Newton
A Monsieur Rohault.
« Observation : — On remarquera que dans plusieurs de ces Lettres il est question de l'attraction.
■ Le 20 mai 1654, Pascal envoie à Newton divers problèmes qui oui été autrefois l'objet de ses préoccupations touchant les lois de l'attraction.
« Le 2 décembre 1657, il envoie une liasse de notes, réflexions et pensées touchant les sciences, entre autres les lois de l'attraction et de l'équilibre.
« Et le 22 novembre 1658, il envoie de nouvelles observations, c'est-àdire de nouvelles notes, sur les phénomènes des mouvements célestes, et en outre un écrit touchant l'astronomie physique.
• Une partie de ces notes envoyées à Newton en 1654, 1657 et 1658, peuvent se trouver paimi les cinquante et plus insérées dans les Comptes rendus des séances des 15 et 22 juillet. De sorte que Pascal a pu se servir du mouvement du second satellite de Saturne, connu en l65o seulement, pour calculer la masse de cette planète, de même qu'il a calculé la masse de Jupiter et de la Terre. Cette remarque suffit pour lever la difficulté dont a parlé M. Faye, sans en faire une objection toutefois, dans la dernière séance {Comptes rendus, p 24).
« M. Duhamel répond que ces nouvelles communications de M. Chastes n'infirment aucune des observations qu'il a présentées dans la précédente séance, et il persiste à regarder Newton comme le premier qui ait démontré la loi de la gravitation universelle, qni avait bien été soupçonnée et énoncée avant lui, mais dont aucune preuve rigoureuse n'avait été apportée. »
Séance du lundi 12 août 1867
Lettre de sir David Brewster à M. Chevreul.
« Alberly Melrose, 6 août 1867.
« J'ai lu avec plus que de la surprise la prétendue correspondance de Pascal avec Boyleet Newton publiée daus le dernier numéro des Comptes rendus. N'ayant pas les moyens de juger de l'authenticité des nombreuses Notes de Pascal, qui ont paru dans les deux précédents numéros, je ne me hasarderai pas à exprimer les soupçons qu'elles ont pu m'inspirer; mais quand j'ai lu les lettres de Pascal et de Newton, lettres datées et contenant des faits sur lesquels j'étais eu état de me former une opinion, j'ai senti que c'était un devoir pour le biof raphe de Newton d'étudier la prétendue correspondance.
• Ayaut soigneusement examiné tous les papiers et la correspondance de sir kaac Newton qui se conservent à Ëurtsbourne Park, résidence d'une personne de sa famille, M. le comte Portsmouth, je n'hésite pas à dire qu'aucune lettre de Pascal à Newton, ni aucune autre pièce contenant le nom de Pascal n'existent dans celle collection. En 1837, M. Henri Fellows, frère nlné du comte de Portsmouth, voulut bien m'aider à examiner ces papiers, et nous aurions été ravis de trouver la moindre lettre ou le moindre document provenant d'un grand homme, d'un noble caractère tel que Pascal. A une époque plus rapprochée, lord Portsmouth me permit de garder en ma possession, pendant plusieurs mois, toutes les pièces que M. Fellows jugeait pouvoir m'étie utiles pour écrire la vie de Newton, et, dans ce second examen des manuscrits, je n'ai pas plus que dans le premier, trouvé le nom de Pascal.
« Je crois que jamais lettres n'ont été échangées entre Pascal el Ntwtou, et, s'il était prouvé que celles qui ont été publiées dans le Compte rendu sont des productions véritables, il en résulterait que des trois seules personnes qui aient examiné les papiers de Portsmouth, M. Conduit!, le Dr Horsley et moi, l une ou l'autre aurait volontairement supprimé les
lettres de Pascal afin de donner à Newton la gloire sans partage d'avoir établi la loi de la gravitation universelle. Ce qui est dit des Lettres de Miss Anne Ayscough, mère de Newton, adressées à Pascal, pour le remercier de ses bontés envers son fils, est toui à fait inexplicable. Newton avait à peine quatre ans, quand Fa mère cessa de porter le nom d'Ayscough, et ce serait seulement sous son nouveau nom de femme, Hannah Smith , qu'elle aurait pu correspondre avec Pascal.
i La lettre de Pascal à Boyle, en date du 16 juin 1654, où on lui fait dire qu'il a reçu un Mémoire de Newton traitant du calcul infinitésimal, du système des tourbillons, de l'équilibre des fluides et de la gravité, est évidemment l'œuvre d'un faussaire, car Newton, alors âgé seulement de onze ans. ne connaissait rien sur aucun de ces sujets. Les lettres de Pascal à Newton datées du 20 mai 1654, et les nombreuses lettres qu'on donne comme échangées entre eux dans la même année, quand Newton avait moins de onze ans et demi, sont également forgées, car Newton n'avait nulle connaissance des sujets qui y sont traités, s'occupant alors, d'une manière bien plus convenable à son âge, de eerfs- volants, de petits moulins et de cadrans solaires, et cela jusqu'en 1658, où, comme il l'a dit lui-même à M. Gonduitt, il fit sa première expérience scientifique, consistant à mesurer la différence de vitesse du vent par la différence de longueurs de deux sauts consécutifs qu'il faisait, l'un dans le sens où souillait l'orage, l'autre dans la direction opposée.
« Ce fut seulemeut en 1661 qu'il montra ces dispositions et aborda quelques-unes de ces études par lesquelles il devint plus tard si célèbre.
« Comme confirmation des raisons que je viens de donner, je ne crains pas d'ajouter que ces lettres, tant celles de Newton que celles de Pascal, annoncent par des caractères intrinsèques et rien que par leur style, qu'elles ne sont point les productions de ces nommes distingués ; j'espère en conséquence que M. Chasles publiera toutestes lettres en sa possession
»n ont rapport à Newton, afiu que ses amis en Angleterre puissent mouer pleinement, même aux gens les plus crédules, que celles de Pascal, de Boyle et de Newton sont de méprisables forgeries. »
Après la lecture de cette Lettre, M. Chasles s'exprime ainsi :
• Je ne dirai rien dans ce moment des pièces émanées de Pascal, dont l'authenticité est soumise à l'examen d'une Commission.
« Mais la Lettre de l'illustre Associé de l'Académie, notre vénéré confrère M. Brewster, soulève une autre question à laquelle il ne m'est pas possible de différer de répondre, savoir, s'il a réellement existé des relations entre Pascal et le jeuue«flewton.
« Cette question peut être traitée dès ce moment, indépendamment de l'authenticité des Lettres, et autres pièces de Pascal.
« Elle est grave ; aussi l'Académie me permettra de produire de nombreux documents qui mettront hors de doute la réalité des relations annoncées.
« Je rangerai ces documents en quatre classes. Ce sont :
« Ie Des Lettres de miss Anne Ascough, ta mère de Newton, et d'Aubrey
adressées à Pascal ; et des Lettres de Hobbes adressées à Mariotte et a *
Clerselier ;
f 2° Des Lettres de Newton adressées à Um* Perrier, à l'abbé Perrier, à Rohault, à Saint-Evremond, à Desmaizeaux, à Malebranche ;
« 3° Des Lettres adressées à Newton par Mme Perrier, par Rohault, par Clerselier, par Mariotte ;
« 4" Des Lettres de quelques savants et littérateurs des premiers temps du siècle dernier ; Montesquieu, Detmaizeaux, Rémond, Louis Racine.
« Deux LeltreB sont adressées à Pascal par miss Anne Ascough, comme je l'ai déjà dit '. Plusieurs sont d'Aubrey ; en voici une :
Aubrey à Pascal.
« Le 12 may 1654. — Me suis rendu suivant votre désir auprès du jeune lsaac Newton, et me suis entretenu longuement avec luy. Il est fort jeune encore, car à peine a-t il onze ans, et pointant il raisonne fort sciemment sur les mathématiques et la géométrie. Je luy demanday de qui il tenott les premières notions de ces sciences, et qui les lui avait initiées.
« 11 me conta qu'en- la maison de son père étoit Tenu habiter pendant quelques temps un François, bon amy de son dit père, et qui lui enseigna les premiers principes du francois, et qu'il lui avoit aussy euseigné les premiers éléments de géométrie ; et qu'un jour il luy fit un tant bel éloge de Descartes, dont on venoit d'apprendre la mort, que cela luy donna l'idée d't studier dans les livres de ce grand philosophe et mathématicien tout à la fois ; et
Su'alors cherchant partout les moyens de bien approfondir les connaissances e ce scavant Francois, il eut recours à vous dont il avoit aussy entendu faire l'éloge. Voilà comment il luy a pris envie de vous escrire.ll a aussy escrit, ni'a-t-il dit, â M. Gassendi, mais celuy cy ne luy a encore rien ré
Sondu. Je puis donc vous assurer, monsieur, que le jeune estudiant de l'école e Grantham est digne d'intérest, et qu'il est de bonne maison, mais orphelin de père. Voilà ce que j'ay à vous apprendre, monsieur, et suis votre bien affectionné. •
Th. Hobbes à Mariotle.
« Ce 8 mars 1676. - Je ne suis pas moins étonné que vous du silence de M Newton sur Descaries et Pascal, ses précurseurs, et auxquels pourtant il doit une partie de la réputation qu'il a acquise. Il est à la connaissance de maintes personnes qu'il a eu des relations, avec M. Pascal; que celui-cy, dans les dernières années de son existence et sur la recommandation qu'on lui fit du jeune Newton, génie précoce qui promeltolt, il lui fit part de ses idées et lui envoya bon nombre de ses observatioi s. Je veux bien croire que M. Pascal n'a donné que des idées, des projets, ét qu'il a fallu à M. Newton retravailler, polir, refaire pour ainsi dire des projets que lui avoit inities M. Pascal. Mais ne jamais citer son nom dans ses écrits, cela me semble extraordinaire. Car certes les uoms de Descartes et de Pascal sont des noms très louables, et on ne doit pas craindre de les citer : et quoiqu'en puisse dire M. Newton, ces deux génies sont ses précurseurs ; et pour ne parler que de Descartes, on lui devra toujours les plus belles connaissances. C'est à lui qu'on doit la méthode
{»ar laquelle on a découvert et on découvre tous les jours tant de vérités. C'est ui qui a allié la physique avec les mathématiques, débrouillé le chaos de l'algèbre ancienne, etc., etc. Je vous le répète, je ne comprend pas le silence ou plutôt le mépris que M. Newton a pour Descartes. Je suis de vous, Monsieur, le bien aflectionné »
Hobbes à Clerselier.
« Ce 28 mars. - Quant à ce qui est de monsieur Pascal, avec lequel j'ai toujours eu aussi de très- honorables relations, vous n'ignorez pas sans doute qu'il a pris en affection un jeune écolier de l'Université de Cambridge, duquel ou vante la piécocitô. Sur ce, je vous dirai mon sentiment dans une autre lettre «•
Newton à M- Perrier.
• Ce 1" octobre. — Mercy, grand mercy du précieux don que m'avez fait d'un des escrits trouvé ès habits de M. Pascal. Je vous assure aussy, Madame.
' Compta rendu de la séance du 29 juillet. Ces deux lettres sont signées miss Anne Ascough Newton. La première est datée ce 2 juillet 1654 et la seconde ce 2 seplem • bre. Pascal a ocrii sur la première : ■ Cette Lettre est de la mère du jeune Newton. P. » et sur la seconde : « Lettre de la mère du ievne Newton, n
que Je feray beaucoup de cas, et que j'ay grand respect pour tous les escrits qu'il m'a envoyé en son vivant, et les garderay aussi comme précieux souvenirs de luy M. Pascal et de mon jeune aage en mesme temps.
« Ce 30 mars. — Desja dans le temps de la mort du très regrettable et bon amy de moy M. Pascal, vous m'avez envoyé divers papiers de luy, dont je vous scay gré, et vieîls vous en renouveller le remerciement. Mais j'ay appris que vous aviez encore de luy certains escrits qui me feroient grand plaisir d'avoir. Je tiens cette révélation d'un mien amy, à qui les avez communiqué, m'a t ; dit. Je prie vous, Madame, me dire si cette personne, qui est M. Rohault, vous les a remis, et si vous voulez bien me les communiquer aussi. Du reste, Madame, si vous me permettiez voir tous les papiers qui vous sont restés de Monsieur vostre frère, je feray volontiers le voyage a Paris, pour les examiner par moy mesme. Et vous priera v me dire aussy en quelles mains il peut s'en trouver d'autres. C'est vous dire assez, Madame, la grande estime que j avais pour feu M. Pascal, et la grande considération de moy pour tout ce qui le touche J'attens de vous, Madame, une réponse de suite, je vous prie, et suis de vous excessivement le très affectionné et bien obligé serviteur. *
Newton à M. l'abbé Parier.
« 18 juin. — Je vous prieray m'envoyer, s'il vous plait, toutes les lettres de moy adressées à M. Pascal. Ce sont des souvenirs de mon enfance que je désirerois garder devers moy. Soyez donc assez bon, je vous prie, pour vous occuper de les rechercher parmi les papiers de feu vostre oncle, et je vous en seray très reconnaissant. Veuillez ne point laisser cette chose en oubli, s'il vous plait, et soyez assuré de mon affection bien sincère. »
Newton à Rohault.
. Ce 25 août. - Il est vray, Monsieur, que lorsque je visitay M. Pascal il estoit desjà très malade. Je trouvay sa teste très fatiguée. Je reconnu qu'il n'avoit pas toutes ses facultés. Aussy j'en fus fort peine. Luy qui avoit escrit de si belles choses. Ce fut là une des raisons qui m'ont empesclié d'en parler dans mes œuvres. Quoy qu'il en soit, je reconnois qu'il fut homme de grand mérite et qu'il eust une science profonde. Quand à M. Descartes duquel je vous promis mon sentiment, selon moy il mesura d'un coup d'œil toute l'étendue des conséquences de son système... t
Newton à Saint Évremond.
m Ce 12 may 1685. — Vous me mandez tenir de plusieurs personnes de vos amis qui se disent bien informées, que je dois avoir un bonjnombre d'escrits de feu monsieur Pascal, et aussi de M. Descartes. Cela est vray et je veux bien vous dire comment je les ai obtenu . Non-seulement il (Pascal) m'a donné de bons conseils pour me diriger dans l'estude des sciences; mais il m'a soumis maints projets à continuer, et comme je viens de vous le dire, il m'a fait part d'un bon nombre d'observations que sur cela il avait fait, en m'engageant de les mettre a exécution : ce que j'ai taché de taire autant qu'il m'est possible. »
Newton à Desmaizeaux.
« Ce 12 novembre 1719. — Vous me mandez tenir d'une personne bien assurée que je devrois avoir, ou que j'aurois entre les mains des papiers de Descartes, de Kepler, de Pascal, etc. Il est vray qu'il m'en est tombé autrefois quelques-uns entre les mains, principalement de feu monsieur Pascal avec lequel je m'estois mis en relation, estant jeune encore. Cela dura quelques années. Je n'eus qu'à me louer de ce scavaut qui sembloit prendre intérest à moi. Mais ayant entendu parler de sa démence, j'ay mis tous ces divers escrits de costé, pensant que je ne devois pas en faire mention à cause de cet incident survenu à Mr Pascal sur la fin de sa vie. Quoiqu'il en soit, je veux bien vous avouera vous que ces divers escrits m'ont esté de quelque utilité pour mes travaux, et que j'y ai glané quelques idées qui m'out servi pour l'établissement de mon système. Mais depuis longtemps je ne sais ce que sont devenus ces papiers. Voila pourquoyjene vous les communique
pas Mais en récompense je vous envoya diverses pièces nouvelles relatives aux débats que j'ay eu autrefois avec Mr Leibniz. Vous pouvez les joindre comme appendice à celles que vous avez déjà et en disposer comme vous l'entendrez. Je vous scay trop bon amy de moy pour doubler que vous en ferez mauvais usage. Sur ce, Monsieur et cher Desmaizeaux. je vous prie estre bien assuré que je suis, comme toujours, de vous le très-humble et très dévoué serviteur. •
Newton à Malebranche.
• Monsieur et très révérend père, comme l'a dit Mr P., dont déjà nous nous Fommes entretenu, si le mouvement croit ou diminue dans le monde, il faut que l'action de Dieu croisse ou diminue.. Ainsi que le dit encore Mr P. dans une des Notes qu'il m'a communiquées, si la machine de l'univers était tellement construite nue le mouvement y fut tantôt plus grand et tantôt moindre, tous les inconvénients dont nous avons parlé dans une autre lettre se retrouvt roient icy, Dieu seroit semblable à cet horloger... •
(La suite au prochain numéro.)
MANUEL l)K LWMATEUn D'AUTOGRAPHES
(GUILLESf EAU-GUIRAUD)
GUILLEMEAU (Jacques), habile chirurgien des rois Charles IX, Henri III et Henri IV, élevé favori d'Ambroise Paré, auteur de savants ouvrages, n. à Orléans (Loiret), 1520, m. à Paris, 13 mars
^Ouitt. sig., sur vélin ; septembre !608 - 7 fr. (N° 242, Lucas deMontigny,
Il déclare avoir reçu « la somme de sept vingt dix livres que Sa Majesté m'a faict don pour ma récompense à cause de mon estât de chirurgien de Sa Majesté, durant le quartier de juillet, aoust et septembre .. »
Pièce unique.
guillkminot (Armand-Charles, comte), général, chargé, en 1823, de la guerre d'Espagne, ambassadeur à Constantinople, n à Dunkerque (Nord), 2 mai 1774, m. à Bade, 14mars 1840.
Ses autographes sont communs et valent environ 2 fr.
guillon DE montléon (l'abbé Aimé), publiciste et théologien, historien du siège de Lyon, n. à Lyon (Rhône), 24 mars 1758, m. à Paris, 12 fév. 1842.
Ses lettres se \endent de 2 à 3 fr.
CiUiixON (Marie-Nicolas-Silvestre), bibliothécaire et lecteur de la princesse de Lamballe, prédicateur et écrivain ecclésiastique, évêque de BeaUvais, puis de Maroc, aumônier de la reine Marie- Amélie, n. à Paris, l6* janvier 1760, m. à Montfermeil, 7 octobre
"Ses autographes, communs, valent, en moyenne, 2 fr. guillotin (Joseph-Ignace), médecin, député aux États-Généraux, introducteur en France de l'instrument de supplice qui porte
son nom, n. à Saintes (Charente- In M, 28 mai 1738, m. à Paris, 26 mars 1814.
1, — L. a 3. fan M" de Villette) ; Paris, 9 janvier 1789, 3 p. 1/2 in-4°. — ?8 fr. (N° 285, /T.. y, 1863) ; 20 fr. (N' 312, J. Charavay, 18651)
Réponse à une lettre que lui a écrite le marquis de Villette, au nom d'une société patriotique, pour le féliciter sur l'ouvrage qu'il vient de publier (sa fameuse Pétition descitoyeru domicilies à Paris). Cet ouvrage lui vaut des éloges unanimes, qu'il était loin de chercher. • On a fait le Médecin malgré lui, le Philosophe sans le savoir, on pourrait faire à présent tout à la fois i l'Auteur sons te savoir et malgré lui.... Toute ma vie j'avois pris soin d'être ignoré comme écrivain, et probablement je le serois encore sans l'éclat que le Parlement vient de donner à cette affaire.... n
2. - L a. s. à M. Chignard; Paris, 12 juillet 1191, 2 p. pl in-4*. - 15 fr. (N-25l,y. Charavay, I8bt.)
S. - L. a. s.; 18 ventôse an xii, I p. 1/4 in-fol. — 14 fr. (»• 256, Fossé-Darcosse, 1802.)
4. — L. a. s. au préfet de la Seine; Paris, 28 mars 1808, 4 p. pI.in-4' — 15 fr. (N*24?, Lucas de Monliqny, 1860.)
5. - L. a. s. au préfet de la Seine, 2 p. in fol. - 9 fr. 75. (K* MO, Lalande, 1844 )
Il demande un local convenable pour l'application du galvanisme à la guérison des maladies.
6. - Sa Biographie autographe, 2 p. pl. in fol. — 8 fr. (N# 723 du Bull.- J. Charavay) ; 33 fr. {N° 246, Lajamttte, 1860.)
Les autographes de Guiljotin fort ri(heich('s : on trouve encore daD8 les calaloguesquclqucs lettres ou certificats de lui vendus de 6 à 8 fr.
(iUiMAHD iMarie-Madeleine Morelle, dite), femme d'Etienne Despréaux, une des plus célèbres danseuses de son temps, n. à Paris, 10 octobre 1743, m. dans la môme ville, 4 mai 1816.
1. - L. a s. à Perregaux ; Londres, 16 avril 1787, 3 p. pl. in-4o - 7 fr. 75. (N* 176, Trèmont, 1852.)
Curieuse lettre sur son arrivée à Londres, et sur l'accueil gracieux et empressé qu'elle y a reçu de toute la noblesse, et principalement de la duebesso de Devonshire, qui est à la téle des organisateurs du t. ni qui va être donné au grand théâtre. «Pour le bal il faut des babils, et des darnes anglaises sont aussi coquettes que les Françaises, donc au moment que je suis descendue de voiture à mon arrivée à Londres, j'ai été assommée de marchandes de modes et de tailleurs pour me prier do la part des dames de donner mes avis sur leurs habits. Vous pensez bien que je n'ai pas fait de façon... »
2. — L. a. s. à Perregaux ; Londres, 26 juin 1787, 4 p. pl. in-4c - 18 fr. (N° i&h,Hervey, 1S54) ; 16 fr. (N°254, Laverdel, 1861.)
Le silence qu'elle a gardé depuis si longtemps avec lui n'a eu d'autres causes qu'un travail forcé et trop pénible pour lui laisser la possibilité d'exécuter ce qu'elle désirait le plus. « Ah I mon voisin, en quel pays suis-je venu ? je ne me plains pas des habilan te, non, il s'en faut du tout ; mais les Italiens! Ah I les coquinsl l'Opéra de Londres en est le repaire, à commencer par II signor Barelli... et un petit brin notre ami Gallini. que je n ai cru qu'une honne liéle jusqu'à ce moment, maie qui vient de se déclarer quelques choses de plus, voici le fait... m L'Opéra vient de brûler, et elle a dû considérer son engagement comme rompu, les 325 guinées qui lui étaient dues comme perdues. Récit curieux des moyens employés pour lui faire abandonner ses droite, et la faire jouer au rabais au théâtre de Covenl liarden, qui, venant d'entrer en vacance, a été mis à la disposition de la troupe incendiée.
3. — L a. s.; (Londres, 1787), 4 p. pl. in 4'. —55 fr. (N° 22! . D'Henneville, 1758.)
Elle est comblée des boutés des grandes dames et veut donner sa démission à l'Opéra.
Les lettres de iaGuimard sont rares et recherchées : on en trouve encore dans les catalogues' une sizainc, vendues de 7 à lOfr.
ttUlNET (François), célèbre avocat, auteur d'une ViedeJustinien,
n.à Pont-à-Mousson (Meurthe), 4 mars 1604, m. à Nancy, 13 sep" tembre 168t.
Une pièce aut. sig. de lui s'est vendue 4 fr. (catalogue Lamoureux). GUIOT DE SAINT-FLORENT, Connu SOUS le DOII1 FLORENT-
Guiot, avocat à Semur, député de la Côte-d'Or à la Convention, membre du Conseil des Anciens.
1. — L. a. s. au Comité de Salut public ; Lille, 27 nivôse an ni. 3 p. 1/? in-4-, vig. et tête imp. - 6 fr. (N* 2243 bis du BuU J. Charavay.J
Lettre toute politique, relative en partie aux rassemblements d'agitateurs et de brigands qui se forment autour de la place de Lille. Entrant ensuite dans des considérations de haute politique, il dit : « Prenons garde que ces mots terroristes, homn.i t de sang nu deviennent des arme3 funestes à la tranquillité publique, et qu'où ne les emploie pour perdre son ennemi ou supplanter l'homme dont on désire la place, ainsi qu'on l'a fait si longtemps des mots modérés et smpects .. •
2. — L. a. s. au Comité de Salut public; Lille, 23 ventôse an m, 2 p. 1/2 in-4°, vig. et tête impr. — Il fr. (N° 289, J. Clwravay, 1864.)
Il dénonce au Comité un grave abus, et une grave dilapidation de bras et d'argent qu'il a remarquée dans le dép» de la Somme, d'où il arrive. II en a coûté, dit-ii, 5 à 600,000 liv. l'année dernière pour remuer des terres dans la prétendue place d'Amiens, et dans la soi-disant place de Doullens ; il donne des explications détaillées de ces abus et indique les moyens de les faire cesser « .. N'est-il pas ridicule qu'il y ait un commandant à Montdidier, place forte, comme NeuiUy près Paris. Pendant qu'on multiplie de la sorte les commandants, ceux qui sont utiles meurent de faim avec leur traitement, par lachèretô des denrées.-. » 11 parle ensuite des dilapidations commises en Belgique, et soutient que tontes ces déprédations s'élèvent chaque année à 500 millions. « ... Méfiez vous de tous ces intrigants qui obstruent tous les accès du gouvernement et qui vous peignent tout eu beau, ou no vous proposent que des remèdes d'empiriques C'est l'ordre, l'économie, l'exacte surveillance dans chaque partie qui seuls peuvent vous faire sortir de la crise. . »
3. — L. a. s. au Comité de Salut public ; Lille, 27 ventôse an m, 3 p. 1/2 in 4», vig. et tête impr. - 5 ff. (N» 13939 du Bull. J. Charavay.)
Il leur fait part des rassemblements de brigands qui se forment autour de Douai et il les exhorte à une répression sévère. Il é3 livre ensuite à des comparaisons entre les terroristes et les modérés « Arrêtez une réaction qui tendrait à défigurer la cause delà liberté en lui prêtant les couleurs de l'esprit de parti... ■
Quelques autres lettres. En moyenne, 3 fr.
guiraud (Pierre-Marie-Thérèse-Alexandre, baron), poète et auteur dramatique, membre de l'Académie française, n. à Limoux (Aude), 25déc. 1788, m. à Paris, 24 fév. 1847.
Ses autographes, communs, se vendent, en moyenne, 3 fr.
(La suite au prochain numéro.)
LISTE PAR ORDRE ALPHABÉTIQUE DES MRMBRES DE L'ACADÉMIE FRANÇAISE
DEPUIS SA FONDATION JUSQU'A NOS JOURS, DRESSÉE PAR
Thiers (Louis- Aâolphe), historien du Consulat et de l'Empire, ministre de Louis-Philippe, né à Marseille (B. du Rhône), le 16 avril 1796. Il fut élu le 20 juiu 1833, en remplacement d'Aodrieux, et prononça son discours de réception le 13 décembre 1834.
Thomas (Antoine- Léonard), célèbre écrivain et littérateur, né à Clerraont-Ferrand (Puy-de-Dôme), le 1er octobre 1732, mort à Oullins, près Lyon, le 17 septembre 1785. Il succéda, en 175(3, à Ha rd ion , prononça son discours de réception le 22 janvier 1767, et fut remplacé par le comte de Guibert (34* fauteuil).
Thyrel. V. Boismont.
Tissot (Pierre-François), littérateur et historien, né à Versailles (S.-et- Oise), le 10 mars 1768, mort à Paris, le 7 avrij 1854. 11 succéda, le 7 mars 1833, à Dacier, prononça son discours de réception le 9 août de la même aunée, et fut remplacé par M. Dupauloup.
TocQUF.viLLE (Alexis-Charles-Henri Clerel, comte de), célèbre écrivain,
fmbliciste et homme d'Étal, né à Paris, le 29 juillet 1805, mort a Cannes, e 16 avril 1859. Il succéda, le 23 décembre 1841, à Lacuée, prononça son discours de réception le 21 avril 1842, et fut remplacé par le Père Lacordaire.
Tourreil (Jacques de), littérateur, traducteur de Démosthène, membre de l'Académie des Inscriptions (1691), né à Toulouse (Hte- Garonne), le 18 novembre 1656, mort à Paris, le 11 octobre 1715. Il succéda, en 1692, à Leclerc, prononça son discours de réception le 14 février de la même année, et fut remplacé par Mallet (40e fauteuil).
Tracy (Antoine- Louis-Claude Demutt, comie dij), célèbre philosophe •et écrivain, né dans le Bourbonnais, le 20 juillet 1754, mort à Paris, le 9 mars 1836. H succéda, le 15 juin 1808, à Cabanis, prononça son discours de réception le 21 décembre suivant, et fut remplacé par M. Guizot.
Tressan (Louis-Élisabeth de La Vergne, comte de), lieutenant-général, vulgarisateur des romans de chevalerie, né au Mans (Sarthe), le 4 novembre 1705, mort à Paris, le 31 octobre 1783. Il succéda, en 1781, à Condillac, prononça sou discours de réception le 25 janvier de la même année, et fut remplacé par Bailly (29e fauteuil)
Tristan l'Hermite (François), poète dramatique, auteur de La Marianne, né au château de Soliers, dans la Marche, en 1601, mort à Paris, le 7 septembre 1655. Il succéda, en 1648, à Colomby, prouonça son discours de réception la même année, et fut remplacé par La Mesnardière. (22e fauteuil).
Trublet (Nicolas-Charles-Joseph, abbé), littérateur, connu parses Essais de morale et de littérature, né à Saint-Malo (Ile-et-Vilaine), le 3 décembre 1697, mort dans la môme ville, le 14 mars 1770. Il succéda, en 1761, au maréchal de Belle-lsle, prononça son discours de réception le 13 avril de la même année, et fut remplacé par Saint-Lambert (Ier fauteuil).
VAUNCOUR^Jean-Baptistp-Henri Du TROUSSEîde), écrivain, auteur d'une Vie de François de Lorraine, duc de Guise, historiographe de France, ami de Boileau qui lui dédia sa xi* Satire, né à Paris, le 1er mars 1653, mort dans la même ville, le 4 janvier 1730. Il succéda, en 1699, à Jean Racine, prononça son discours de réception le 27 juin de la même année, et fut remplacé par La Baye (17« fauteuil).
V atout (Jean), littérateur, bibliothécaire de Louis-Philippe, né à Viilefranche (Rhône), le 25 mars 1791, mort à Claremont (Angleterre), le 3 novembre 1848. Il succéda le 6 janvier 1848, à Ballanchc, mourut sans prononcer son discours de réception, et fut remplacé par le comte <!.• Saint-Priest.
Vaugblas (Claude Fabre de), célèbre grammairien, un des législateurs de la langue française, né à Méximieux (Ain)? le 6 janvier 1585, mort à Paris, en février 1650: Membre de l'Académie dès sa fondation, il fui remplacé par Georges de Scudéry(30e fauteuil).
Vauréal (Louis-Gui de Guerapin de), évégue de Rennes, né en 1687, mort en 1760. Il succéda, en 1749, au cardinal de Rouan, prononça son discours de réception le 25 septembre de la même année, et fut remplacé par La Gondamine (16* fauteuil).
Vaux. Y. Giry.
Verjus (Louis), comte de Crécy, habile négociateur, plénipotentiaire à ladiètedeRatisbonneel au congres de Ryswick, né à Paris, en 1629, mort dans la même ville, le 13 décembre 1709. Il bucctda, en 1679, à J'abbé Cassague, prononça son discours de réception le 24 juillet de la même année, et fut remplacé par A. de Mesmes (21* fauteuil).
Vicq d'Azyr (Félix), savant médecin, écrivain distingué, membre de l'Académie des Scieuces (1774), né à Valognes (Manche), le 13 avril 1748, mort à Paris, le 20 juin 1794. Il succéda, eu 1788, àBuffon, prononça sou discours de réception le 11 décembre de la môme année, et fut remplacé par (36e fauteuil).
Viennet (Jeaa-Pons-Guillaume), poète et fabuliste, né à Béziers (Hérault), le 18 novembre 1777. Il fut élu, le 18 novembre 1830, en remplacement du comte de Ségur, et prononça son discours de réception le 5 mai 1831 .
Vigny (Alfred-Victor, comte de), célèbre poète et écrivain, né à Loches (Indre-et Loire), le 27 mars 1797, mort à Paris, le 17 septembre 1863. Il succéda, le 8 mai 1845, à Etienne, prononça son discours de réception le 29 juillet 1846, et fut remplacé par M. Camille Doucet.
Villar (Noèï-Gabriel-Luc, abbé), littérateur, né à Toulouse (H*« Garonne), le 13 décembre 1748, mort à Paris le 28 août 1826. Il fut élu membre de Plnstiiut, le 10 décembre 1795, et remplacé par l'abbé de Félctz.
Villars (Claude-Louis-Hector, duc de), illustre maréchal de France, né à Moulins (Allier), le 8 mai 1653, mort à Turin, le 17 juin 1734. 11 succéda, en 1714, à Cnamillart, prononça son discours de réception le 23 juiw de la mémo année, et fut remplacé par son fils le duc de Villars (23e fauteuil).
Villars (Honoré- Armand, duc de), prince de Martigues, (ils du précédent, gouverneur de Provence, né le 4 décembre 1702, mort à Aix, en mai 1770. Il succéda, en 1734, à son père, prononça son discours de réception le 9 décembre de ta même année, et fut remplacé par Loménie de Brienne (230 fauteuil).
Villayer (Jean -Jacques Renouaro de), doyen des conseillers d'État, né , mort en 1691. 11 succéda, en 1659, à Servien, et fut remplacé par Fontcnelle (26e fauteuil).
Villemain (Abel-François), écrivain distingué, ministre de Louis-Philippe, né à Paris, le 9 juin 1790. Il succéda, le 26 avril 1821, à Fontanes, rononça son discours de réception le 28 juin suivant, el remplaça rnault comme secrétaire-perpétuel le 11 décembre 1834.
Vît et (Ludovic), écrivain distingué, me mbre libre de l'Académie des Inscriptions (1839), né à Paris, le 18 octobre 1802. Il fui élu, en 1845,
en remplacement de Soumet, et prononça son discours de réception le 26 mars 1846.
Voisenon (Claude Henri Fusée, abbé de), littérateur,, poète et bel esprit, né au château de Voisenon, près Melun (Seine-et-Marne), le 8 juillet 1708, mort au même lieu, le 22 novembre 1775. Il succéda, en 1753, à Crébillon, prononça son discours de réception le 22 janvier de la môme anuée, et fut remplacé par Boisgelin (17e fauteuil).
Voiture (Vincent), un des écrivains les plus célèbres de son temps, né à Amiens (Somme), le 23 février 1597, mort à Paris, le 27 mai 1648. Membre de l'Académie dès sa fondation, il fut remplacé par Mézeray (31e fautettii).
Volney (Constantin- François Chasseboeup, comte de), célèbre écrivain et philosophe, auteur des 'Ruines, né à Craon (Mayenne), le 3 février 1757, mort à Paris, le 25 avril 1820. Il fut élu membre de l'Institut le 6 décembre 1795, et remplacé par Pastoret.
Voltaire (Prançois-Marie Arouet de), le plus grand génie littéraire du xyiii6 siècle, né à Châtenay (Seine), le 20 lévrier 1694, mort à Paris, le 30 mai 1778. Il succéda, en 1746, au président Boubier, prononça son discours de réception le 9 mai de la même année, ét fut remplacé par Ducis (31e fauteuil).
Watelet 'Claude- Henri), littérateur et dessinateur, aulétird'un poème sur Y Art de peindre, né à Paris, en 1718, mort dans la même vjlle, le 12 janvier 1786. Il succéda, en 1760, à Mirabaud, prononça son dîscouré de réception le 19 janvier 1761, et fut remplacé par Sedaine (3e fauteuil).
VARIÉTÉS
L'article curieux que nous donnons ici a été imprimé pour la première fois sous ce titre : Débauche d'une femme d'esprit, dans un journal bibliographique fondé par le célèbre Quérard, et qui portait son nom. Ce journal, presque ignoré, est devenu rare; aussi la reproduction de cette plaisanterie aura-t-elle pour la plupart de nos lecteurs l'intérêt de la nouveauté. Nous devons cette communication à l'obligeance d'un de nos amis, M. Antonin Voisin.
Nous imprimons en premier lieu la lettre d'envoi à M. Quérard, laquelle est indispensable pour l'intelligence du pro*cès-verbal et de la chanson qui suivront :
Bourges, 8 février 1854.
Mon cher monsieur Quérard,
Je viens de recevoir les deux volumes de vos supercheries littéraires
Sue je vous avais demandés. Ru les parcourant j'ai vu qu'il y manquait, ans la nomenclature des écrits de madame Sand, la mention d'un opuscule assez curieux et dont les exemplaires doivent être aujourd'hui assez rares. Cette pièce que fai vue, de mes yeux vue, à La Châtre, consiste dans une complainte sur la mort de François Luneau dit Michaud, dédiée à M. Eugène Delacroix t peintre en bâtiments très-connu dans Paris. Elle forme une feuille petit in-8* sur papier gris, dans le genre de celu^de la bibUulhèque bleue, et sort des presses de P. M. Arnault, im-
EHe se veridàik dans cette ville au prix de 4 sOtis (sic) l'exemplaire éi contient à la suite d'dii procès- verbal dressé par M. Dudévant, maire de Nohant-Vic, trente couplets sur la mort d'un malheureux paysan dont le cadavre avait été trouvé dans un puits du hameau de Labreuille, commune de St-Chartier.
Ces couplets sont, comme de juste, sur Pair du njnarèchal deSaxe et le dernier contient les noms de tous leurs auteurs, car ils ont été faits en société au château de Nohaut : il est ain<-i conçu :
Oui qu'a fait les hémistiches? C'est Rozanne. Fleury, » Ro- 1 i nat 2, Duteil •, Bourgoin, Georges Sand, qui n'est pas godiche, Kn paraphrasant ce morceau, sans beaucoup trop d'efforts.
Adieu, mon cher Bibliographe, crovez aux sentiments distingués et dévoués avec lesquels j'ai l'honneur de me dire votre trés-humble ser-
Th. Duchapt.
Voici maintenant la pièce annoncée dans ia lettre :
30 couplet» pour 4 sous
COMPLAINTE sur la mort de François Luneau dit Michaud, dédiée a M Eugène Delacroix, Peintre en bâtiments, très-connu dans Paris.
procès -vebral.
Aujourd'hui, 20 novembre 1834, sont comparus par devant nous les témoins ci-après nommés, lesquels nous ont déclaré que François Luneau, dit Michaud, propriétaire, demeurant à Labreuille, commune de Saint-Chartier, était parti de son domicile le 12 no-
1 Fleury qui fut en 1848 commissaire du gouvernement provisoire dans le département de l'Indre.
1 Uoîlinat qui fut député à la Constituante de 1848 pour le môme département.
1 Duteil qui fut nommé, après la révolution de février, procureur général à la Cour d'appel de Bourges et est mort depuis président de chambre à la même Cour.
M. Duteil dut à l'intlnence de madame Sand la haute position par laquelle il débuta dans la magistrature, ainsi que cela résulte de ia lettre assez curieuse par laquelle cette dame, alors toute puissante auprès du gouvernement provisoire, donnait â son protégé de La Châtre avis des démarches qu'elle faisait dans son intérêt.
« Je m occupe de toi; je cours, Planafcourt. On m'a promis; je suis presque
vembre dernier, afin de se procurer les voitures nécessaires pour transporter son mobilier de la maison appartenant au sieur François Marié, dont il jouissait comme locataire, en celle du sieur Noël Baudin, située au Grand-Veau, en cette commune de Nohant-Vic ; que depuis cette époque, et malgré les recherches les plus actives, on n'avait pu savoir ce qu'il était devenu ; qu'enfln aujourd'hui, 20 novembre, son corps a été trouvé dans le puits commun de Pénezon, situé prés de son domicile, d'où il a été retiré. Il avait une corde passée autour du cou, à cette corde était attachée une pierre de la pesanteur de 40 livres ; on a trouvé sur lui une autre corde de la grosseur du petit doigt, de deux mètres de longueur, et une somme de 213 fr. ; le tout a été remis à sa famille. On n'a découvert sur le corps aucun indice de violences ; on a remarqué seulement au doigt majeur de la main droite une coupure qui existait avant qu'il se jetât à l'eau.
Fait à Nohant-Vic, sur la déclaration des sieurs Jean Merlin, demeurant à Labreuille, commune de Nohant-Vic : Charles Lacoux, demeurant commune de Saiut-Chartier, Jean Brunot, idem, et Pierre Monjouant, idem.
Signé Du devant, maire.
COMPLAINTE Air du Maréchal de Saxe.
Ecoutez, gens de Labreuille, Écoutez, la larme à l'œil Gomment s'en fut au cercueil Au temps où tombe la feuille L'homme surnommé Michaud, De son nom nommé Luneau
Le douzième de novembre : C'était du Seigneur en Tan Trente et quatre et dix-huit cents Qu'arriva ce triste esclandre Qui. pour quiconque a un cœur, Le lui fait frémir d'horreur.
Ce rustique irréprochable Ne manquait pas de frusquin ; Ce qui fait qu on ne peut point Trouver la raison valable De l'infortuné trépas Qui l'enleva d'ici- bas.
11 possédait une chèvre, Une femme et trois cochons ; Poules, canards et dindons, Seigle, marsèche et des fèves ; St de quoi nourrir du mieux Les enfants de ses aïeux.
Aimant les lieux où sa mère L'avait mis, par son hymen, Dans le nombre des humains, Cet homme très -sédentaire Depuis trente ans demeurait Dans le lieu qu'il habitait.
Comme il se sentait bel hoi Une femme il avait pris, Pour loger dans son logis, Et qu'il aimait Dieu sait comme I Et si bien qu'on aurait dit De Philémon et Baucis.
sûre que nous réussirons. Je ne quitterai point que ce ne soit fait. Je t'em brasse.
« Georges. »
La suscription plus curieuse encore est conçue en la manière qui s'ensuit :
u Monsieur le citoyen Duteil »
Au surplus, il faut bien le dire, madame Sand, en contribuant à la nomination de M. Duteil aux fonctions de procureur général près la Cour d'appel de Bourges, a rendu service â cette uour danj laquelle cet excellent homme a apporté une modération et une tolérance politiques qui ne tardèrent pas à lui concilier l'affection des collègues qui l'avaient vu avec quelques appréhensions venir s'asseoir à la tète du parquet.
Comme il était locataire, Sa loeature avant loué, D'un maitrc dénaturé Et d'un mauvais caractère, Il reçut expulsion De son habitation.
Ce procédé détestable Lui fit une impression Qui donna l'impulsion A son dessein lamentable Et causa l'explosion De la désolation.
Renfermant dedans son âme Le chagrin qui le minait, H fit mine d'être gai.
Affichant un cœur très-calme, Et fit passer sa galté Dans celui de sa moitié.
A une heure très- indue Il ne faisait pas jour, car C'était deux heures un quart Dn matin, chose incongrue, 11 s'arracha des deux bras De sa femme, entre deux draps.
Dégoûté de l'existence Kt, voulant se suicider, Il sut bleu se ficeler Une pierre d'importance Qu'il entoura d'un licol Pour se la suspendre au col.
One corde de rechange Il mit dedans son gousset Pour que, si l'une cassait, 11 put prendre sa revanche ; Et pour avoir un eu cas Pelotonna le trépas.
Afin de mettre une borne A la vie, au fond d'un puits Il termina ses ennuis, fin tombant comme une borue, La téte en avant ; les pieds Descendirent les derniers .
Mais il trouva du mécompte
Kt demeura convulsif :
Arrivant d'un pas tardif
La mort, pour lui trop peu prompte,
Ne venant pas assez tôt,
Le laissait le bec dans l'eau.
Ayant bu plus d'une pinte, Se sentant incommodé, Il fut surpris d'un hoquet, D'un malaise et d'une quinte, Et tant il en avala Que de chagrin il creva.
Dessus les quatre on cinq heures,
Sa femme se réveilla ;
Elle tata, retata
Dans le lit, mais, 6 douleur I
Il n'était plus qu'à -mi chaud
Car n'y était plus Michaud.
Se croyant abandonnée Par un infidèle époux, Elle chercha tout partout Chez la voisine effrontée; Soupçonnant, quoiqu'un peu tard, Qu'il 'était un peu gaillard.
Elle avertit la justice Qui soudain, clopin dopant, Opéra nonchalamment, Comme une vieille écrevisse ; Car on sait que ces messieurs N'ont ni Jambes et ni yeux
Donc dedans une citerne Sur son corps sept jours on but ; Sa famille s en reput Avant qu'il en fut externe.
Ce qui fit qu'on fit du pain Avec du jus de chrétien.
Mais de la pesante pierre Qu'à son col il ficela.
Quand son corps se ballonna Les gaz azots triomphèrent.
Sur la surface de l'eau On aperçut des sabots.
La justice, toujours juste, Ordonna qu'on apportât Au greffe ces sabota là, Disant dedans son astuce :
Dans ces sabots sont des pieds Que l'on pourrait réclamer.
Le maire n'étant pas bête,
(Car géologue il était ,
Mais, dit-il, il se pourrait,
Qu'on trouvât, dans cette enquête,
Une mine de sabots
Pour chausser tous mes vassaux.
Dans le conflit srientillque Le garde- champêtre dit:
Mais au bout de ces pieds-ci (Car l'affaire se complique) Des jambes si l'on trouvait, Que dirait le sous-préfet ?
- Garde champêtre et fidèle, Répond, avec onction, Le juge d'instruction, S'appuyant sur la margelle :
Je vois ici-bas un corps Oui m'a bien l'air d'être mort. »
« S'il est mort que l'assistance Aide â son extraction Dit le maire ; du bouillon Peut le rendre à l'existence.
Un lit faites bassiner Car il a dû s'enrhumer. •
Obéissant comme un garde Champêtre doit obéir, Caillaud, voulant le saisir, Dans les flancs il vous le larde Et le pêche à l'hameçon Ni plus ni moins qu'un poisson.
Ce corps mort, en pourriture N'étant pas encor tombé, Encor beau fut retrouvé, Encornet et sans souillure :
Le maire cria : Corbleu !
Çe corps n'est pas encor bleu I I
On examina l'affaire :
Ce corps ballonné, devant N'être gonflé que de vent Du devant et du derrière, Acte fut dressé devant Le magistrat Dudevant.