‹ L'Amateur d'autographesChapitre 35 sur 175 · ESTOUTEVILLE · texte numérisé non relu

ESTOUTEVILLE

Après cette letlrëM^ teC** de Laferrièreen donne une de Louis de Brézé *, grand sénéchal de Normandie et grand-veneur de France, adressée à Louks XI et fort curieuse quanta sou contenu. Aussi croyons-nous être agréable à uos lecteurs en la reproduisant ici :

« Sire, tant et si humblement que faire puis à vostre bonne érâceTne recommande. Plaist vous sçavoire, sire, que je voi:s envoie la pltrs visté lévnèn- et la plus hardie dé vostre royaume, et se vous voulez jamais avoir de bonne rassede Pongde voz deux lévriers blancs faictes en la saillir duquel qu'il vous plaira, car elle porte les plus pu issans lévriers du monde et les plus beaux ; s'il vous plai-t quant elle sera saillie, me la . laisser eja garde, il n'y a hommeau monde qui vous nourrisse mieuxles lévriers que leferay, ■ • : *. ,, ;;• t

« Sire, je commence fort à apprendre à aller, et mais que j'en sois ung petit peu meilleur maistre, je iray devers vousjtour vous monstrer o;«e îe voys de bon pié en avant, vous suppliant, Sire, qu'il vous plaist me commander vos bons plaisirs pour vous obéir. eprrtrneeelui qUi veut vivre et mourir en les ae< on plissant, priant le benoiVt lilz de Dieu, Sire,; qtnl vous donne très bonne yic et longue avec Rentier accomplissement de voz vertueulz et niagnàuînies désirs. • h • -v

« Escript en vostre château de Rouen, le VIe jour de janvier 1481(1482).

Vient enstiifcéufte lettre <ie l'amiral Coulon à Louis XI, auquel il promet d'envoyer le meilleur brasseur de ceux de Hollande qu'il pourra trouver.

Le règne de Charles Vlll.çst aussi très bien représenté à .S* Pétersbourg! t LoY^jûèftisiômigrâpheGod

écrivait son histoire de Charles VIII, pour nous parler de la fatale wampagine, de Nazies, il avait sous les yeux les. ^lettres o"u Ro4 et celles du duc d'Orléans. Ce sont justement ces lettres, dont il a imprimé une partie, qui ont été apportées en Russie ; mais il y en a dîautres encore écrites d'Italie que Godefroy n'a pas reproduites. A chaque page elles témoignent du dévouement du duc d'Orléans at Roi, de ce qu'il lit pour conjurer de plus grands revers. » Mr de Laferriére cite plusieurs lettres du duc d'Orléans et de Charles VIII,

1 Brézé (Louis de) était fils de ce Jacques de Brézé, qui, ayant surpris aa femme en adultère, la poignarda à Romiers, près Dourdan. le ! i juin 1476. Or sa femme ««tait Charlotte, ulle. naturelle de Charles VII et d'Agnès '3or(*L et, par conséquent, sœur de Louis XI Aussi le roi fit il condamner Bréze a '.Ofr.OOO écus d'amende. Pour les payer celui-ci abandonna toutes ses terres, dont L juis XI, en 1481, fit don à Louis de Mfft ;' 7 ™ 1 '•• *': wwi *6'J ■

pièces fort importantes* qu'-to -ypçuflra voir dans son opuscule.

Pour Louis XII et François W la part est moins importante, mais un volume entier est coiisacré à II et François II. Tout d'abord nous irouvons deux lettres (le François Il efcde ilarie Stuart qui . recommandent à Philippe II Elisabeth de Valois, la fille de Catherine de Uédicis. Puis ensuite cette note qui permet d'apprécier rimportance du recueil : « M. Louis Paris, dans la collection des documents inédits sur l'histoire de France, a consacré un volume aux Négociations sous François 11. Je puisavancer sans exagération qu'il y a assez de documents^ Saint-Pétersbourg pour en former un second volume. » Lettres de François II au Roi de Navarre et au duc de Sa voie,1 dépêches de l'Aubespine, évoques de Limoges, lettres d'Elisabeth de Valois a Catherine de Mrdicis, 72 lettres originales de Philippe II à la môme, et enfin le journal privé d'Elisabeth de Valois,, envoyé à la reine-mère par une des françaises qui avaient suivi Elisabeth en Espagne, lel est le résumé succinct des richesses de ce recueil. . ,

Arrivons, avec M* de Laferrière, à Catherine de Médicis qui était le but de son voyage, car on n'ignore pas que le noble comte est chargé de publier la correspondance de la reine-mère. La biblH> théque contient beaucoup de lettres de Catherine et un certain norabreausside Clianles IX. Quelques-unessont relatives à la reine.Margot; d'autresconliennentdesavertissements sévères à l'endroit del'héroïque mère de Henri IV, Jeanned'Albret. UnecorrespondancedeCharles IX avec le duc d'Anjou contient des détails fort importants sur les affaires poli tiques.

Les lettres de Henri III sont fort nombreuses. « Elles se subdivisent en deux parties bien distinctes qui comprennent cinq gros volumes: jlans les deux premiers, les lettres qu'Henri 111 écrivait lorsqu'il n'était que duc (VAnjou, durant . la période de la seconde |gp[e|!re' civile, de Î5GT

correspo!^

ce qui tient aux opérations, aux diverses fortunes de celte loàgue campagne de 1509, que signalèrent lesdeux victoires de Moncontour et de Ja'rnac ; dans les trois autres volumes, les lettres autographes et confidentielles d'Henri III à Villeroy. A l'examiner, son écriture semble tout d'abord régulière, mais elle n'est pas formée; les lettres s'alignent sans s'unir, sans se rejoindre ; certainement c'est une des écritures les plus difficiles à déchiffrer. » Rien n'est plus vrai, et

?uiconque a essayé de lire des lettres de Henri III a pu reconnaître exactitude et la justesse de l'assertion de Mr le Cte de Laferrière. Quant à rintérét de la côrre pondance, disons qu'elle nous montre le monarque indolent et efféminé, qui écrit à Villeroy: « Aussi bien suis-je au lit non malade, non pour poltronner, mais pour me retrouver frais comme la rose. » : ,

Cette phrase ne peint-elle pas l'homme mieux que toutes lesdes* criptions, tous les tableaux, même les plus exacts^ ne pourraient le foire1? M ,;: »*•* • ' •in»'".'» • 'ro.' .e i' •>'/*i - •» ui •».«. <•

* M •• , ;uuù j /u „(ùa suite au prochain ïiuméto).

VARIÉTÉS

Clermont (Je comte de). — Jolie lettre d'un académicien sans aucun titre littéraire adressée à l'abbé de Bernis : .

« A Paris, le 4 janvier 1757.

« Recevés, Monsieur, mon compliment bien s ncère sur ce que le Roy vient de prendre pour ministre l'homme du monde le plus en état de lui être utile dans la politique ainsi que dans toutes les autres choses dont il voudra le charger. Voilà comme je commis le nouveau ministre qui a si bien mérité par les derniers services qu'il vient de rendre la justice qu'il éprouve en ce moment. Ce n'est point l'amitié qu'il a pour moy qui me fait vous parler ainsi de lui ; c'esi une vérité dite, avec bien de la satisfaction par celui qui vous a voué, Monsieur, l'amitié la plus inviolable.

« Louis de Bourbon. »

Sainte-Palaye en Italie. — Dans une lettre, datée de Florence, 2 octobre 1739, et adressée à la comtesse d'Argental,le célèbre érudit fait le tableau suivant de la ville de Bologne:

« Outre qu'elle est très- belle et très bien bastie il y règne une trèsgrande liberté en sorte qu'au bout de deux jours les est rangers y sont comme chez eux, et se trouvent amis de tout le monde. Une maison qui n'appartient à personne et qui appartient à tous reçoit tous les soirs ce qu'il y a d'honnestes gens, nommes et femmes, et il y en a grand nombre. On y joue, on y cause, on y prend des rafraîchissements, on y fait ce qu'on veut, ou entre et on sort sans faire de compliments et les estrangers trouvent toujoursquelqu'un de fort bonne compagnie tout prest à les entretenir en très-bon françois. »

Cette maison dont parle Sainte-Palaye marque peut-être l'origine des cercles et des cafés qui peuplent maintenant toutes les villes.

L'Allemagne jugée par le Père Lacordaire, en 1837. — Dans une lettre du grand prédicateur, datée de Rome, 10 janvier 1837, et adressée à Mr Max, on trouve ce curieux passage :

a La peinture que vous me faites de l'Allemagne ne me surprend pas ; en perdant son unité avec l'Eglise catholique, elle a perdu la source même des grandes pensées et d?s mœurs humaines. Les pays encore catholiques, soit qu'ils ressortent d'un gouvernement protestant ou qu'ils aient conservé leur indépendance politique, se ressentent néanmoins de l'esprit schismatiqueavec lequel ils sont en perpétuelle communication, et on peut dire que le protestantisme est partout le souverain de l'Allemagne, son sang et sa vie. La France, au contraire, en demeurant catholique malgré le travail affreux du dernier siècle, s'est élevée à une situation eiicore bien complexe, mais dont la puissance se révélera tôt ou tard. Parmi les hommes que vous me nommez comme les gloires récentes de l'Allemagne, il en est au moins deux, Kaut el Goethe, qui ont été de mauvais génies. J'avoue que de grands coupables par l'esprit peuvent avoir des noms glorieux, mais cette gloire est d'un ordre que les cœurs chrétiens ne reconnaissent pas.... Quant à Vico, dont vous me parles aussi, son système historique, pour autant que je le connais, t»-nd à détruire la certitude des faits et des traditions ; il transforme eu mytheou symbole tous les événements dont les siècles ont alfaibli la trace dans le monde, et par couséqueut il eat faux et dangereux. »

Balzac riéctÂMANf îiA bisciîssion. — Voilànoe<ja(^l6 grand romancier dit dans une lettre au M1* de Cusline, du: 2 lévrier; 1843, où il apprécie un ouvrage de celui-ci :

« Ce que ne Ton ne discute pas ne vit pas, en France surtout. Vous avez raison de me rappeler notre adorable amie, elle n'a jamais voulu comprendre cela. Madame Gay est plus intelligente sou9 ce rapport. Qui cite, àblige, voilà son mot. Mais, selon moi, qui discute vaut mieux. » ,i . ,

Monsieur Tiiiers en 1848. — Nous détachons d'une lettre du célèbre historien, datée de Paris, 29 août 1848, ce curieux passage':"

« Nous sommes par ici fort agités, fort malheureux et fort ruinés. Nous ne percevons pas nos revenus et nous ne savons ce qu'on fera de notre modique avoir à tous. Cependant la situation s'améliore peu à peu, grâce aux etforts que nous fesons... J'ai renoncé à toute dépense pour longtems ou pour toujours. »

Toutes les lettres dont nous venons de parler font partie de la vente du 18 mai.

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