X >I VI I I I H DIVERSES
Le Moniteur de V Archéologie annonce que Mr Jules Gailhabaut est sur le point de céder à la ville de Paris sa bibliothèque qui renferme une foule de documents archéologiques inédits, de mémoires et de pièces de toute sorte se rapportant à l'histoire de l'art, au nombre de près de 80,000. Comme autrefois M. Sauvageot resta de son vivant conservateur du musée qu'il avait cédé à l'Etat, M. J. Gailbabaut, lui aussi, resterait bibliothécaire de sa collection.,,
— Le même journal nous apprend que le Patriarche arménien vient de publier le catalogue officiel de la bibliothèque de la ville d'Echmiadzin, près d'Erivan et de l'Àrarat, (grande Arménie), laquelle se compose de 3,000 manuscrits arméniens tous inédits et même ignorés des savants, car jusqu'ici on ne les communiquait à qui que ce soit. Cette riche bibliothèque contient des documents fort curieux sur l'histoire de l'Asie centrale : on y trouve révélée l'existence de livres inconnus des pères de l'Eglise. Et, ce qui n'est pas le moins important, tous ces trésors sont maintenant à la disposition des savants, car non-seulement on les communiquera sur place, mais on en enverra des extraits à tous ceux qui s engageront à acquitter les frais de copie. Quelle joie parmi les membres de l'Académie des inscriptions! »
Un autographe de Mozart. — Le Soleil nous apprend qu'à Berlin, la partition autographe de la Flûte enchantée, de Mozart, a été achetée 300 thalers par Mr Jagues, banquier, qui en a fait cadeau à la bibliothèque, Pour récompenser ce dernier de sa noble générosité, Je roi lui a conféré l'ordre de l'Aigle rouge de 4»e classe.
La bibliothèque du conservatoire de Naples. — Mr Gustave Bertrand a donné, dans le Nord, un feuilleton fort curieux sur l'é-
tafcde tatfiwskffie en Italie. Nous en extrayons ce passage qui peut iiUéresser; nos lecteurs : „ .
« J'ai fait une visite à la bibliothéquedu Conservante de Naples : elle, est très-riche en manuscrits illustres. L'obligeant archiviste, M, FJorimo, voulut bien me mettre entre les mains plusieurs partitions, originales et autographes.
Et je prenais plaisir à chercher quelques traces du tempérament des maîtres dans leurs écritures ; je comparais la plume spirituelle e^ûnedc Pergolèse,; et celle, de Jomelli plus fortement : appuyée : celle de Cimarosa, large, élégante et soigneuse dans le bel original du MatrimonU) segreto, et celle de Paisiello, plus lâchée ; puis lâ plume brillante et hardie de Rossini, mais diantrement paresseuse, à eh juger par la fréquence des barres de renvoi et des r'àcëords d'unisson et d'octave indiqués d'une partie à l'autre; puis encore l'écriture courante et sûre de Donizetti, et celle de BeNini, mignonne et un peu molle : celui-là n'avait fait des brouillons que pour la mélodie ; il était, trop insouciant des accompagnements pour se donner la peine de les écrire deux fois; aussi ses manuscrits sontils brouillonnés à l'endroit de l'orchestralion. Il serait à souhaiter que celte insouciance ne se trahît que là, mais il y paraît bien à 1 audition. »
'L'académie des 'sciences morales et politiques. — Ceêle académie, fondée en l'an iv sous le nom de classe spéciale des sciences momies et politiques, puis supprimée en Pan xi, fut rétablie par une ordonnance? de Louis- Philippe, du 26 octobre 1832. Le 14 avril 1855 une section nouvelle fut créée sous le titre de poHtùfiœ, administration, finances. Elle était composée de dk; membres pour porter à quarante le nombre des membres do cette académie. C'est cette section qu'un décret du 9 mai 1866 vient do supprimer. La 4« section prendra le titre de Economie politique et finances ?* sta* tistique. Les membres qui composaient la section supprimée sont MM* le mis d'Audiflret, Pierre Clément, le vMe Cormenin, F. deParieu, Dumon, Adolphe Vuitry, Husson, Baudrillart et Morlimer-Ternaux. Les trois premiers sont membres depuis la création, 1855. Il y avait un. fauteuil de vacant, celui de M. DeJangle qui a remplacé Du pin aîné dans la section dq Législation .< Les membres actuels de la 6« section seront répartis par l'Académie entre les autres sections.
Il reste encore dans l'Académie des sciences morales quatre membres des trente qui ont été nommésen 18112. Ce sonlMM.V0' Cousin, Naudel, Guizot et Migoet. MM. Bupin aîné ot Bérenger de la Drome qursont morts récemment étaient aussi des vétérans. Ils n'ont pas encore été remplacés. , \
Ve -tes : iNous rap pèlerons à nos lecteurs que la vente de M. J. Charavay aîné aura lieu les 18 et 19 mai. Tous nos abonnés ont dû en recevoir le catalogua^ Inutile donc/d'en parle*., plus longuement, j
Xécuologie : On annonce h*. mort, à Parîs,!id'ùn édifôar . fort distingué dè la ;&pi&le, M* V. Sartbrius. • 11 ? : r> •
v.i Un écrivais fort distingué, le spirituel collaborateur de iMK.ty baron Feuillet de Cohches dans ce charmant volume des Fâmmes Mondes; qui a obtenu un si légitime succès, Mr Armand Basehet, vient de commencer dans la Gazette* des Beaux- Arts, sous ce* titre : Pierre-Paul, Rubens, peintre de ' Vincent /«, duc de Jfantwie^i&Oi- \êQS^,d'après ses lettres et autrBsdocwments tous inédiM, la/publi- • c al io n d'une série 1 de lettres de Fil lustre peintre. Cette correspondance contient les détails les plus curieux et les plus inattendus sur la jeunesse de Rubens et on doit savoir beaucoup de gré à Mr Baschet de; sa précieuse découverte. Nous attendons son second article, cnii doit paraître prochainement, pour parler plus longuement de cette importante publicalion.
Dans le même journal, Mr Armand Bascheta donné un travail fort intéressant sur le célèbre peintre Andréa Mantegna, d'après ses lettres ou celles que lui adressa le marquis de Mantoue. La Gazette fa&Bmux-Arts publiera prochainement un fac-similé d'une des lettres de ce grand artiste. Voilà qui ne saurait être indifférent pour les amateurs. . .* • ■•«
Maintenant abordons une question qui est toujours pleine d'actualité. Marie-An loi nette ou plutôt sa correspondance est plus que jamais à l'ordre du jour. On en parie dans tous les salons et il nest personne qui n'ait son mot à dire, son opinion à émettre, son anec- -,; dote à raconter. Suivant lés uns on aurait découvert l'habile fabricateurde ceslettres qui ont trompé si longtemps les plus connaisseurs et les plus expérimentes. On le tient et on sait de quels sortilèges coupables il a iisé pour opérer sa grande mystification. 11 est allé à la Bibliothèque impériale et là, sans plus se gêner et sous les yeux des conservateurs ébahis, il a coupé dans les recueils toutes les feuilles blanches qui s'y trouvaient. Sans doute rentré 'tranquillement dans ses pénates, au coin de son feu, fumant probablement son cigare, armé, commeleveutM»-deSybel,de laGazetteet desMémoires de M** Campan, de sa plus belle main,ii s'est mis àécrire les lettres de l'infortunée reine qu'on vient maintenant nous donner pour véritables. Nous aimons à croire que lo fabricaleur était spirite et que l'esprit de Marie-Antoinette était venu lui tenir la main. Cette histoire est une de celles qui avaient le plus cours dernièrement : il y en avait mille autres toutes plus absurdes et plus mensongères les unes que les autres. On croirait vraiment qu'il existe un foyer de calomnie d'où on lance toutes ces nouvelles destinées à tromper la religion du public. Quant aux soi-disant feuillets- volés à la Bibliothèque: Impériale, hàtons-nous de dire que rien n'est moins vrai. Un communiqué officiel, et c'est ce que certaines feuilles ont omis de dire,'a. été adressé aux journaux qui s'étaient fait l'écho de ce bruit injurieux et a. déclaré, au nom delà Bibliothèque Impériale, que rien do pareil à ce qu'on drèait n'avail jamais eu lieu. En même temps le fait a été démenti dans VAt/ieneumûe Londres, et dans/a Gazette d'Augsbourg qui avaient accepte la nouvelle comme vraie.
C'en est assez, nous l'espérons, pour réduire à néant un bruit que plusieurs avaient essayé d'accréditer.
: Quaht à l'authenticité des lettres, la dernière ipôrwtfe de la 'lutte semble être arrivée. L'heure des derniers combats va sonner. Cette question de l'écriture, qu'on avait tant dédaignée d'abord, etsur laquelle Mr J. Charavay aîné a le premier, en sa qualité d'homme du métier, attiré les regards du public, cette question, déjàsiéclaircie, va sans doute être définitivement tranchée et bientôt la vérité se fera jour. Mais n'anticipons pas sur les événements : laissons le public juge, car sous peu il sera encore appelé à décider entre les défenseurs et les détracteurs des lettres de Marie-Antoinette.
Mr le baron Feuillet de Concbes qu'une cruelle maladie et une longue convalescence avaient seules empêché de répondre aux attaques de ses adversaires, prépare, parait-il, pour mettre en tête de son iv* volume, une préface où il discute un à un les arguments de MM. les savants allemands et de leurs partisans français. On ditque jamais le spirituel écrivain n'a déployé tant de verve et tant de talent, et quelques-uns vont même jusgu'à affirmer que ses raisonnements ont une telle force qu'ils réduisent à néant tous ceux du camp opposé.
De son côté, M. le comte d'Hunolslein prépare, dit^on, une nouvelleédition desa publicatuuvqui sera enrichie de quatorze fac-similé de lettres de la reine. Nous ne pouvons que le féliciter de cette entreprise qui ajoutera â son ouvrage un charme de plus.
Mr d'Arneth ne reste pas en arrière, lui aussi. Il vieut de faire parallrechez l'éditeur Jung-Treuttel unnouvead livre intitulé: Marie- Antomette, Joseph JJ und Léopold IL Ce volume contient des lettres de la reine à ses frères, au cte de Mercy, au cte de Fersen et à François 11, les réponses de ceux-ci, des lettres de Louis XVI, et enûn quatre fac-similé, un de Joseph II, un de Louis XVI et trois de Marie- Antoinette. Hâtons-nous d'ajouter que leur authenticité est incontestable et que nous reparlerons prochainement de cet intéressant ouvrage. . .< •
Comme conclusion nous dirons que si la polémique qu'où a soulevée sur la correspondance de la reine a eu le tort d'influencer le public et de fausser son jugement, du moins elle a produit un bien relatif, puisqu'elle a fait éclore tant de documents dont on ne soupçonnait pas I existence. De la discussion jaillit la lumière, mais à condition que la discussion soit calme, désintéressée et courtoise; Luttons donc, mais loin d'imiter ces héros du moyen-àge qui, non contents d'avoir renversé leur adversaire sur l'arène, l'accablaient encore d'àmères railleries, éloignons de notre plume le fief et l'injure qu'elle est toujours tentée de distiller; que la vérité soit toujours notre seul guide afin qu'après la lutte le vainqueur puisse fraterniser avec le vaincu ! E. C.
Le Directeur-Propriétaire : Jacques CHARAVAY.
àbbtvUWy - Iœp. P. Brie*.
No 107. — 5« Année
1er Juin 1866
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PIÈGES INÉDITES <.«v.V.*v..i
Lettre, datée d'Amboise, 21 mars 1490, et adressée à Jean-Galéas- Marie Sforce, duc de Milan. Charles VIII accepte l'honneur que lui fait le duc de le choisir pour parrain de son fils.
Très chier et très amé cousin, nous avons receu voz lectres par vostre escuier porteur de cestes par lequel et aussi par icelles voz lectres nous avez fait savoir la nativité du beau filz que Dieu vous a présentement donné qui nous est très singulier plaisir et en sommes fort jovenlx. Si vous mercions bien affectueusement de voz bonnes nouvelles et par espécial de ce que vostre dit lilz sera nostre filleul et que désirez qu'il porte nostre nom et soit ou dit nom levé des saincts fons du baptesme au temps que avez advisé auquel temps nous envoyerons de 1res- non cueur par delà pour en estre le parrain en vous priant que toujours vueillez continuer voMrc bonne affection envers nous, et s il est chose que pour vous puissions nous le ferons très volontiers o Paide nostre seigneur qui, nostre très cher et très amé cousin, vous ait en sa benoiste garde.
Donné àAmboise le xxie jour de mars (1490).
Charles.
Le filleul de Charles VIII est François Sforce que son oncle Ludovic le More empêcha de régner. Envoyé par sa mère Isabelle d'Aragon au roi Louis XII, il devint abbé de Marmoutiers et mourut d'une chute de cheval en 1511.
Lettre adressée à la citoyenne Lamotte, son amie intime, et datée de l'Abbaye où il avait été renfermé le 18 octobre 1793, après le
siège de Lyon. Il y resta 18 mois pendant lesquels il ne cessa de
correspondre avec la citoyenne Lamotte.
Abaye, le 19 nivôse l'an II de la République une et indivisible «.
Votre lettre quoique triste m'a fait grand plaisir, ma chère amie, mais rassuré- vous : Kellermann est pur ; il a toujours fait sou devoir en franc et loyal républicain. Il n'y a m fil, ni cordes qui m'a jamais lié à autre chose que de bien servir son pays, et point de communication que celle avec le ministre pour rendre compte et recevoir les ordres du pouvoir exécutif. Voilà ma conduite en politique. Celle militaire a été aussi util à mon pays que glorieuse. Ensuite pour revenir à ma conduite politique, ai elle s'étoit étendu au-delà de ce que je viens de vous dire, les Dumourier et Gustiue ne m'eussent pas expulsé d'entre eux deux, et je n'aurois pas continué comme je lai fait, cette dernière campagne, à battre les ennemis de la République et la sauver une seconde fois. Voilà ma conduite, je vous l'ai déjà dit, vous pouvez m'en croire. Je dit que ceux qui veulent ma perte sont les traîtres de la patrie. Ils graignent (sic) que je la serve encore à leur honte et à celle de nos ennemi?. Vous pouvez Hautement donner connaissance de cette lettre : elle est dans le cœur de votre ami qui au reste attend la justice la plus éclatente des sansculottes qui me jugeront et ensuite eux-méme. Adieu, ma bien chère amie ; soyez aussi trenquil que moi. Je vous embrasse miles fois.
Kellermann.
GUCHAIV