne. C'est pourquoi M. P. Larousse n'a certes pas perdu son temps en nous contant, avec un soin minutieux, tout ce qui se passa dans la ridicule cervelle de l'abbé Gotin. La petite téte du petit abbé était pleine de toutes les grandes sottises et de tous les petits vices que la mode y avait mis. Colin, à le conter en gros, est un être collectif; c'est le clergé de son temps, Je haut clergé, bien entendu, le clergé de cour. Une note manuscrite mise en marge d'un catalogue de l'ancienne bibliothèque du roi définit ainsi notre prélat académicien: célèbre prédicateur et poète des plus galants d'entre ceux qui ont lu et su la légende des ruelles. « Alliance bien extraordinaire ! » s'écrie M. Larousse aprè3 avoir cité cette note; — extraordinaire sans doute, dans un milieu où l'on n'a nulle raison de méconnaître les principes élémentaires du discipline ecclésiastique, mais très-naturelle pour des gens qui trouvaient qu'un bénéfice est bon à toucher en écus sonnants, et qu'Iris n'en a pas moins « un beau sein dont l'ardeur consume. » Des sermons et des bouquets à Chloris, voilà jusqu'à la révolution les soins qui partageaient le commun des prélats. Ce pauvre Colin fut plus ridicule que les autres: il paya pour tous. C'est une justice sévère, mais c'est justice. Jugei plutôt ; voici ce que le cher petit homme écrit dans un moment lie scru- . pules.

Je promets tous les jours de ne jamais toucher Les neiges du beau sein dont L'ardeur me consume,

Mais je ne saurais m'cmpôcher De suivre une si douce et si belle coutume.

(cit6 par M. Larousse, p. 6.)

Dans quels égarements pouvait tomber la main de PabbÔ aux heures où il ne promettait rien !

Lisez encore, et voyez si Colin ne vous apparaît pas comme mn petit amour tout rose et potelé sous son frac retroussé, tel qu'ea a dessiné E. de Beaumont.

Je vous le donne, Ce petit avis en secret :

C'est que, si vous n'aimes personne, Et que mon cœur soit votre fait

Je vous le donne.

On n'est pas plus galant ! mais, cher abbé, pourquoi vous être fâché si rouge contre les railleurs: la colère devait vous gâter le teint ; vous deviez n'avoir plus bon air, dans les boudoirs parfumés, alors que vous écumiez contre Boileau, contre le grand Molière, des vers tout aussi mau- . vais que ceux-ci et beaucoup moins galants. Vous fûtes très-libidineux, • cher abbé, de plus vous fûtes très-sot, et à ce titre vous étiez très-digne d'entrer dans la galerie des « grotesques d'autrefois • que M. Larousse vient d'inaugurer par votre portraiture de main de maître, très-exactement et pourtant très-finement, qu'il dessina avec le sourire décent d'uu honnête nomme qui fustige un maitre sot comme vous.

Anat. France.

IVOUVEULE» DIVERSES

M. Ch. Labussièrc, maison de MM. Schott et O, 159, Régent S1, à Londres, notre correspondant spécial pour l'Angleterre, a choisi notre maison pour représenter la sienne à Paris. C'est donc à nous désormais que MM. les amateurs auront à s'adresser pour recevoir les bulletins d'autographes à prix marqués que M. Labussièrc publie chaque mois. Nous nous chargerons aussi de toutes les commissions pour les ventes publiques qui se feront à Londres.

— M. Saturnin Léotard a publié dernièrement une notice assez curieuse sur la bibliothèque de la ville de Montpellier, dont il est le sous-conservateur. Nous en reparlerons dans notre prochain numéro.

— Un livre fait pour piquer vivement la curiosité, La jeunesse de Voltaire, vient de paraître à la librairie Didier. Le nom de son auteur, M. Gustave Desnoiresterres, est la meilleure recommandation qu'on puisse faire de cet ouvrage.Avant d'avoirouvert le livre on affirmerait qu'il doit être plein de recherches érudiles, car l'historien des Cours galantes n'en est pas a son coup d'essai. La jeunesse de Voltaire ne fait que consacrer de nouveau la réputation qu'avait déjà M. Desnoi reterres d'un chercheur intrépide et heureux, d'un écrivain aussi exact et aussi consciencieux que spirituel et intéressant. Nous rendrons compte prochainement de ce volume.

Ventes : La vente de la bibliothèque musicale de feu M. Leborne, professeur au Conservatoire, a eu Heu les 29 et 30 avril. Le catalogue contenait de nombreux fragments et morceaux de musique autographes émanant des plus grands maîtres. Il nous suffira de citer Gluck, Haydn, Méhul, Gossec, Grélry, Hérold, Meyerbeer, Rossini, Donizelti, Auber, Adam, etc. On trouvait aussi quelques autographes de peu de valeur et émanant en général de compositeurs et de musiciens. Nous ferons remarquer seulement trois billets d'Hérold, vendus 7 fr., 8 fr. 50 et 6 fr. ; plusieurs lettres de Meyerbeer, dont une a été payée 13 fr.; Rossini, un billet, 3 fr., Talma, 1. a. s., 15 fr. 50; etc.

— La vente de feu M. de Monmerqué, membre de l'Institut, aura lieu les 24 et 25 juin par les soins de M. Etienne Charavay.

Nécrologie : M. Poltier, bibliothécaire de Rouen, directeur du musée des antiquités de cette ville, vient de mourir.

— Nous annonçons aussi la mort d'un de nos confrères, Mr Assclin, libraire, décédé à Paris le 28 avril.

Pour tous les articles non signés : Étienne CHARAVAY.

Àbbevillo. — Irap. P. Dticz.

No 130. -6e Année

16 Mai 1867

do» Grands-Augustin», «e, à Pari»

•on» la direction d*JEXIi;^^E CHARAVAY Fil»

élève de l'école des chartes, expert en autographes

PRIX OB L'ABONNEMENT POUR PARIS ET LES DÉPARTEMENTS

Pour six mois Sfr. | Pour un an

Étranger : le port en sus.

12 fr.

Londrbs : MM. hittick et Simpson, 47, Lei-

cester-Square.

Londres: M. Ch. Lahutsière, maison de

MM. Schott et C*, 1Ô9, Regenl St.

Berlin : M. Richard Zeune , Victorias-

traese,29. a.

La Haye : M. Martinus Nijhoff, 49, Raams-

I Leipzig : M. Otto-August Schulz.

! Turin : MM. Bocca frères.

Bruxelles : M. Van Trigt, 30, rue Saint- Jean.

Madrid : M. Bailly-Baillière.

Smnt-Pétbrsbourg : M. Jacques Issakoff.

Moscou : MM. Gauthier.

Stockholm : MM. Samion et Walhn.

Les demandes d'abonnement et toutes les communications relatives au Journal doivent être adressées, franco, à M. Etienne CBARàVAY, rue des Grands- Augustins, 26.

PIÈGES INÉDITES ALEMBFIIT (Jean Lerond d*)

D'Alembert fui élu, en 1772, secrétaire-perpétuel de l'Académie Française. Plein de zèle, il voulut écrire la vie de tous Jes académiciens morts de 1700 à 1772. Ce travail, très-difficile, fut mené à bonne ûn par son auteur. Le manuscrit de l'ouvrage était achevé en 1778 et cédé au libraire Panckoucke. C'est le traité fait pour cette cession que nous allons publier.

Les soussignés monsieur d' A lembert, de l'Académie des Sciences, demeurant au Louvre, d'une part, et Charles Panckoucke, libraire, à Paris, d'autre part, sont convenus de ce qui suit :

1° Mr d'Alembert a vendu, cédé tous les droits quelconques sur un manuscrit de sa composition intitulé : Eloges des académiciens de l'Académie Françoise au Sr Panckoucke, ce acceptant, et à ses ayans cause, le dit Sp d'Alembert promettant garantir le Sf Panckoucke de toute revendication du dit manuscrit;

2° Mp d'Alembert fournira au Sp Panckoucke de quoi composer un volume in-douze de caractère de cieéro de vingt- trois à vingt-quatre feuilles et du format ordinaire de ses mélanges de littérature;

3° La totalité de la copie pour ce volume, sera remise en entier d'ici à la fin de décembre et à mesure de l'impression.

4° Panckoucke s'oblige de lui payer pour la copie de ce volume la somme de trois mille livres, en 24 billets à ordre de 125 fr. dans les années 1780-81.

5° Il sera remis à M. d'Alembert cinquante exemplaires pour ses présens et il s'oblige dans le cas où il continuerait ses éloges de n'en point remettre la copie à d'autres qu'au Sr Panckoucke, qui les lui payera au prorata des volumes ( y-dessus, c'est à dire trois raille livres, le volume de 24 feuilles. Au raoien de cet arrangement, Mr d'Alembert ne pourra rien prétendre pour ces mêmes éloges, qui out été insérés daus le Mercure.

Fait double à Paris, le 24 septembre 1778.

Panckoucke. — d'Alembert.

P. S. Dans le cas d'une deuxième édition, il sera tenu compte à monsieur 'd'Alembert sur le pied de cent cinquante livres par feuilles : ainsi le volume cydessus, ayant vingt-quatre feuilles, il loi sera dû et payé la somme de six cens livres.

Même jour et ad.

Panckoucke. — d'Alembert.

Reçu les 24 billets, mentionnés.

N» 4, à Paris, ce 30 septembre 1778.

d'Alembert .

M. Moutard a pris intérêt de moitié dans le dit ouvrage et il aromis au S* Panckoucke douze billets de 125 fr. payables en 1780 Cl 1781. potfr le prix de sa moitié; de plus Mp Moutard est convenu de se charger de la vente dont il tiendra compte au Sr Panckoucke, à raison de quarante sols,

{irix do la province, déduction laite des 13ro6 gratis et de l'excédent de la a reliure, le bénéfice de la vente aux particuliers élant pour l'indemniser des brochures, pertes en province et faux frais : les comptes seront rendus tous les six mois en billets de province à un an et 18 mois. Fait double à Paris, ce 29 X«>" 1778.

Moutard.

P. S. Mr Panckoucke qui a intéressé Mr Moutard pour moitié dans l'ouvrage de M. d'Alembert, s'oblige expressément de ne point céder l'autre moitié, Mr d'Alembert ne voulant traiter qu'avec lui pour cet objet et dans le cas où le Sr Panckoucke, viendrait céder sa ditte moitié, il sera tenu dès ce momeut de payer à Mr d'Alembert la somme de six cens livres., comme si la seconde édition avait eu lieu.

Paris, 28 X»>" 1778.

Panckoucke.

FOUQUIER - TIW1LLB

Pièce historique, adressée au Comité de salut public et relative à l'arrestation des Girondins, qui furent condamnés le 24 octobre 1793. Le jour de la date de cette lettre, 7 octobre, fut exécuté le premier girondin, Gorsas.

Dix sept députés décrétés d'accusation et contre lesquels porte l'acte d'accusatiou de la Convention ont été transférés et écroués à la Conciergerie. Les députés Lasource et BrUlard sont restés au cy devant Luxembourg pour maladies graves et constatées et qui les rend intransportables. Notification de l'acte d'accusation et de l'ordonnance de prise de corps est faille aux derniers domiciles des députés coutumaces et il est dressé procès- verbaux de perquisition aux termes de laloy. Le jugement de celte importante a II aire est attendu avec impatience de tous les vrays sans culottes et il m'est impossible de la présenter en jugement si

je n'ay tes pièce» formant la baze du rapport et le rapport même fait 'par le citoyen Amad J'invite et sollicite le Comité de me faire transmettre sans délay ces pièces et ce rapport. A Paris ce sept octobre 1793, l'an deuxième de la République une et indivisible, sept heures du soir.

L'accusateur public du tribunal révolutionnaire,

A. Q. PoueniEh

BERTRAND DE MOLEVILLE

Lettre d'un grand intérêt adressée au comte de La Cbâtre, et relative à l'assassinat du comte d^Entraigrues et rte sa femme, M"* S1- Huberty, sur lequel plane encore un mystère qu'il est assez difficile de pénétrer. Le comte avait, parart-tl, des Mires Corat>romfet tantes pour Louis XVIII, et Bertrand de Moleville, toujours rempli d'un zèle intéressé mais aussi toujours mal récompensé, selon lui, donne au comte de La Châtre le conseil de faire apposer les scellés sur les papiers du comte d'Entraigues.

Monsieur le Comte,

Dans les premiers mois où vous fûtes chargé des affaires du Roi, vous eûtes personnellement occasion de connoitre et même d'apprécier mon zèle pour le service do S. M. Quoiqu'il ait été bien méconnu depuis et bieu indignement calomnié, il est toujours resté le même, et il me fait un devoir de vous donner l'information suivante à l'occasion de îa. mort de M* et de M"00 d Antraigues.

Avant que l'infamie de la conduite du comte, m'eut déterminé à cesser de le voir, je lui ai plusieurs fois entendu diTe que Mma Blonde! lui avoit remis, et qu'il avoit sous sa clef, des papiers de la plus gratode importance, que Louis XVI avoit confiés à Mr de Male.-lierbes concernant Louis XVIII, et que ce ministre, lorsqu'il fut ariêté. trouva moyen de faire parvenir sous enveloppe cachetée à son amie M"1* Blondel, et ces papiers, disoit d'Antraigues, feroient dresser les rheveux à la lête lorsqu'ils seroient connus. Il m'a aussi très-souvent répété qu'il avoit* entre les mains des lettres du Roi, de Dunan, Brotliier, etc., qui dévoileroient des trames ahominables, et r'c/oif, disait-il. avec ces armes qu'il atta~ queroit le Roi corps à corps quand le moment seroit venu. Il avort sans doute beaucoup d'exagération et de forfanterie dans ce qu'il disoit à cet égard ; néanmoins, il est certain qu'il avoit unegrandequantité depapiets relatifs aux affaires du Roi, et que ceux qu'il eut la bassesse de livrer à M. dePuisaye, furent tirés d'une liasse très- considérable. Quoiqu'il en soit le Roi a incontestablement le droit de réclamer toutes les pièces, et je pense, Monsieur, que vous n'avez pas un moment à perdre pour obtenir un ordre du ministre à l'effet de faire mettre le scellé sur-le-champ, sur les papiers de Mr d'Antraigues, soit à sa maison de Barnes, Soit à Londres. Je ne doute pas que la communication de ma lettre au ministre ou au sous-secrétaire d'Etat, ne suffise pour faire expédier cet ordre. Le Roi donnera ensuite ceux qui seront nécessaires pour vous autoriser à assister à la levée des scellées et à réclamer en son nom les papiers relatifs à ses affaires. Afin qu'il n'y ait pas de temps perdu, j'adresse une copie de cette lettre à Sa Majesté.

J'ai l'honneur d'être, avec un sincère et respectueux attachement, Monsieur le Comte,

Votre très -humble et très-obéissant serviteur,

Bertrand de Moleville.

Feltham-hill New Houuslow Middi, le 2S juillet 1812.

Ces trois pièces font partie du Bulletin n# 151 de la maison Jacques Charavay aîné.

LISTE PAR ORDRE ALPHABETIQUE DES MEMBRES DE

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