DETAILS SUR LE CONVENTIONNEL FÉRAUD
Lettre du conventionnel Guchan au patriote Palloy contenant d'intéressants détails sur le malheureux Féraud, assassiné dans le sein de la Convention le 1er prairial an III.
Paris, le 30 vendémiaire l'an IV de la Rép. f. une et indiv.
Guchan, représentant du peuple français dans la Convention nationale,
au citoyen Palloy, patriote.
J'ai reçu, cher citoyen, avec votre lettre du 26, les deux prétieuses médailles que vous m'avez adressées. Je les conserverai avec le plus grand soin comme un ouvrage fait par l'amant passioné de la liberté, de la constitution et des loix.
Il en coûte à mon cœur de ne pouvoir vous transmettre qu'une partie des renseignements que vous désiriés. Voici tous ceux que je puis vous procurer dans ce moment.
1° L'assassinat du brave Féraud au sein de la Convon et à cotté du bureau du président date du 1er prairial l'an III.
2» A deffautdu portrait que je n'ai pu trouver, voici son signalement. L'âge de Feraud était de 26 à 28 ans *, taille de 5 pieds 6 pouces, bien corsé, un tempérament robuste, cheveux noirs, front large et découvert, les yeux gros, sourcils noirs, nez moyen, visage ovale, grande bouche un peu tournée vers )a partie gauche, menton rond.
3* Féraud était né dans la commune d'Arreau chef-lieu de Canton, vallée d'Aure, où sa famille a toujours résidé. Le district est celui de la Neste établi à Labarthe, département, Hautes-Pyrénées : Tarbe en est le chef-lieu.
Je vous fais passer un exemplaire du raport de Chénier au nom des
« 6 janvier 1794
a B avait 31 ana, étant né en 1764.
comités de salut public, aureté-généralc et militaire réants du 6 prairial à la suite duquel est le décret de la Conv™.
L'épitapbe gravée sur la tombe de Féraud est ra portée à la page 6 du dit raport entre les articles VI et vu. Vous recevrés aussi trois exemplaire du discours de Louvet dans la séance du 14.
Dans l'état des choses il faut que je ne puisse plus rien. J'en suis très fâché, mais vous trouverés toujours en moy un ami constant de son pays , un deflenseur zellé des patriotes persécutés , un représentant qui jamais ne composa avec le crime et qui, comme il Ta toujours fait, scaura tout sacrifier pour le bonheur de sa patrie.
Si contre mes vues, citoyen, je passais dans la prochaine législation, vont pouvés compter que je m'honorerai de votre correspondance. Je cte la rechercherai pas moins si j'ai le bonheur d'être rappelé au sein de ma famille ; toujours, dans tous les temps vous me trouverés disposé à vous servir.
Salut, amitié et tendre fraternité, Gochav, député.
Mon adresses! je me retire sera :
Au G" Guchan, homme de L., noM public, à Bagnères Adour. Département des Hautes- Pyrennêes.
Par Toulouse ou par Bordeaux.
HKDOUVILLE
Curieuse lettre au général Travot toute relative aux dernières péripéties de la guerre de la Vendée.
Liberté. Égalité.
Armée A Angers, 17 brumaire an VIII ' de la Ré-
d' Angleterre. publique française, une et indivisible.
Le général en chef Au général Travot, commandant dans le déparlement de la Vendée.
Vous recevrez, citoyen général, avec cette lettre l'ordre général du 12 et ma proclamation que je vous engage à faire coonoitre par tous les moyens possibles. 11 faut éclairer les malheureux habitans des campagnes parce qu'il n'y aura aucune grâce contre ceux qui seront pris les armes à la main qui seront alors confondus avec les émigrés et les déserteurs brigands, vous connoissez autant que personne la guerre de la Vendée et vous contribuerez encore une fois à son extinction. * Bn attendant que je puisse aller dans votre département, faites-moi bien connoltre votre situation politique. Je suis certain que vous tirerez le plus grand parti du peu de forces aue vous avez en attendant que celles qui me sont annoncées arrivent. Des le lendemain de mon arrivée j'ai envoyé à l'adjudant-général de Lange 1200 hommes que je ne pourrai malheureusement lui laisser que quelques jours, mais avec lesquels il pourra agir de concert avec vous pour attaquer les rassemblemens dont vous pournés Pun et l'autre avoir counoissance. Comptés, citoyen général, sur la satisfaction que j'éprouve de servir encore avec vous et sur l'empressement que je mettrai en toute occasion à faire valoir vos services.
Je vous salue cordialement,
T. Hédouville.
Ces trois dernières pièces font partie du bulletin n° 146 de M. J. Charavay aîné qui paraîtra sous peu.
Etienne Charavay.
1 8 novembre 1799.
» C'était Travot qui s'était emparé de Charette.
LES ARCHIVE» FRANÇMfES 1 > RUINE
(suite et fin)
La correspondance de François, duc d'Alençon, comprend 2 volumes. « Fuliles entreprises, aussi vite abandonnées que conçues, dit M. le Ct# de La Ferrière, misérables fluctuations, incessantes demandes d'argent, voilà les éternels sujets de cette correspondance où manquent tolament le sens moral, le sens politique. Quelques années plus lard, le même homme s'appellera Gaston d'Orléans. »
Les trois filles de Catherine de Médicis sont aussi fort bien représentées. Nous trouvons plusieurs lettres d'Elisabeth de Valois à sa mère, entre autres une fort curieuse épître où elle parle de Don Carlos. De Claude de Lorraine il y a peu de lettres, mais il n'en est pas de même de Marguerite de Valois, dont on en trouve quarante-deux inconnues à tous ceux qui se sont occupés de cette princesse. Les documents abondent sur la négociation de son mariage avec le roi de Navarre, et on peut se rendre compte de toutes les difficultés qui eurent lieu à ce sujet. Plus tard on voit combien Catherine de Médicis souffre des humiliations de sa fille. « Avec ces nouveaux troubles, s'écrie t-elle dans une lettre à Villeroy, jç reçois tant d'ennui des lettres qui font mention de ma fille que j en suis* cuidée mourir depuis que je suis de deçà, ne se passant un seul jour que je n'en aye quelque nouvelle alarme, oui m'afflige si fort que je ne me sentis jamais en telle peine... » M. de Laferrière en cite plusieurs autres fort importantes sur les accusations dont Marguerite de Valois a été l'objet.
La bibliothèque de St-Pétersbourg possède 74 lettres de Jeanne d'Albret adressées à Charles IX et à Catherine de Médicis, dont M. de La Ferrière reproduit quelques-unes. Passant ensuite a Renée de France, cette fille de Louis XII, qui taisait de sa maison un refuge pour les opprimés, il cite une lettre de cette princesse à Catherine de Médicis où elle l'implore pour les persécutés et fait l'éloge du duc de Guise, qui venait de mourir frappé par le poignard de Poltrot. « Sur la parole que Vostre Majesté m'a donnée, dit-elle, de se contenter que je retirasse ceux qui ne vouloient ni vouldroient prendre les arme3 contre le Roy, avec l'impossibilité des femmes et des enfans qui n'ont où aller ni moyen de desloger, non plus que j'ay. je vous supplie croire ce que vous dira l'avocat Robert de leur pauvreté et nécessite et danger à quoy il seroit de leur vie s'ilz partoieut sans vostre faveur et seureté. »
Plusieurs lettres du roi de Navarre, Antoine, de son frère le prince de Condé, dont M. de La Ferrière reproduit une magnillque épître, 30 lettres d'Henri de Bourbon, quelaues-unes de Charlotte de Montmorency, 49 lettres de François de Bourbon-Montpensier, et 60 de Louis de Bourbon-Montpensier/voilàcequi représente en Russie la maison de Bourbon. — Deux recueils comprennent la maison de Lorraine. Le premier qui a pour titre: Lettres et minutes oriainaUs du cardinal de Lorraine et du duc de Guise, comprend 33 lettres du cardinal et 3 du duc. Le second intitulé : Lettres originales des ducs, princes et princesses de la maison de Lorraine et de Guise, renferme 130 lettres. Ce volume, qui provient de la collection de St-Germain des Près, est fort important. On y trouve, entre autres, la lettre du duc de Guise qui annonce à Catherine de Médicis la victoire de
Dreux La maison de Montmorency forme un volume, n° 103. On y
trouve des lettres du connétable et de ses fils François de Montmorency et le maréchal de Dam vil le.
Si nous arrivons aux guerriers illustres du xvie siècle, nous avons une ample moisson à faire. Monluc se présente tout d'abord : la plus grande partie de ses lettres se trouve en Russie. Nous croyons être agréable à
nos lecteurs en reproduisant une épître énergique adressée à Charles IX et où le caractère du \ieux capitaine se revête tout entier :
« Si Dieu vous faist la prâee que puissiez échapper de vos fortunes la conronue assurée sur vostre teste, vous pouvez dire que c'est un grand lévrier échappé dedans une forest de la bouche de cinq cents loups. J'ay de bons anus auprès de Vostre Majesté qui me prestent toujours quelque charité, disant que j'ay donné au diable Vous, la Koyne et tout vostre Conseil.
« Pleut à Dieu qu'il m'eust cousté la moitié d'une main, mais qu'il me demeurast deux doigts pour tenir la bride de mon cheval, et que ceux-là qui vous font ces rapports fussent aulant loyaulx et fidèles serviteurs comme je vous suis, et vos affaires s'en iroient beaucoup mieulx. Je ne me courrouce jamais à vous, mais bien à la Roy ne et a vostre Conseil, parce qu'il faut que de Sa Majesté et de son dit Conseil sorte tout le bien. Si je me colère, c'est pour vos affaires; il faut que chacun prenne patience de mon impatience. »
du maréchal de Biron, et 61 du duc de Joyeuse.
La Bretagne se trouve représentée par un volume de lettres du duc d'Estampes. Signalons ensuite 62 lettres du cardinal d'Armagnac et plusieurs épitres de Villeroy. Du cardinal il est curieux de citer celle qu'il écrivit à Charles IX pour le féliciter de la Saint-Barthélemy :
« Sire, nous avons esté adverty de l'heureuse victoire que Dieu vous a donnée à rencontre de ses ennemis et nostres. Nous en remercions dévotement sa divine Majesté et espérons qu'en recognoissance de si grand bien, Sa Majesté chassera en brief hors de son royaume toutes les hérésies pour y faire honorer et servir Dieu selon les institutions de l'Eglise catholique, de quoy je vous fais requeste, comme l'un des plus anciens prélats de ce royaume et plus affectionnez. »>
La bibliothèque de St-Pétersbourg possède plusieurs lettres de l'évêque de Limoges, dont une fort curieuse où il raconte le rétablissement presque miraculeux de Don Carlos, sauvé par un vieux chirurgien maure, de M. de St-Sulpice, qui remplaça l'évêque comme ambassadeur en Espagne, la correspondance de Lamothe Fénelon, le recueil des dépêches de MM. de Seuvreet Nicot, nos ambassadeurs en Portugal, contenant des détails fort curieux ^ur les négociations commencées pour le mariage de Marguerite de Valois avec le roi de Portugal. Le portrait <*e la princesse fit sur ce dernier une bien vive impression, comme on en peut juger par ces lignes de M. de Seuvre : « Le portrait de Madame a tellement contenté tous ceux de cette court qu'il n'est possible de mieux, de sorte gue ceux qui m'ont parlé de l'affaire dont j'av souvent escript à Vostre Majesté ont reçu de ceste vue une plus grande' ardeur du désir qu'ils disent et montrent avoir. On m'a fait entendre de chez le Roy que, sitost qu'il le vist, il le bais» et l'accola, et oneques depuis ne s'en est voulu désaisir. »
M. Le G*- de Laferriere rite aussi quatre volumes, venant du tonds de St-Germaiu des Près, qui renferment 400 lettres de la seconde moitié du xvie siècle. C'est un recueil fort important qui comprend toute l'histoire des règues de Charles IX et d'Henri III.
Enregistrons encore plusieurs brefs de Papes et passons aux correspondances étrangères. Celle des princes de la maison de Savoie ne forme pas moins de 4 volumes in-folio. Le 1er renferme 81 lettres entre autres de Jacques de Savoie, duc de Nemours. Dans le second on trouve 59 lettres d'Emmanuel-Philibert, dans le troisième 56 lettres de Marguerite de France, la fille de François 1er, et dans le quatrième 56 lettres de Charles-Emmanuel, duc de Savoie. Des lettres originales des souverains de l'Angleterre, de l ltalic, d'Espagne, de Portugal, de Saxe, de Danemark, d'Allemagne, etc. complètent la série des correspondances étrangères.
Après cette épître qui peint l'hom
i l'a écrite viennent 125 lettres
En terminant sa curieuse brochure M. leO de Laferrière cite quelques manuscrits fort curieux, entre autres les suivants :
Traités de paix entre les Rois de France et ceux des autres pays, depuis 1465 jusqu'en 1558, 368 feuillets. — Recueil des lettres d'Henri III à Villeroy et d'Henri IY à la duchesse de Beaufort, 29 feuillets. — Lettres et dépêches de Paul Hurault, sieur de Maissé, ambassadeur à Venise, 1589-93, 3 volumes. — Dissolution du mariage d'entre Henri IV et Marguerite de Valois, 3(U feuillets. — Mémoires de feu M. le duc de Bouillon, 109 feuillets. — Description démon vovage en Allemagne, eu 1564, par Jacques de l'Hôpital, 72 feuillets; etc.
Tel est le résumé succinct des richesses françaises que possède la Russie. M. le comte «le La Perrière a rendu un grand service aux érudits en leur signalant des mines nouvelles à exploiter, ou des vides à remplir dans les publications déjà faites. La bibliothèque de St-Pétersbonrg nous est ouverte maintenant. Nous savons ce qu'elle contient grâce à la brochure que nous venons d'examiner si longuement et désormais quiconque voudra écrire sur les xve et xvi* siècle ne pourra !e faire sans avoir compulsé auparavant les documents tout nouveaux que nous fournissent les archives de la Russie jusqu'alors si peu explorées.
(FLEURY-FLORMN)
FLEURY (le cardinal André-Hercule de), ôvôque de Fréjus, précepteur, puis premier ministre de Louis XV, membre de l'Acad. française, n. à Lodève, 22 juin 1653, m. 29 janv. 1743. (Isographie).
1. — L. a. s. (à Bossuet) ; Fréjus, 30 mai 1703, 3 p. in-4\ - 15 fr. (N° 290, D'HunoUtein, 1864 )
Très-belle lettre, dans laquelle il exprime l'enthousiasme que lui inspire la lecture du dernier ouvrage de Bossuet. « ... Je crois qu'on dira de vous, comme de St Jacques, que les hérétiques n'oseront paroitre à découvert tant que vous vivres. Il n'y a qu'à souhaiter que ce soit bien long temps... » (Bossuet mourut l'année suivante).
2. — L. aut. au Pape ; (1706), 7 p. pl. in-4\ — 7 fr. (N« 183, Laperdet, 1854) : - Retirée (N- 202, Lcverdet, 1 856. )
Belle et importante lettre à l'occasion de sa nomination à l'évéché de Fréjus. « Lorsque V. S«*, très saint père, m'a confié le soin du diocèse de Fréius situé à l'entrée de l'Italie, i'ay espéré que par le uoisinage du tombeau des Su apostres quelque petite partie do cet esprit apostolique dont uons aués receu la plcnitudo pourrait se répandre îusque sur moi, car commant pourrois-ie soutenir do faire des fautes estant presque sons les yeux de V. Slc et animé par de si grands exemples conus de tout l'univers, mais qui auront encore plus de force sur moi que sur les ûdelles plus éloignés. — N'aurois-ie pas honte de manquer aux obligations de mon ministère. • Il entretient ensuite le pape des difficultés que lui suscite son prédécesseur pour son sacre et la délivrance de ses bulles.
3. — L. a. s. au duc de Richelieu ; 30 octobre 1726, 2p 1/4 in-4°. -11 fr. 50 (N° 40, Chalabre, 1833); — Il fr. (N° 174,/. Charavay, 1852.)
4. — L. a. s. à l'évt>que d'Angers ; Versailles, 29 oct. 1729, 3 p. in-4°. — 5fr.50(K<> 164 bis, Grille, 1851.)
itive & une contestation sur deux vignobles, Mongeoffroy et Champ-Charles. — « César ne vint ù bout de purger la France de cette uuee de Suisses qui l'inondaient, qu'en trouvaut le moyen ue les attirer dans les vignobles de Mongeoffroy, où celte ârmée périt presque toute par l'intempérance avec laquelle elle but de ce vin pernicieux... Voyant que ses propres trouppes, qui avaient eu l'imprudence d'en boire, dépérissaieut à vue-d'œil, il lit venir des raisins qu'il planta à Champ-Charles... •
5. — L a s à la duchesse de Mazarin ; Comptèîçne, 14 juillet 1731, 1 p. in-4». - 15 fr. 50 (N' 99, ûfitomieu, 184:-) ; — 6 fr. (N" 121, Charon, 1845.)
6. — L. a. s. à S. A. R. la dur liesse douairière de Lorraine, souveraine de Comraercy; Versailles, 5 janv. 1734, 2 p. pl. in-4°. — 7 fr. (N° 191, Lamoureux, 1855.)
Détails d'un haul intérêt diplomatique et historique sur les relations entre la France et la Lorraine.
7. — L. a. s. à l'infant don Philippe, duc de Parme ; Versailles, 30 mars 1739, 2 p. in-4'. -7fr. (W 188, Labouisse Roche fort, 1854.)
Au sujet de son mariage avec la fille de Louis XV.
8. - L. a. s. à la reine ; octobre 1739, 2 p. in-4». - 8 fr. (N« 146, Laverdel, 1848.)
Les ennemis ont abandonné tous les postes qu'ils avaient dans leMantouan, el n'ont conservé que Mantoue seul. On ne peut trop donner de louanges à M le maréchal de Noailles qui chasse les ennemis sans perte de sang, et cela vaut mieux qu'une victoire. 11 la supplie de ne dire cette nouvelle que vers troiB heures, afin de donner le temps à son courrier do la porter au roi à Rambouillet. Si S. M. veut avoir la bonté de la confier à la devotf du Parc-nux Cerfs, c'est à elle de décider de celle faveur. 11 proposera au roi de lui donner un habit neuf, mais mod*sU, pour prix des services de A- son père. — En marge se trouve la réponse autographe de la reine.
9. - L. a. s. au maréchal de Richelieu; 3 p. in 4\ - 20 fr. (N° 93, Alex. Martin, 1842.)
10. — Tableau de l'histoire aucienne, manuscrit aut., 80 p. in-8°, rel. mar. rouge, tr. dor., aux armes du Dauphin. — 13 fr. (:*° 210, J. Charavay, 1857.)
On trouve encore, dans les catalogues, plus de 50 lettres du cardinal Fleury, vendues de 4 à 6 fr.
fleury (Abraham-Joseph Bénard, dit), un des meilleurs comédiens du Théâtre-Français, n. à Chartres, 1751, m. 3 mars 1822.
1. - L. a. s.; Marseille, 25 messidor, 2 p. in-4°. - 7 fr. 50 (N* 117, Motteley, 1844) ; — 5 fr. 50 (N- 249, Lajarriette, 1860.)
« Les mouvements politiques influent beaucoup sur les plaisirs de cette ville ; je n'ai pourtant qu'à me louer des citoyens, et si Ton vivait d applaudissements et de couronnes, je serais fort à mon aise... •
2. — L. a. s. à M. Perregaux; Bordeaux, 18 fructidor, l p. pl. in-4\-t0fr. (N° 176, Trémont, 1852.)
Relative à un billet qui lui a été souscrit et qui n'est pas payé. 11 est fort occupé, et tous ses moments sont comptés ; quand on n'a pas de fortune, il faut oublier les plaisirs pour s'assurer un sort. « N'est ce pas, mon ami, aussi je ne néglige rien pour y parvenir. Vous voyés que je me souviens de vos bons conseils... »
3. — L. a. s. au citoyen Cour sur- Loire, 4 prairial, 1 p. pl. in-4*. —
23 fr. (N° 206, Laverdet, 1856.)
L'air des bords de la Loiro le traite comme ses vignes, sa santé devient meilleure do jour en jour, il commence à se servir de ses jambes assez passablement et espère que dans un mois elles pourront le conduire à Paris.
4. — L. a. s. à M. 6 mars 1815, 1 p. in-4°. - 9fr. (N°221, D'HenneviUe, 1858) ; - 6 fr. (N° 254, Laverdel, 1861.)
Son âge et ses infirmités le forcent de quitter le théâtre, et il le prie de vouloir bien demander pour lui sa r traite à M- le duc de Duras pour Pâques de 1816, et à M. le due de Blacas la salle de l'Opéra pour sa représentation de retraite.
5. - t.. a. s. à M. Paulin, artiste du théâtre de Bruxelles; 1" juin 1817, 1 p. in-4». - 3 fr. (N° 135, J. Charavay, 1847) ; - 1J fr. (N° 167, CapeUe, 1852.)
Monrose vient de lui remettre une lettre de M. Champion, qui demande à Fleury quelques représentations. 11 envoie une note de pièces pour quatre ou six représentations. Ou choisira dans ces ouvrages les plus lucratifs. L'administration fait venir un danseur de l'Opéra ; peut-être ne voudra-t-elle pas les avoir ensemble; • cela ne m'empêchera pas d aller embrasser mon ami. »
Une dizaine d'autres lettres, de 4 à 5 fr. FLEURY. V. Joly de Fleury.
FLEUR Y (Honoré), député des Côtes-du-Nord à laConvei puis membre du Conseil des 500, incarcéré en 1793. puis envoyé en mission dans le département d'Eure-et-Loire, en 1 795.
Quelques lettres. En moyenne, 3 fr.
FLixs DES oliviers (Cl.-M.-L.-Emm. Carbon de), écrivain et poète du xvnr* siècle, n. à Reims, 1757, m. à Yervins, 1806.
Deux ou trois lettres. En moyenne, 3 fr.
flocon (Ferdinand), rédacteur en chef de la Réforme, membre du gouvernement provisoire et représentant du peuple, en 1848, n. à Paris, 1800, m. près Genève, en mai 1866.
Ses autographes se vendent de 2 à 3 fr.
flore (Francoise-Flore Corvée, dite), célèbre actrice du théâtre des Variétés, auteur de Mémoires, n. 1790, m. 1853.
Quelques lettres. En moyenne, 3 fr.
FLORIAN (Jean-Pierre Claris de), célèbre littérateur et romancier, notre meilleur fabuliste après La Fontaine, membre de l'Acad.- Française, n. au château de Florian (Gard), 6 mars 1755, m. à Sceaux, 13 sept. 1794. (Isographie). .
1. — L. aut. i soit oncle ; Armainvilliere, 1779, 3 p. 1/2 m-8°. — 26 fr. (N° 235, Rènèey 1860.)
2. — L. a. s. à Champein; Hesdin, 17 juin 1761, 4 p. pl. in-8*. —7 fr. (N» 68, officier général étranger, 1837.)
toute relaUve à son opéra comique le Baiser dont Champein faisait la musique.
3. - L. a. s. à Champein ; ( 1791), 3 p in-8». - 10 fr. (Nw 148. napette. 1849) ; - 12 fr. (!¥• 176, Trémont, 1852 )
Relative à la partition du Baiser. Il lui indique des changements indispensables;! faire, lesquels sont joints à la lettre.
4. — L. a. s. à Champein; (1781), 2 p. in-8». - 5 fr 50 (N° 106, De Soleinne, 1844.)
Il lui redemande le manuscrit du Baiser qui vient d'être reçu et qui doit être joué •us six semaines, à la Comédie-Italienne.
5. — L. a. 8. à sa femme; Hesdin, 2 juill. 1781, 4 p. pl. in-8-. - 21 fr. (N° 167, CapeUe, 1852.)
Relative aux changements à faire au Baiser.
6. - L. aut. à son frère ; (1781), 2 p. in-8°. - 41 fr. (N» 242, Lucas de Montigny, 1860.)
Il a fini le Baiser. 11 a pris jour pour le lire, et les comédiens le donneront sitôt qu il sera prêt : « J'ai renoncé, grâce à Dieu, au théâtre, c'est-à-dire au chagrin. Le BaUer ira quand vous voudrés, je ne puis finir plus brillamment et plus selon mon cœur, que par vous... •
7. - L. a. s. à M. ..; (1781), 2 p. in-8°. -9 fr. 50 (N° 146, Laverdel; 1848); - 40 fr. (K-249, Lajarrielte, 1860.}
Il lui envoie les rôles d'Alamir. d'Azurine, de Phanor, et deux exemplaires du Baiser* l'un pour la police, l'autre pour la comédie. Ses affaires, et des circonstances particulières, l'empêchent de suivre cette pièce et d'en h&ter la représentation. Il remet en ses mains tous ses droits, en le priant (l'être le seul auteur de cette pièce, et de faire comme s'il l'avait faite à lui tout seul, excepté la distribution des rôles qui doit toujours rester la môme.
8. - L. aut. à Champein; (1783), 1 p. in -8°. - 5 fr. (N* 1687 du BuU. J. Charavay); - 14 fr. (N- 249, Lajarriettê, 1860) ; - 4 fr. 25 (N" 269, /. Charavay, 1862) ; - 4 fr. 50 (W 291,/ Charavay, 1864.)
)] le remercie de l'aimable lettre qu'il lui a écrite mtGaïathëe. « Rn vérité, l'amitié vous a bien aveuglé, et jamais ma bergère ue sera si jolie que vous la faites •
9. — L. a. s. au duc de Penthièvre ; Paris, 24 avril 1785, 3 p. in-4°. - 17 fr. (N° 121, Charon, 1845) ; — 37 Ir. (N°256, Fossé- Darcosse, 1862.)
Il se recommande de la protection de madame la duchesse de Chirtres, pour obtenir la pension devenue vacante par la mort de l'nbbe de Uably : m Quel que soit le succès de ma demande, j'y gagne du inoins le plaisir bien vrai de vous parler de mon profond respect, de mon éternelle reconnaissance, et du double sentiment avec lequel j'ai l'honneur d'être, comme obligé et comme citoyen... ■
10. - L a. g. à M. château d'Anet, 14 mars 178C>, 2 p. pl. in-8°. - 20 fr. (N« 190, Laverdet, 1854); - 17 fr. (S- 178, Laverdet, 1863.)
• .... Votre suffrage assurément me consolerait si le mauvais succès de Numa venait m'aflliger...., mais un certain billet de Didot m'a fait un peu do plaisir. 11 en est au neuvième cent J'ai de la peine à croire qu'on ait fait encore n uf cents bonnés critiques, et pourvu que l'on vende toujours des exemplaires, eu proportion des épigrammes, je n'en dormirai pas moins bien... Comme je suis fort heureux ici, fort paisible, que je travaille bien, mange bien, digère bien, gagne au jeu, et ne reçois que des lettres divertissantes, je vais continuer à faire pénitence, et au lieu de retourner a Paris le 18, selon mes premiers projets, je ne sais plus quand j'y retournerai. De bonne foi, j'ai l'âme aussi tranquille que si je n'avais pas fait Numa... •
M. - L. a. s. à son oncle: (1786). 3 p. in-8°. - 28 fr. (N* 134, Laroclxe-Lacarelle, 1847) ; - 8 fr. (N«268, La Bédoyère, 1862.)
11 lui envoie son livre de Numa* et espère qu'il sera content des gravures qui ont encore éveillé la critique. Jamais roi pacifique n'a tant été attaqué; mais peu lui importe I
12. - L. a. s. à M. château d'Anet, 21 avril 1789, 2 p. in-8». - 13 fr. 50 (N* 190, Laverdet, 1854.)
Il a reçu son excellent ouvrage et le lit. « .... Depuis longtemps j'étais étonné qu'aucun écrivain ne tentât de nous tracer une guerre qui a autant illustré Tite-Live que Scipion. . Je m'étonnerais à présent qu'on essayât de récrire..-. »
13. — L. a. s. à M** Marie Piolee, sa pupille, à l'abbaye de St-Louis, à Vernon; 1" juillet 1789, 2 p. 1/4 in-8°. — 12 fr. (N° 7055 du Bull.- Laverdet, 1863.)
14. — L a. s. à Dampmartin ; Paris, 28 janv. 1790, 2 p. in-8°, cachet.-8 fr.75 (N" 203, 7. Charavay, 1856) ; — 16 fr. (N° 15698 du Bull. -Char avay).
15. — L. a. s. à M. Dupuis, capitaine de la garde nationale, à Sceaux ; Paris, 30 avril 1790, 2 p. in-8«. - 10 fr. (N° 130, Charon, 1846.)
Curieuse épitre sur son service dans la garde nationale.
16. — L. a. s. à M. Girot. à Paris; Vernon, 21 oct. 1790, 3 p. pl. in-8*, cachet. - 17 fr. 50 (N° 171, Laverdet, 1852.)
Il veut faire parvenir â sa tante, abbesse du couvent de Vernon, quinze petites cuillères à café en argent, pour elle et ses religieuses, mais il ne veut pas qu'elle sache d'où elles lui viennent. Singulier moyen qu'il emploieà ceteffet.
17. - L. aut.; Vernon, 18 fév. 1793, 2 p. 1/2 in-8». - 19 fr. (N° 213, Esterhazy, 1857.)
18. — L, aut. à sa tante, administratrice del'hôtel-Dicu de Vernon ; Sceaux, 30 prairial an u 118 juin 1794), 3 p. in-8«. - 12 fr. (N° 192, Amant, 1855); - 10 fr. (N-228, J. Charavay, 1858.)
« ... Le plus grand des philosophes qui ait existé, Epictète.a écrit que pour être sage, il no faut que deux choses : s'abstenir et supporter, tout est là dedans, au physique comme au moral, et Salomon ne pouvait pas vous en dire plus.:.. Je suis charmé que mes chères cousines aient rempli si bien leur rôle à la l'été de l'Être suprême. J'aurais voulu pouvoir le* accompagner .. »
19 — L. aul. au citoyen Ducis ; Sceaux, 26 messidor (au u, 14 juillet 1794), 1 p. in-8°. — 13 fr. (N° 290, DUunolstein, 1864. ;
Touchante lettre, par laquelle il lui annonce qu'il vient d'être mis en état d'arrestation par ordre du comité de Salut public • Voyés donc, mou ami, lui dit-il, si vous
r>uves quelque chose. Vos vertus civiques, votre talent, doivent donner quelque poids ce que vous dites .. Vous qui vous œnnaissés en patriotisme, en morale, en amis, voyés si vous pouvés m étro utile : ensuite vous m'en remercierez. • (Son emprisonnement lui avait causé un toi chagrin qu'il en mourut 2 mois après, bien qu'il eut été mis en liberté à la suite du 9 thermidor.)
20. - L. a. s. a l'abbé Arnaud ; 1 p. in -4-. - 16 fr. (H- 258, /. Charamy, 1862.)
« J'ai lu mes vers à M. de Buflëvent.on prétend qu'ils ne sont pas aisés à entendre, surtout le premier, et qu'il faut mettre au lieu de : « Tu n'as point combattu : Tu n'as point comouru. • Il le prie, si ce changement est agréé par sa société, de vouloir bien retourner au journal le faire changer.
21. — L. aut. au Mu de Plorian, ancien capitaine de cavalerie, àFerney; t p. in-8°, cachet. - 7 fr. 50 (N» 8526 du Bull. J. Charavay) ; - 6 fr. 50 (N° 253, Laverdet, 1861.)
Celui qui lui remettra cette lettre est M. de Pontanes, son ami. et le seul de leurs jeunes gens ot même de leurs hommes faits qui réunisse à beaucoup de talent beauconp d'amabilité. « Menés le voir tous les monuments de M. de Voltaire, il est digne de baiser toutes ces reliques. Il est plus que dévôt, il est prêtre du Seigneur et du sang d'Aaron... »
22. — 115 fables autogr , avec ratures et corrections, 143 p. in-8°. - 30 fr. (N* 16, Berlin, 1827) ; - 51 fr. (N° 146 bis, Bignon, 1848.)
23. — Anciennes fables donl je puis tirer parti, manuscrit autog., 59 pages. Inédit. — 40 fr. (N° 81, Pixèrècourt, 1840.)
24. — Le Bonhomme el le Trésor, fable aut., 3 p. in-8». — V Education du Lion, fable aut.. 4 p. pl. in-8*. — L'Aveugle et le Paralytique, fable aut., 4 p. in-8". — Le Singe gui montre la lanterne magique, fable aut , 3 p. in-8-, — Le Chat elles Bats, fable aut., 3 p. in 8*. — L'Inondation, fable aut., 3 p. in-8*. — La Carpe el les Carpillons, fable aut., 2 p. in 8°. — La Brebis et le Chien, fable aut., 1 n. 1/4 in 8°. - 110 fr. (N°212, Esterhazy, 1857.)
25. — Arlequin, amateur de musique, comédie en un acte, manuscrit aut., 5! pages. Inédit. - 27 Ir. 50 (N° 81. Pixèrècourt, 1840.)
26. — Plan de la Chose impossible, en 3 actes, manuscrit aut., 7 pages. Inédit. — 19 fr. (N° 81, Pixèrècourt, 1840.)
27. - Le Chien coupable, fable aut., 4 p. pl. in-8°. — 11 fr. (N° 159, Lalande, 1850.)
28. - Le Charlatan, fable aut., I p. in-8°. — 20 fr. (N° 164, Capelle, 1851.)
29. - La Brebis et le Chien, fable aut., 2 p pl. in-8°. - 15 fr. 50 (NM64, Cavelle 1 85 1 )
30. - Le chat et la lunette, fable aut., 2 p. pl. in-8». - 14 fr. (N° 164, Capelle, 1851.)
souscription i\atio\am:
POUR LE RACHAT DE LA TOUR DITE DE JEANNE DAr\C
Nous avons reçu du Comité Central la lettre suivante que nous nous empressons d'insérer:
Monsieur le Rédacteur en chef de V Amateur d'Autographes, Il existe en France, un monument unique par les souvenirs qu'il rappelle et par le respect qu'il inspire: le Donjon du Vieux-Château de Rouen.
Bati par Philippe -Auguste, en 1205, après la réunion de la Normandie à la couronne de France, il offre, avec les châteaux de Pierrcfonds et de Coucy, un des restes les plus curieux de l'architecture militaire à cette époque.
Mais son principal mérite lui vient de ce qu'il est étroitement lié à la sublime agonie de Jeanne Darc. C'est au sein de cette Tour, en effet, sans qu'on puisse élever le moindre doute à cet égard, que, pendant Instruction de son procès, le mercredi 9 mai 1431, Jeanoefut interrogée et mise en face des instruments de la torture. C'est là qu'elle fit à ses juges, disons mieux, à ses bourreaux, entre autres réponses consignées au procès,
celle-ci, dont le bon gens égale le courage : « Vraiement, se vous me « deviez faire détraire (arracher) les membres et faire partir l'âme hors « du corps, si ne vous diray-je autre chose, el se aucuue chose vous en « disoye-je, après si diroyc-je lousjours que vous le me auriés fait dire
• par force. »
Pour tout homme, pour tout cœur français, sensible aux grauds faits de notre histoire, la seule présence de Jeanne au sein du Donjon en fait la plus précieuse des reliques.
Aussi, dès les premiers mots prononcés pour soustraire aux hasards de la propriété privée cette Tour, possédée aujourd'hui par une communauté cloîtrée, un immense courant d'opinion s'est formé, demandant qu'elle redevint une propriété publique, et que, Librement accessible à tous, elle fut rendue à la vénération de la France enlière.
Tel était l'état de l'opinion publique, quand la commune de Domrjmy, berceau de l'héroïne, s'adressa au Conseil Municipal de Rouen, pour le prier de s'intéresser au rachat de cette Tour, demande qu'il accueillit immédiatement avec la sympathie la plus vive.
Mais comme cette œuvre, vu son importance et son caractère, ne paraissait pas pouvoir rester purement locale, dans sa séance du 26 janvier dernier, le Conseil Municipal de la ville de Rouen décida « qu'une sous- « cription nationale serait ouverte, sous son patronage, pour le rarhat « de la Tour du Donjon, dite Tour de Jeanne Darc, et que la ville de
• Rouen s'inscrivait en tôte de la liste pour une somme de 25,000 fr. • M. le Préfet donna son approbation à ces deux votes, le 3 mars suivant,
et un Comité, soutenu par les plus puissants patronages, s'est formé à Rouen, pour-l'exécution de la décision du Conseil Municipal.
Ce Comité fait appel à tous les journaux de France, bien convaincu qu'aucun d'eux ne voudra rester en dehors de cette grande manifestation
Sopulaire en l'honneur de l'héroïne inspirée, à laquelle le Ciel conlia l'une es plus hautes missions qui puissent être données à une créature humaine : celle de rendre à tout un peuple sa nationalité menacée, ou plutôt de créer cette nationalité encore incertaine.
Quand la Tour du Donjon sera redevenue une propriété publique, un tableau, placé dans son enceinte, contiendra le nom de toutes les corporations dont les dons auront contribué au rachat de ce monument unique dans les annales de notre pays.
Depuis le jour de son supplice, bien des protestations généreuses, bien des actes expiatoires, bien des statues élevées en son honneur, ont eu pour but de glorifier Jeanne Darc. Mais le plus* magnifique hommage sera certainement l'adhésion unanime de la France entière réuuie dans la même pensée par le seul prestige de son nom.
Le Comité central compte sur le concours patriotique de tous les rédacteurs des journaux de France pour l'accomplissement de l'œuvre nationale à laquelle il vient les prier de s'associer, non seulement par leur offrande personnelle et par les moyens de propagande dont ils disposent, mais encore par une coopération active, en constituant dans leur ville un Comité central. Ce sera la plus sûre manière de donner le plus de publicité possible à cette souscription, à laquelle tous les Français doivent être appelés à concourir dans la proportion de leurs ressources.
Ce qu'il faut, c'est qu'il ne manque pas une seule voix à ce cri sympathique et généreux sorti du cœur de la grande famille française.
^ Que pouvons-nous ajouter à cet appel éloquent adressé à tous les Français, sinon qu'il n'est personne qui pourra y résister. La mémoire de Jeanne Darc,en effet, est restée chère à tous et sa gloire
rayonne encore sur nous. Dans un siècle oû l'on porte à un si haut point le culte des grands hommes, on ne pouvait oublier l'héroïne qui sauva la France sous Charles VII. Un comité s'est formé pour conserver comme une relique, comme un souvenir celte tour qui a été témoin des souffrances de Jeanne d'Arc. M. Verdrel, maire de Rouen, et M. Frédéric Deschamps, un érudit distingué, sont à la téte de cette honorable entreprise qui compte parmi ses membres les hommes les plus distingués du département de la Seine-Inférieure. N'oublions pas aussi que notre célèbre historien, M. Henri . Martin, en est un des instigateurs. Nous sommes priés d'annoncer qu'on recevra dans nos bureaux les souscriptions même les plus modestes, car il s'agit d'une œuvre nationale auquel tous doivent contribuer.