‹ L'Amateur d'autographesChapitre 158 sur 175 · FOUR PARIS ET LES DÉPARTEMENTS · texte numérisé non relu

FOUR PARIS ET LES DÉPARTEMENTS

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Les demandes d'abonnement et toutes les communications relatives au Journal doivent être adressées, franco, à M. Etienne CHARAVAY, rue des Grands- Augustins, 26.

PIÈCES INÉDITES

FOURIER (Charte*).

Curieuse épître adressée à une de ses adeptes, Mm- Dupouy, et où il parle de ses différends avec les Saint-Simoniens. Elle fait partie de la vente du Dr Michelin.

Madame,

Vous étiez dimanche à la séance de la rue du Colombier, et comme vous êtes sortie immédiatement après la fin, vous n'avez pas entendu l'avis donné au commencement sur la translation en local plus commode rue Grenelle Saint-Honoré, n° 45, à la Redoute, salle du grand Temple.

C'est là que dorénavant l'enseignement se continuera ainsi que les conférences, le dimanche à midi. Je crois à propos de vous en prévenir pour les cas où vous n'aurez rien de mieux à faire que de nous favoriser d'une visite.

Nous avons perdu dimanche bien du temps en vaine controverse. Je veux après-demain couper court à ces discussions parasites, adresser aux Saint-Simoniens une homélie sévère sur les suites de leur délai à opérer, à effectuer la réalisation tant promise. Je les entretiendrai de ce qui leurrerait arrivé s'ils avaient voulu agir ; ils seraient aujourd'hui au faite de l'opulence et de la gloire, ils seraient installés non-seulement aux Tuileries, comme ils l'ont révé, mais dans les palais de tous les mo- . narques.

Aif lieu de ce fenllant es3ô¥ <jue je proposais à Enfantin îî y à dèux ans, ils n'ont su élever que la tour de Babel ; îts ne s'entendent plus, ils parlent divers langages et ne marchent que dans les voies du schisme et du désordre.

-Veuillez agréer, Madame, les assurances de ma considération distinguée.

Ch. Fourier, rue Richelieu, 45.

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TOCQUEVILLE (Alexis de),

Un de nos abonnés, M. Rolle,qui possède une jolie collection d'autographes, veut bien avoir l'obligeance dè nous envoyer la copie d'une curieuse lettre d'Alexis de Tocqueville au baron d'Eckstein. Nous espérons que M. Rolle ne bornera pas là ses intéressantes communications.

Baugy, ce 8 mars 1838.

J'ai l'habitude, Monsieur, de lire toujours avec une grande attention, et par conséquent avec lenteur tout ce qui s'échappe de votre savante plume, c'est à quoi vous devez attribuer que je ne vous aie pas encore fait connaître quel est mon sentiment sur les trois articles que vous avez bien voulu m'envoyer»

Pour en parler par ordre de dates, je vous dirai d'abord que j'ai été fort frappé de vos études sur M. Guizot, et je ne suis point surpris de la faveur avec laquelle j'ai entendu dire que les esprits sérieux les avaient reçues. L'homme me semble ayoir été peint par vous en pied, de face et de'profil, avec sa grandeur incontestable, et aussi avec ses faiblesses et ses défaillances.

Je n'ai terminé qu'avant-hier votre premier article sur M. de Gassagnac. Je vous ai suivi avec une vive curiosité et un grand intérêt dans toutes les recherches que ce livre vous a amené à faire sur l'origine des peuples, mais je ne suis pas assez audacieux pour exprimer mes opinions s, ux ces recherches elles-mêmes. Il faut être comme vous. Monsieur, un grand maître en érudition historique pour oser vous juger. C'est ce que je suis bien loin d'être, je le dis à regret. Je me bornerai donc à vous remercier du grand plaisir que m'a fait votre article. J'admets ou je suis disposé à admettre toutes les opinions qu'il contient, à l'exception d'une seule sur laquelle je vous prie de me permettre de me prononcer avec toute la franchise que j'ai mise à mes éloges. Je donnerai ma critique sans la développer ; le temps me manque pour le faire, et je m'en rapporte à votre indulgence pour me pardonner.

Vous exprimez, ce me semble, très-nettement cette idée à la fin de l'article en question, qu'il existe des différences radicales entre les différentes races humaines, lesquelles différences produisent des inégalités permanentes et insurmoniab.es. Or, voilà, je le confesse, ce qui est opposé non pas à une de mes opinions secondaires, mais à la principale, à la plus chère, et, j'ose le dire, à la plus sacrée de toutes mes croyances. L'histoire générale des peuples, dans laquelle, il est vrai, j'avoue qu'il me reste beaucoup à apprendre, ne m'a jamais suggéré l'idée que vous exprimez- J'y ai vu, au contraire, avec surprise combien certaines nations s'étaient modifiées et avaient, pour ainsi dire, changé de nature, suivantes circonstances, les religions, les lois, et quelquefois suivant les

hommes. D'utié autre part, mes observations personnelles parmi les différentes races qui (labitênt de nos jours le nouveau monde ne m'ont non plus amené à une conclusion semblable. Je tiens donc pour fort improbable qu'il existe une inégalité naturelle et permanente dans la grande, famille humaine, et il faudrait au contraire que la chose me fût prou>êé avec la dernière évidence pour que ie l'admisse, car je ne sais rien, je vous l'avoue, de plus dangereux qu une semblable doctrine pour l'avenir de l'humanité. C'est sur cette idée qu'est établi l'esclavage, qui déshonore les chrétiens du nouveau monde ; c'est au nom de ce principe qu'on y détruit les anciens propriétaires du sol avec un calme tout philosophique. Si cette doclriue se répandait sur la terre, je ne sache rien, je vous le confesse, qui fût plus propre à paralyser les efforts de l'homme, par lui-même, à engourdir son courage et à le livrer à tous les tyrans présents et à venir. Je crois, Monsieur, permettez-moi de vous le dire avec une respectueuse déférence, que les hommes qui ont comme vous du poids sur l'esprit de leurs semblables auraient tort de vouloir faire apercevoir à ceux-ci des bornes infranchissables, alors qu'il en existerait réellement de visibles à l'œil d'un homme, quel qu'il soit. Pour moi, qui suis convaincu que ces bornes existent quelque part, je tremblerais d'en indiquer la place précise, parce que je déclare que je ne vois pas celte place, et si je la voyais, je. me garderais de la montrer à mes contemporains, car quand mémo ce serait une erreur de la part d'un peuple de croire pouvoir arriver par de longs et constans efforts à en égaler un autre en toutes choses, c'est là une glorieuse, une virile et une courageuse erreur que je ne voudrais pas détruire. . é

J'espère. Monsieur, que vous pardonnerez la chaleur peut être uji peu trop grande de mon langage, à cause des sentiments qui me font parler. Je vous place trop haut dans mon estime pour ne pas mettre un prix immense à vous convaincre dans un point qui me parait capital.

Agréez, je vous prie, avec l'expression de ma vive reconnaissance, celle de ma considération la plus distinguée.

Alexis de Tocqueville.

LISTE PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE DES MEMBRES DE L AGÀbÉlilÉ FRAWÇAI6E

DEPUIS SA FONDATION JUSQU'A NOS JOURS, DRESSÉE PAR ALBEBT BAHCE et ETIENNE CI1ABAVAY

ScIube (Augustin-Eugène), un dès plus féconds auteurs dramatiques du xixc siècle, né àPariS,Ie 2* décembre 1791. mort dans la même ville, le 20 février 1861. Il succédai, le 27 novembre 1834, à Àrmmlt, prononça son discours de réception le 28 janvier 1836, tl fut remplacé par M. Octave Feuillet (i7e fauteuil).

Scudéry (Georges de), poëte et littérateur, auteur d'il tarie, gouverneur de Notre-Damr de la Garde, né au Havre (Seine-Inférieure), le 21 août 1601, mort à Paris, le 14 mai 1667. Il succéda, en 1649, à Vaugelas, prononça son discours de réception la môme année, et fut remplacé par le Mu de Dangeau (30* fauteuil).

Sedaine (Michel- Jean), poëte dramatique, né à Paris, le 4 juillet 1719, mort dans la même ville, le 17 mai 1797. Il succéda, fn 1786, à Watelet, proDOQca son discours de réception le 27 avril de la même année, et fut remplacé par Gollin Harleville (3* fauteuil).

Segrais (Jean Regnauld de), poëte, né à Caen (Calvados), le 22 août 1624, mort dans la môme ville, le 15 mars 1701. Il succéda, en 1662, à Boisrobert, prononça son discours de réception le 26 juin de la même année, et fut remplacé par Campistron (11« fauteuil).

Seguibr (Pierre 111), chancelier de France, un des fondateurs de l'Académie française, dont il devint protecteur après la mort du cardinal de Richelieu, né à Paris, le 28 mai 1588, mort à Saint-Germain, le 28 janvier 1672. Membre de l'Académie dès 1634, il fut remplacé par Bazin de Bezons (36e fauteuil).

Segcier (Antoine-Louis), avocat général au Parlement, connu par ses luttes contre les philosophes, né à Paris, le 1" décembre 1726, mort à Tournay, le 26 janvier 1792. Il succéda, en 1757, à Fonlenelle, prononça son discours de réception le 21 mars de la même année, et fut remplacé par... (26e fauteuil).

Ségur (Louis-Philippe, comte de), ambassadeur, maréchal de camp, rand-maitre des cérémonies sous Napoléon Ier, historien distingué, né à aris, le 10 septembre 1753, mort dans la môme ville, le 27 août 1830, Il fut élu le 28 janvier 1803 et remplacé par M. Viennet.

Ségur (Phi lippe- Paul, comte de), général, historien de la campagne de Russie, né à Paris, le 4 novembre 1780. Il fut élu le 25 mars 1830, en remplacement du duc de Lévis, et prononça son discours de réception le 29 juin suivant.

Seguy (Joseph), prédicateur du roi, qui prononça l'oraison funèbre du maréchal de Villars, auteur de Panégyriques de saints et de Poésies sacrées, né à Rodez (Aveyron), le 19 mars 1697, mort à Meaux, le 12 mars 1761. Il succéda, èn 1736, à J. Adam, prononça son discours de réception le 15 mars de la même année, et fut remplacé par le cardinal de Rohan- Guéménée (27« fauteuil).

Serizay (Jacques de), poëte et bel esprit, né à Paris vers 1590, mort à La Rochefoucauld (Charente), en novembre 1653. Membre de l'Acedémie dès sa fondation, il fut remplacé par De Chaumont (7* fauteuil).

Servies (Abel), marquis de Sablé et de Boisdauphin, comte de laRoche- Servien, procureur général au Parlement de Grenoble, surintendant des finances, un des plus habiles diplomates de son temps, né à Grenoble (Isère), en 1693, mort au château de Meudon le 17 février 1659. Membre de l'Académie dès le 10 avril 1634, il fut remplacé par Renouard de Villayer (26- fauteuil).

Sêze (Raymond, comte de), éloqueut avocat, défenseur de Louis XYI, premier président de la Cour de cassation, né â Bordeaux (Gironde), le 26 septembre 1748, mort à Paris le 2 mai 1828. Il succéda, le 23 mai 1816 a Ducis, prononça son discours de réception le 25 août de la même année, et fut remplacé par le baron de Barante (31e fauteuil).

Sicard (Roch-Ambroise Cucurron, abbé), le Bavant instituteur des sourds-muets, né au Fousseret (Haute- Garonne), le 20 septembre 1742, mort à Paris, le 10 mai 1822. Il fut élu le G décembre 1795, et remplacé par Frayssinous.

Sieyes (Emmanuel-Joseph, comte), publiciste et homme d'État, constituant, conventionnel, directeur, né à Fréjus (Var), le 3 mai 1748, mort à Paris, le 20 juin 1836. Il fut élu membre de l'Institut, eo 1803, il fut exclu en 1819, et remplacé par le M» de Lally-Tolendal.

Silhon (Jean de), écrivain et littérateur, que Bayle regardait comme un des plus judicieux auteurs de son temps, né à Sos, près de Nérac (Gers), vers 1596, mort à Paris, en février 16b7. Membre de l'Académie dès sa fondation, il fut remplacé par J.-6. Colbert (14e fauteuil).

Silleky (Fabio Bkulart de), évôque d'Avranches, puis de Soissons, arrière- petit-lils du chancelier, auteur de Réflexions sur l'éloquence, né au château de Pressigny (Indre-et-Loire), le 25 octobre 1655, mort à Paris le 20 novembre 1714. H succéda en 1705, à Pavillon, prononça son discours de réception le 7 mars de la même année, et rat remplacé par le duc de Caumont-Lafosse (3e fauteuil).

Sirmonu (Jean, littérateur, historiographe de Louis XIII, né à Riom (Puy-de-Dôme), vers 1589, mort dans la même ville, en 1649. Membre de l'Académie dès sa fondation, il fut remplacé par J. de Monlereul (15e fauteuil).

Soumet (Alexandre;, poète dramatique, né à Castelnaudary (Aude), le 8 février 1788, mort à Paris, le 30 mars 1845. Il succéda, le 19 juillet 1824, à Àignan, prononça son discours de réception le 4 août de la même année, et fut remplacé par M. Vitet.

Suard (Jean-Baptiste-Antoine), écrivain et littérateur, né à Besançon (Doubs), le 16 janvier 1733, mort à Paris, le 30 mars 1817. Il succéda, eu 1774, à l'abbé de La Ville, prononça son discours de réception le 4 août de la même année, devint secrétaire perpétuel le 20 février 1803, et fut remplacé, comme membre, par Roger, et, comme secrétaire perpétuel, par Raynouard (16* fauteuil).

Surian (Jean-Baptiste), évêque de Vence, prédicateur et orateur éloquent, né à Saint- Gbamas (Bouches- du-Rhône), le 20 septembre 1670, mort à Vence, le 3 août 1754. H succéda, en 1733, à H. de Coislin, prononça son discours de réception le 12 mars delà même année, et fut remplacé par d'Alembert (24e fauteuil).

Tallemant (François), abbé du Val-Chrétien, prêtre de Saint-Irénée de Lyon, traducteur dcPlutarque, ce qui le lit surnommer par Boileau le sec traducteur du français d'Amyot, né au château des Réaux, près Jonzac (Charente-Inférieure), en 1620, mort à Paris le 6 mai 1693. Il succéda, en 1551, à J. de Montereul, prononça son discours de réception le 13 mai de la même année, et fut remplacé par La Loubère (15» fauteuil).

Tallemant (l'abbé Paul), littérateur, intendant des devises et inscriptions des édifices royaux, cousin du précédent, né à Paris le 18 juin 1642, mort dans la même ville, le 30 juillet 1712 11 succéda, en 1666, à Gom-

• Suard ayait été élu, le 7 niai 177?, en remplacement de Duclos, le même jour que l'abbé Delille, mais cette double élection fut annulée, sous le prétexte que ces écrivains étaient des encyclopédistes.

bauld, prononça son discours de réce,ptfon la même année, et fut remplacé par Dànihei (2* fauteuil;.

Target (Gui-Jean-Bapt ste), éloquent avocat, choisi par Louis XVI pour un de ses défenseurs, né à Paris, le 6 décembre 1733, mort aux Mollères (Seipe-et-Oise). le 9 septembre 1806. Il succéda, en 1785, à l'abbé Arnaud, prononça son aiscoùrsg'e réception le 10 mars de la même année, et fut remplacé par Te" cardinal Maury (13e fauteuil).

Terrasson (l'abbé Jean), érudit et littérateur, né à Lyon (Rhône), en 1670, mort à Paris, le 15 septembre 1650. Il succéda, en 1732, au comte deMorville, prononça son discours de léception le z9 mai de la "même année, et fut remplacé par le O de Bissy (5- fauteuil).

Testu (Jacques), abbé de BpJval, littérateur, né à Paris, vers 1626, mort en juin 1706. H succéda en 1665, à Bautru, et fut remplacé par le Mu de Saint' Araire (13- fauteuil).

Testu de Mauiioy (l'abbé Jean), poète, instituteur des filles de Monsieur, frère de Louis XIV, né en 1626, mort à Paris le 10 avrU 1706. H succéda, en 1688, au président de Mesmes, prononça son discours de réception le 8 mars de la même année, et fut remplacé par l'abbé de Louvois (10e fauteuil).

Thiard. Y. Bissy.

(La fin au prochain numéro.)

DE 1 U l lII VTU n i; DES LETTHES DE PASCAJL» »

Séance du 22 Juillet 1867

(Suite)

M. Paye prend alors la parole et s'exprime comme il suit :

« Si l'Académie me permet de faire une simple remarque historique sur cette intéressante discussion, je rappellerai que le point culminant de l'histoire de l'attraction n'est pas précisément la découverte de la loi elle-même, telle qu'on peut la déduire de la chute de la Lune vers la Terre comparée à celles des corps pris à sa surface, ou même de la troisième loi dé Kepler ; cette découverte ne dépassait pas lès ressources de la science à l'époque dont il s'agit : aussi a-t-elle été faite par plusieurs savants célèbres bien avant Newton, et je comprends qu'un géniè supérieur comme Pascal, attentif au mouvement (les esprits de son temps, ait résolu le premier un problème de cet ordre. Newton lui-môme, si ma mémoire me sert bien, reconnaît, dans une des éditions de ses Principes, la priorité de Wren, de Hooke et de Halley. Il faudra désormais inscrire le nom de Pascal avant ces trois noms-là. Mais la vraie difficulté, celle qui dépassait la force des hommes de cetle époque, celle surtout dont !a solution devait ouvrir à la science des voies toute nouvelles, c'était le

Broblème posé parla seconde loi de Kepler et la question inverse. H fallait i f'emploi des calculs supérieurs dont Newton était seul en possession ,

* V. l'Amateur d'autographes des l« et 16 septembre.

non sans doute à l'époque de ses premiers essais en 1665, mais longtemps avant la publication dë ses Principes. C'est de là que date rééltement la théorie de l'attraction, c'est-àdire la mécanique céleste dont l'accès était impossible à tout autre que l'inventeur du calcul des fluxions.

« Pour ce qui est de savoir si Pascal a pu réellement faire les calculs indiqués dans ses Notes, je ne pense pas que l'insuccès de Newton en 1665 puisse nous être objecté. On avait alors en France des idées plus justes

3u'en Angleterre sur les dimensions du globe terrestre. Le mille anglais, ont Newton s'est servi en 1665, et dont les Anglais ontconservé l'usage, est en erreur de 1/6 de sa valeur : au lieu de 60 au degré comme Newton le croyait, il n'est que de 10 au degré. La mesure de Ferncl lui-même, pour ne citer que celle-là parmi celles que Pascal avait à sa disposition, doit être beaucoup plus exacte, bien que je ne puisse la citer de mémoire. Je suppose également que Pascal avait sur les temps périodiques et les moyennes distances des satellites de Jupiter des documents bien suffisants. »

M. Chevreul, en remerciant M. Chasles de la communication qu'il fait à l'Académie de plusieurs lettres et notes de Pascal, insiste sur l'intérêt qu'il y aurait à ce qu'on recherchât si l'Angleterre ne posséderait pas quelques pièces relatives à la correspondance de Pascal avec Robert Boyle. L'influence du savant anglais sur les sciences expérimentales a été considérable. Si la chimie l'a beaucoup occupé, si son livre du Chi miste sceptique renferme d'excellentes critiques des opinions alchimiques et une distinction parfaite de la combinaison d'avec le mélange, il faut reconnaître cependant qu'il a étudié les corps plus en physicieu qu'en chimiste, et qu'en plusieurs de ses écrits il a émis des opinions pour expliquer mécaniquement des effets de neutralisation qui sont essentiellement chimiques. Au reste les deux traités de Pascal : De l'équilibre des liqueurs et De la pesanteur de la masse de l'air, devaient être pour leur auteur des titres bien puissants de recommandation à l'estime du savant anglais, car ils étaient, à tous égards, conformes au genre habituel de ses travaux scientifiques. »

M. Chasles, en répondant à ces observations et à quelques autres qui lui sont également faites en séance par M. Le Verrier, dit qu'il pense que Pascal a possédé tous les éléments nécessaires pour en conclure les lois de l'attraction énoncées dans la lettre du 2 septembre et dans les notes déjà communiquées. En effet, il suffisait de connaître les lois de Kepler et l'expression de la force centrifuge, et M. Chasles ajoute que Pascal a connu cette expression, savoir v,/r et qu'il a su en conclure, par la troisième loi de Kepler, comme l'a fait aussi Newton dans le corollaire Vl de la IV" proposition du l«r livre des Principes mathématiques, etc., la loi de la gravitation en raison inverse du carré des distances.

Pour répondre au désir de quelques membres, accueilli par l'Académie, M. Chasles dit qu'il insérera, dans le compte rendu même de la séance, les Notes de Pascal qui paraissent se rapporter à cette ques tion.

Voici ces Notes, toutes écrites sur des feuillets différents, et ne portant aucunes marques qui puissent indiquer dans quel ordre elles se sont présentées à l'esprit de Pascal :

Nous ne reproduirons ici que les plus curieuses et ,les plus «caractéristiques de ces notes pour en donner une idée à nos lecteurs :

La loi de l'attraction n'est point nouvelle. Elle a esté enseignée par plusieurs scavans de l'antiquité. N'est-ce pas l'attraction qu'EmpedocIe désignoit par l'amour qui selon lui unit tous les corps dans 1 univers comme la naine les sépare et les désunit ? On peut dire aussi que c'estoit la doctrine de plusieurs autres scavans au temps de Platon, puisque ce philosophe dans son Timée s'attache à la réfuter.

Pascal.

L'attraction est le principe et la base de toutes les opérations de la nature. Dans les siècles précédents on s'en servott pour expliquer les phénomènes de la nature, sans les entendre. Selon moi, l'expérience la plus convaincante en faveur de l'attraction est celle du fer entraîné par l'aimant.

Pascal.

J'ai dit quelque part que l'expérience la plus convaincante en faveur de l'attraction étoit celle du fer entrainé par l'aimant. Cependant en examinant les choses avec plus d'attention il est aisé de reconnaître que l'attraction prétendue n'y a aucune part, et que le mouvement d'impulsion est cause de tous les phénomènes de l'aiman».

Pascal.

Expérience touchant l'attraction. - Si l'on attache transversalement une bande de papier ou un petit bâton d'ozier à un cheveu long de cinq à six pouces, que 1 on suspend par l'autre bout au fond d'une cloche de verre , lorsque le papier ou bâton est parfaitement en repos, on approche d'une de ses extrémités quelque autre corps que ce soit, sans le faire toucher, le papier ou bâton sera repoussé dans le moment. Jay réitéré plusieurs fois cette expérience, elle m'a toujours réussi de la môme manière.

Pascal.

Expérience. — Pour prouver que tous les corps ne s'attirent point réciproquement, attachez transversalement une bande de papier ou un petit bâton d'ozier à un cheveu long de cinq à six pouces que t on suspend par l'autre bout au fond d'une cloche de verre. Lorsque le papier ou bâton est parfaitement en repos, si on approche d'une de ses extrémités quelque autre corps que ce soit sans le faire toucher, le bâton ou papier sera repoussé dans le moment. J'ai réitéré plusieurs fois cette expérience.

Pascal.

Note. — Platon attribue au mouvement circulaire causé par la continuité des corps tous les effets qu'on attribuait de son temps à l'attraction, comme la respiration, l'opération des ventouses, la chute des corps pesants, la variété des sons, l'origine et le cours des fontaines, le tonnerre, l'électricité, le magnétisme, etc. Il assure qu'il ne se fait en toutes ces choses aucune attrac tion, comme il n'y a aussy aucun vuide dans la nature. L'attraction est le principe et la base de toutes les opérations de la nature.

Pascal.

Expérience qui prouve l'existence du fluide magnétique. — Si l'on place dans l'axe magnétique, c'est -à dire si on incline à 78 degrés au dessous de l'horizon de Paris, une barre de fer non aimatitée, dans cette position elle acquiert, naturellement et dans l'instant, les propriétés de l'aimant ; et pour lors si l'on présente le pôle nord d'une aiguille aimantée à la partie supérieure (sud) de cette barre, l'aiguille s'approchera de la barre Si l'on renverse ensuite la barre de bout en bout selon la direction de Taxe magnétique, l'aiguille présentée par le pôle nord à la môme extrémité de la barre devenue inférieure sera repoussée.

Pascal.

Notb touchant l* attraction. — Quelques personnes regardent le fluide magnétique comme imaginaire, mais voici une expérience qui en prouve l'existence. Si l'on place dans l'axe magnétique, c'est-à-dire si l'on incline â

78 degrés au-dessous de l'horizon de Paris une barre de fer non aimantée, dans cette position elle acquieit naturellement et dans l'instant les propriétés de l'aimant. Pour lors si l'on présente le pôle nord d'nne aiguille aimantée à la partie supérieure de cette barre, l'aiguille s'approchera de la barre. Si on renverse ensuite la barre de bout en bout, toujours selon la direction de l'axe magnétique, l'aiguille présentée par le pôle nord à la même extrémité de la barre devenue inférieure sera repoussée. Ce n'est donc pas l'attraction qui fait approcher le fer de l'aimant, mais la ressemblance de configuration des pores de ces deux corps, qui sont plus propres à donner passage au mesme fluide que l'air intermédiaire.

Pascal.

Note : les lois de l'attraction. — La force de l'argument consiste en ceci, que l'effort ou la tendance au mouvement, que je prouve estre l'effet immédiat de l'attraction de la terre sur le corps grave, est absolument la même, soit que le corps tombe perpendiculairement, soit qu'il descende par un plan incliné. Or, comme dans ce dernier cas il n'y a qu'une partie de cet effort employée à produire un mouvement actuel, il faut que le reste s'exerce à produire une pression sur le plan, d'où il suit que la pression qui s'exerce au premier instant de la chute est l'effet immédiat de cet effort et non de la vitesse initielle décomposée. Ce qui parait encore par cette raison que la pression sur le plan est d'autant plus forte que le plan est plus incliné, et la vitesse initielle par conséquent moindre. Il suffit que la chose doive arriver de même au second instant, et ainsi de suite, pour que mon raisonnement subsiste en toute sa force.

Pascal.

Observation sur les effets de la pesanteur respective des divers corps de cet univers. — La pesanteur respective que donne à la lune sa place constante dans le tourbillon de la terre, au tourbillon de la terre sa place dans celui du soleil, et à celui du soleil sa place par rapport au reste de l'univers. Or à ne considérer dans chaque globe particulier que le simple effort de la pesanteur respective des diverses substances qui les composent, la terre, comme plus pesante, devrait s'affaisser et se tenir exactement ramassée autour de son centre. L'eau plus légère que la terre devroit l'envelopper ; et l'air plus léger encore devroit se répandre également au dessus de la terre et de l'eau.

Pascal.

Séance do 29 juillet 1867.

M. Chas les prend la parole en ces termes :

« Les considérations présentées par M. Duhamel, dans la dernière séance, pourraient paraître à quelques lecteurs impliquer une réfutation de ma communication du 15 juillet, je désire donc rappeler l'objet et le sens propre de cette communication. J'ai annoncé simplement que dea documents émanés de Pascal prouvaient qu'il s'était beaucoup occupé de la question de l'attraction des corps célestes, et qu'il en avait connu les lois. Je n'ai rien dit de plus, et je n'ai pas prononcé le nom de Newton, n'ayant pas pour but d'établir un parallèle entre ces deux grands génies, dignes tous deux de l'admiration et du respect des géomètres de tous les temps et de tous les pays ; car la science a pour patrie le monde entier. Je crois que les deux faits que j'avais à prouver ont été parfailement constatés par les lettres et les quatre notes de Pascal, insérées au Compte rendu de la séance.

• J'ai annoncé qu'il y avait beaucoup d'autres noies sur le môme sujet. Cependant je remarque ce passage de M. Duhamel: « 11 faut supposer que Pascal avait d'autres raisons qu'il aurait dû donner, on que ea théorie était basée sur des aperçus values, dont il aurait lui-même senti l'insuftisance, puisqu'il n'a rien publié sur ce sujet. »

« A Tégard de ces mots : qu'il aurait dû donner, je ferai rema'rajtfér que les deux lettres et les quatre notes ea question ne renferment pas tout le travail de Pascal, et que l'on ne peut donc pas conclure qu'il a ignoré ce qui ne s'y trouve pas. Mais c'est surtout ce membre de phrase final, puisqu'il n'a rien publié, qui peut paraître avoir ici do l'importance aux yeux de ceux qui ne sauraient pas que Pascal négligeait d« publier ses ouvrages, tellement que ses deux Traités de l'équilibre dèit liqueurs et de la Pesanteur de la masse d'air, achevés en 1653, n'ont été imprimés qu'après sa mort ; que le Traité du triangle arithmétique et diverses autres pièces ont été trouvés imprimés parmi ses papiers, et n'avaient jamais été répandus ; que ee n'est qu'après sa mort qu'ils ont été publiés (en 1665); que ses écrits intitulés: Tactiones spheriex^ Tactiones conicxy Loci plani ac solidi% Perpeclivx Methodus, et d'autres, sont perdus.

« Dans une lettre inédite, Leiboilz dit que Newton possède des écritsde Pascal, et que lui même en possède aussi.

« J'ajouterai que Pascal avait composé un écrit sur l'astronomie physique, mentionné dans une des lettres qui vont suivre. Cet écrit résumait eans doute ses recherches sur l'attraction qui, comme il a dit dans les notes précédentes, suffit à tout dans l'explication des phénomènes du mouvement des corps célestes. On ne peut donc pas inférer, de ce que Pascal n'a rien publié, qu'il n'avait pas démontré ce qu'il annonce dans les notes citées.

« Je passe à un autre point des observations de M.Duhamel. Notre confrère dit : « On se demande comment Pascal aurait reconnu que l'attraction en raison inverse du carré de la distance ferait décrire des ellipses ayant le soleil pour foyer. Newton n'ayant pu le faire qu'après avoir établi sa belle formule entre la force centrale et certains éléments infiniment petits de la trajectoire. »

« Je crois pouvoir répondre simplement que ce n'était pas là un calcul difficile pour Pascal, puisqu'il n'implique que la considération d'un arc infiniment petit, et que Pascal avait bien su démontrer l'expression de la force centrifuge, ainsi que la loi de l'attraction en raison inverse du carré de la distance, par le môme raisonnement que Newton.

« M. Duhamel ajoute : « Comment Pascal aurait-il pu dire que la loi de l'attraction suffisait à tout, lorsqu'il était incapable d'eu déduire le simple phénomène du mouvement elliptique?.. »

• Cette assertion, que Pascal était incapable du calcul en question, est la reproduction de l'idée déjà émise. Je ne m'y arrêle pas.

. • Mais ce sont ces mots : Comment aurait-il pu dire, qui doivent fixer mon attention. S'il y avait simplement : Comment Pascal a-t-il pu dire, je répondrais que ses autres notes renfermaient peut-être les éclaircissements demandés Et il faut remarquer que ces notes étaient fort nombreuses, car il y en avait cinquante et plus avec la lettre de 1652, diverses autres avec celle du 8 mars 1654, et un bon nombre avec celle du 2 janvier 1655. Mais le mot aurait-il semblera peut- être impliquer des doutes sur l'authenticité des documents. Ces doutes seraient permis, certainement, quoique notre confrère déclare qu'ils n'ont pas été dans sa pensée.

• Aussi je n'hésite pas à déclarer formellement qu'il ne peut y avoir aucun doute ; c'est-à-dire que toutes ces pièces sont bien de la main de Pascal ; que cela m'est prouvé non-seulement par le nombre de ces

Sièces et les sujets qu'elles traitent, mais surtout par une corresponance de dix années entre Pascal et Newton ; par des lettres de Miss Anne Ascough, la mère de Newton, qui remercie Pascal des conseils qu'il

veut bien donner à son fils; par des lettres d'Àubrey, savant littérateur

anglais, qui rend compte à Pascal des visites, qu'il a" faites, à sa demande, au jeune étudiant de l'école de Grantham ; par des lettres de Pascal à Boyle et à Hooke, qu'il prie aussi d'aller visiter le jeune écolier ; par des lettres de Pascal à Gassendi, assez nombreuses ; eniin par une correspondance entre Newton et divers personnages de l'époque, ou un peu postérieurs à Pascal, tels que Rohault, Mariotte, Clerselier, Malebranche, M— Perrier, l'abbé Perrier, son fils, l'abbé de Vallemont et d'autres.

« J'ajouterai que je possède beaucoup d'autres écrits de Pascal sur divers sujets, et de très-nombreuses lettres adressées à Mme Perrier, à sa sœur Jacqueline, au P. Mersenne, à Gassendi, à Amauld, à Nicole, à Hamon, de Port- Royal, à Descartes, à la reine Christine (plus d'une vingtaine); au père du jeune la Bruyère lui-même, dont il reconnaît les belles qualités et les grandes dispositions qui doivent en faire un homme célèbre : prédiction qui s'est réalisée, comme celle que Pascal faisait en fondant les plus grandes espérances sur le génie du jeune Newton. Toutes ces lettres, toutes ces pièces en nombre considérable, sont de la même main que celles que j'ai communiquées à l'Académie, et toutes sont bien de Pascal, sans parler ici d'un grand nombre de pensées inédites et de longues notes relatives à la polémique qui fait le sujet des Lettres provinciales *.

« Indépendamment des Lettres de Pascal et de Newton, quelques lettres de Leibnitz, dont l'écriture est bien connue, suffi raient pour prouver qu'il a existé des relations entre Pascal et Newton. Ces Lettres sont des dernières années de Leibnitz. Des lettres de Des Maizeaux, l'ami de Newton , renferment de pareilles preuves. Il ne pourra donc subsister aucun doute sur la réalité des relations en question, et l'authenticité des nombreuses pièces émanées de Pascal.

« J'ai dit que la jeunesse de Newton n'est pas connue, que son génie, son goût, son aptitude pour les sciences ont été très-précoces, bien que l'on croie le contraire , et qu'à cet égard les détails biographiques qui se reproduisent encore aujourd'hui sont très-erronés. On s'explique par deux raisons les causes d'erreur. C'est, d'une part, la longue carrière de Newton, qui a survécu à tous les contemporains de sa jeunesse et de son âge mûr, et d'autre part l'isolement dans lequel il a vécu, dépourvu de famille. C'est, comme on le sait, le mari de sa nièce, étranger à sa propre famille, qui après sa mort a donné quelques détails sur sa jeunesse, c'est-à-dire sur un temps éloigné de près de quatre-vingts uns, détails qui se sont trouvés fort incertains et en grande partie inexacts. Par exemple, c'est en 1654 que Newton, ayant à peine onze ans, a écrit à Pascal et à Gassendi, lise trouvait alors à l'école de Grantham; sa mère l'en avait retiré une première fois pour qu'il s'accoutumât à l'administration de sou bien, ayant perdu son père, et l'y avait remis parce qu'il n'avait pas de goût pour ce genre d'occupation. Et c'est en

1 II se trouve parmi ces pièces le manuscrit de Y Essai pour les Coniques, imprimé par l'abbé Bossut ; la lettre à la reine Christine, sur la machine arithmétique ; la lettre à M. Perrier, du 15 novembre 164*7, sur les expériences du Puy-de-Dôme; un Traiié du jeu de Trictrac, écrit pour M-« Perrier ; des fragments de l'écrit sur 1 esprit géométrique ; et de nombreuses Notes sur YïlisUire des Mathématiques, Notes écrites pour le jeune Newton. La lettre autographe de Leibnitz à M. Perrier. sur le Traité des Coniques, imprimée par Bossut, se trouve aussi parmi ces papiers, ainsi qu'une lettre de Sluze, imprimée aussi dans le tome V des Œuvres de Pasca.

1655 que, sur le conseil de Pascal, il a été enroyé à l'Université de Cambridge, et non le 5 juin 1661, comme on le croit.

■ Mais je passe ici sur ces détails, pour faire connaître quelques lettres qui montreront l'étendue et la contiuuité des relations qui ont eu lieu entre Pascal et Newton, et entre celui-ci etRohault.

« Ce 6 janvier ».

i « Monsieur,

« J'ai reçu dernièrement une lettre accompagnée d'un mémoire d'un Jeune estudiant anglois traitant du calcul de l'infini, un autre sur le système des tourbillons, et un troisième sur l'équilibre des liqueurs et la pesanteur. J'ai remarqué dans ces divers mémoires des traits de lumière qui m'ont véritablement surpris, surtout de la part d'un jeune homme à peine sorti de l'enfance. Car on m'a dit qu'il avait à peine treize ans. C'est au point que j'ai esté un instant tout-'- de croire que ces travaux devaient venir d'un savant fort versé dans ces matières, mais qui sans doute par mystification aurait emprunté le nom de ce jeune estudiant. 11 en est de vos compatriotes qui ont de si bizarres idées ; passez moi l'expression. Quoy qu'il en soit, comme je vous l'ai déjà dit, ces travaux sont pleins de lumière et l'on voit que l'auteur a non-seulement estudié avec soin Kepler et Descartes ainsi que mes expériences sur la pesanteur de l'air, mais que par lui-mesme il a dû observer avec soin les effets compliqués de la nature et faire de nouvelles expériences Ce qui me semble fort pour un jeune homme. Du reste vous le connaissez sans doute. 11 s'appelle lsaac Newton. Je serois bien aise que vous me donniez quelques renseignements sur ce jeune savant si précoce. Car je désire savoir à qui j'ai affaire, avant que de répondre. Je suis Monsieur, vostre bien affectionné. »

Pascal.

A M. Robert Boyle.

« Paris, ce 20 may 1654.

« Mon jeune amy,

i J'ai appris avec quel soin vous cherchiez à vous initier aux sciences mathématiques et géométrique, et que vous désiriez approfondir sciemment les travaux de feu M. Descartes. Je vous envoyé divers papiers de luy qui m'ont esté remis par une personne qui fut un de ses bons amis. Je vous envoyé aussi divers problesmes qui ont été autrefois l'objet de mes préoccupations touchant les lois de l'abstraction * , afin d'exercer vostre génie. Je vous prieray m'en dire vostre sentiment. Il ne faudroit pas cependant, mon jeune amv, fatiguer trop vostre jeune imagination. Travaillez, estudiez ; mais que cela se fasse avec modération. C'est le meilleur moyen d'acquérir, et de profiter des connaissances qu'on acquiert. Je vous parle par expérience Car moy aussi dès ma jeunesse, j'avais haste d'apprendre, et rien ne pouvait arrêter ma jeune intelligence, et je puis parler ainsy. Aujourd'hui je ressens avoir par trop surchargé ma mémoire, et elle commence à me faire défaut, au moment ou j'en aurais le plus besoin.

« Je ne vous dis point cela, mou jeune amy, pour vous détourner de vos estudes, mais pour vous engager a estudier modérément. Les connaissances viennent insensiblement et avec le temps. Ce sont les plus stables. Je ne vous en dis pas davantage, mou jeune amy, si c«j n'est d'esire assuré de mon affection.

Pascal.

Au jeune Newton, estudiant à Grantham.

1 Le millésime de cette lettre est couvert d'encre, mais on peut dire qu'il doit être 1654, parce que Pascal demande des renseignements sur le jeune Newton avant de lui répondre, et quu do nombreuses lettres de l'un et 1 autre sont datées de cette même année 1654, notamment la suivante.

" Pascal a voulu dire évidemment Ya.traction. ce qui est prouvé notamment par les lettres des 2 décembre 1G57 et 22 novembre 1658, ci-après.

Ce 2 may 1655.

« Monsieur et jeune amy,

« Ce que l'on m'a raconté de votre génie précoce m'a esté très-agréable et m'a rappelé d'heureux souvenirs de mon enfance. Qu'il estoit beau cet âge où ayant entendu faire l'éloge de quelques grands hommes, j'aspirols à marcher sur leurs traces. Et maintenant je me dis : heureux celui dont l'imagination est hardie, vive, agissante, et qni a la noble ardeur de vouloir s élever à la gloire I Ces violents transports qui nous portent à souhaiter de la réputation sont des préjugés avantageux qui annoncent qu'on le méritera un jour. Mon jeune ami, retenez bien ce que je vais vous dire. Tout homme qui n'aspire pas à se faire un nom n'exécutera jamais rien de grand Quand on marche avec nonchalance et avec froideur dans la carrière qu'on a embrassée, on souffre toutes les peines, tous les dégoûts de sa profession, sans en avoir l'honneur ui la récompense. Il tant donc par de grands objets donner de l'ébranlement à l'âme. Nous devons autant qu'il nous est possible, comme l'a fort bien dit Longin, un des grands hommes de l'antiquité, nous devons, dis- je, toujours nourrir nostre esprit au grand; le tenir plein et enûé d'une certaine fierté noble et généreuse. Surtout bannissons la trop grande méfiance ; elle est une langueur de l'âme qui l'empêche de prendre l'essor et de se porter avec rapidité vers le but qu'on désire. Elle est par rapport aux talens ce que le froid est pour la terre ; elle les gène, elle les étouffe ; elle empêche d'entrevoir ce qu'on est, et de sentir ce qu'on pourroit estre un jour. Mais la rosée du matin est moins utile aux fleurs, que l'émulation ne l'est aux talents. Elle les met en liberté, et elle les fait éclore, vive et féconde source du mérite. Sur ce, mon jeuue amy, je vous engage à lire avec soin nos bons auteurs

aui ont escrit sur les sciences. Estudiez avec soin Euclide, Archiraède, opernic. Descartes, Galilée, etc. et informez-moi des inspirations que ces auteurs vous auront suggérées. Je suis vostre bien affectionné.

Pascal.

Au jeune Newton.

« Ce 2 décembre 1657.

« Mon jeune amy,

« Je vous fais parvenir par l'intermédiaire d'un de mes amis qui va faire un voyage en Angleterre, une liasse de petits escrits que j'ai réunis a vostre intention et pour servir à votre instruction, ainsy que vous me l'avez tesmoigné par une de vos lettres. Ce sont des notes, réflexions et

fiensées touchant les sciences, entr'autres les lois de l'attraction et de 'équilibre. Je vous engage à les lire avec attention, et j'ose espérer que vous y trouverez quelque chose qui vous sera agréable et vous portera à réfléchir sur le système du monde, tel est mon désir. Je vous prie, mon jeune ami, m'escrire chaque fois que vous en trouverez l'occasion. C'est vous dire assez combien vos lettres me sont agréables. Je suis comme toujours votre bieu affectionné.

Pascal.

Au jeune Newton, esludiant.

• Ce 22 novembre 1658.

« Monsieur et jeune amy,

« Lorsque Copernie eut découvert et annoncé que la terre obéissait à trois mouvements principaux, il estoit naturel d'après les principes de mécaniques déjà connus, de poursuivre les phénomènes nécessairement résultants de chacun de ces mouvements, et d'eu apprécier les influences réciproques. De là naquirent les explications et les expériences sur la variation de la pesanteur dont je vous ay «léjà entretenu et dont vous trouverez encore ci-joint quelques observations. De là est venu aussy tout l'ordre et la division de l'astronomie, en mouvements périodiques, en mouvements de rotation et en oscillations, auxquels sont assujettis les axes de rotation de toutes les plauêtes. C'est donc le système de Copernie

bien médité et approfondi qui ou frit la carrière de toutes les recherches faites depuis luy et qui a donné le fil à un grand nombre de vérités reconnues maintenant Je ne vous dit rien plus aujourd'hui. Ci -joint tous trouveras de nouvelles observations à ce sujet, et un escrit touchant l'astronomie physique dont je tous fais part. Je suis vostre bien affectionné

Tascal.

a Monsieur Jsaac Newton.

(La suite au prochain numéro.)

(guerchin-gcillem.vrdet)

GUEiicuix (François Barbieri, dit Le), un des pins illustres peintres de l'Italie, n. à Cento, 2 fév. 1580, m. à Bologne, 22 déc. 1666.

1. — L. a. s. du ptreAnt. Miraniola (prieur du monastère du Saint-Esprit, à Cenfo) à Mgr .... avec un post-scriptum de 4 grandes lignes aut. sig. du Giterchin ; Cento, 7 déc. 1617, t p. in-fo.. - 67 fr. (N# 269, J. Charavay, 1862 )

Réponse du père Mirandola à un seigneur qui l'avait chargé de faire une commando de Lahluaui au Guerchin. Il a fait tout ce qu'il a pu, mais Jean -François (le Guerchin) est accablé de travail : il a sur le chevalet 12 tableaux d'autel et onze autres tableaui pour le grand-dû*^ de Toscane, le cardinal Ludovisi et autres personnages. Il a promis de travailler prochainement pour Sa Seigneurie, et de faire ébaucher par Pierre-François ces tableaux, qui sont commandés. 11 les terminera ensuite. • Je voudrais être, moi, un excellent peintre : je volerais pour vous servir, mais la bonne volonté ne sulût pas... » — Dans le postscrintum. Le Guerchin confirme ce que vient de dire le P. Mirandola, et, quant au prix des tableaux, il s'en rapporte entièrement à Sa Seigneurie. (Le Guerchin, alors âgé de 27 ans, était encore fité dans sa ville natale. On sait que le P. Mirandola fut sou premier protecteur, et celui qui contribua le plus à le produire parmi les grands personnages.)

2 — L. a. s. (au marquis Guido Villa, lieutenant-général au service de Christine de Savoie) ; Ceuto, 9 déc. 1617, t p. in fol. - 84 fr. (N- 284, Raffaeli, 1863.)

Il ne peut s'engager à consacrer tout son temps au travail du Bentivoglio, et déclare que tout ce qu'il oeut faire est d'y donner un mois pendant les froids. Quant au prix, il s'en remet entièrement à son ami Pierre-François.

3. - L. a. s.: Cento. 25 nov. 1628, 1 p. in-fol. - 80 fr. (N» 124, Charon, 1845); 52 fr. (2î- 176, Trémont, 1852.)

Il ne sait de quel bienfait il le doit remercier davantage, ou d'avoir pris généreusement sa défense, ou de l'avoir si bénignement recommandé au seigneur don Carlo ; pour l'un ou pour l'autre service, il lui gardera une reconnaissance éternelle.

4. - L. a. s. 4 Sa Seigneurie ... ; Cento, 10 déc. 1639, l p. in-fol. - 84 fr. (N* 279, Succi, 1863. )

Relative à l'eavoi d'un tableau de U Mttdone, que Sa Seigneurie lui avait commandé.

5..— L. a. s. au cardinal Mazarin; Bologne, 19 mai 1647, l p. in-fol. - 99 fr. (No 253, Laverdet, 1861.)

Ce n'est pas tant l'ocsupation qui lui est survenue, mais bien plutôt une indisposition d'estomac qui lui a pris pendant le dernier carême, qui a retardé l'achèvement du tableau d'Adonis et Venus, qu'il lui a commandé. • J'ai cherché néanmoins à vous satisfaire le plus promptsrneut passible, et il ne me reste qu'à lui donner le vernis, ce qui demande 5 à G jours .. * D'après une note moderne (en italien^ écrite derrière la lettre, il s'agit d'un tableau d'Adonis et Vénus avec un petit Amour ; le prix convenu était de 250 ducats; 50 furent payés davauce le 20 juidet 1646, et les 200 autre» le ■20 mai 1647.

Les seules lettres de lai qui aient passé en France daii3 les ventes.

gukjun (Pierre- Narcisse), illustre peintre d'ijijstoire, membre de l'Institut, n. à Paris, 13 mai 1774, ;m. è Rome, 16 juillet 1833.

(Isographie.)

L — L. a. s. à M. Feugaeray ; Naples, 5 férrier an XIII, 4 p. pl. in-4«. - — 47 fr. (NM92, Amant, 1855.)

Belle et intéressante lettre, contenant une description de Naples, de son beau site, des chefs d'œuvre qu'on y rencontre, du Vésuve et d'une éruption dont il a été témoin. « ... Je ne vous ai entretenu quo daccidens et de malheurs, parlons de choses plus agréables. J' ttends d'avoir fini mon petit tableau des Bergers, qui s'est traîné de Paris à Rome, et de Rome à Naples, pour retourner dans ce doux pays qu'on appelle la France, et qu'on n'apprécie bien qu'en voyageant. J'ai parcouru une assez grande étendue de pays, j'y ai trouvé une nature supérieure et des villes plus belles, mais je n'ai trouvé nulle part des habitants avec lesquels je voulusse vivre, ce sont partout des enfants ingrats d une mère prodigue, et puis on ne vit pas par les yeux, c'est par le cœur, il faut donc retourner en France... »

2. — L. a. s. à Mr Thévenin ; Rome, 9 sept. 1828. 1 p. 1/2 in 4<>. - 39 fr. (N* 176, Trémont, 185?) ; 14 fr. (N' 206, laverdet, 1856.)

Sur Horace Vernet qui va le remplacer comme directeur de l'école de Rome — • J'ai compris tout le bonheur qu'a dû vous causer sa nomination. Vous comprendrez à votre tour ce que l'on espère d'un homme sur qui se réunit l'illustration de trois générations de talents, et ce que j'en éprouve de satisfaction. Il est encore jeune, a-ton dit? Tant mieux, la nature alors est encore apte à s'améliorer. N*a-t- il pas, d'ailleurs, la meilleure de toutes les maturités, celle du talent; et n'a t. il pas su en tout devancer les années ? Ne noue inquiétons donc pas de ce dont au contraire il faut le féliciter... .

Les autographes de Guérin ne sont pas rares : les lettres ordinaires ne valent que de 2 à 3 fr.

GUÉaiN (Jean-Baptiste-Paulin), peintre d'histoire, n. à Toulon (Var), 25 mars 1793, m. à Paris, 16 janvier 1835. Ses lettres valent, en moyenne, 2 fr. 50.

gterxox-rax ville ( Martial -Anni bal, comte de), ministre signataire des ordonnances de Juillet 1830, né a Gacn (Calvados), 2 mai 1787, m. 1866.

Quelques lettres. De 2 à 3 fr.

guettard ( Jean-Étienne ), savant naturaliste et géologue, membre de l'Acad. des Sciences, n. à Etampes (S.-et Oise), 22 sept. 17i 5, m. à Paris, 7 janv. 1786.

Q uniques lettres. En moyenne, 3 fr.

gueulette (Thomas-Simon), conteur et auteur dramatique, n. à Paris, 2 juin 1683, m. à Charenton, 22 déc. 1766.

Ses autographes valent de 4 à 5 fr.

guefroy (Armand-Benoit-Joseph), député du Pas-de-Calais à la Convention et journaliste, puis fougueux réacteur, n. à Arras (Pas-de-Calais), 1740, m. à Paris, 1800.

1. — L. a. s. à André Du mont ; 8 octobre 1793, I p. in-4% tête impr. — (N* 210, J. Charavay, 1856) ; 8 fr. (N-312, J. Charavay, 1865.)

Lettre remarquable par son laconisme. « Voici une pièce de gibier pour ton patriotisme ; peut-être est-elle englobée dans ton large filet: si elle ne l'est pas, capture . Guerre a mort aux scélérats de toute espèce !... »

2. — L. a. s. à Ramel ; Arras, an v, 1 p. in-4°. — 4 fr. 50 (fl» 9482 du Butl.- J. Çharavay.)

11 demande que l'on restitue leurs biens aux héritiers du curé Diot, « député a KAssemblée consUtuante, que Lebon et accolites ont fait guilloliuer »

3. — Sur ce que f on m'a rapporté de la conduite de Lebon à Arras, pièce •ut. si£. , 6 p. pl. in-6». — 7 fr. 25 (N° 161, Capelle, 1851. j

* Sa conduite fait dire aux habitants d' Arras et des environs . ii n'y a plus de

Dieu, nous pouvons faire ce que nous voulons. Cette effervescence de Lebon ne doit

ftas étonner, sa mère est folle et a été enfermée ; elle a eu depuis sa liberté, mais il a ail u la renfermer de nouveau... Son père a aussi un peu la téte légère : et lui-même enseignant la rhétorique à Dijon quand il était oratorien a fait publiquement des extravagances qui ont obligé de le tenir enfermé et de le garder longtemps à

Ses autographes se vendent ordinairement 3 fr.

GUGLIELMINI (Dominique), un des plus grands ingénieurs hydrauliciens de l'Italie, associé de l'Académie des Sciences, n. à Bologne, 29 sept. 1655, m. à Padoue, 12 juill. 1710.

Trois ou quatre lettres. De 5 à 6 fr.

guibert (Jacques-Antoine-Hippolyte, comte de), célèbre général et écrivain militaire, membre de l'Àcad. fr., n. a Montauban (Tarn-et-Garonue), 11 novembre 1743, m. 6 mai 1790.

Une sizaine de lettres de lui se sont vendues de 6 à 10 fr.

guiccioli (Thérèse, comtesse), amie intime de lord Byron, femme du marquis de Boissy, n. 1800.

Ses autographes valent, en moyenne, 4 fr.

guichard (Jean-François), poète, conteur et fabuliste, ami et émule de Piron, n. à Chartrette, près Melun (S.-et-Marne), 5 mai 1731, mort dans le même village, 23 fév. 1811.

Quelques lettres, en moyenne, 3 fr.

guichardin (François), illustre historien et homme d'état italien, d. à Florence, 6 mars 1482, m. 22 mai 1540.

t. - L. a. s.; 17 février 1502. I p. la-fol. - 71 fr. (N* 121, Charon, 1845.)

2. — L a. s. à Capaccino. à Florence; Ferrare, Il avril 1508, l p. pl. in-fol., trace de cachet. - GO fr. (N° 284, Raffaeli, 1863.)

3. — L. a. s. à Nie. Michelozzi. ancien chancelier de Laurent de Médlcis 5 juin 1513, 1 p pl. in-fol. - 40 fr. (N-20S, laoerdet, 1856.)

4. - L.a. s. à son frère Aloisio Ouicciardini ; Milan, 27 mai 1518, 1 p. infol. - 56 fr. (No 123, Charon, 1845.)

S'il n'a pas répondu tout de suite à sa lettre, il doit s'en prendre moins à sa volonté qu'à ses nombreuses occupations, qui ne lui laissent que rarement quelque loisir ; mais au dire d'un ancien, l'amitié vit de peu. Il espère dont-, que, vu la foi du maitre il voudra bien se contenter, pour nourrir son affection, des rares nouvelles qu'il lui donne. 11 lui annonce le mariage du comte *** avec la fille Je monseigneur N... Cette alliance, à laquelle personne n avait lieu de s'attendre, est toute politique. Il reçoit des nouvelles de France ; l'ambassadeur s'y est bien comporté. Le3 affaires s'arrangeront à la satisfaction générale, etc.

5. — t. a.s. à son frère Aloislo , ttrlône, 23 d*c. 1518, 1 p. in fol., trace de cachet. - 51 fr. (N° 110, laiande, 1844); 46 fr. (N« 290, D'Hunolstein, 1854.)

11 répond à son frère qui lui avait recommandé deux personnes pour entrer dans la garde, qu'il n'a besoin que de gens capables et de bon cœur.

6. — L. a. s A son frère Luijri Ouicciardini ; Reggio, 23 mai 1519, 1 p. in fol. - 35 tr. (N- 130, Charon, 1846.

Lettre fort intéressante tonte relative à la politique. Il le prie aussi de lui écrire, de lui donner beaucoup de détails et de lui envoyer une personne sûre en qui on puisse se conûer, car il craint la malveillance de ceux qui l'entourent et qui sont en grand nombre.

7. - L. a. s.; Resgio 1519, I p. in-fol., trace de cachet. — 31 tr. 174, /. Charavay, 1852.)

8. — P. s., arec une ligne autour.; Re&Kio, 20 nov. 1520. 1 p. in-fol. oblong, trace de cachet. - 22 fr. 50 (N» 260, Ch. R*"de Milan, 1862.)

9. — L. a. 8. à Nicolas Machiavel; 7 août 1525, l p. pl. in-fol., cachet. — lOSfr. (No 279, Succi, 1863.)

10. - L. s., avec lesou?crint aut., an duc d« Milan . Plaisance, 14 octobre 1526, 2 p in-fol. cachet. —46 fr. (No 260. Ch. V de Milan. 1862.)

11. — L. s., avec la souscript. aut.; Plaisance, 19 oct. 1526, 1 p. in-fol., cachet. — 20 fr. (N* 269. /. Charavay, 186?.)

<2. — L. s., avec la souscrip. aut., au duc de Milan; Bologne, 5 sept. 1533,

1 p. i i-fol., cachet. Filigrane: un ours debout. — 10 fr. (N° 296, /. Charavay, 1864).

Suivant le désir du prince, il lui donne le» nouvelles les plus exactes sur le prochain départ du pape et l'itinéraire qu'il doit suivre. Le S. P. s'embarquera à Livourne ou à Pietra-Santa (Ce voyage est vraisomblablument celui que Clément VII fit à Bologne pour le mariage de Catherine de Médicis.)

13. — L. s. an gouverneur de Milan; Bologne, 9 août 1534, 1 p. pl. in-fol., trace de cachet. — 10 fr (N-291, J. Charavay, 1864) ; 15 fr. (»• 1928 du BuU. J. Charavay).

Dépêche Dolilique intéressante. Il y donne des nouvelles du pape (Clément VII), alors malade, et qui mourut peu après.

Nous ne trouvons rien autre de Guichardin dans les catalogues français.

guichardin (Louis), voyageur et écrivain, favori et historien du duc d'Albe, neveu du précédent, n. à Florence, juin 1523, m. 1589.

Huit lignes aut. sig. de lui se sont vendues successivement 11 fr.et 6 fr. (catalogues Ch. R**\ de Milan, et Succi).

guiche (Diane d'Andouins, comtesse de), femme de Philibert de Gramont, dite la belle Corisandre, maîtresse de Henri IV, qui voulait l'épouser, n. 1554, m. 1620.

D3ux pièces signées d'elle ont été payées ensemble 10 fr. à la vente Lucas de Montigny.

guiche. V. Gramont.

guichen (Luc-Urbain Du Bouexic, comte de), lieutenant- général des armées navales, un des plus intrépides marins du siècle de Louis XV, n. àFougerès (lllc-et-Vilaine), 17i2, m. à Morlaix,

La catalogue Lajarriette renfermait de lui une pièce signée qui s'est vendue 3 fr.

guichenon (Samuel, comte de), historiographe de France, auteur de Y Histoire de Bresse el de Y Histoire généalogique de la maison royale de Savoie, n. à Maçon (Saône-et-Loire), 18 août 1707, m. 8 sept. 1664.

1. — L. a. s. à Madame Christine (mère du duc de Savoie) ; 20 avril 1643,

2 p. in-4o - 8 fr. 50. (No 174. / Charavay, 1852.)

Relative à son Histoire de la maison royale do Savoie.

2. — L. a. s. à M. Pérat, conseiller du Roi au siéçe préstdkl de Bonrges ; 16 «3, 1 p. tn-tol., cachet. — Revendiquée (N* 205, Parison, 1856).

3. — L a. s. à M. Du Bouchet; Bourges, 10 mars IH45, 2 p. 1/2 lo-4\ cachets et soies. — 8 fr. (N« 130, Charon, 1846).

Il lui doune-divers renseignement* touchant la maicun 4e Coli^ny depuis J213.

4. - L. a. s. à MM. de Sainte-Marthe ; Bourges, 12 oct. 1646, 1 p. ta -4?. — 3 fr. («• 136, Ckaroti, 1847.)

Relative à la découverte d'une très-ancienne chronique manuscrite des ducs des de Bourgogne.

5. — L. a s. à M. Du Bouchet; Bourges, 10 nor. 1647, 2 p. pet. in-4«. — 5 fr. (N° 134, Laroche- Lacar elle > 1847.)

11 répond à divers renseignements gui lui sont demandés sur la généalogie de quelques familles.

6. -i.a. a. au R. Père...; Bourg, 17 août 1650, 2 p. 1/2 in-fol. - <N- 112, Gallois, 1844.)

7. — L. a. s : Turin, 6 janvier 1650, 1 p. in-4*. — <1 fr. (N° 93, Aies: Martin, 1842) ; 15 fr. XN* 98, E..., de Zurich, 1843) ; 25 fr. <N- 3.16, Vicomle de Fèr... 1866.)

8. — L a. s. à D'Hosier ; Bourg, 1659, 3. p. pl. in-4', cachet. - 15 fr. (R* 819, J. Charavay, 1858.)

9. — L. a. s. à Madame Uoyale (Clirestienne de France, régente de Savoie); Bourg, 27 décembre 1660, 2 p. in-4*. — 7fr.(ft° 1879, ./. Charavay, 1854 )

Relative à la publication de son Histoire de Savoir. • ... Eile est en sa perfection : ainsi. Madame, il ne reste que d'en ordonner la publicatiou. Si Ton attend toujours à commencer, je serai toute ma vie dans la môme incertitude ou j'ai veecu deuuis trois ans entiers. Après tant de bienfaits et de grâces que j'ay reçues de la main libérale de M. V. A. H , je n'eu passionne point d autres que de pouvoir lui offrir une Histoire pendant que Dieu me donne la santé, et d'avoir cette consolation dans mes afflictions.... »

10. - L. a. s.; Bourg, 25 novembre 1662,2 p. in-4'. - (N»98, Alex. Martin, 1842) ; 13 fr. (N* 1 15, /. Charavay, 1844.)

Les seules lettres de lui qui aient passé dans les ventes.

guidal (Maximilicn-Joseph), général de brigade, compromis dans la conspiration de Malet, n. à Grasse (Var), 1765, fusillé à Paris, dans la plaine de Grenelle, le 29 octobre 1812.

Ses autographes, peu communs, .se vendent en moyenne 4 fr.

guidi (Charles-Alexandre), réformateur de la poésie lyrique en Italie, n. àParis, 14 juin 1650, m. 12 juin 1712.

L. a. s. ; Rome, 5 janvier 1687, l p. in-fol. - Il fr. (N* 2C0, Ch. de Milan, 1862) ; 12 fr. (N* 269, J. Charavay, 1862.)

Envoi de quelques vers, les seuls que la reine Christine de Suède lui permet de publier.

La seule lettre de lui qui ait passé en vente.

guignes (Joseph de), savant orientaliste, membre de r Académie des Inscriptions, n. à Pontoise (Seine-et-Oise), 19 oct. 1721, jn. à Paris, 22 mars 1800.

Ses lettres valent de 2 à 3 fr.

guii^bert de PIXÉRÉCOURT JRené-Gharlesl, fécond dramaturge, directeur de rOpéra-Comiqne, bibliophile distingué, n. à Nancy (Meurtbe), 22 janv. 1773, m. dans la môme ville, 11844.

Les lettres de cet auteur dramatique, qui fut lui-même un amateur d'autographes, sont très-commuues,et valent, en moyenne, 1 fr. 50.

guillard (Nicolas- François), poète lyrique, auteur iïlphigénde en Tauride, dont Gluck fit la'musique, n. a Chartres (Eure-et-Loir), 16 janvier 1752, m. à Paris, 26 déc. 1814.

1 . — L. a. 4 «n littérateur ; am), 7 p. 1/4 ta-*-. - 7 fr. 50 (* 19836 du Z?t/tf. / Charavay.)

Superbe lettre, toute relative à Ovide, remplie de citations de ce poète, qu'on ne peut placor au second ordre sans injustice. Il le justifie aussi du reproche ou on lui a fait drôtre trop libre, et s'étend beaucoup eut aa moralité. Deuils très curieux.

2. - L. a. s. au directeur de l'Opéra; 58 (flée. 1809, 2 p. 1/4 in-V>. — 25 fr. (N-98, E de Zurich, 1843.)

Toute relative & l'opéra de la Mort d'Adam .

Six autres lettres de lui. En moyenne, 5 fr.

Guillaume m, roi d'Angleterre, d'abord stathouder de Hollande (16721, successeur de Jacques II (1689), n. 14 nov. 1650, m. 19 mars 1702. ( Isographie. )

1. — L. a. s.; camp derant Grave, tl octobre 1674, 2 p. in 4#. - 16 fr. 50 (N* 131, Lacoste, 1846 )

U a trouvé en arrivant les choses en tout autre état qu'il ne se l'était imaginé ; c'est un commencement de siège, et nullement une fln U le prie de lui faire connaître les particularités de ce qui s'est passé au combat du Palatinat. « ... Ma foy les vieilles

Sans ne vaillient rien pour la guerre..., le sommeil m'accable, ayant travaillé aujour- 'hui comme un chien, ce qui m'oblige à Unir. . •

2. — L a. s. ; La Haye, 23 mai 1692, 1 p. pl. in-4°. - 16 fr. (N° 167, Capdle, 1852. )

Sur un payement qu'il doit faire. « Il faut absolument insister pour les intôrests de la somme que i'ay advancôe mesme selon que l'Bspagno est accoutumé à paier les intôrest puisqu'il serait irrôsonnble qu'il mo voulusse trait le plus mal qu'un simple marchand... •

3. — t. a. s.; Kensington, 27 novembre 1694, 3 p. in-4*. — 20 fr. 50 {!!• 136, Charon, 1S47 )

4. - L. a s.; Kensinglon, 17 décembre 1694, 2 p. In 4». - 11 fr. (NM36, Charon, 1847.)

5. — L. aut., sig. W. R. \ Richemond, U mars 1695, 4 p. (pl. tn-4v — 26 £r. (Ko m, J. Charavay, 1858 )

Relative aux opérations militaires d'Espagne et de Piémont.

6. — L a. 8. ; La Haye, 24 mai 1695, 1 p. 1/4 in 4*. Taches de rousseur et déchirure enlevant deux mois. — 6 fr. IN0 226, J. Charavay, 1858.)

7. — L. a. s., en français ; Grimberghe, 1er juillet 1695,2 p. 1/2 in4©. —

37 fr. (If* 222, J. Charavay, 1858.)

Relative à la campagne de Belgique.

8. — L. a. s. ; camp devant Namur, 6 juillet 1695, 8 heures du soir, 4 p. in-4\ - 30 fr. 50 (N<> 141, Charon, 1847.)

9. - L. aut., sier- W. R.; camp devant Namur, 19 juillet 1695, 3 p. in*4o.— 27 fr. (N-22*,/. Charavay, 1858.)

Importante pièce, relative à la prise de Namur, l'action la plus glorieuse de la.carrière militaire du prince d'Orange. « Keppel et Dopp vous ont escrit la nuit l'issue. Dieu soit loué qu'elle a si bien reuci, mais nous y avons perdu extrêmement de monde... Asseurement l'action a esté vigoureuse et je ne puis assez me louer de la bravoure des Anglois et aussi des Hoftandois qui ont également bien fait. Mes gardes ontrboaucoup souffert... »

10. - L. aut., sig. W. R., en français, au duc de Marlborough ; Kensington, 16 décembre 1695, 3 p in-4o. - 28 fr. 50 (N° 141, Charon, 1847) ; 42 fr. («• 176, Trémonl, 1852 )

Détails politiques et militaires d'un grand intérêt. Il ne comprend pas que Leehorn ne soii pas encore arrivé à Namur • puisque l'on sait qu'il est parti d'Hollande, je souhaiterais fort qu'avant peu l'électeur y allie, que vous disies à Dopp de lui considérer ot dadviser avec Leehorn quel moien il y aurait d'auter l'envie aux ennemis de le rattaquer... »

11. - i a s. : Kensington. 7 février 1696, 2 p. 1/4 in-4-. - 16 fr. (S0 219, 7. Cliaravay, 1858); 40 fr. (No 968'» du Bull. J. Charavay. )

Lettre politique et militaire, relative aux quatre armées qu'il organise. « Je ne laisse pas d'y travailler de toute mon application et pouvoir» et si je pouvois estre en Hollande de bonheure et qu'il n'y eut rien à craindre icy je nen desespereres pas tout à fait. »

12. — L. a. s. (à rélecteur de Bavière); Kensington, 3 13 mars 1696, » p. in.4'. - 16 fr. (No 247, Tross, 1860.)

13. — L. a. s. (à l'électeur de Bavière); Kensington, 17-27 mars 1696, l n. in-4°. - 25 fr. (No 247, Tross, 1860.)

• Mon frère, j'ai este très aise d'aprendre le bon succès de l'affaire de Givet, j'espere que cela autera aus ennemies les moiens d'agir de bonheur sur la Meuse. »

14. — L. a. s. (au duc de Savoie) ; La Haye, 22 novembre 1697, l p. in 4\ — 81 rr. (N* 93. Alex Martin, 1842) ; «27 fr. (V HO, Lalande, 1844.)

15. — Manifeste de Guillaume pour servir d ouverture à la Paix dont les conditions ont été publièz à la fin de l'année :697. mss. autographe, 20 p. pl. in-4o, paraphé ainsi à chaque page : Paraplié te 12 mai 1098 : Lecamus. - Non vendu (No 230, Laverdet, 1859.)

Précieux document historique. Il commence ainsi :

« Ceux qui dans lattente de la Paix considèrent de bonne foy la situation des affaires de leuropu et qui cherchent sans passion la principale cause des reuululions qui la troublent ne lout point encore rejettez sur moy et nen ont point attribué tous les malheurs a mon élévation au throne des 3 royaumes dangleterre decosso et dirlande. Il ny a que le Roy de france et ses partisans qui sefforce a ce jourdhuy du le faire. Il ny a queux qui me traitent dusurpateur et de tyran qui ciiagrius de la fidélité de mes sujets s'onstinent a continuer une guerre quils nont entrepris que par desespoir et quil est de mon honneur et de ma gloire de terminer Ils rejettes sur mon ambition tous les desordres de leurope et ru ace use ni destre lautheur de la reuolle des anglois, ils me reprochent dauoir excité la fameuse ligue dausbourg et dauoir chassé du trône pour y monter un prince illustre et magnanime que les neuds du sang mobligeront toujours de respecter et enfin ils maccablent et me noircissent duu si grand nombre dimpostures que je ne puis mempecher pour ma juslitication particulière de rendre compte à tout lunivers de ma conduite.... • 11 dit en terminant :

• Que mes ennemis disent après cela tout ce quils voudront contre moy quils se forment toutes les idées quil leur plaira ma sincérité démentira toutes leurs impostures. Ils me trouueront toujours prest a leur rendre avec la paix le bonheur et la tranquillité quils ont perdues. »

16. - L. a. s. à Louis XIV ; 22 juin 1701, l p. pl. in-4o. — 34 fr. (No 212, Esterhazy, 1857.)

Lettre de condoléances sur la mort de Philippe d'Orléans, frère de Louis XIV.

Nous ne trouvons pas, dans les catalogues, d'autres lettres autographes signées de Guillaume III : une dizaine de lettres ou pièces seulement signées se sont vendues de 7 à 12 fr.

Guillaume iv, roi d'Angleterre, troisième fils de Georges 111 et successeur de Georges IV (28 juin 1830), n. à Windsor, 21 août 1765, m. 20 juin 1837.

Cinq lettres autographes sigDées de ce prince se sont vendues, en moyenne, 10 fr. Une lettre seulement signée a été payée 25 fr. (catalogue Esterhazy).

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