L. a. s.; 12 fév. 1672. — (N» 56, Curie
2. - L. a. s. à M. Grignan, 22 mai 1690, 1 p. in-4*. - 10 fr. <N° 176, Trémont, 1852.)
11 le complimente sur le beau mariage qu'il vient de faire avec M*11» Du Baye.
2. - L. a. s. à Mgr ..; Ltméville, 4 mai 1700,4 p. in fol. - 3 fr. 50 (N* 138, Collier de Beaubois, 1847.)
11 rend compte du cérémonial de son audiouce chez le duc cl la duchesse de Lorraine.
4 — L a s. au piésideut de Lamoignon : Fréju?, 21 fév. 1704, 4 p. pl. in-4*. - 16 fr. {No 159, Lalande, 1850);- 59 fr. (No 249, Lajarrielte, 1860.J
Intéressante et spirituelle épitre sur une irruption des Niçois dans le village de Saint Laurent, où ite ont commis de grands dégâts. Curieux détails sur l'état de la frontière du Var, où il commande.
5. - L. a. s.; Montpellier, 20 nov. 1708, 2 p. in-4°. - 8fr. (N* 134, Laroche- Lacarelle, 1847.)
Il raconte une visite que lui a faite la duchesse de Roquelaure.
6. - L. a. s.; Marseille, 17 août 1710, 3 p. in 4*. - 31 fr. (N° 219, J. Charavay, 1858 J
7. — L. a. s. à Mlle de La Charce ; Grignan. octobre 1710, 1 p. in-fol. Tâchée d'humidité. - 3fr. 25 (No 165, Châteaugiron, 1851.)
Nous ne trouvons pas d'autres lettres de lui dans les catalogues. — - Deux quittances signées de ?on fils lotit* Provence, marquis de Grignan, brigadier des armées du roi, u. 1671, m. 1704, se sont vendues 10 fr. (cat. Lucas de Moutigny).
grignan (Françoise-Marguerite de Sévigné, comtesse de), fille unique de la marquise de Sévigné, femme du précédent, célèbre par sa beauté et son esprit, n. 1748, m. 1705. (Isographie).
1. — L. a. s.; 28 mai, au coin du feu, 3 p. - 30 fr. 50 (N° 71, Vharon, 1839.)
2. — L. a. 8. (à M. de Varan queville?; ; Grignan, 7 juin, 2 p. pl. in-4a. — 115 fr. (N° 290, D'Bunolstein, 1864.)
Epitre très-joliment tournée commençant ainsi : « On me vient chercher au bout de la terre, Monsieur, pour estre présentée à vous. • Elle lui recommande M. Pernot, qui sollicite son amitié, t Permottés moy, Monsieur, dit-elle dans un post-scriptum, de faire mes compliments à M-« de Varanqueville, et de vous faire ceux de M. le chevalier de Grignan. »
3. — L. aut.; Lyon, 5 octobre, 4 p. pl. in-4*. - 60 fr. (N° 242, Lucas de Monligny1 1860.J
Lettre curieuse au sujet de ses bagages qui ont été saisis à la frontière, et pour lesquels ii a été dressé un procès-verbal dont elle veut avoir la copie.
4. — L. a. s. à M' 3 p. in-8°. - 57 fr. (N»99, Dolomieu, 1843) ; — 41 Ir. (N° 134, LarocheLacareUe, 1847) ; — 50 fr. (N° 176, Trémont, 1852); - 86 fr. (N° 249, Lajarrielte, 1854 )
Détails sur son arrivée par un temps tl des cbi mine aflrcux. * Delà bouejusques aux genoux, un guide, plus qu'octogénaire, nous laissant ù moitié chemin... Je ne
vous tairai pas l'ennui quo nous a causé votre absence. Jau.ais vous n'avez été plu désiré quo ce jour-là, c'est une petite satisfaction qu'il faut bien donner a votre vanité... Le père Bouhours me prie Je vous faire tenir cetto épîlre pour avoir votre assentiment... »
5. - L. a. s. à Mme • Grignan, le 22, 2 p. 1/4 in 40, cachet. - 41 fr. (N« 190, Laverdet, 1854 )
Offres de services. ■ ... J'ai écrit a mon frère quo je le priais de redoubler de zèle pour vos intérêts. Sy ie puis dans les suittes vous istre utile, ou M. de Grignan, faites uous la grâce de conter sur nous et do nous employer auec confiance ... *
6. - L aut. à son mari, 3 p. 1/2 in-40 — 70 fr. (N° 201, J. Charavay, 1856.)
Charmante épitre remplie de détails sur sa famille et de tournures gracieuses à l'endroit de son mari. • ... Je vous embrasse de tout cœur, mon très cber comte, je vous embrasse avec toute la tendresse possible. Je vous conjure donc estre bien persuadé, et de no point changer l'opinion que vous a vos d'avoir à vous seul une jolie personne. Je voudrois estre aussy jolie comme il est sur que je suis à vous. ... Je vous quitte pour me promener au chant des rossignols qui m'apellont, et qui vous charmeraient. Hé mon Dieu ! ne viendra-t-il pas une année où je puisse voir mon mary sans quitter ma mère ; en vérité, je le souhaitterois fort, mais quand il faut choisir, je ne balance pas à suivre mon très cher comte, quo j ay me et que j'embrasse de tout mon cœur... •
Noua ne trouvons pas d'autres lettres de la comtesse de Grignan dans les catalogues.
grignan (François Adhémar de Monteil de), abbé de Notre- Dame d'Aiguebelle, évêque de Saint Paul-Trois-Châteaux, archevêque d'Arles, oncle du comte de Grignan, n. 1594, m. 9 mars
L. a. s. à M. Vitray, imprimeur du roi; Grignan, 7 août 1647, 1 p. in-4°, cachets et soies — 5 fr. 50 (K° 124, Cliaron, 1845.)
La seule lettre de lui qui ait passé en vente.
grignan (Joseph Adhémar de Monteil, chevalier de), maréchal de camp, menin du Dauphin, appelé par Mme de Sévigné le petit glorieux et le chevalier de la gloire, frère du comte de Grignan, n. 1644, m. 15nov. 1713.
1. — L a. s. (à un personnage delà cour du Dauphin); l*r décembre 1695, 3 p. 1/2 in-4». - 66 fr. (N« 249, Lajarriette, 1860.)
Intéressante épitre. — Les conversations qu'il a eues avec Madame l'ont laissé dans ie ravissement. — Son admiration pour cette grande princesse ne Qnira qu'avec sa \'u\ « Je vous seray bieu obligé, Monsieur, de luy faire un peu ma cour quand l'occasion s'en présentera. » — Nouvelles de l'archevêque d'Arles, qui a reçu de madame la plusaimalile lettre. « Il étoit encore icy pour faire les nopeesde ma nièce qui a es-
Jiousé le marquis de Simiane. Mme de Grignan se porte un peu mieux depuis quelques ours ; cependant elle est toujours dans une grande foiblesse accompagnée de quelques vapeurs qui nous allarment. »
2. -l-L. aut. à M. de Lamoignon; Lagarde, 2 joill. 1701, 3 p. in-4-. 2° L a. s. au même ; Lagarde, 12 juillet 1701, 3 p pl. fn-4°. - 7 fr. 50 (Ne 104, Capelie, 1851) ; — 16 fr. (N» 200, Duplessis, 1855.)
Analyse de la première lettre : — Il s'en remet à sa justice pour l'affaire de M. l'évôque do Carcassonne qui doit assurer sa tranquillité. Nouvelles de madame de Grignan.
Analyse de la deuxième lettre : — Sur le môme sujet que la précédente, il ne sait si la paix de Piémont est faite à Paris comme elle est faito en ces pays, mais, peut on répondre d'un événement, quand il dépend d'une tôte comme celle de M. de Savoie. Mon du roi de Pologne, etc.
3. - L. a. s. à M. «ie Lainoiguon ; Grignan, 1702, 2 p. 1/4 in 4<>. - 5 fr. («« 240, J. Charavay, 1860.)
4 - La. s ; 26 septembre, 2 p. 1/4 in-4°. - 20 fr. (N° 249, Lajarriette, loOO )
Il va passer l'hiver à Marseille, daus l'espoir de rétablir 9a saaté. • Je pars avec M. et M»« de Grignan. lundy prochain ou mardy. Nous passons par la Bourgogne, mais un peu trop loin de Dijon, pour espérer d'avoir l'honneur de vous voir. » 11 exprime ensuite la douleur que lui cause la mort de M. de Pomponne, qui avait mille bontés pour lui.
Nous ne trouvons rien autre de lui dans les catalogues.
GRIGNAN (Louis-Joseph Adhémar de Monteil , abbé de ) , évôque d'iwreux, puis de Carcassonne, frère du précédent, surnommé le bel abbé et le plus beau des prélats, n. 1645, m. 1er mars
Deux ou trois lettres de lui se sont vendues de 8 à 10 fr.
GRILLPARZER (François), célèbre poète dramatique allemand, n. à Vienne (Autriche), 15 janvier 1790.
Deux ou trois lettres de lui. Prix moyen : 5 fr.
GRIMALDI (Dominique), archevêque et vice-légat d'Avignon, commissaire des galères de l'Eglise à la bataille de Lépante, persécuteur acharné des Huguenots de Provence, m. 1592.
1. — L. 8.. avec la souscript. aut., au nonce Dandino à Paris ; Carpentras, 18 août 1580, 3/4 de p. in fol., cachet. - 6 fr. (N° 284, Raffaeli, 1863.)
Pour se conformer aux ordres du nonce, il est revenu à Carpentras. Il désire qu'il ne soit point trompé sur l'opinion que l'on a de lui dans ce pays, et l'assure qu'il ne négligera rien pour le service du roi de France et du Saint-Pere.
2. — L. s., avec un post-scriptum de 2 lignes aut., au nonce Dandino ; Carpentras, 29 janv. 1581, 1 p. pl. in fol., cachet. - 22 fr. {No 279, Succi, 1863.)
Pièce historique, relative à la conjuration ourdie par les protestants, contre le pape, dans le Comtat-Venaissin. — Les personnes arrêtées par suite de la découverte de ce complot s'étant plaintes de leur longue détention et ayant demandé des juges A Rome, le pape envoya un commissaire pour aider le cardinal d'Armagnac à expédier le procès. Les coupables ont confessé leur trahison, et, sur vingt-deux, cinq ont été exécutés publiquement. Un autre s'est suicidé dans la prison. « Tout le peuple, dit -il, a montré beaucoup d'allégresse de cette exécution, et de vrai c'est une chose de grande consolation, c'est que. si Dieu n'avait pas empêché leurs mauvais desseins, c'était la ruine, non-seulement de cet Etat, mais des provinces circonvoisines de Sa Majesté trèschrétienne (Henri III), qui sera, je crois, tres-contcnte... »
3. — L. s., avec 4 lignes aulogr., au nonce Dandino ; Carpentras, 27 fév. 1581, 2 p. in-fol., cachet. — 5 fr. (N°269, /. Charavay, 1862.)
Nous ne trouvons que ces trois lettres de lui dans les catalogues.
GRIMA rest (Jean-Léonor Le Gallois, sieur de), fécond et médiocre littérateur du xvme siècle, auteur d'une Vie de Molière, n. à Paris, m. dans la même ville, 1720.
L. a. s. à- M. de Lamoignon ; 1705, 4 p. pl. in-4°. - 3 fr. (N° 154, ViUenave, 1850.)
Relative au Tartuffe de Molière.
La seule lettre qui ait passé en vente.
GRIMAI (Frédéric-Melchior, baron de), écrivain philosophe, un des plus habiles critiques du xvm# siècle, n. à Ratisbonne, 26 déc. 1723, m. à Gotha, 19 déc 1807. (fsographie.)
I. — L. aut. à Mme d'Houdetot ; Paris, 6 août 1750. Lettre prose et vers. — 10 fr. 50 (N° 109, Alliance des Arts, 1844.)
« Venez vous promener dans ce beau parc, à l'ombre de ces arbres épais, au bord de ce canal tranquille où vous pourrez vous livrer à vos poétiques saillies :
« Quand j'estois à l'âge où vous estes, « J'ai vu les ruisseaux et les bois, « Avec moins de talens cent fois, « M'inscrire au nombre des poètes. »
2. — L. a. s. au comle d'Escherny ; Paris, 6 avril 1767, 3 p. in 4v— 6 fr. 50, (N° 154, Villenave, 1850) ; — 26 fr. (No 192, Amant, 1854.)
Belle lettre relative a uue pièce de théâtre dont M Sedaine devait faire les paroles, et le chevalier de Gluck la musique, ce qui n'a pu avoir lieu, M. Sedaine ayant été gêné sur le nombre des personnages et sur l'alternative de les faire chanter ou de leur faire réciter ce qui doit être chanté.
3. - L. a. s. à AI...; Paris, 5 sept. 1779, 1 p. in-4°. - 21 fr. 50 (N° 107, Charron, 1844); - 5 fr. 25 (No 200, Duplessù, 1855) ; - 7 fr. (N- 208, J. Charavay, 1856) ; - 5 fr. (N° 312, /. Charavay, 1865.)
Remerciments affectueux pour un dessin qu'il lui a envoyé. • Que voulez-vous, ditil, que je fasse de ce superbe dessin ? Je tue toutes mes estampes, c'est-à-dire tout mon cabinet, ce qui n'est pas très agréable à un possesseur de cabinet de le voir anéantir en un instant. »
4. — L. a. s. à Philidor (le célèbre joueur d'échecs) ; Paris, 13 juill 1780, 2 p. in-4°. — 7 fr. (N- 202, Laverdet, 1856) ; - 6 fr (N0 225, Laverdet, 1858j ; 10 fr. (N-253, Laverdet, 1861) ; - 1 1 fr. (N°258, J. Charavay, 1862.)
Le succès que son Palymetrum Saturnivm a eu à Londres et à Paris, a fait désirer à l'impératrice de Russie de connaître une composition dont la difficulté vaincue est le moindre mérite, quoique ce projet semblât présenter des obstacles insurmontables. « Cetle grande princesse, sur laquelle tous les talents distingués et tous les ouvrages de génie, à quelque classe qu'ils appartiennent, ont des droits immédiats, ne se borne pas a vouloir entendre le vôtre en concert; elle a fait écrire à un des plus célèbres savants d'Italie po ;r lui demander un programme, afin de relever le charme de votre musique par la pompe du spectacle et la représentation des cérémonies religieuses qui vous ont inspiré... * , .
5. — L. a. s. à M. Wagnière ; Paris, 18 janv. 178 , 4 p. pl. in-4". — 16 fr. (N° 134, Laroche-Lacarelïe, Î847) ; 13 fr. 50 (N°268, La Bédoyère, 1862.)
Sur divers sujets, et plus particulièrement sur la publication des œuvres de Voltaire (édition deKebn, auxquelles l'impératrice lui ordonne de souscrire pour deux exemplaires, « dont elle vous desline un ; l'autre doit vous être envoyé aussi, afin que vous y marquiez et distinguiez ce qui sera authentique d'avec ce qui pourrait être de faux aloi. et que vous marquiez aussi à peu près la chronologie des pièces. Cet exemplaire, ainsi arrangé par vous, doit ensuite être envoyé à S. M- I. pour son usage... »
6. — L. a. s au baron Paris, 4 avril 1785, 3 p. pl. in-4°. — 3 fr. 25 (No 190, Laverdet, 1854.)
Relative à des mesures proposées pour retenir a l'abbaye de Saint- Antoine une jeune demoiselle que sa mèro avait en vain tentée d'emmener la veille, et à laquelle avaient été signifies les ordres du roi, qui défendaient de laisser sortir cette jeune personne sans avoir demandé et obtenu préalablement l'agrément de Sa Majesté.
7. — L. a. s. à M. de Cabre; Paris, 12 avril 1787, 2 p. pl. in-4o. — 3 fr. (N- 190, Laverdet, 1854 )
Il lui recommande M. le baron d'Einsiedel, né avec une passion démesurée de pénétrer dans l'intérieur de l'Afrique. « ... Vous verrez, monsieur, par la lettro qu'il m'a écrite et que j'ai l'honueur de vous envoyer, l'histoire de ses entreprises, sa si tuation actuelle et ses demandes... Ce que j'ose vous demander, monsieur, c'est de vouloir bien obtenir oette réponse et me l'adresser, afin que je puisse In Taire passer à notre aventurier Africain et détruire enfin cetle passion ou l'enflammur de plu3 belle... »
8. — 1°L. a. s. à Vicq d'Àzyr ; 6 décembre (1788), 1 p l/2in-4°. 2» L aut. à un médecin ; (1773), 2 p. 1/2 in-8°. — 18 fr. (N0 256, Fossé-Darcosse, 1862.)
Analyse de la première lettre : — Il lui demande quatre places pour assister, avec le comte d'Oels, à sa réception à l'Académie française : «• ... M. le duc de Nivernois vient de me causer une grande perplexité 11 me fait l'honneur de me mander que la clôture do l'Assemblée des notables pourrait bien se faire jeudi. Si cela était, M. le comte d Uels devant assister à cette cérémonie, se verrait dans l'impossibilité de se trouver à l'Académie... »
Analyse de la deuxième lettre : — « ... Non. mon cher et grand docteur, si vous avez des ordres à me donner, servez-vous de l'adresse ci-contre, c'est la plus modeste que
je puisse vous donner dans le poste éminent où la fortune et la faveur m'ont placé et d'où je voudrais bi°n redescendre et rentrer dans ma coquille de la rue Ste Aune. . »
9. — L. a. s. au comte (de Saint-Priest, ministre de la guerre) ; Paris, 25 sept. 1789, 2 p. in-4°. - î fr. (No 290, D' Hunolstein, 1864); - 7 fr. (N« 19535 du Bull.-J. Charavay.)
La liote des pensions, avec leurs motifs i Livre muge), devant être publiée, il lui parait bien essentiel que les motifs de celle accordée par le Hoi au comte et à la com tesse de Bueil, soient exposés à l'Assemblée nationale sous leur véritable jour. La part qu'il a prise à cette affaire, par ordre do l'impératrice de Russie, l'autorise à en développer les circonstances dans un mémoire, et il s'y croit d'autant plus obligé, que Ma.l. de Bueil. plongée dans la douleur par la mort de son frère (le comte de Belzuuee), • si injustement et si inbumainement massacré à Caen. » se trouve hors d'état de le faire elle-même. A cette occasion, il demande pour le frère qui reste àMad. de Hueil, officier du régiment de Ségur. dragons, et gui a pensô mourir de douleur après l'assassinat, un grade équivalent a celui de la victime (major en second).
On trouve encore, dans L»s catalogues, une douzaine de lettres autographes signées de Griinm : leur prix est de 7 à 10 fr.
GRIMM (Louis-Jacques), un des plus grands philologues de l'Allemagne, membre associé de l'Institut, n. à Hanau, 4 janv. 1785, m. 1863.
Ses autographes sont peu communs : le bulletin n° 151 de la maison J. Charavav ainé contenait une superbe lettre de lui, côtéc 9 fr. — Les lettres dcsôn frère Guillaume-Charles, philologue et auteur des Contes, n. 1786, se vendent moins cher.
grimod de la reynière ( Alexandre - Bal thazar - Laurent), littérateur, auteur de Y Almanach des gourmands, n. à Paris, 20 nov. 1758, m. janvier 1838.
Ses autographes, communs, volent, en moyenne, 2 fr.
GRINDAL (Edmond), évêque de Londres et archevêque de Cantorbéry sous la reine Elisabeth, n. à Hinsingham, 1519, m. à Croydon, 1583.
L. a. s. à Vidame ; Londres, 10 juiil. 1569, 1 p in-foi., cachet. — 36 fr. (N° 130, Charon, 1846.>
Pièce unique dans les catalogues français.
grisi (Giulia), célèbre cantatrice italienne, n. a Milan, 1810.
Ses autographes valent de 3 à 4 fr. — Ceux de sa sœur Judith, célèbre cantatrice, n. 1805, m. 1840, et de sa cousine Carlotta, une des mtilleures danseuses de l'Opéra, u. 1815, se vendent, en moyenne, 3 fr.
GROLIER DE servi ER (Jean) , vicomte d'Aguizy, trésorier-
fénéral des armées françaises dans le Milanais, ambassadeur de rançois Ier, un des plus célèbres bibliophiles de son temps, Mécène des gens de lettres, n. à Lyon, 1479, rn. à Paris, oct. 1565.
Pièce sig., sur parchemin ; 17 mai 1563, in fol. oblong. — 6 fr. 25 (N° 174. /. Charavay, 1852.1
Ordre de paiement pour travaux de vitrerie faits au Louvre. Pièce unique.
gronoyus (Jean-Frédéric; , illustre philologue allemand, n. à Hambourg, 8 sept. 1611, m. à Leyde, 28 déc. 1671.
t. — L. a. s., en latin, à Sam. Petit; 1639. 1 p. in-fol. — 11 fr. (N° 219, J. Charavay, 1858.)
2. — L. a. s., en latin, à Gabriel Nandé, à Rome; Venise, 14 mai 1540, l p. in-fol., cachet. — 6 fr. 50 (N<>205, Parison, 1856.)
3. — L. a. s., en latin, à Gabriel Naudé ; Bologne, 3 avril 1641, 1 p. 1 /4 infol. -8 fr. (N»205, Parison, 1856.)
4. — L. a. s., en latin, a Gabriel Naudé ; Venise, 4 mai 1641, 2 p. 1/2 in-fol., cachet. - 16 fr. 50 N»205, Parison, 1856.)
5. — L. a. s., en latin, à S. Petit ; Deventer, 1643, 2 p. in-fol., cachet. — 3 fr.25 (N° 222, J. Charnray, 1858.)
6. - L. a. s., en latin, a Ch. Dati; Leyde, 30 mai 1670, 1 p. in-fol.— 15 fr. 50 (N° 279, Succi, 1863 )
L'arrivée du grand duc Côme III l a rempli de joie. Eloge de ce prince. Il espère que Dati recevra cette lettre par Sténon. « Vis longtemps heureux, cher Dati, sous des princes qui te sont si favorables. »
Les seules lettres de lui que nous trouvions dans les catalogues français.
GRONOVIUS (Laurent-Théodore), jurisconsulte et archéologue néerlandais, fils du précédent, n. vers 1650, m. au commencement du xvme siècle.
L. a. s., en latin, à Daniel Huet; Paris, 9 octobre 1669, 2 p. pet. in-fol. — 6 fr. (N° 124, Charon, 1845.) Ii vient enfin de livrer au libraire l'ouvrage pour lequel les conseils de ce savant
Erélat lui ont été d'une si grande utilité. Il va quitter Paris, mais le souvenir de cette elle ville vivra dans sou cœur, et il se rappellera toujours la réception magnifique que lui ont fait le Roi, le Dauphin, le ministre Colbert, et tous les savants qui abondent dans ce centre des lumières et des arts.
La seule lettre qui ait passé en vente.
G il onoviits (Abraham), savant philologue et médecin néerlandais, bibliothécaire de l'Université de Leyde, neveu du précédent, n. à Leyde, 1692, m. 17 août 1775.
Deux ou trois letlres de lui. En moyenne, 5 fr.
gros (Antoine- Jean, baron), illustre peintre d'histoire, membre de l'Institut, n. à Paris, 16 mars 1771, m. à Meudon, 25 juin 1835.
(Isographie).
1 . — 1° L a. s ; Paris, 15 août 1816, 1 p. in-4°. 2° Pièce autogr., 2 p. pl. in-4°. —26 fr. (>° 249, Lajanietle, 1860.)
Analyne de la lettre : — Il demande le premier paiement do deux tableaui qui sont ébauchés, et annonce qu'il a fait exécuter la copie du portrait en pied de Sa Majesté pour la ville de Marseille.
Analyse de la pièce : — 11 indique les sujets qu'il conviendrait de représenter dans Jes plufonds de la salle du repos du musée Charles X, dont les pointures lui ont été confiées.
2. - L. a. s. au comte de Forbin, directeur des Musses ; 30 août 1819, 2 p. pl. lu 4o. - 9 fr. («• 590, D'Hunolstein, 1864 )
Il réclame en son nom et en celui des autres professeurs de l'Ecole des Beaux -Arts, contre l'envoi en province de deux tableaux précieux déposés aux Petits-Augustins : les Vendeurs (liasses du Temple, par Manfredi, et le Lazare ressuscite, copie de Sébastien del Piombino. « Voyez-les, je vous prie, et ne permettez pas de retirer cela du grand foyer de l'étude. »
3. - L. a. s. au comte (de Forbin): 7 janv. 1824, 2 p. pl. in-4°. - 40 fr. (N« 192, Amant, 1855 )
Belle lettre relative à un tableau que lui a commandé le ministre.— Le prix de 25,000 francs deviendrait en rapport à l'égard d'un artiste qui depuis son premier tableau (la Peste de Jaffa), a parcouru un espacn de vingt années dans lequel on s'est plu à le reconnaître pour l'un des artistes qui s'acquittait de tout ce qui lui était confie, non seulement avec zèle, mais encore avec une conscience d'étude peu commune. — II parle ensuite de sa coupole de Sainte-Geneviève, où ses devoirs comme peintre d'histoire et ses sentiments comme fidèle sujet se manifestent et se confondent dans un dévouement profond à l'auguste famille des Bourbons.
4. - L. a. s. au comte (de Forbin) : Il fév. 1824, 1 p. 1/2 in 4°. - 8 fr. 75 (N° 110, Lalande, 1844) ; - I8fr. (N° 249, Lajarriette, 1860.)
Kd.rivc au tableau du Trocadéro, doDt il a conçu le projet; il n'attend pour se mettre à l'œuvre qu'une lettre définitive. Le tableau sera de 15 pieds, format destiné à la galerie de Diane, et le prix de 15,000 fr.
5. — L. a s. au ministre de l'intérieur ; Paris, 23 mars 1830, l p. in-4". — 10 fr. 50 (N° 135, /. Charavay, 1847.)
Remerciements pour sa nomination en qualité de membro de la commission chargée déjuger les six bas-reliefs, au concours pour l'église de la Madeleine.
Une quinzaine d'autres lettres. Prix moyen : 4 fr. GROS DE BOZE. V. BuZE.
grosier (Jean-Baptiste-Gabriel-Alexandre, abbé), savant critique et littérateur, continuateur ôe Y Année littéraire, historien de la Chine, n. à Saint-Omer (Pas-de-Calais), 17 mars 1743, m. à Paris, 8 déc. 1823.
Quelques lettres. Prix noyen : 3 fr.
GROSLEY (Pierre-Jean), érudit et littérateur distingué, n. à Troyes (Aube), 18 rov. 1718, m. 4 nov. 1785. Ses autographes se vendent de 3 â 4 fr.
grostête des maiiis (Marin), auteur ascétique et théologien,
d'abord ministre protestant, qui abjura, en 1683, et fut ensuite
missionnaire en Poitou, n. à Orléans (Loiret), 22 déc. 1649, m. dans
la môme ville, 16oct. 1694.
L. a. s. à M,,u Perrier. à Paris; Orléans, 6 fév. 1694, 3 p. pl. pet. in 4°. — 7 fr. (N* 242, Lucas de Montigny, 1860.)
La seule lettre qui ait été mise en vente.
GROTIUS (Hugo), illustre jurisconsulte et homme d'Etat hollandais, auteur du Droit de la faix et de la guerre, n. à Delft, 10 avril 1583, m. à Rostock, 28 août 1645. (Isographie).
1. — L. a. s., en latin, au président Jeannin ; 18 sept. 1609, 2 p. pl. in-fol. Fortement tachée. - 23 fr. (No 154, Villenave, 1850); - 14 fr. (N<> 200, Du plessis, 1855.)
Cette lettre, écrite par Grolius, alors avocat général fiscal de Hollande, entretient le président Jeannin des troubles qui commençaient à agiter la Hollande, troubles qui se compliquèrent de dissentions religieuses, et eurent, quelques années plus tard, des résultats tragiques qui atteignirent Grotius.
2. — L. a. s , en latin, à Saumaise; Paris, 5 oct. 16*20, 3 p. in-fol.— 32 fr. 50 (N° 110, Lalande, 1844.)
3 - L. a. s , en latin; 8 août 1623, 1 p. in-fol , cachet. - 40 fr. iN° 290, D'ffunolstein, 1864.)
4. — L. a. s., en latin et en grec, à Saumaise ; 23 juin 1630, 1 p. 1/2 in fol. Raccommodée. - 26 fr. 50 (fl° 130, Charon, 1846) ; - 25 fr. (N° 176, Trémont, 1852.)
5. — L. a. s., en latin, à Samuel Petit ; 13 sept. 1630, 1 p. in-fol. -20 fr. 50 (N° 136, Charon, 1847.)
6. — L a. s. à Dupny ; 23 septembre 1632, 1 p. 1/2 in-fol. — 31 fr. 50 (N° 135, /. Charavay, 1847) ; 30 fr. (N° 289, J. Charavay, 1864.)
Il parle de son livre « De jure belli et pacis, » et demande une liste des livres à consulter pour faire faire par lu savant libraire qui en imprime la dernière édition, une cosmographie très-exacte... Ce libraire désirerait ajouter pour la description de la terre la description des gouvernements de chaque pays. « Pour le gouvernement des français, il est aussi difficile de le dépeindre que leurs habits, à cause qu'ils aiment à changer à l'un et à l'autre. * Ensuite vient une longue dissertation sur un livre grec de Porphyre contre les chréUens, conservé secrètement, dit-on, à la bibliothèque de Florence.
7. — L. a. s., en latin, à Samuel Fetit, à Nîmes; Hambourg, 9 avril 1633, 1/2 p. in-fol., cachet. - 19 fr. («• 219, J. Charavay, 1858) ; - 30 fr. (N° 249, Lajarrielle, 1800.)
8. — Pièce de versant, sig., en latin, adressée à H. de Thou ; Hambourg, 21 août 1633, lu-fol. - 21 fr. (N° 121, Charon, 1845.)
9. — L. a. s., en latin, à Samuel Petit; 30 mars 1635, 1 p. in-fol., cachet. -28fr. (N° 141, Charon, 1847.)
10. - L. a. s. à M. de Bouthillier ; 23 juin 1635, 1 p. in-fol. - 22 fr. 50 (N°99, Ûolomieu, 1843.)
11. — L. a. s, en latin, au duc Bernard de Saxe-Weimar; Paris, 26 août 1636, 1 p. in-fol., cachet. — 33 fr. (N°279, Succi, 1863.)
11 a reçu des lettres du grand-chancelier de Suède, qui lui mande qu'il désire que la paix se fasse avec des conditions d'une utilité générale. Nouvelles de Danemarck et d'Angleterre. Le comte Maurice de Nassau va au Brésil retrouver les troupes qui y sont, et il enimèue avec lui 4,000 hommes.
12. — L. a. s., en latin; Paris, 15-23 nov. 1637, 1 p. 1/2 in-fol. - 40 fr. (N« 8927 du Bul. J. Charavay.)
Belle dépêche diplomatique écrite par Grotius pendant qu'il était ambassadeur de la reine de Suède à Paris, et sans doute adressée au grand chancelier Oxenstiern. 11 rend compte d'une conversation qu'il vient d'avoir avec le ministre des affaires secrètes de l'extérieur, M. de Chavigny, sur les relations de la France avec ses alliés, et sur les subsides qu'elle leur paye. 11 ne s'est pas expliqué sur la déclaration de guerre à l'Autriche ; il fallait que l'alliance fût faite pour trois ans, et il ne serait donné d'argent
Su'a partir de la ratification. ■ Le roi donnerait un million, ce qui, au taux de l'intérêt Paris, représente pour lui plus de l,?00,000fr. » Sur une demande d'augmentation de subsides pour la Suède, M. de Chavigny se plaint que eiiacunedes puissances alliées fit une demande d'argent à la France « Je répondis qu'il n'y avoitlà rien d'étonnant, si l'on attendait de chaque puissance qu'elle concourût en raison de sesmoyens.Toutes les autres n'avaient que des soldats ; le roi de France avait argont et soldats en abondance, surtout depuis qu'il avait recouvré la libre possession de la Bourgogne, de la Picardie, du Languedoc et de la Guyenne. »
13. — L. a. s , en latin, au Père Denis Petau ; Paris, 3déc. 1643, 1 p. 1/2 in-fol., cachet. - 28 fr. (N°205, Parison, 1856) ; -20 fr. (N-261, Laverdet, 1862.)
14. - L. a. s., en français; (Paris), 24 août 1641, 1 p. pl. in fol. — 63 fr. (N* 315, / Charavay, 1866.)
Intéressante lettre relative au siège d'Aire par les Espagnols et aux efforts des Français pour dégager celte ville. Détails sur divers combats, sur les entreprises du prince Thomas en Italie, sur la conquête de plusieurs villes en Lorraine par les Fran çais ; etc.
15. — L. a. s., en latin, au Père Denis Petau ; 22 nov. 1641, 1/4 de p. in fol. - Il fr. (N° 205, Parison, 1856.)
16 - L. a. s., en latin, au Père Denis Peleau ; novembre 1641, 1/2 p. infol , cachet. -23 fr. 50 (N° 183, Laverdet, 1854) ; - 20 fr. (N° 202, Laverdet, 1856.)
17. - L. a. s., en latin, au P. Denis Petau; 16 août 1642, 1/2 p. in-fol., cachet - 9fr. (N°205, Parison, 1856.)
18. - L. a. s., en latin, au P. Denis Petau ; 1/4 de p. in-fol., cachet. — 1 fr. 50 (N° 205, Parison, 1856.)
Nous ne trouvons pas d'autres lettres de lui dans les catalogues français.
groucuy (Emmanuel, marquis de), maréchal de France, célèbre par son inaction lors de la bataille de Waterloo, né à Paris, 23 oct. 1766, m. à Saint-Etienne, 29 mai 1847.
Une trentaine de lettres. Prix moyen, 3 fr.
GRYPHE (Antoine), célèbre typographe lyonnais du xvi* siècle, fils de Sébastien.
L. a. s., en latin, à P. Ange Bargœus ; Lyon, 13 juin 1570, 3/4 de p. in-fol., trace de cachet. - 30 fr. (N° 279, S ucci, 1863.)
11 lui annonce qu'il veut bien imprimer ses ouvrages, et l'assure qu'il est toujours prêt à accomplir ses devoirs.
Pièce unique.
grumbach (Guillaume de), célèbre aventurier allemand, qui ravagea la Franconie, n. 1600, mort écartelé à Golha le 12 déc.
L. a. s.; 1554, 1/2 p. in-fol., cachet. - 13 fr. 50 (N* 212, Esterhaây, 1857.) Pièce unique.
gruner (Christian Godefroi), savant médecin et botaniste allemand, n. à Sagan (Silésie), 8 nov. 1744, m. 4 déc. 1815.
Deux ou trois lettres de lui. De 3 à 4 fr.
gruter (Jean), un des plus savants philologues néerlandais de son temps, n. à Anvers, 3 déc. 1560, m. à Heidelberg, 20 sept.
Une lettre de lui s'est vendue 5 fr. 25 (calai. n° 158).
GRYflLffiUS (Jean-Jacques), savant théologien etréformateursuisse, n. à Berne, 1« octobre 1540, m. à Baie, 30 août 1617.
t. — L. a. s., en lalin, à son ami Hartmann, l/î p. in-12. - 3 f r 50 (N° 98, E„. de Zurich, 1843.)
« ... Fasse Dieu que vous, mon cher Hartmann, et les autres candidats en théologie, vivants dans un esprit de piété, de justice, de modération et de zèle, vous conserviez la gloire du Seigneur et parveniez au but du vos travaux avec l'aide du Christ... »
2. — L. a. s., en latin, 1 p. in-4». - 4 fr. 25 (N° 164, CapeUe, 1851 ) Nous ne trouvons rien autre de lui dans les catalogues.
GROUVEIXE (Philippe-Antoine),, publiciste et littérateur, secrétaire du Conseil exécutif en 1792 et 1793, et qui fut, en cette qualité, chargé de lire à Louis XVI sa sentence de mort, n. à Paris, 1758, m. à Varennes, 30 sept. 1806.
Une quinzaine de lettres. De 3 à 4 fr.
(La suite au prochain numéro.)
DE L'AUTHEWTICITÉ DES LETTHE8 DE PASCAL
Nos lecteurs connaissent le débat qui s'est élevé au sein de l'Académie des Sciences relativement a des lettres de Pascal possédées par un de ses membres les plus éminents, Mr Chasles. Plusieurs de nos souscripteurs nous ont demandé de parler dans cette feuille de cet incident qui est si bien de son ressort. Nous ne saurions mieux faire que de mettre sous les yeux de nos lecteurs les pièces qui concernent cette curieuse polémique, telles qu'elles ont été publiées dans le Compte-rendu des séances de l'Académie des Sciences :
Séance du lundi 8 juillet 1867
Mr Cbasles prend la parole en ces termes :
« Le sujet de la lecture que devait faire notre confrère, M Babinet, dans la séance trimestrielle de l'Institut, de mercredi dernier, savoir, rétablissement de l'Académie des Sciences, m'a rappelé que je possédais un document qui, sans se rapporter directement à uotre Académie, n'y est pas absolument étranger, parce qu'il concerne l'établissement de l'Aca-
démie française, sœur aînée des Académies des Inscriptions et des Sciences. 11 s'agit de deux lettres de Rotrou, adressées au cardinal de Richelieu. Dans la première," Rotrou parle des Jeux floraux, institués à Toulouse, par Clémence lsaure, en 1324, et de l'utilité qu'il y aurait de telles Académies, ou au moins une à Paris. Dans la seconde, Rotrou félicite le cardinal d'avoir accueilli l'idée qu'il lui a communiquée. « Ce sera, dit-il, un grand bien faire aux letres. Et je ne doute pas que la postérité vous en saura beaucoup de gré. • La noble idée du grand citoyen et du grand poète a donc contribué à l'établissement des Académies et au lustre que leurs travaux ont répandu sur le xvne siècle. Je prie l'Académie d'agréer ces deux lettres et d en ordonner le dépôt dans les Archives de l'Institut. L'Académie veut-elle me permettre d y joindre deux lettres de Rotrou, qui ont aussi de l'intérêt, mais à un autre point de vue. Celles-là sont adressées à Corneille, et Rotrou y prédit ce que réalisera le génie du jeune Pocquelin.
« Je pourrais ajouter que Corneille aussi a porté un pareil jugement, en engageant son jeune ami à persé\érer dans son dessein d'eutrer dans la carrière dramatique Mais j'abuserais des moments de l'Académie en m'écartant plus longtemps de nos travaux habituels. »
Sur la proposition de M. le Secrétaire perpétuel, M. le Président décide que les deux lettres adressées au cardinal de Richelieu seront reproduites à la suite de cette communication.
Les voici textuellement, c'est-à-dire avec les négligences qui se rencontrent souvent dans les correspondances familières de l'époque :
Ce 22 avril.
Monseigneur,
Je vous ay dit qu'au moyen âge il se forma des Sociétés ou académies pour juger du succès de celuy des savans qui avait le mieux traicté ce qu'on appeloit alors le chant Koyal. Ce fut en 1324 que Clémence lsaure de la maison des comtes de Toulouse convoqua tous les poètes et les trouvères du voisinage de Toulouse, et promist de donner une violette d'or a celuy qui ferait les plus beaux vers. Elle donna un fond dont le revenu devoit estre employé a ce prix. Après la mort de cette illustre dame, dont la mémoire est si célèbre les magistrats de Toulouse ordonnèrent que tout ce quelle avait instituée serait exactement observé à ladvenir. Ceux qui jugeoient des ouvrages estoient appelés les mainteneurs de la gaye science. Celuy qui remportoil le prix estoit reçu docteur en science gaye ; on demandoit le doctorat, on estoit reçu et lés lettres estoient expédiées en vers. Celuy qui remportoit le premier prix estoit honoré du nom de Roy. Telle est, Monseigneur, le commencement de ces sociétés ou académies. Ne vous semble-t-il pas qu'il seroit bien d'en establir de semblables ou sinon une à Paris. Je vous laisse v pensé. Je suis, Monseigneur, votre très humble serviteur.
A Monseig' le C'1 de Richelieu. Rotaou.
Ce 27 avril.
Monseigneur.
J'approuve l'idée que vous avez conçue d'establir à Paris une académie à l'instart de celle qu'establit Clémence lsaure à Toulouse et ce sera un grand bien faire aux lettres. Kt je ne doute pas que la postérité vous en scaura beaucoup de gré. Je m'estime heureux que ma précédente lettre vous ay suggéré cette noble idée. Vous me mandez si dans les recherches mie j'ay faites au subjet de la fondation de ces sortes de sociétés ou académies, j'ay trouvé comment se pratiquoit les statuts ou plus tost les règlements de ces sociétés et dan3 quelle condition se faisait cet espèce de combat d'émulation. Selon ce que j'ay observé : on faisoit ordinairement un chant de trois ou quatre stances ; le dernier vers de la première devoit servir de Refrain aux autres, et cet ouvrage estoit appelé chant Royal, pareeque ordinairement on s adressoit au Roy. On fit ensuite des Ballades qui estoient moins longues
que le chant Royal. Ordinairement a fin de ces poèmes on mcttoit en cinq vers un abrégé du sujet qu'on appelolt envoy, parce qu'on Tadressoit au Roy pour se le rendre favorable. Voila, Monseigneur, ce que je scay. Jaybien 1 honneur d'estre votre très humble serviteur.
À Monseigr le cardinal de Richelieu. Rotrou.
A la suite de la communication de M. Chasles, M. le Président demande à son confrère s'il lui conviendrait, sans attendre qu'un travail dont il a parlé il y a quelque temps, concernant la découverte des lois de l'attraction par Pascal, soit achevé, de dire dès ce moment quelques mots de ce grand fait de la science qui date, comme l'établissement des Académies, du xviie siècle. M. Chasles répond que d'autres occupations urgentes ne lui ont pas permis de donner suite à ce travail, mais que voulant satisfaire au désir naturel de M. le Président, il mettra sous les yeux de l'Académie, dans la prochaine séance, quelques écrits de Pascal, notamment une lettre adressée au célèbre physicien Robert Boy le, qui contiennent l'énoncé des lois de l'attraction en raison directe des masses et en raison inverse du carré de3 distances.
Séance du lundi 15 juillet 1867.
M. Chasles continue ses communications en ces termes :
« J'ai l'honneur de mettre sous les yeux de l'Académie quelques écrits de Pascal, qui montrent qu'il s'est beaucoup occupé de la recherche des lois de l'attraction, et qu'il les a connues.
L'idée d'une attraction réciproque entre tous les corps était dans tous les esprits depuis l'app; rition du livre immortel de Copernic, qui a fondé l'astronomie moderne, et où cette idée se trouve nettement exprimée. Tycho-Brahé, Kepler, Bacon, Roberval, Descartes dans son système des tourbillons, Boulliau, Hévélius, Wrem, Hock, admettaient ce principe d'une attraclion générale. Mais quelle était la cause première de celte attraction? Comment était-elle produite? Exigeait elle, par exemple, 1'inlerraédiaire d'un fluide? Suivant quelles lois s'exerçait-elle?
il parait que ces questions ont préoccupé vivement Pascal. 11 en parlait en 1636, quand il avait à peine treize ans, dans une lettre écrite en commun avec Roberval, imprimée dans les œuvres de Fermât. En outre, une lettre adressée à Boyle, le 2 mars 1648, lettres inédites, se rapportent aussi à l'attraction. Mais les documents suivants renferment des résultats formels et l'énoncé des deux lois de l'attraction.
En 1652, Pascal écrit à Boyle qu'il a un bon nombre d'observations dont personne n'a encore parlé, et, partant en connaissance, sur l'attraction des lois. « Je vais vous en faire part, dit-il. Vous trouverez ci-ioiut ces expériences au nombre de plus de cinquante. » Pascal entend par expériences les notes, les raisonnements, les démonstrations qu'il consignait sur des feuilles détachées.
Dans une autre lettre adressée à Boyle, le 2 septembre, sans millésime, les lois de l'attraction sont énoncées ainsi : « Dans les mouvements célestes la force, agissant en raison directe des masses et en raison inverse du quarré de la distance, suffit à tout et fournit des raisons pour expliquer toutes ces grandes révolutions qui animent l'univers. »
Dans une lettre du 8 mars 1654, Pascal envoie à Boyle plusieurs observations sur le ressort de l'air, et ajoute : a Vous y trouverez aussi diverses notes touchant les lois de l'attraction, dont Copernic avait déjà eu une idée. »
Enfin, dans une lettre du 2 janvier 1655, qui se rapporte à l'attraction à petite distance, il dit : « Je vous ai déjà entretenu plusieurs fois des
lois de l'attraction. Ainsi, comme je vous le disais, l'attraction est une vertu propre à la matière, Wes attractions de la gravité, du magnétisme et de 1 électricité s'étendent jusqu'à des dislances fort sensibles. C'est pour cela qu'elles ont été observées par des yeux vulgaires. 11 peut y avoir d'autres attractions qui s'étendent à de si petites distances qu'elles ont échappé jusqu'ici à nos observations. Et peut-être que l'attraction électrique peut s'étendre à ces sortes de petites distances sans même être excitée par le frottement. Je vous envoie avec cette lettre un bon nombre de notes... *
La lettre du 2 septembre me parait précéder nécessairement cette lettre du 2 janvier 1655, qui ne se rapporte plus qu'aux attractions à petite distance.
Est-elle antérieure à celle du 8 mars 1654, et a-t-elle fait suite aux cinquante notes sur les lois de l'attraction, envoyées en 1652 Pou bien doit-elle être placée entre le 8 mars 1654 et le 2 juin 1655 ? J'ai de fortes raisons de croire qu'elle a été antérieure à 1654. Mais la question est ici sans importance, et je ne m'y arrêterai pas.
Je passe à quelques notes relatives à la gravitation et à ses conséquences dans l'étude des mouvements des corps célestes. Ces notes ne sont pas sans intérêt, indépendamment des deux lois de l'attraction qui s'y trouvent, comme dans la lettre du 2 septembre. Elles peuvent avoir fait partie des cinquante notes envoyées par Pascal à Boyle en 1652, et elles seront revenues avec les lettres mêmes de Pascal. »
Après avoir donué lecture de quatre notes, Mr Chasles ajoute :
« J'ai l'honneur d'offrir à l'Académie les deux lettres du 8 mai 1652 et 2 septembre et ces notes de Pascal, qui se conserveront et pourront être consultées dans les archives de l'Institut. »
L'Académie décide que ces écrits de Pascal seront reproduits dans le Compte-rendu de la séance. Les voici :
Ce 8may 1652.
Monsieur,
Je pourrais faire voir par plusieurs exemples que nos physiciens naturalistes avancent beaucoup de choses sans en faire un examen suffisant, et sans autre fondement que l'autorité de ceux qui les ont précédés. J'ay pour le prouver un bon nombre d'observations de toutes sortes dont personne n'a encore parlé, et partant en connaissance, tant sur l'attraction et de ses lois avec les phénomènes. Je viens vous en faire part. Vous trouverez ci-joint ces expériences au nombre de plus de cinquantes. Je vous prie les examiner et m'en dire vostre sentiment.
Je vous prieray aussy Monsieur, m'informer de vos nouvelles découvertes. Vous n'ignorez pas combien j'ay de plaisir à les recevoir.
Je suis, Monsieur, comme toujours, vostre très humble et très affectionné serviteur.
A M. Boyle. Pascal.
Ce 1 septembre.
Monsieur,
Dans les mouvements célestes, la force agissant en raison directe des masses et en raison inverse du quarré de la distance suffit à tout et fournit des raisons pour expliquer toutes ces grandes révolutions qui animent l'univers. Rien n'est si beau selon mov; mais quand il s'agit des phénomènes sublunaires, de ces effets que nous voyons de plus près et dont l'examen nous est plus facile, la vertu attractive est un I'rotée qui change souvent de forme. Les rochers et les montagnes ne donnent aucun signe sensible d'attraction. C'est, dit-on, que ces petites attractions particulières sont comme absorbées par celle du globe terrestre, qui est infiniment plus grande ; cependant on donne comme un effet de la vertu attractive la mousse qui
flotte sur une tasse de café, et qui se porte avec une précipitation très sensible Ters les bords du vase. Est ce là votre sentiment? Je suis, Monsieur, votre très aflectionné.
A Monsieur Boyle. Pascal.
note
Le corps en vertu de la tendance au mouvement que l'attraction lui imprime est capable de parcourir un espace donné dans un temps donné. Sa vitesse initialle sera donc proportionnelle à l'intensité de l'effort ou de la tendance imprimée par la puissance attractive, et cette intensité sera elle-même proportionnelle à la masse attirante à égale distance, et à différentes distances, comme la masse attirante divisée par les quarrés de ces distances.
Pascal.
Les observations astronomiques apprennent que toutes les planètes se meuvent dans une courbe autour du centre du Soleil : qu'elles sont accélérées dans leur mouvement à mesure qu'elles approchent de ce globe, et qu'elles sont retardées à proportion qu'elles s'en éloignent, tellement qu'un rayon tiré de chacune de ces planètes au Soleil décrit des aires et des espaces égaux en temps égaux. Mais afin que ces grands corps décrivent cette courbe autour du Soleil, il faut qu'ils soient animés par une puissance qui fléchisse leur route en ligne courbe et qu'elle soit dirigée vers le Soleil même. Et comme cette puissance varie toujours de la même manière que la gravité môme des planètes sur le Soleil. D'où il suit, suivant la théorie de la ffravité, que la puissance de la pesanteur des planètes augmente comme le quarré de la distance du Soleil diminue.
Pascal.
note
On connoit la puissance de la gravité sur la terre, par la descente des corps pesans, et en évaluant la tendance de la lune sur la terre, ou son écart de la tangente, a son orbite, dans un temps donné quelconque. Cela posé, comme les planètes font leur révolution autour du Soleil et que deux d'entre elles (Jupiter et Saturne» ont des satellites, en évaluant par leurs mouvements combien une planète a de tendance vers le Soleil ou s'écarte de la tangente dans un temps donné, et combien quelques satellites s'éeartent de la tangente de leur orbite, dans le même temps, on peut déterminer la proportion de la gravité d'une planète vers le Soleil, et d'un satellite vers sa planète, à la gravité de la lune vers la terre, et leurs distances respectives.
Pascal.
note
J'ay dit que comme les planètes font leur révolution autour du Soleil, et que deux d'entre elles ayant des satellites, en évaluant par leur mouvement combien une planète a de tendance vers le Soleil, on s'écarte de la tangente dans un temps donné, etc. Il ne faut pour cela que conformément à la loi générale de la variation de la gravité, calculer les forces qui agiroient sur ces corps à distances égales du Soleil, de Jupiter, de Saturne et de la Terre, et ces forces donnent la proportion de matière contenue dans ces différents corps. C'est par ces principes qu'on trouve que les quantités de matière du Soleil, de Jupiter, de Saturne et de la Terre sont entre elles comme les nombres
j 1, K>67 3021 769282 Pascal.
Séance du lundi 22 juillet 1867.
fi M. Duhamel, à propos des lettres et des notes de Pascal insérées dans
le dernier compte rendu, demande à M. Chasles si les manuscrits qu'il a entre Us mains font connaître ce que Pascal entendait, lorsqu'il disait que la puissance qui anime les planètes vers le Soleil varie toujours de la
H même manière que la gravité des corps qui tombent sur la Terre.
« Cette dernière étant constante pour les corps voisins de la surface de la terre, il faudrait supposer que Pascal veut comparer cette force à celle qui aurait lieu à la distance où est la Lune. Mais il aurait trouvé que le rapport de ces deux .forces n'est pas le rapport inverse des carrés des distances, à cause de l'inexactitude de la valeur qu'on attribuait au diamètre de la Terre. Fernel avait trouvé pour la valeur d'un arc du méridien 56,746 toises et Snell 55,021 ; et c est précisément là ce qui fit abandonner à Newton ses recherches pendant plusieurs années. Il ne Les reprit que lorsque Picard eut trouvé 57,060 toises au lieu des nombres précédents ; et il reconnut alors que les forces étaient exactement en raison inverse des carré3 des distances au centre de la Terre.
■ Or, peut-on supposer que Pascal eût une mesure du diamètre de la Terre plus exacte que celle que l'on connaissait en France et en Angleterre, et dont les historiens de la science n'ont pas parlé? La comparaison des forces aux distances aurait donc plutôt éloigné Pascal de la loi qu'il énonce. Ce n'est donc pas cette comparaison qui lui en a donné ridée. D'où lui est-elle donc venue?
■ Ajoutons que ces raisonnements seraient fondés sur la supposition que la Terre attire les points a sa surface, comme si toute sa masse était réunie à son centre. Or, cette proposition fondamentale n'a pas élé démontrée avant Newton. Pascal n'aurait donc pas été fondé a admettre que le centre d'attraction est celui de la Terre, et que les distances des deux corps situés l'un à la surface de la Terre, l'autre sur l'orbite lunaire, sont à des distances du centre d'attraction, respectivement égales aux rayons de la Terre et de l'orbite lunaire.
« Il faut donc penser, ou que Pascal avait d'autres raisons, qu'il aurait dû mentionner, ou que sa théorie était basée sur des aperçus vagues, dont il aurait lui-même senti l'insuffisance, puisqu'il n'a rien publié sur ce sujet.
« On serait d'autant plus porté vers cette dernière opiuion, que dans la lettre du 2 septembre il est dit : « La force en raison directe des masses et en raison inverse duquarré de la distance suffit à tout... » 11 semblerait donc que sa conception ne serait pas fondée sur des preuves directes et concluantes, mais seulement sur son accord avec les phénomènes. Ce serait certainement beaucoup si elle avait satisfait à tout; mais on se demandera comment Pascal aurait reconnu qu'une pareille force ferait décrire des ellipses ayant le Soleil pourfoyer. Newton n'a pu lefairequ'àprès avoir établi sa belle formule entre la force centrale et certains éléments infiniment petits de la trajectoire. Pascal n'avait donc aucun moyen de faire celte vérification de sa loi ; comment aurait-il pu dire qu'elle suffisait à tout, lorsqu'il était incapable d'en déduire le simple hénomenc du mouvement elliptique? La lettre du 2 sept., atribuée à ascal, semble donc inexplicable.
« Quant à la proportionnalité aux masses, le* fragments communiqués par M. Chasles ne permettent pa3 déjuger si Pascal l'admettait comme assez naturelle, ou s'il y a été conduit par des aualogies suffisantes. Et c'est une idée qui ne se présentait pas d'elle-même, puisque d'autres attractions bien connues, celles qui proviennent du magnétisme ou de l'électricité ne sont nullement proportionnelles aux masses des corps attirés.
« Cette loi de proportionnalité est déduite par Newton de celle de la chute des corps, découverte par Galilée, et de^ expériences variées qu'il a faites lui-même sur les oscillatious des pendules, qui, en négiigeant les petites aberrations dues à des causes bi ?n connues, sont indépendantes de la densité et de la masse des corp3 oscillants.
- M. Duhamel, à la suite de cette discussion, témoigne de l'étonnementque Newton n'ait pas un usage plus complet des trois lois de Kepler, et ait négligé celle qui se rapporle aux trajectoires relatives qui sont des ellipses dont le Soleil occupe un dés foyers. Il avait si bien établi, que sous ces conditions, un mobile est attiré vers le foyer par une force en raison inverse du carré de la distance, que l'on ne voit pas pourquoi il n'a pas appliqué celt^ conséquence rigoureuse au cas des orbites elliptiques, plutôt que de se borner à des orbites circulaires qui ne sont qu'une approximation des orbites des planètes, ou de leurs satellites. Il serait arrivé immédiatement à la loi des distances, et la troisième loi de Kepler lui aurait donné la loi des masses.
• C'est ainsi qu'on expose aujourd'hui cette grande théorie. Newton savait parfaitement qu'il pouvait l'exposer ainsi. Pourquoi nePa-t-il pas fait? Serait-ce qu'il n'avait pas autaut de confiance dans la seconde loi de Kepler gue dans la troisième. Cassini a bien supposé que les planètes ne décrivaient pas des ellipses autour du Soleil ; et il a imaginé de leur faire suivre des courbes trè3-différentes, auxquelles on a quelquefois donné le nom de cassinoïdes.
« Mais cette question est étrangère à la discussion actuelle, sur laquelle je résumerai mon opinion, en disant qu'en admettant l'authenticité des lettres déposées par M. Chasles, et en supposant même qu'elles eussent été publiées avant le livre des principe*, elles ne donneraient pas le droit de dire que Pascal a établi le premier la loi de la gravitation nniverselle. La gloire en restera toujours à Newton. •
(La suite au prochain numéro.)
origine: ou nom de l'hehmitage
On nous communique un curieux manuscrit de la fin du xvne siècle intitulé : Mémoire concernant la chapelle de SuChfistophe au dessus de Tain, vulgairement appelée Vhermitage. On y trouve l'origine du nom de ce clos qui fournit un des vins les plus renommés de la France. Nous avons cru intéressant de le publier en partie :
La chapelle de S^Chrislophlc est une ancienne dépendance du prieuré de PArnage ou de SVAndré d'Humilian. On trouve la preuve de ce fait dans une bulle du pape Callixle second, dattée du dix-sept des Calendes de mars de l'an onze cent vingt, dans laquelle il confirme l'abbé et le chapitre de S'-André-Le Bas de Vienne dans la possession et jouissance de tous les bénéfices qui leur appartenaient, entr'autres de l'église de S^Christophe avec les héritages adjacents en ces termes :
Statuimus enim ut quaecumque bona quae in ip>o chirographo continentur, sicut vidimus contineri hoc nimirum omnia sub veslri monasterii jure possideas et presentis scripli pagina confiroiamus. videlicet ecclesiam Sancti Pétri inter Judseos, etc., ecclesiam Sancti Andréa? de Humiliano, cum capella de Larnazaco, et ecclesiam Sancti Chrislophori cum apendentiis suis, etc. Qusecumaue prœterea in fulurum conces3ione pontificum, hberalitate prinripum,oblatione fidelium,etaliis justis modis potentis adipisei firma vobis vestrisque successoribus et monasterio îllibata permaneant, etc. Si quae ergo in futurum ecclesiastica secularive persona hanc nostne constitutionis paginam sciens, contra eam temere venire tentaverit, omnipotentis Dei et beati Pétri, apostolorum
principis, indignatione pleclatur, et juxta sacrorum sanetiones excommunicatiunis sentonlia puniatur, polestalis honorisque sni dignitate careat, clc. Dalum Romœ xvn Kalendas martii, indiclione xm, incarnationis dominica3 anno mcxx pontilicatus autem domini Calixti secundi, papae, aaao secundo.
La nulle du pape Pascal second, antérieure à cclle-cy et dallée des nones de mars de Tannée onze cents, contient une semblable confirmation sous les mômes peines.
Ce qui dépend de la chapelle Sl-Christophle consiste en un bâtiment contigû, en deux petites vignes, un bois presque en hermes, avec quelques censés ou servis sur divers articles de fonds circon voisins dont les reconnaissances ont été passées en différents temps au profit du prieur de l'Arnage ou de Sl-André d'Humilian, tant en cette qualité que sous celle de recteur de la chapelle S^Christophe, suivant qu'il est exprimé dans les terriers, par ces clauses répétées : Ad requUilionem domini prioris Sancti Andréa? de Humiliano presentis nomine ecclesise sancti Ghristophori et rectoris ejusdem, conntentur se tenere in emphytheusim perpetuam a dicta ecclesia Sancti Cbristophori, etc.
11 est vray qu'en l'an mil deux cents vingt-cinq la reine Blanche, mère de S1 Louis, envoya un ordre à messieurs de S* André Le bas donné à Paris le douze mai de la même année pour recevoir noble Henry-Gaspard de Sterimberg, Chevalier de sa cour, et lui assigner un endroit de leur jurisdiction pour y bâtir un hermitage et y servir Dieu le reste de ses jours.
Mais uu pareil ordre qui n'était que pour un temps, et qui n'excédait pas la vie du Chevalier de Sterimberg, n'a pas été capable de changer le titre de cette portion de bénéfices, encore moins de la séparer du prieuré de l'Arnage, auquel elle était annexée, puisqu'il est évident que la jouissance de chevalier quoique sous le nom d'hermite n'étant que précaire ne pouvait donner aucune atteinte aux droits de messieurs de Sl-André le Bas, ny dénaturer contre l'intention de la reine Blanche ce qui dépendait de leur prieuré et en était un membre inséparable.
Tout l'effect que produisit donc le séjour et la vie du Chevalier Sterimberg sous le nom ou sous l'habit d'hermite dans l'endroit qui luyfutassigné pour sa demeure, fut de donner à cet endroit, la dénomination d'hermitagesans autre suite et sans eu dépouiller messieurs de S^André le Bas parce que une concession de cette nature ou plutôt une tolérance à temps n'est jamais nuisible au maître, etn'alterre en rien sa propriété.
Ce principe est si constant qu'il parait par un acte du dix janvier 1529 que le prieuré de l'Arnage étant possédé en commande par Mi Claude Chifflet, prêtre incorporé de l'église de S^Maurice de Vienne, il arrenta
Eour trois ans, à un prêtre de Tain, nommé Claude Bolliat, la chapelle, âtiment et vignes de S^Christophe appelée l'Hermitage, moyennant deux sommées de vin, chaque année, et sous la charge expresse de veiller à la conservation de la forest dépendante de la Chapelle, et d'en empêcher les dégradations : « Venerabilis*vir qui domious Claudius Chiflleti, incor-
Soratus sanctse Viennensis ecclesise, prior prioralus sancti Andreae de umiliano, rectorque capellse sancti Christophori supra Tinctuni dependentem a dicto prioratu, tradit et remittit venerabili viro Claudio Bolliati, presbitero Tincti, presenti videlicet dictam capellam sancti Chiistophon nuncupatam Hermitage, cunMomibus ejusdem ac duabus vineis, et hoc per très aonos, hoc mediante quod idem dominu3 Bolliati tenebitur et debebit bene et decenter cultivari lacère vineas ipsius capellœ et adhibere diligentiam circa cuslodiam nemoris ipsius capellœ ut non depopuletur nec aliqua ligua ipsius nemoris extra ipsum nemus extrahere. •
L i il existe dans le manuscrit qu'on nous a communiqué une lacune qui interrompt le sens et qui nous oblige à ne plus citer que le dernier passage :
Sur ces observations soutenues par des titres authentiques on void qui; de tout temps la Chapelle de S^Chrislophe avec ses dépendances a été un membre du prieuré de l'Arnage, que sa dénomination d Hermitage n'a eu d'autre origine que le chevalier Sterimberg pendant le cours de sa vie, qu'après son décès les prieurs out joui paisiblement de cette portion du prieuré, passé des baux à fermes et fait actes de véritables propriétaires. Que si les fermiersont étéappeJléshermitçs, ce n'est qu'en mémoire du Chevalier Sterimberg et nullement en vertu d'aucun autre titre. Qu'outre cela, l'ordinaire n'a point de droit de nommer à cette portion de bénéfice, puisque quand il a fait une semblable entreprise les gents du roy s'y sont opposés et les arrêts l'ont réprimée, qu enfin la jouissance de Robert ny celle d'Arsène n'ont pas pu nuire à M" de St-André le Bas, soit par ce qu'il en faut retrancher la durée de l'aliénanation du prieuré de l'Arnage pendant laquelle ils n'ont pas pu agir soit à cause qu ils ont réclamé leur droit dans le temps convenable et arrêté toute prescription. Ainsi Messieurs de Sl-André le Bas qui après la mort de Claude-Arsène ont pris possession par autorité de justice des fonds de la Chapelle S^Christophe et qui ayant passé un bail à ferme sont rentrés dans leurs anciens droit, et sont fondes de s'y maintenir sans crainte d'être iuquiétés.
NOUVELLES I>IY
M. Etienne Charavay prépare deux ventes d'autographes, qui comprendront de fort belles pièces. La seconde sera celle de la collection de feu M. le docteur Michelin, de Provins. Nous donnerons prochainement des détails sur ces ventes.
— Nos lecteurs connaissent le livre de M. de Lescure sur les autographes. La maison J. Charavay aîné peut en fournir aux amateurs des exemplaires à 4 fr. au lieu de 8 fr.
— Nous rappelons aux collectionneurs que le correspondant de la maison J. Charavay aîné à Londres est M. Ch. Labussière, maison SchottetC'e, 159, RegentSt.
REVUE DES ARCHIVES
Nous avons plusieurs fois entretenu nos lecteurs du classement des Archives départementales antérieures à 1790 et de l'impression de leurs inventaires sommaires prescrits en 1854 par M. le duc de Persigny, alors ministre de l'Intérieur. Gel immense travail, qu'un rapporta l'Empereur a qualifié « l'une des enquêtes les plus considé- « rables qui aient jamais été ouvertes sur le passé de la France » ,
a pris aujourd'hui un développement considérable, grâce à l'active impulsion que lui a imprimée M. Champollion-Figeac. chargé de sa direction. A l'exception de cinq, tous les départements ont commencé la publication de leurs inventaires ; plusieurs villes et administrations hospitalières se sont empressées de suivre cet exemple.
Celte œuvre nationale a rencontré, en France et à l'étranger, les plus vives sympathies auprès des hommes studieux. Malheureusement, comme il arrive souvent pour les ouvrages publiés par le Gouverneniént, les inventaires sommaires des archives, tirés d'ailleurs à petit nombre, n'ont point eu la publicité des annonces et des réclames, aussi ue sont-ils pas aussi connus qu'ils devraient i'étre, par toutes les personnes livrées à l'étude de notre histoire.
Nous nous proposons de remédier, autant qu'il est en nous, à ce défaut de publicité et de faire connaître successivement à nos lecteurs tous les inventaires déjà publiés, ou en cours de publication. A cet effet, sous le titre de Revue des Archives, nous consacrerons désormais quelques pages de chaque numéro à l'analyse d'un ou de plusieurs de ces inventaires d'après Tordre alphabétique des départements. Cette analyse donnera l'indication des divisions et des titres sous lesquels les documents sont classés et des principales matières inventoriées. Nos abonnés trouveront là une mine inépuisable de précieux autographes et des renseignements pour les recherches sur les questions les plus minutieuses de l'histoire des provinces et des villes. Nous commencerons aujourd'hui cette Revue par le département de l'Ain : mais auparavant, il est nécessaire de donner quelques détails applicables à l'ensemble du travail.
Les Archives départementales sont divisées en deux parties, l'une antérieure à 1790, l'autre qui s'étend de 1790 à nos jours. La première est, pour le moment, la seule dont les inventaires s'impriment. Elle est classée par lettres de séries, de A à 1, d'après les prescriptions de deux circulaires dos 24 avril 1841 et 20 janvier 1854, de MM. Duchatel et de Persigny, ministres de l'Intérieur. Nous avons indiqué dans le numéro 4 de notre recueil, les diverses matières qu'embrasse chacune de ces séries. (Nous ferons connaître ultérieurement les divisions adoptées pour les archives communales et hospitalières).
Les inventaires sont rédigés par les archivistes des préfectures et révisés au ministère de l'intérieur par un bureau spécial, dirigé par M. Champollion-Figeac, qui donne les bons à tirer !. L'impression en est faite, partie à Paris, chez M. Paul Dupont, partie en province, avec les fonds votés chaque année par les Conseils généraux. •
Ils sont de format in-4°, à deux colonnes et d'un caractère uniforme. Chaque série, divisée en articles (liasses, registres, rouleaux, etc.), a une pagination séparée, afin de pouvoir ajouter des
1 A ce bureau sont joints quatre inspecteurs-généraux. MM. de Stadler, de Rozières, Francis Wey et Bertrandy Ils ont pour mission de visiter chaque année les archives des préfectures, des communes et des hospices afin de veiller à la parfaite éxecution des circulaires relatives à ce service.
suppléments dans le cas de réintégrations, de dons, etc. Ils sont tirés à 400 exemplaires seulement dont une partie est distribuée aux départements ; le reste est livré au commerce et se trouve chez M. Paul Dupont chargé de la vente.
AIN (Impr. Dupont.)
Archiviste , M. Jules Baux, nommé le 1er août 1838. Il est chevalier de la Légion d'honneur, officier de l'ordre des SS. Maurice el Lazare, correspondant du comité historique du ministère de l'instruction publique, membre des Académies de Lyon, Dijon, etc. Ou lui doit plusieurs publications importantes sur l'histoire de son déparlement, parmi lesquelles nous nous bornerons à mentionner :
Histoire de l'église de Brou ; — Histoire de la réunion à la France des provinces de Bresse et Bugey ; — L'église de N. D. de Bourg ; — Nobiliaire du département de l'Ain; — Extraits analytiques des registres municipaux de la ville de Bourg ; — Johannes Fustaillerius, de urbe et antiquitatibusMatisconensibus, ex codice autographo erutus.
Séhie A (terminée, 1/4 de feuille.)
Actes du pouvoir souverain, édits, déclarations, lettres patentes et ordonnances des Rois de 1624 à 1780.
Série C (terminée, 5 feuilles.)
Intendance de Dombes : comptes consulaires, églises, fontaines, procès, pâturages, etc., des communautés dépendant des subdélégations de Bourg, de Belley, de Gex, de Nantua et de Trévoux. — Principauté de Dombes : Manufactures de soie et de glaces de Beauregard ; poudres et salpêtres; tabac ; contrebande ; domaine et aliénations des justices domaniales; réunion de la Principauté à la Bresse. — Elections de Trévoux, Bourg, Belley et Gex : Rôles des Tailles, de la Gapitation, des Vingtièmes et autres impositions. — Bureau des finances : Revenus casuels. — Etats de la province de Bresse et Dombes : Délibérations des svndics du Tiers-Etat ; deniers négocianx ; commerce des vins et grains; manufacture d'horlogerie de Bourg.— Etats provinciaux de Bugey, Gex, Bresse et Dombes : Délibérations des syndics des trois-ordres ; comptes des deniers négociaux ; eaux miuéraïes de Tbouy ; dessèchement des marais; exercice de la religion reformée ; commerce ; industrie; impositions ; limites de la Bresse ; péage de Màcon ; dettes des pays de Bresse, Bugey et Gex ; courtiers jaugeurs ; mercuriales ; emprunts des villes, corps, communautés, hôpitaux. — Principauté de Dombes : Manufactures de soie et de glaces de Beauregard ; fabrication des poudres, plomb et salpêtre; régie et contrebande; dettes des communautés; recensement des blés ; population ; domaine des princes souverains de Dombes , justices domaniales; charges locales et municipales ; réunion de la principauté de Dombes à la Bresse.
Série D (terminée, 1 feuille.)
Collèges : de Bourg en Bresse (tenu par les JésuiteB) : titres de fondation et de propriétés; seigneurie de la Verjonnière ; prieuré de Ville-
tnoustier; procédures. - de Belley (tenu par les Jésuites) : notice sur sa fond a lion; cabinet de physique; receltes et dépenses; noms des élèves; — de Gex (tenu par les Carmes) : lettres patentes et notices sur sa fondation ; réunion des biens des Jésuites d'Orner; — de Nantua (tenu parles prêtres de la congrégation de St- Joseph) . lettres patentes et arrêts relatifs à sa fondation.
Série E (terminée ; 5 feuilles.)
Titres de famille : Ces titres concernent le3 familles suivantes : Andrevet, sgr de Corsan (Bresse); Bachet, sgr de Franlieu, La Garde, etc. (Bresse) ; Balland d'Amas, baron de Monjouvent, sgr de St-Nizier, etc. (Bresse) ; Bellecombe, sgr de Lordre, Pichod et Vacheresse (Dorabes); Bérard de Lionnières (Bresse) ; Bollomier, sgr de Nerciat (Bugey) ; Bonin, ser de Serviôres ; Souvent, sgr du dit lieu (Bugey) ; Breul, baron de la Balie, sgr de Tlle, Martiguat, etc. (Bugey) ; Brossé, baron de Monfalcon (Bresse) ; Cachet, comte de Montezarî et de tîarnerans, sgr du Mollard, Reyneux, Dommarlin, etc. (Dombes) ; Du Chatelard, sgr du dit lieu (Bresse) ; Chollier de Cibeins (Dombes) ; Clerrnonl; Conzier, baron de Pommier, sgr deSt-Marlin du Mont, La Roche, etc. (Bresse) ; La Coste, bourgeois de Pont de Veyle (Bresse) ; Couve! de Montribloud (Bresse) ; La Cras (Bresse) ; Cremeau, de St-Trivier, mis d'Entragues (Bresse); Croso de St- Germain (Bugey); Desrioux, c^ de Messimy, sgr de Novet, Epay, etc. (Doinbes) ; Donjon, sgr de Vaux, co seigneur de St-Julien sur Veyle (Dornbes) ; Ducros, ct« de Groslée (Bugey) ; Dufour, de Gollonges (Gex); Durand du Tremblay; Echailon, d'Oyonnax (Bugey); Ëscrivieux, sgr de Cheinillat (Bresse) ; Fauciqny de Lucinge, c* et mi3 de Goligny, sgr de La Molle, Guisiat, etc. (Bresse) ; Favre, sgr de Lonçry (Dombes) ; Ferlay, sgr d'Kpcyssoles (Bresse) ; La Garde, de Baneins (Dornbes) ; Garron de Chatenay, baron du dit lieu, sgr de Corrent et de Corrobert ; Du Gast, dit Bois-St-Just, de Villars (Dombes) ; Grillet, sgr du Verney (Dombes) ; Hubert de Si-Didier de Fornans (Dombes) i Janel de Monlbuyron; Jussieu (Bresse); Labaume, de Montrevel, de St-Martin et Savign y (Bresse). Voy. ci-après l'article Montrevel ; Leclerc, sgr et baron de St-Denis (Bugey); Lentenay, sgr du dit lieu (Bugey) ; lombard, sgr de Montgrillet (Bugey) ; Loriot, sgr de St- André d'Asnières (Bresse) ; Maissans, sgr d'Anglefort, etc. (Bugey) : Maréchal du Tremblay (Bresse); Mareste (Bresse); Marron, sgr de La Tour de Neuville- sur-Ain , etc. (Bresse); Michaud, sgr de Champdor (Bugey) ; Montanier de Belmont ; Mont faucon de Rogles, c** d'Hauteville, sgr de Peyrieu, Premeysel, etc. (Bugey) ; Montillet de Grenaud, c1® de Roche fort, m1» de Rougemont (Bugey) ; Montrevel (la Baume) : Les documents analysés sous ce titre ont été légués au département de l'Ain j>ar la duchesse de Saulx-Tavannes. à condition qu'ils seraient classés sous le nom de Montrevel ; Murard, baron de la Bâtie, sgr de Montferrand, Ma rtignat, St-Denis, Château-Gaillard, le Ghâlelard, Vernoux, etc. (Bugey); Paradis- Remondis ; Pernet de Loy se (Bresse); Pi Ilot, et m'*» de Coligny, Royssiat, Chevignat, sgr de Chenecey, etc. (Bresse); Populus; Rey~ dellet œlzemore (Bugey); Rossillon, dit de Chastillon, m»sdeTernier et de Lucinge; Rougemont (Bugey); S t- Germain d'Apchon, et* du dit lieu, m»» de Montroud, baron de Corgenon (Bresse); Sancia (Bresse); Sorva, sgr de Torterelle (Dombes); La Teyssonniere (Bref se) ; Thoire, sgr du dit lieu et de Villars; Trocu, sgr de la Croze et d'Argis (Bugey) ; Valernoz, baron de La Bâtie, sgrdeFay, Montferrand, Torcieux, Gor-
moz, Châteaugaillard (Bugey) ; La Vernée (Brosse) ; Veyle, sgr de La Salle (Bresse).
Notaires et Tabellions : Suppression du Tabellionage dans les Etats du Maçonnais.
Communes et municipalités : — Ceyzêriat : franchise? et privilèges ; titres de propriétés communales; procédures. — Condaminela-Doye : délimitation de la commune ; bois. — Poncin : franchises et libertés ; délibérations de la commune; titres de propriétés; procédures; confrérie du Corps-Dieu. — Veyziat : partage de moutagues communales ; bois d'Oyonnax.
Corporations d'arts et métiers : Maîtres perruquiers de Bourg en Bresse.
Confréries et sociétés laïques : Pénitents du confalon, de Bourg en Bresse, de Montrevel, de Pont-de-Vaux — Confréries : des Quatre-Couronnés, érigée en l'église des Cordeliers de Pont-de-Vaux par les maîtres tailleurs de pierre, couvreurs et maçons de la dite ville: du Très-St-Sa crement et des morts, à Pont-de-Vaux ; du Rosaire, en l'église St Jean- Baptiste de Belley.
Série G (non terminée. 4 feuilles.)
Clergé séculier : Evêché de Belley : suce ssion d« Mgr Dudousset. — Chapitre épiscopal : statuts et règlements; délibérations ; nominations aux canonicats, aux cures et chapelles. — Eglûes collégiales: chapitres de N. D. de Bourg en Bresse, de Cerdon , de St-André de Ghatillon-les-Dombes, de St- Jean- Baptiste de Lagineu, de St-Apollinairede Meximieux, de Poncin, de N. D. de Pont de-Vaux, de St-Symphorien, de Trévoux, deSte-Anne de Varambon. — Archiprêtrés de Sandrans, de Dombes. de Treffort, de Bagé le C hôtel : Documeats relatifs aux églisea, aux fabriques, cimetières, fondations, biens, etc., classés par ordre alphabétique. - Bénéfices, chapelles, aumôneries, classés par archiprêtrés et par ordre alphabétique. — Diocèse de Genève (partie de France) : insinuations ecclésiastiques. - Assemblées du cleryé de Bresse, Bugey et Gex.
Série H (non terminée. 7 feuilles.)
Clergé régulier: Abbayes de St-Rambert et de St-Sulpice : privilèges et juridiction; fondations et donations; acquisitions et transactions; titres de pensions ; statuts et ordonnances ; visites ; offices claustraux ; dîmes; revenus; comptes du tiers-lot; bâtiment*; procédures; prieurés: — Chartreuses de Portes, de Meyrial, de N. D. d'Arvières, de Pierre Chafcl, de Seillon, de Silignat, de Montmerle. - Prieurés rf'Innimont, d'Ordonnas. — Couvents : Jacobins, de Bourg en Bresse. — Augustin** de Brop, de Seyssel. — Cordeliers, de Belley. — Josèphistes, de Nanlua, de Verj6n. — chapitre noble des chanoine s ses comtesses, de Neuville en - DombeB.
UKflt AUTOGR4PHI1 CONSERVÉ» DANS LEi ARCHIVES DU DÉPARTEMENT DE I^A DROME
Dans un récent voyago que nous avons fait en Dauphiné, pour nos études particulières, nous avons visité les archives des départements de la Drôme et de l'Isère. Ce n'est point le moment de parler en détail de ces précieux dépôts, qui seront analysés en leur temps dans le travail que nous commençons dans ce numéro sur les archives départementales. Mais nous croyons devoir transmettre à nos lecteurs quelques notes que nous avons prises à leur intention.
Les archives du département de la Drôme abondent en documents historiques d'un haut intérêt : elles se sont augmentées récemment de celles de la ville de Romans. Le conservateur de ce riche dépôt, M. Lacroix, un de ces érudits laborieux et modestes, comme on n'en rencontre que trop rarement, nous a montré avec une bienveillance et un empressement dont il nous permettra de lui marquer ici toute notre gratitude, les quelques autographes conservés à Valence. C'était une bonne fortune dont nous n'avons pas manqué de profiter. Certes il n'y a pas là un trésor et nous n'avons malheureusement pas vu de ces raretés autographiques comme certaines archives en possèdent, mais il n'est pas sans intérêt cependant de citer quelques-unes des pièces que nous avons eu l'occasion d'examiner. On trouve à Valence ematre signatures de Diane de Poitiers, la célèbre maîtresse de Henri II. La première est sur un document du 23 juin 1565. Deux autres sont au bas de lettres adressées à M. de Saint-Roman, et datées de Fontainebleau, 27 décembre, et Join ville, 17 avril. L'une d'elles est en mauvais état : la seconde a la souscription autographe. Nous avons vu la dernière sur des remontrances à elles faites le 12 octobre 1565. Citons ensuite dix lettres signées de François I9T à l'évêque de Valence, sept lettres de Henri Ji% une de Catherine de mèdicis, plusieurs de Henri III et Henri IV, toutes présentant un intérêt historique ou tout au moins local. Mentionnons aussi deux lettres de Lesdiguieres, et des documents signés par Gouvernet, Maugiron, de Gordes, et autres illustres personnages dauphinois du xvie siècle.
Nous parlerons à part d'un dossier qui est prcéieux et sur lequel nous donnerons quelques détails, vu qu'il ne sera pas compris dans l'inventaire qui s'arrête à 1790. Ce dossier se compose de 19 lettres de Bonaparte, alors général d'artillerie. Deux d'entre elles sont entièrement autographe-, ce qui est rare, comme chacun sait. Les autres n'ont que la signature. Elles ont été écrites en Tan a, de Nice, Marseille et Ollioures, et toutes sont adressée à M. Périer, capitaine d'artillerie. Elles ont été léguées il y a quelques années aux archives de la Drôme par le fils de cet officier, chef de division à la préfecture du département. Ces lettres n'offrent pas un grand intérêt : cependant elles méritent, outre leur valeur autographique,
d'être mentionnées. Elles présentent un curieux spécimen des si-
§ natures de Bonaparte, qui dans ces pièces, sont presque toutes ifférenles.
ÉCHANGE D'IWIM \im>, I MIU I ;.A FRANCE EX LES PAIS ÈTHANGER6
M. le ministre de l'Intérieur avait adressé aux gouvernements étrangère un exemplaire des inventaires de nos archives départemenlales. Le gouvernement russe a répondu à cette attention par l'envoi d'un certain nombre d'ouvrages en latin et en slave publiés en Russie et concernant l'histoire de ce pays. En voici la liste divisée en deux séries :
A, - Publications de la Société impériale archéologique de Russie
1° Mémoires de la Société, tomes H, X, XII, XIV. 2° Mémoires de la section archéologique russe et slave, tomes I et II avec suppléments.
3° Rapports de la Société, tom. I-V.
4° Public allons de la section d'archéologie orientale, tom. IX. 5° Histoire de S1 Boris et Gleb.
(i° Kertch par Sabalhier.
7° Vie et ouvrages de Sawelieff, par V. Grigoriefi*.
8° Description de l'église de S" Sophie, de Novogorod, par Solovieff.
9° Etudes sur les antiquités russes.
10° Description des monnaies européenne?, par Kohne.
B. — Publications de la commission archéographique attachée au
ministère de l'instruction publique
1° Actes de la section archéographique, 4 vol.
2° Actes historiques, 5 vol. avec un indicateur.
3° Suppléments aux actes historiques, tom. V, VI, VII, VIII.
4° Documents relatifs à L'histoire de la Russie occidentale et à ses rapports avec le reste de l'Empire et avec la Pologne.
5° Actes relatifs à l'histoire de la Russie occidentale, tom. IV et V.
6° Actes relatifs à l'histoire de la Russie méridionale et occidentale, tom. 1,11, Ul et IV.
7° Documents étrangers relatifs à la Russie, 2 vol.
8° Suppléments aux précédents.
9° Mémoires d'auteurs étrangers sur la Russie, tom. I*».
10° Pèlerinage en Terre Sainte de l'Igoumeue russe Daniel au commencement du XIIe siècle.
11° Documents concernant les relations de la Russie occidentale du Nord avec Riga et les villes hanséaliques.
Après avoir consulté son collègue M. le ministre de l'Instruction publique, M. le ministre de l'Intérieur a fait remettre à la Biblio-
thèque Impériale les ouvrages compris dans la série A et ceux désignés sous les numéros 1, 2, 3, 5 et 11 de la série B.
Le gouvernement anglais a adressé à M. le ministre de l'Intérieur une liste des ouvrages publiés à Londres aux frais de l'Etat pour qu'il pût choisir ceux qui lui conviendraient. Les archivistes des départements de la Seine-Inférieure, de la Manche et du Calvados, où les Anglais séjournèrent si longtemps, furent consultés «1 ce sujet. Les ouvrages qui pouvaient les intéresser furent demandés et envoyés aussitôt. On les répartit dans les archives des départements susdits, et voici quel fut le lot de chacun d'eux.
Calvados : Narratives of the expulsion of Ihe Engli^h from Normandy. 1449-1450; Robertus BlondeUi de reductione Normannie ; Le recouvrement de Normandie par Berry, hérault du Roy ; Conférences betwen the ambassadors of France and Ëngland : edited from mss. in the impérial library at Paris by the Rev. Joseph Stevenson, m. a. of University Collège, Durham, 1863. — Librorum manuscriptorum Bibliotbecae Harlieme catalogus, vol. 4, edited by the Rev. Hartwell; 1812, in-folio. — Libri censuales vocati Pomesday boock, indices et addimenter ex codice antiqui8simo, edited by sir Henry Ellis; 1816, in-folio. — Handbook to the public records by F. S. Thomas, esq. ; 1852, in-8. — Ancient laws et institues of England : The laws of William the conquérant, edited by Benjamin Torpd. - Royal and other,historical letters illustrative of the reign of Henri III, edited by the Rev.M. W. Shirby. — Chronicles and memorials of the reign of Richard the first. — Rotuli litteraruin clausarum in turri Londinensiasservati, 1*204-1237; Rotuli litterarum presentium, 1201-1216 , Rotuli chartarum, 1199 1216 : edited by Thomas Duffus Hardy.
Manche : Rotulorum originalium in curià Scaccarii abbreviatio, Henry III, Edward III, edited by Henry Playford, esq. ; 1805-1815, 2 vol. in -fol. — Calendarium inquisitiorum post mortem Henry 111, Richard [Q, edited by John Caley and John Bryley, esq"; 1806, 1808, 1821 et 1828, t. 2, 3 et 4, in-fol. — Abbreviatio placitorum Richard I, Edward H, edited by Right non. George Rose and VV. Illingworth. esq"; 1811, 1 vol. in-fol. — Libri censuales vocati Domesday book, additamenta ex codice antiquissîmo, edited by sir Henry Ellis ; 1816, in-fol., t. IV. — Rymers fédéra, new édition". — Rotuli curiae Régis, rolls and records of the court held before, the King's justieiars or justices P. Richards, S. John, edited by sir Fraucis Palgrave ; 1835, 2 vol. in-8 — Rotuli Normanniae in turri Loudinensi asservati tempore régis Johannis, edited by Thomas Duffus Hardy, Esqr: 1835, 1 vol. in-8. — Excepta e rotulis finium in turri Londinensi asser va lis, Henry III (1216 1272). — Fines sive pedes finium, sive finales concordiae in curià Doinini Régis Richard 1. John (11951214). — Rotuli de libertule ac de misis et praestitis, régnante Johaone, edited by Thomas Duffus Hardy ; 1844, 1 vol. in-8. — The great rolls of the Pipe por the second, thind and fourlh years of the reign of King Henry tne secoud (1155-11581, edited by the révérend Joseph Hunier; 1844, 1 vol. in-8. — The great roll of the Pipe for the year of the reign of King Richard the first (1189-1190), edited by the rev. Joseph Hunter ; 1844, 1 vol. in-8.
Seine-Inférieure : Fœdera, conventiones, littéral or Rymers fœdera, new édition, (1066-1377), edited by John Caley and Fred. Holbroock (incomplet). — Live of Edward the confessor, edited by Henri Chards
Luard ; 1858. — Mémorial* of Henrv the first edited by CbaVles A. Cole ; 1858. — Letters ad papers illustiativo of tho wars of the Eoglish in France during tbe reign of fhnry Ibe sixth, King of Eugland, edited by the rev. Joseph Steveuson ; 1861-1864, t. I et 11. — A Collection of sagas and other hislorical documents relaling to tbe lett'ements and descente of the Northmen on the British Isles, edited bv George Webbe Dascut, es^.
Le département des Côtes du Nord a eu aussi les trois ouvrages suivants :
Ancien! laws and institules of Wales, edited by Ancusis Crwen ; 1841. — Annales Cambria>, edited by the rev. J. Williams ab Itbal ; 1860. — The chronicle of the princes of Walcs.
C'est ainsi que furent répartis les ouvrages envoyés par l'Angleterre.
Le gouvernement belge publie les inventaires des Chambres des Comptes de son pays. Elle en a adressé des exemplaires en échange de nos inventaires, au ministre de l'intérieur qui les a fait répartir entre divers départements.
CHRONIQUE
Le gouvernement bavarois, après avoir examiné les inventaires de nos archives départementales, a proposé au gouvernement français de lui céder des pièces originales qui sont à Munich et qui concernent l'Ancienne Alsace. Il demandeen échangequ'on lui remette un certain nombre de documents sans intérêt pour la France mais qui en présentent pour la Bavière, et qui sont conservés dans les archives des départements du Bas-Rhin, du Haut-Rhin et du Nord. Des négociations sont entamées à cet égard.
On vient de découvrir dans les archives de Beau vais une pièce concernant Jeanne Darc et le corps d'armée qu'elle commandait du côté de Senlis et de Compiègne. L'archiviste de l'Oise se propose de publier ce précieux document qui jette, parait-il, un nouveau jour sur la prise de la Pucelle et la trahison dont elle aurait été victime.
Pour tous les articles non signés : Étienne CHARAVAY.
A b!. avilie. - Imp. P. liriez.
N°» 139 et 140. — 6* Année
1er et Jft OCTOBRE 1807
Itureiiux : rue de» <;nuidH*AugustlnB, «O, a Pnrl*
«oui la direction d'ETlENMU CHAKAVA1 Fils
ÉLÈVE DE L'ÈCOLK DES CHARTkS, EXPEAT EN AUTOGRAPHES
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Leipzig : M. Otto-Auqutt Schulz.
Turin : MM. Bocca frères.
Bruxelles : M. Van Trigt, 30, rue Saiut- Jean.
Madrid : M. Bailly-Baillière.
S 4INT-PÉTK r suourg : M. Jacques IssaJtoff.
Moscou : MM. Gauthier.
Stockholm : MM. Sampan et Wallin.
Les demandes d'abonnement et toutes les communications relatives au Journal doivent être adressées, franco, à M. Etienne CUARAVAY, rue des Grands-Augustins, 26.
PIÈCES INÉDITES
H YIX I AIOXAIY (François de BEAUVILLIER, doc de)
Curieuse lettre adressée par le gentilhomme bel esprit à Mademoiselle de Scudéry, qu'il appelle Sapho, suivant le style du Grand Cyrus, de môme que lui, duc de Saint-Aignan, il avait mérité le surnom d'Artaban. Le duc se réjouit de la mise en liberté de Pellisson-Fontanier ou Acante, qui venait de passer quatre ansetdemi à la Bastille pour avoir eu le malheur d'être l'ami du surintendant Foucquet et le courage de prendre sa défense. Mademoiselle de Scudéry, dont la liaison avec Peliisson est célèbre, contribua par ses fréquentes visites et ses lettres affectueuses à adoucir la captivité du prisonnier, et les eflorls qu'elle lit pour le délivrer ne furent sans doute pas sans influence sur la détermination que l'on prit au commencement de l'année 1666, relativement à l'élargissement du généreux AcanUy pour nous servir du style précieux de cette époque.
Du 25 janvier (1666).
Revoir le généreux Acaute en liberté, recevoir de l'illustre Sapho les glorieuses marques d'un souvenir qui pourroit rendre heureux les plus infortunés de la terre, et gouster ces plaisir en un mesme jour, c'est presque s trop à la fois pour un cœur aussy tendre et aussy sensible que le mien, il devroit au moins avoir le temps de se reconnaisse avant que
d'en tesmogner sa satisfaction dans l'agréable désordre où le met ceste double surprise; mais auroit-il pu reconnaisse dignement les biens dont il est comblé s'il avoit voulu attendre à vous en rendre grâces qu'il se fust reconnu? J'ayme mieux exprimer ma joye avec moins d'éloquence, et pendant que l'obligeant Acante est allé voir ce grand Roy duquel il a sy bien parlé, assurer l'incomparable Sapho de l'estime et du respect que j'auray tousjours pour elle. Je pars demain jusques à mercredy au soir et j'espère vous aller assurer jeudy en familledu pouvoir absolu que vous aurés tousjours et sur ma famille et sur moy. En vérité Artaban trouve plus de gloire à se dire à vous, Mademoiselle, que le filz de Pompée n'en acquit sous ce nom chez les Parthes et les Mèdes.
Cette pièce fait partie de la prochaine vente de M. Étienne Gharavay.
BONAPARTE (Jérôme)
Curieuse épitre adressée à son frère Lucien après les événements de 1814 et où il lui fait part de son dessein de se rendre à Rome. Jérôme Bonaparte s'était d'abord retiré en Suisse d'où il était parti par suite des tracasseries qu'on lui suscitait, et il se trouvait alors à Trieste. Déjà le 19 août précédent il avait adressé de cette ville à Lucien une lettre où il disait que le prince de Metternich lui avait écrit que l'Empereur d'Autriche avait fait demander ses passeports au Saint-Père. • Je dois croire que cela est, ajoutait-il, mais je préfère que vous les demandiez directement vous-même au Pape et me les envoyiez... J'espère, mon cher Lucien, que vous éprouverez quelque plaisir à me revoir après tantd'annéesde séparation :quant à moi, cette idée me fait oublier mes malheurs *. » Toujours préoccupé de la môme pensée il écrit le 26 septembre à son frère la lettre qui suit2*:
Trieste, ce 26 septembre 1814.
Mon cher frère, je reçois à l'instant votre lettre du 15 ; c'est la première fois 3 que j'ai de vos nouvelles. D'après ce que vous aviez mandé à Eliza en date du 11, je vous ai écrit en vous envoyant une lettre pour le Saint-Père, mais dans tous les cas je pourrai profiter de votre avis et écrire à Metternich de demander mes passeports au légat à Vienne, aussitôt que je pourrai donner à Vienne l'assurance que le Pape ne verra pas mon établissement avec peine. Cependant ce qui serait plus agréable et plus convenable pour moi serait de recevoir mes passeports directement de Rome. Le Congrès ne sera pas long et je pense qu'il linira avec le mois prochain. Si vous obteniez ce que je demande, nous pourrions nous mettre en route le 20 octobre.
La Suisse ne pourra nous convenir de quelques années. Ce pays est trop près de la France: la maison régnante actuellement en France s'est déjà plainte du voisinage de Joseph et Metternich m'a fait dire qu'il ne pouvait répondre de ce qui pourrait lui arriver. Le pays de Vaud est le seul où nous pourrions nous établir, mais nous y sommes beaucoup trop
i L'Amateur d'autographes, n© 30, p. 92. s Vente des 16 et 17 décembre.
3 Tous les noms que nous mettons en italiques sont soulignés dar s l'original.
aimés, ce qui est un mal dans ces circonstances. Je pense qu'à Rome nous n'attirerons l'attention de personne et pourrons vivre agréablement en famille et jouir des avantages d'une grande ville, le centre des arts que nous aimons.
Dites-moi si je trouverais un palais meublé à louer, et s'il fallait en acheter un, quelle somme il serait nécessaire d'y affecter? Dans ce moment j'ai besoin de mettre une grande économie dans mes dépenses et je m'estimerai heureux si en vendant mes diamants et autres objets je puis m'assurer deux cent cinquante mille francs de revenus. Vous voyez, mon cher frère, que je vous parle avec abandon et sans réserve aucune. Dites-moi ce que vous pensez et croyez à ma tendre et constante amitié. La Reine partage mes sentiments pour vous.
Je vous embrasse tendrement,
Votre affectionné frère,
Jérôme Napoléon.
Les passeports demandés tardèrent à venir : Jérôme Bonaparte était encore le 23 novembre à Trieste d'où il écrivait à son frère : « Le bonheur de vivre avec vous et en famille est ce qui nous attire à Rome. J'ai certainement peu d'envie de me montrer en public et, si j'y suis forcé, je me conduirai absolument de la môme manière que le roi Charles et le roi d'Etrurie, sans faire ni plus ni moins qu'eux. Roi légitimement reconnu par le Saint-Père comme par les autres puissances continentales, je ne puis renoncer ni a mon rang ni à mon titre sans me déshonorer et me déclarer aux yeux de l'Europe comme un aventurier; la fortune m'a trahi, mais peut-être reviendra-t-elle encore, et d'ailleurs mon âme ne change pas par les malheurs *. » — Malgré toutes les protestations de l'ex-roi on fit traîner l'affaire, tellement que Jérôme Bonaparte se trouvait encore à Trieste le 20 mars 1815, lors du débarquement de l'Empereur à Cannes et que c'est de la qu'il s'enfuit secrètement pour aller rejoindre son frère à Paris.
UALÉVY (V.)
Cette lettre qui fait le plus grand honneur au caractère du célèbre autour de La Juive est adressée au directeur de l'Opéra. Halévy refuse de donner en ce moment son opéra du Juif errant pour des n otifs qu'il expose avec une noblesse et une fierté qu'on aime à rencontrer dans les hommes de talent *.
Mon cher Directeur,
11 m'en coule certes beaucoup d'ajouter aux embarras que vous éprouvez, mais la situation qui nous est faite est si mauvaise que je ne puis l'envisager de sangfroid. (Un directeur ne peut avoir pour les ouvrages qu'il met en scène les entrailles paternelles des auteurs. On ne fait pas un grand opéra tous les huit jours : c'est un grand travail, une grande préoccupation, la revanche en cas d'insuccès est difficile et quelquefois
« L'Amateur d'autographes, n° 30, p. 93.
» Cette lettre tait partie delà vente des 16 et 17 décembre.
impossible. Que va-t-il se passer? Le Juif errant, joué à la fin d'avril, au plutôt, va so trouver démonté au mois de juin, et interrompu au mois de juillet: la plus grande, la meilleure chose est d'avoir une vingtaine de représentations, puis le silence et l'assurance d'un autre ouvrage pour la saison suivante. On reprendra le Juif errant s'il le mérite, mais ce ne sera plus la nouveauté ! la nouveauté sera l'avenir, l'ouvrage que l'on montera, le soleil levant. C'est donc pour vingt représentations que je travaille depuis plus d'un an, que je ne dors pas, que je fais du mauvais sang: pardon pour cette expression de portier. Vous, mon cher Directeur, votre position est tout autre ; quelle que soit votre amitié pour les auteurs, amitié que j'apprécie vivement, vous ne pouvez vous mettre à leur point de vue : vous avez trop d'esprit pour cela. Mais supposez au'un opéra nouveau soit joué au mois d'octobre ou de novembre, s'il pfait un peu, comme, grâce à la magie de vos décorations, du spectacle que vous avez si habilement ordonné, on reviendra le voir. Si nous l'entendons, le public finira par l'apprendre. Vous savez que c'est là le point capital, la victoire pour les musiciens. Alors seulement on obtient droit de cité ; j'avais espéré, et vousaussi, que le Juif en ant aurait été représenté au mois de février. Nous avions alors encore une bonne carrière a parcourir mais aujourd'hui ! nous allons nous casser le nez sur le printemps, les belles soirées, lee jardins, les trains de plaisir, etc.
Remettons donc cela au mois d'octobre, mon cher Directeur, trouvez dans votre imagination, dans vos ressources de quoi remplir Mai et Juin ; il ne s'agit que de cela , puisque Juillet devait nous voir suspendus.
Vous me parlez de chiffons de papier auxquels vous donnez un joli nom, que la pudeur craintive et respectueuse d'un auteur ne lui permet pas de répéter, mais soyez sûr que s'il y a quelques lignes un peu désagréables dans un petit chiffon, elles font leur chemin dans le monde, elles sont répétées et traduites dans toutes les langues de l'Europe etdan3 les idiomes les plus sauvages, et de même que l'Aigle de Napoléon volait de clocher en clocher, le T. G. en question (je reprends votre propriété) vole de cabinet en cabinet de lecture.
Vous devez me trouver bien ridicule, cela est vrai, mais ie le répète, mon cher Directeur, nous ne sommes pas au même point de vue. Pour vous, un opéra c'est quelque chose qu'il faut flanquer au public, c'est du bagage : pour un auteur, toujours un peu bête et un peu orgueilleux, c'est une étoile qui monte un peu dans le ciel ou qui tombe ; ne nous laissez pas tomber, et donnez-nous un peu d'espace dans votre firmament, et croyez-moi malgré tout votre très-dévoué
F. Halévy.
2 avril 52.
Je suis forcé d'ajouter, pour être clair, mon cher Directeur, que je persiste plus que jamais dans la conclusion de ma première lettre.
Le Directeur de l'Opéra et Halévy ne s'entendirent probablement pas, car le Juif Errant ne fut représenté qu'en 1855.