‹ L'Amateur d'autographesChapitre 42 sur 175 · IF · texte numérisé non relu

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4. — L!. af. s.; Palais-Royal, avril 1775, 2 p. in-8». - 5 Tri (N* U% Lucas dé Moàligny, 1860.)

5. - L. a. s. à Grosîey, à Troyes; Paris, 17 avril, 5 p. in-4°, cachet. - 3 fr. 50 (N* 164, ViUtnave, 1850.)

Trois ou quatre autres lettres autographes signées se sont veridues eu moyenne 3 fr.

fonfrède (J.-B. Boyer), célèbre conventionnel girondîri, tt'. à1 Bordeaux, 1766, décapité le 31 octobre 1793.

t. — L. a. s. au ministre de la guerre; Paris, 14 fév. 1793, l p. in-foJ. — 65 fr. (N-290, UHunolUein, 1864.)

2. — L. a. s.; Paris, 8 mars 1703, 1 p. in-fol. - 7 fr. 50 (N° 4940 du Bull. J. Charavay.)

Les seules lettres qui aient passé en vente. — Les autographes de son fils Henri, fameux publicisle royaliste, n. 1788, m. 1841, valeut de 2 à 3 f r«

fontaine (Alexis), géomètre, célèbre par ses belles recherches sur le calcul intégral, membre de l'Académie des sciences, n. à Glaveison (Dauphiné), 1705, m. 2; août 1771.

L. a. s. à Mr de Mairan; Berlin, 15 juin 1748, 1 p., cachet. — 5 fr. (N* 137, W iard, 1847.)

On ne trouve rien autre dans les catalogues.

(La suite au prochain numéro).

Marie-CàS raïraÉ , reine de Pologne : — Nous extrayons d'une léttre d'elle datèe de Chebresin, 20 février, le passage suivant qui montre combien cette femme héroïque était digne d'être l'épouse de Jean Sobieski :

« Si j'avés estés seule légèrement je me serés fait un playsir d'aler tout droyt à Léopole et de me défandre contre les esnemis si il ra'avés ataqués an quel androy et de les fayre charger. Il me sauble que j'ay conservés un brin du grand courage de mon invincible et charmant espoux et que je mé serviré de tôiite les ruses et habilités qu'il avet et dont il se servet s! uûllement pour vincre ces esnemi. Ce sont de si belles leçons qu'il a donnés ^u'il me sànble que je suyvrés fort bien. Vous diréô que je veut devenir l'amazone, mais qu'à mon âge cela me sieret mal. Je vous répondrez qu'estant jeune je n'an pouvés pas tant scavoir. Il n'i a cune dificulté c'est que je voudrés conbatre an calèche estant très mal à cheval... »

Maintenon (La Marquise de). — D'une curieuse épître datée de St-Cyr, le 18 mai 1710, et adressée à l'archevêque de Rouen, nous reproduirons un passage qui se rapporte aux malheurs de la France alors sur le point d'être envahie par les troupes de l'Europe coalisée contre nous :

a 11 faut espérer que Dieu ne nous poussera pas jusques à Pêxtrémité ae voir nos ennemis en France. On ne parle que d'une bataille qui sera d'une terrible conséquence et que l'on croit devoir donner sy oti le peut pendant le siégé de Douay. L'armée peut étrè assemblée le 21. Elle est

plus belle qu'on ne l'avait cru et paroit de très bonne volouté mais je la crois inférieure à celle des ennemis. Nous ne méritons pas un ange exterminateur mais il nous seroit bien nécessaire...

Paris Duverney.— L'habile financier de l'époque de la régence, voyant les embarras d'argent qui surgissaient de toutes parts, écrit de Sampigny, le 31 mai 1730, à M. Milsonneau ces lignes caractéristiques :

u Ce que je vous ay écrit obscurément il y a environ trois ans dans le tems de la réduction des rentes viagères peut estre expliqué aujourd'huy par le dernier événement. Il faut ud puits perdu en finance, comme un général d'armée dounant bataille doit auparavant avoir dans sa teste le plan de retraite quoy qu'il compte vaincre. Autrement tout périt et l'un et l'autre se deshonore. Or le puits perdu, conduit plusieurs années avec assez d'art pour eutraisner l'opinion courante, éloit l'opération des rentes viagères. Du jour qu'où l'a comblé j'ay veu la ruiue. C'est ce que je vous ay marqué sous l'einblesme d'uu marchand de Lyon... »

Rousseau (Jean-Baptisto). — Nous attachons d'une lettre de lui, datée de Soleure, le 16 février 1714, et adressée à Mrae de Pontevelle, un passage assez curieux où il parle de la vie qu'il mène en Suisse et de ses travaux :

« A l'égard du détail que vous me demandez de mes occupations présentes elles sont à peu prez les mesmes et je n'ay jamais mieux compris que depuis que je vis en Suisse de quel prix est une oisiveté douce assaisonnée d'un peu de conversation. Je croiois pouvoir réussir par là à me faire oublier au genre humain, mais M. le comte Du Luc m'a si bien fait entendre à son retour de Paris qu'on s'y souvenoit encor de moi en beaucoup d'endroits où on estoit scandalisé de ma paresse, que j'ai repris le mors aux dents de sorte qu'en moins de quatre mois j'ai fait trois ouvrages qui montent à la somme de prez d'onze cent vers. La diette de Lucerne est venue qui m'a totalement dérouté et je n'ai recommencé que depuis deux jours à resver à quelque chose dont je ne sài encore ce que je pourrai faire... »

Le Prévôt de Beaumont : — Curieuse épître adressée à un ministre, sans doute le duc de Choiseul. Il y parle de ce fameux Pacte de famine qu'il avait signalé à la réprobation publique, acte de patriotisme qui lui avait valu la Bastille. Voici le texte de cette lettre qui, si elle n'est pas inédite, n'en est pas moins un document fort curieux:

« Monseigneur,

« Que Dieu veuille vous faire savoir par les vents de l'Equinoxe auxquels je confie cette lettre que je suis lyranisé depuis 13 mois et demi, parce qu'en vrai patriote et fidèle sujet du Roi, je veux pour l'acquit de ma conscience, et pour le bien de tous les peuples de la France dénoncer au Koi, ou à vous, Monseigneur, la plus ôtonnante conspiration qui se soit faite contre tout le Rovaume depuis qu'il subsiste. Quatre autres sujets de sa Majesté qui en o"nt connaissance sont uniquement pour cela opprimes comme moi et transférés de la Bastille au Donjon' de Viucennes pour y être suffoqués, ou pour y périr au paiu d'amertume et à 1 eau d angoisse par les soins du sieur de Rou^emont , concierge et tyran des prisonniers du Don jon qui nous a tous reçus sans ordre du Roy et sans écrouer sur le registre des entrées : La conspiration a trois chefs du

nombre desquels est M. de Sartine, notre persécuteur. Elle a aussi trois sous-chefs pour le travail, et ceux-ci sont représentés par un généralissime agent, qui se porte en poste dans toutes les provinces où il a une ou plusieurs légions de sous-agents voituriers et manouvners. Il est encore d'autres semblables ligues secrètes. Leurs indignes manœuvres se font à l'insçu du Roi. sous son nom, sous son autorité, et sous le titre imposant du bien public contre l'honneur, l'intérêt et la gloire du Roi et contre la prospérité du Royaume que ces ligues du bien public dévorent sans cesse jour et nuil et depuis près de cent ans, suivant mes recherches.

• Je vous supplie, Monseigneur, de me faire la grâce de m'enteûdro avec le S. Rinville, en nous faisant transférer devant vous. J'espère vous démontrer que les plus grands maux de la France depuis cette époque viennent de la cause que j'ai à vous révéler.

* Je suis avec un très-profond respect, Monseigneur, « Votre très-humble et très-obéissant serviteur.

« Le Prévôt,

• Natif de Beaumont le Roger en Normandie. » « Au Donjon de Vincennes, n° 10, ce 24 septembre 1769. »

Notice sur Hector de Maniquet, seigneur du Fayet en Dauphiné,

par Anatole de Gallier. *

C'était un singulier personnage que cet Hector de Maniquet qui, hobereau de province, comme le qualifie son savant biographe, parvint à s'insinuer dans la conûancedes princes. Ce petit Seigneur dauphinois dont jusqu'ici le nom n'était connu que de quelques érudits, et dont on ignore encore le lieu et la date de la naissance et de la mort, était un de ces hommes qui savent se rendre utiles, en se chargeant de missions délicates pour lesquelles on a besoin d'un homme sûr et discret. Ainsi c'était au château du Fayot que la belle Marie Touchet avait donné le jour au duc d'Angouléme. Son royal amant ne laissa pas, comme on le peut penser, un tel service sans récompense. Hector de Maniquet était déjà maître d'hôtel de Marguerite de Valois, depuis femme de Henri IV. En 1572 il fut chargé d'une mission de confiance auprès des Electeurs Palatin et de Saxe et du Landgrave de Hesse. Le roi lui remit des instructions circonstanciées dont M. de Gallier possède une copie. Elles sont publiées à la fin de celte intéressante brochure avec le rapport de Maniquet au roi sur sa mission Ces documents sont fort curieux: Nous ne saurions mieux en faire apprécier lavaleur que de conseiller à nos lecteurs de lire la brochure qui les renferme et de citer ces quelques mots de M. de Gallier : « Sans nous révéler aucun fait important les deux pièces (ju'on va lire offrent des détails intéressants sur les dispositions de 1 Allemagne, et présentent surtout à nos yeux le mérite de former un des anneaux de cette longue chaine de preuves qui établissent la non-préméditation de la Saint-Barthélémy. »

1 Valence, Chenevler et Ghavet, 1866, 31 p. in S, 2 fr. - Extrait du Bulletin de la Société départementale d'archéologie et de statistique de la Drôme.

.Précis historjqye sur l'ancienne seigneurie et fiefs de La Bénatïère (ik de lié)

>Par M. L. B. Th. Phelippot, homme de lettres â M; Théodore Phelippot est un de cesérudits qui s'occupent spécialement de leur pays natal. Ainsi la brochure dqnt nous entretenons, nos lecteurs en ce moment n'est que la première partie d'un travail assez important sur les anciennes vigueries de l'îlede Ré. La Bénatière est un de ces petits ûefs : M. Phelippot en connaît à fond l'histoire et il nous donne le nom des seigneurs qui l'ont possédé. L'ancien domaine est devenu pour ainsi dire sa propriété puisque c'est sur ses ruines féodales que M. Phelippot flt construire, en 1854, une maison de plaisance, appelée la Tour MalakofT. Dans cette villa il existe un musée qui fait 1 admiration de tous ceux qui le visitent et les galeries de tableaux, d'autographes, de médailles, d'antiquirtés qu'elle renferme ne sont pas une des moindres curiosités du pays. Nous félicitons sincèrement Al. Phelippot d'offrir ainsi un appât aux amateurs et aux érudits et nous faisons des vœux pour, que, dans les provinces, il se forme ainsi des musées rétrospectifs où les documents relatifs au pays trouvent leur place naturelle.

Le chevalier Jacques Ferrazzi, de Bassaao, s'occupe en ce moment d[mie publication de la correspondance de Canova. fl prie .les personnes qui posséderaient des lettres de l'illustre sculpteur de lui en donner soit l'indication soit la copie. Envoyer les communications au directeur de Y Amateur d'Autographes.

— La Foule * est un nouveau journal qui parait tous les samedis et qui a déjà obtenu du succès. Son numéro 23 contient les articles suivants :

Causerie : H. Cousin. — La recherche du remède universel : Védrine.

— Petite Chronique : Germain Picard. — Libussa (conte légendaire}: A. Charlier de Stkinbach. — Essai sur l'hygiène des ouvriers bouilleurs, par le docteur E. Bjurguet : Pierre B'oyer. — Suicide interrompu : J.-B. Bûredon. — Salon de 18G6 . Georges-Marye. — Géographie (la Saxe royale) : A. Charmer de Steinbach. — Aqua-tinle (M. Gustave Doré) : Gkorges-Maryë. — Courrier do la mode : Mn,»M.-J. Mathews.

— Nouvelles. — Annonces.

Feuilleton. — L'ambition d'une femme : M»9 Boredon-Ferrière.

— Thêà res : H. Mick.

Le redacteur-en-chef de la Foule, M. A. Delprat, offre à ses abounés d'un an deux cartes de l'Allemagne et de l'Italie du Nord, et à ceux de six mois une des deux à leur choix. Une telle combinaison ne peut manquer de réussir, surtout dans ce moment.

— Le Moniteur de l'Archéologue paraîtra désormais le 1er de chaque mois, par livraisons de 32 à 40 pages, avec figures. Son rédacteur en

» St J^an d'Ançely, Lemarié, 1866, 16 p. in-8. - Extrait du Bulletin annuel de la Société historique de St Jean d Angely.

s Bureaux: Rue de La Harpe, 7. — Paris: 3 mois, I fr. 25; 6 mois, 2 fr. 50 , un an, 5 fr. — Départements : 3 mois, l fr. 50 ; 6 mois, 3 fr. : 1 an, 6 fr. - ^tjwiqbb : le port en sus.

-cbef,ie8t, comme nous Savons déjà dit, M. G. Goustou,xle la Société française d'archéologie, Rue Deville, 15, à Toulouse.

Ventes : M. Léon Techener, libraire, fera du 3 au 11 juillet la suite de la vente des documents composant les archives du collège héraldique et historique de France. Ce catalogue qui ne comprend <que la Normandie n'a pas moins de 2027 numéros, (/est une occasion unique pour les amateurs normands qui ne la laisseront certainement pas échapper. La première partie qui renfermait la Picardie s'est vendue le 29 mai et les trois jours suivants. Elle a obtenu du succès et nous croyous que la Normandie n'en aura pas moins. — Les autres parties qui concerneront chacune les anciennes divisions territoriales de la France par provinces paraîtront prochainement et seront mises en vente successivement.

CH ROIVIQUE

M. Champflcury qu'on rencontre toujours à travers les sentiers assez peu battus et fort poudreux de la curiosité, a beaucoup flairé, beaucoup vu et beaucoup retenu. Il a publié dernièrement un ingénieux volume sur la caricatiirenritiqiie. A certains points de vue il nous conviendrait de nous arrêter sur ce petit volume. Les graffiti, par exemple, ou inscriptions jetées en tout sens sur les murs de Pompei sont de véritables autographes. A l'homme qui vit toujours sous le ciel, son stylet à sa ceinture, un mur blanc est un livre toujours ouvert. L'image se môle le plus souvent au texte. C'est tantôt bouffon, tantôt ingénieux. Ici décrire est mal aisé et inutile. Ouvrez le petit livre de M. Champfleury : il vous en dira plus que je ne pourrais le faire.

Nous avons beaucoup de sympathie pour M. Lemerre qui, tranquillement, simplement, par pur amour des belles choses, se met à réimprimer tous les poètes de la Pléiade en délicieux volumes in-8 exhalant le plus pur parfum xvi« siècle. Ce ne sera pas trop de nos Thouvenin modernes pour relier ces volumes simples et exquis. L'on aimera à voir grimacer au milieu des fleurons et d s culs de lampe ces mascarons étranges et ingénieux que l'éditeur a fait soigneusement choisir et reproduire parmi ces types éclos en plein xvi« siècle sur le bois des graveurs, du môme souffle fantaisiste qui conduisait le ciseau de Germain Pilon sur les arches du Pont Neuf. Il y aurait trop à dire si nous voulions parler de la nouvelle collection de la Pléiade. Il en sera traité en meilleur lieu et par de meilleures plumes. En attendant félicitons l'intelligent et hardi libraire facile à la poésie, ami des belles choses, qui nous rend les astres poétiques du xvie siècle que les écrivains du xvn« avaient fait oublier un moment.

Par bonheur nous ne sommes pas aussi forts que Voltaire et le seul nom de Jeanne Darc nous émeut et nous charme. C'est nne vieille religion : maître François Villon, ce méchant escholier de Paris, se trouve tout soudainement ému quand il songe à Jehanne la bonne Lorraine Qu Anglais bmslèrent ès-Kouen ;

Et Musset, cet autre escalier de Paris, ne versait-il pas des larmes devant une statue de Jeanne Darc, à ses plus fatales heures de désillusion et de lassitude ? ... : • :.

La pauvre Jeanne fut renfermée dans une grosse tour, in grossâ turri. La tour fait actuellement partie d'un couvent cloîtré, en sorte qu'il est aussi mal aisé de l'approcher qu'une none. Elle est murée ; toot regard qui l'ose chercher, même à travers les lunettes bleues d'un antiquaire, est indiscret, profane, sacrilège. Il faut l'affranchir, la rendre à la vénération de la France dont sa captive fut la plus pure et la plus admirable personnification. Dans ce louable but un comité s'est formé à Rouen, et, comme on l'a déjà dit dans le dernier numéro, il a ouvert une souscription nationale. Nous ne saurions trop inviter les lecteurs de V Amateur d'autographes à répondre à cet appel vraiment patriotique et nous leur rappelons que toutes les souscriptions sont reçues a la librairie de M. J. Charavay aîné, quelque minimes qu'elles puissent être.

Finissons en riant :

Un monsieur Bernard quelconque qui fut assez homme d'esprit pour arrondir longuement et patiemment son ventre et son: sac devant un comptoir de la rue Saint-Martin, s'était retiré, la soixantaine sonnée, dans un certain château Louis XV qu'il avait réussi, à fôrce de violenter son goût, à meubler presque dans son vrai style. Il se dégageait même de cette vieille résidence un certain air de noblesse qui prit le bonhomme au cerveau. A peine s'était-il demandé seul et à demi voix s'il n'avait pas lui aussi des aïeux qu'on put cataloguer, coter et pendre aux branches d'un arbre généalogique; seule décoration qui manquât encore à sa salle à manger, ; à peine, dis-je, avait-il poussé quelques soupirs à cet endroit qu'il se trouva quelque archiviste sans diplôme, travaillant en ville, pour lui assurer que la famille Bernard comptait de nombreuses illustrations, que l'un d'eux, fort connu dans l'histoire, avait.eu de grandes lumières théologiques vers les xrj, xn° ou xine siècle, et qu'il serait facile de se procurer des papiers qui établissent une filiation régulière. Aussitôt dit, aussitôt fait; et l'heureux, M. Bernard se vit bientôt propriétaire d'un dossier de respectable apparence, convenablement poudreux et honnêtement moisi. La pièce qui ouvrait la série portait particulièrement le cachet de sa vénérable antiquité- Elle était datée de 1140 et laissait voir avec modestie sur son vélin racorni cette signature accompagnée d'un délicat paraphe : Saint Bernard. Le grand docteur avait signé le diplôme : Saint Bernard, absolument comme son honorable descendant signait ses billets Pierre ou Paul ou Guillaume Bernard ! — Et dire qu'il y a des gens qui ne croient plus à la naïveté !

Le Directeur-Propriétaire : Jacques CHARAVAY. AJibevUle. - Imp. P. JtiM.

No 109.-5» Année

Juillet 1866

« me de* GrandH- luguutlns, «6, ù Péris

PRIX DE L'aEONNEMENT POUR PARIS ET LES DÉPARTEMENTS

Pour six mois 6fr. | Pour un an 12 fr.

Étranger : le port en sus.

on s'abonne, pour .l'rtranobr, chez les libraires SUIVANTS

Londres : MM. Puttick et Simpson, 47, Lei

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Dresde (Saxe) : M. Richard Zcune, Priesa-

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La Haye : M. Martimu Nijhoff, 49, Raania-

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Turin : MM. Bocca frère*.

Bruxelles : M. Van Trigt, 80, rue S*-Jean Madrid : M- BaiUy-BaiÙïhre.

Saint-Pétersbourg : M. Jacques luahoff.

Moscou : MM. Gauthier.

New- York : MM. Bossange et 94, Beekmann Street.

Les demandes d'abonnement et toutes les communications relatives au Journal doiveDt être adressées, franco, à M. Jacques CH ARA VA Y, rue des Grands- Augustins, 26.

AVW importait

Messieurs les amateurs dont l'abonnement expire avec ce numéro sont priés de le renouveler le plus tôt possible. Nous prions aussi les personnes qui sont en retard pour acquitter le premier semestre de vouloir bien nous le faire parvenir soit par un bon sur la poste, soit en timbres-poste.

Nous demandons aussi aux amateurs de nous envoyer des communications et les observations qu'ils auraient à nous faire sur les améliorations qu'on pourrait apporter à notre journal. Rien ne nous coûtera pour rendre de plus en plus notre revue intéressante et utile. Dans le but de satisfaire la curiosité de nos abonnés des départements, nous publierons de temps en temps des pièces d'un intérêt local. Nous commençons dès ce numéro adonner la première partie d'un document fort important pour la ville de Meiz. En un mot, nous voulons, en publiant des pièces de tous les temps, de tous les pays, les unes historiques ou littéraires, les autres biographiques, faire de Y Amateur d'Autographes un recueil indispensable pour les érudits, et le plus riche répertoire de documents inédits qui puisse exister. Voilà notre but : qu*on nous aide et nous espérons l'atteindre.

PIÈCES INÉDITES

H E LVÉTI

Très-curieuse épltre adressée de Rozoy-en-Brie à « Monsieur de Burigny, rue Saint-Honoré, proche le cul de sac de l'Orangerie, à

Paris. » Helvélius y critique spirituellement Bossuet en oppqsant au ffrand docteur de l'Eglise Ténelon dont il fait le plus bel éloge. Jean Lévesque de Burigny, né en 1692. mort en 1785, membre de déraie des Inscriptions et historien distingué, avait; publj 1761, une Vie de Bossuet. C'est' sans contredit cet ouvrage donné lieu à cette curieuse épltre du fameux auteur d&jli;

iMonsieur et très. cher aojy,

Recevez de très sincères remerciements de ma femme et de moy pour le beau livre que vous nous avez envoié. Votre ouvrage m'a paru très bien fait et plein d'anecdotes très curieuses. Vous y avez beaucoup parlé de théologie, mais c'est d'un théologien dont vous aviez à parler. 5é suis un peu fâché que ce M. Bossuet s^emporta si Tort contre notre Molierre, car enfin, mon. amy^ si nous jouons tous notre comédie dans ce bas monde il faut avouer que te Tartufe de Molierre vaut encore mieux que le Tartuffe de Meaux. Je suis aussy fâché d'apprendre que M. de Féueion ait eu quelque tort avec ce M. Bossuet. J'aime Pénetou* Si- vous avez la science ae Bossuet, ce Péneton avoit votre caractère r il étoU doux et toujours humain ; il rat» semble que c'est un des horatrie** aVfec i^ïrt'i'on désireroit le plus d'avoir vécu. Peut-être n'étoitil pas aussy bon théologien que M. Bossuet? Mais si ce dernier sur le terrain mouvant dè la théologie a bati un édifice plus régulier que M. de Féoelon, cet édifice disparoitra bientost et le Téléinaque subsistera tant qu'il y aura sur la terre des âmes aussy honestes, aussy tendres et aussy vertueuses que la votre. C'est sur le terrain vierge dp la nature que ce dernier a construit l'édifice de sa réputation tandis que Bossuet l'a élevé plus près du ciel mais la tondé sur des nues. Adieu, mon amy ; vous dévoriez hieu venir voir deux pauvres solitaires qui vous aiment autant qu'ils vous estiment. ■

Vale et me ama.

La lettre que nous allons publier est, d'un grand intérêt en ce qu elle se rapporte à undes épispdas les plus saillants de celle campagne des Pyrénées-Orientales qui est un des plus beaux titres de gloire du général Pérignon. La ville de ïfases en effet eHait admirablement située pour opposer aux attaques des Français, une vive et longue défense. Il fallut l'énergie et la valeur des troupes républicaines, ainsi que l'habileté et le sang-froid de leur chef, pour surmonter les obstacles de toute nature qu'ils rencontrèrent pendant, ce siège. La lettre de Pérignon montre la plus grande résolution ei dévoile des .pians d'une audace surprenante à qui ïe succès du reste ne fit pas défaut.

i Palau Saverda, le 7 pluviôse, 3« aguiée républiquairiç.,

Citoyens Représentants, ■• 11

Nous comptions cette nuit dernière continuer nos communications pour arriver à l'emplacement de nos batteries en avant de la parallèle; nous avons trouve l'eauâ M tleioi pied, il demeure bien reconnu que de très-long temps nous ne pourrons, reprendre nos travaux vers le front d'attaque; ce n'est dans le lerraitt qu'une mafàe d'eau. Au milieu de ces cou Hrartftéfij le cfcesMr d'avoir bientôt 'Roses a remué les immagioations; nous avons cherché et trouvé le moyen d'y parvenir, ; 4è^ dei^ftiq la

— rtffc —

nouvelle opération commente ; tout le monde est d'accord que, quelque temps qu'il fasse,' nous battrons la place et obtiendrons la brèche en peu de temps. Je fais faire pour vous le plan contenant les nouvelles dispositions affiri que vous puissiez comprendre aisément les rapports (Tue je vous ferai tous les jours ; je vous enverrai le plan ce soir ou demain matin. Le nouveau projet est hors des règles, mais, comme la règle principale est de prendre Roses, et qu'il nous y amène promptement, il est suffisant. Le côté que nous nous préparons à attaquer, est la droite de l'ancien ; je vous dis cela en attendant que je vous envoyé le plan.

îïnotis eBt arrivé hier un accident ; une bombe est tombée sur le petit magasin à poudre de la Redoute espagnole, composé de huit barils; l'explosion a tué sept hommes et blessé soixante des bataillons de gardé, qui", mal à propos et par une imprudence bien blâmable, étoientramassés autour du magasin ; quelqu'un de nos crânes d'ailleurs prennoit plaisir à agacer les ennemis, en montant sur le revers du fossé et leur tirant des coups de fusils, c'est, je crois ce qui a attiré leur feu ; je vous envoyé cijoint le rapport des hommes tués ou blessés dans cet événement.

Votre collègue 1 se porte bien et, m'aide de toute son activité pour presser les opérations. ^

Pérignon,

Général en chef provisoire1.

Une autre lettre de Pérignon, écrite le 12 pluviôse au gal Beaufort, fait partie du bulletin no 146 de M. J. Charavay. 11 s'y plaint de n avoir reçu que des roseaux quand m avait reconnu à Castillon du foin, propre à faire des bouchons pour le grand feu qu'ils doivent commencer le lendemain, a ToutescesentravesrdiMlj ne peuvent venjr que d'une négligence eau naWe ou d'une ignorance parfaite. La ville de Roses, foudroyée dès le 25 janvier par oaae batteries, ne put tenir devant les efforts des Français- La garnison s'embarqua d a n* la nuit du 2 au 3 février, laissant pour couvrir sa retraite 300 hommes qui se rendirent le lendemain.

BONAPARTE (LÉÎÎTIA)

Lettre fort curieuse adressée au cardinal Pesch et sur laquelle nous donnerons quelques n^tes explicatives après en avoir transcrit le texte

Paris, le 8 mai 1807.

Mon très- cher frère,

Paulelte • part aujourd'hui, comme je, vous l'avais déjà annoncé dans , ma dernière lettre. Je compte qu'ellë vous trouvera déjà a Lyon. Son départ m'a contristé. La voir s'éloigner de toute sa famille dans un état habituel de souffrance, me déchire l'âme. Je ne crois dans sa suite qu'une seule personne qui mérite ma, confiance, c'est monsieur De Montbreton; je lui ai recommande de me donner de ses nouvelles avec la plus grande exactitude, et de ne me laisser rien ignorer de tout ce qui se passe ; car^ je vous le répète, je ne suis pas du tout tranquille sur sa position sous plusieurs rapports. Je, vous, prie^ de lui recommander vous aussi la

1 Delbrel.

* Périgoon avait remplacé Dugommier tué à la bataille de la Montagne- Noire le 20 novembre 1794^ » Pauline, duchesse de Gûastalla, mariée au prince Borghèse.

môme chose, et de lui faire voir ma lettre si vous le jugez à propos. C'est un bien honnête homme eu qui Ton peut reposer sa confiance.

J'ai, mon très-cher frère, à vous entretenir dans ce moment d'un autre objet qui m'afflige vivement. M. Gambacérès sort de chez moi. Il est venu m'annoncer la mort du petit Napoléon à La Haye; depuis quelques jours nous avions appris qu'il étoit malade, mais par les journaux seulement. Le père quiavoit euvoyé des courriers ici n'en parloit pas. Avant-hier M. Corvisart vint me dire qu'il partoit pour l'aller voir, et ce matin arrive la nouvelle de sa mon. Vous jugez de ma consternation, non pas seulement pour l'enfant, mais pour le père, et pour toutes les suites que cet événement peut produire sur sa santé. Je crains bieu que tout cela n'influe aussi sur la mienne.

Adieu, mon cher frère. Tous les autres de la famille qui se trouvent à Paris se portent bien. Donnez-moi vos nouvelles et celles de Paulette, et croyés toujours à ma tendre et inviolable affection.

VOSTRA AFF"A SoRELLA.

Le prince dont Madame mère annonce la mort à son frère est Napoléon-Charles Bonaparte, premier fils de Louis, né le 10 octobre 1802. Héritier du trône de Hollande il était destiné à être adopté par Napoléon Ier, mais il mourut du croup à La Haye le 5 mai 1807.

Ces trois pièces sont empruntées au Bulletin n° 146 de M. J. Charavay aîné.

Etienne Charavày.

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