I V VENTE D'AUTOGRAPHES DU JUITV
La saison est bien avâncée et déjà bien des amateurs sont allés so reposer des fatigues de l'hiver à l'ombre des bosquets de leurs maisons de plaisance et respirer l'air pur de la campagne. Cependant voici encore une vente que M. J. Charavay aîné doit faire le 29 juin. C'e3t tard, dira-t-on, et dans un bien mauvais moment. Nous ravoùons, mais les pièces que renferme le catalogue sont notre excuse, et ce qui est réellement bon se vend toujourseten toulesaison.
La collection dont se compose la vente était peu considérable mais choisie. Elle comprend en général des pièces anciennes, difficiles à trouver et remarquables par leur conservation et leur importance Mstorique. Pour ne citer que deux noms, Louis XI et le cardinal de Lavallette, nous ferons remarquer qu'il n'.est pas possible de trouver de lettres plus belles ni plus intéressantes que celles dont nos lecteurs peuvent apprécier l'importance dans ce môme nujnéro. Nous allons donner un aperçu succint des principaux articlès du catalogue en les classant, comme à l'ordinaire, par spécialités.
souvERAims ht princes français : ChartesMi, pièce nom signée mais avec le contre-seing de Montagu, sans doute Jean? se»crétaire des finances, pendu quelques années plus tard; et relative au connétable Olivier de Clissou , Louis XI, lettre signée où- il ratconte la victoire de Montlhéry, pièce historique du plus grand intérêt; et Charlotte de Savoie, sa femme; Charles VIII; Anne de Bretagne, pièce curieuse: Orléans* (Charles et Marie d'), père et. mère de Louis XII ; Lou s XII, annonçant son avènement au trône; Franr çois \*r et ses trois fils François, duc de Bretagne, mort empoisonnéen 1536, le roi Henri IL et Charles, duc d'Orléans ; Catherine de Médicis, pièce intéressante ; François II, trois pièces signées de ce jeune roi dont les autographes sont fort rares; Charles IX; Henri III ; Henri IV et ses deux femmes Marguerite de France et Marie deMédicis; Catherine de Navarre, la célèbre duchesse de- Bar; Louis XIII et Anne d'Autriche; Louis XIV. — La famille dos Guise est représentée par quatre de se&membve&Fmnçois> assassiné: par Poltrotet d'Anne d'Esté, sa femme; Henri I*r assassiné à Blois, et Henri II, le héros de l'échanourée de Naples.— Joseph et Jérôme Bonaparte, et leurs sœurs. Eli sa etRauline.
souverains et princes étrangers : Ferdinand V, roi d'Espagne, et Isabelle, sa femme, pièce fort curieuse ; — René d'Anjou, roi de Naples -f — Christine, reine de Suède, lettre fort intéressante où elle parle de son grand écuyer Mmaldeschi qu'elle fit égorger sous ses yeux à Fontainebleau quelques mois après; — Marie-Casimire, reine de Pologne, cinq lettres d'un grand Intérêt, et 8es deux fils Jacques-Louis-Henri et Àlbxandre-Benoit-Stanislas 5o- Irieski ; *— Jacques II, roi d'Angleterre, et Caroline d'Anspach, femme de Georges IL; — Lcopold roi des Belges, — papes : Benoit XIII et XIV ; Clément VIII et XII ; Grégoire XV : Lanocent X, l\ et XII ; Léon XI ; Paul V et Urbain V1IL — Les cardinaux Qarbarigo et Borghèse.
grands capitaines: Les maréchaux Bassompierre, Giamont, Thémines, Turenne, Saxe, Estrées, Brune et Poniatowski, 1. a. s., très-rare. — Duchatel (Tanguy A qui sauva Charles VU, alors Dau-
ghin, et assassina Jean -sans-peur ; Aumale, le frère du duc de uise assassiné par Poltrot ; Aumont (Je duc d%) ; Chabot \ Beauharnais (Alexandre,/, Championnet, Pichegru et Miaczinski ; Bonnaire, louchante épttre, etc.
académiciens : Seguier (Pierre et Antoine-Louis; ; Bouhier (le président) ; Nivernois (le duc de) ; Chabanon ; Tressan ; Rothelin ; Richelieu (le maréchal de) ; Saint-Pierre (Bernardin de; ; Ducis, jolie pièce de vers ; Laya; Legouvé ; Aignan; Arnault ; Chateaubriand et Prévost Paradol.
littérateurs: Sainte-Marthe (Gaucher II de); Picardet (Hugues); Dom Pelletier etDom Grappin ; Rousseau (J.-B.) ; Millevoye et Cheuedollé ; Fauris de Saint- Vincent ; Pougens ; Grégoire ; G rouvelle ; etc.
. artistes : Descamps (J.-B.); David; Prud'Uon ; Schnetz. —Charnpein, Adam (Ad ) et Meyerbee».
femmes célèbres : Longuemlle (la duchesse de), lettre autographe fort curieuse ; Martinozzi (Marie-Anne), sur la mort de son oncle le cardinal Mazarin : Sévigné Ha M>s* de), deux épitres autographes à Mr et à Mm« de Grignan; Maintenon (la M»e de), 2 lettres, une autographe et l'autre seulement signée, fort intéressantes ; Keralio (M,le de), dont parle Madame Roland dans ses mémoires.
Citons encore Baxf (Lazare de), fort rare ; Estampes \ le duc <T), pièce historique sur la conjuration d'Amboise :Du Bellay (Martin; : Estoille (Pierre de LV ; Arnauld d'Andilly ; Richelieu (le cardinal de) ; Lavallette (le cardinal de;, lettre importante; Bezons ; Paris Duverney et Paris de Monmartel ; les numismates Beauvais et Winckelmann ; Schelling ; Poissoimier, le célèbre chimiste ; Le Prévôt de BeaumonU qui révéla le fameux pacte de famine, lettre curieuse ; Danton, Santerre et Saint-André (Jean-Bon; : et enfin la capitulation originale de la place de Valenciennes quand elle fut reprise par les Français en 1794.
MAXUBL DE L'AMATEUH D'AUTOGRAPHES
(SUITE DE FJLOR IAN - FONTAI NE)
3t. - La Colombe et son nourrisson, fable aut., 3 p. 1/4 in-8». — 6 fr. 75 (N« 167, CapeUe, 1852) ; 10 fr. 50(N°25», Laverdet, 1861.)
32. — Le Laboureur de Casiille, fable aut., avec de nombreuses corrections, 3 p. pl. in-«r — 15 fr. (N° 183, Laverdet, 1854.)
33. — U Bouvreuil el le Corbeau, fable aut., I p. pl. in- 8*. — 14 fr. 50 (H- 183, Laverdet, 1854.)
34. — Le Dervis. la Corneille et le Faucon, fable aut , avec de nombreuses corrections, 3 p. pl. in-8*. - 11 fr. (K* 183, Laverdet, 1854) ; - 11 fr. (N° 249, Lajarriette, 1860.)
35. — Le Château de cartes, fable aut , àvec ratures et corrections, 1 p. 3/4 in-8'. — 10 fr. (N° 222, J. Charavay, 1858.)
36. — U Parricide, fable aut., I p. pl. in-8-. - 10 fr. (N° 230, Laverdet, 1859.)
37. — La fable et la vérité, fable aut., avec ratures et corrections, 2 p. in-8°. - 1 4 fr. (N° 8916 du Bull. J. Charavay.)
38. - Le Berger et le Rossignol, à l'abbé Delille, fable aut., 2 p. 1/4 in-8#. — 13 fr. (N* 249, Lajarrielte, 1860.)
39. — Le danseur de corde et le balancier, fable aut., 2 p. in-8°. — 6fr. 50 (N° 167, Capelle, 1852.)
40. — Discours pour l'ouverture des écoles primaires de la section de la Halle au bled, pièce aut , 1 p. in-fol. —7 fr. 50 (N° 183, Laverdet, 1854.)
• Citoyens, parmi les nombreux bienfaits que nous devons a la révolution, il n'en est point peut-être de .plus grand que l'éducation nationale. C'est par un élan de notre courage, que nous sommes devenus libres et que nous saurons nous maintenir tels. Mais la génération qui nous suit, jouissant de l'enfance de la liberté, recueillant déjà le fruit de uos peines, pourra consacrer à l'étude de la vertu, au perfectionnement de la raison, les années précieuses que nous avons perdues dans le siècle de l'esclavage...»
On trouve encore dans les catalogues plus de 25 lettres autographes de Florian, vendues de 8 à 12 fr. — Les catalogues et les bulletins de MM. Laverdet et J. Charavay contiennent un grand nombre de fables autographes provenant des recueils que nous avons cités sous les n°» 22, . 23 et 24. Le prix moyen est de 6 fr. à 10 fr.
FLOTOW (Frédéric de), célèbre compositeur de musique allemand, auteur de Martha, n. à Tentendorf (Mécklemboùrg), 1811. Ses autographes se vendent de 2 à 3 fr.
flotte (Paul-L.-Fr.-René de), lieutenant de vaisseau, représentant du peuple en 1848, n. à Landernau (Finistère), 1817, mort glorieusement en Italie, 1860.
Ma Biographie, pièce aut. sig.; Paris, 10 nov. 1845, 3 p. in-foi.- 15 fr. (N° 300, De Saint-Georges, 1865).
Ses lettres valent environ 3 fr.
flourens (Marie-Jean-Pierre), savant illustre, secrétaire-perpétuel de l'Académie des Sciences, membre de l'Acad.-Francaise, n. à Maureilhan (Hérault), 1794.
Ses autographes sont communs et se vendent, en moyenne, 2 fr.
foa (Eugénie), célèbre femme-auteur, n. à Bordeaux, vers la fin du xviii* siècle, m. avril 1853.
Ses autographes valent environ 2 fr.
FODÉRÉ (François-Emmanuel), célèbre médecin, le fondateur de la médecine légale, n. à SsJean-de-Maurienne (Savoie), 1764, m. à Strasbourg, 4 fév. 1835.
•On trouve de lui dans les catalogues trois à quatre lettres vendues de 3 à 4 fr.
fodor (Joséphine Mainvielle-), célèbre cantatrice du Théâtre- Italien, n. à Paris, 1793.
Quelques lettres. En moyenne, 3 fr.
foix (Paul de), conseiller au parlement de Paris, puis archevêque de Toulouse, ambassadeur à Rome, auprès de Grégoire XIII, dont on a publié les Lettres à Henri III, n. 1528, m. en mai 1584.
Une lettre signée de lui est cotée 5 fr. 50 sous le n° 18270 du bulletin de M. J. Charavay aîné.
FOIX. V. Germaine, Lautrec et Nemours.
roi a un (le chevalier Jean-Charles de), habile tacticien, surnommé le Végèce français, auteur d'ouvrages estimés sur l'art militaire, n. à Avignon,* 13 fév. 1669, m. 23 mars 1752. (Isographie).
1. — L. a. s.; camp de Saint-Maximien. sous Vérone, 16 juin 1706, 4 p. in-4°. - 35 fr. (N« 136, Charon, 1847); 31 fr. (N* 285, R. ..y, 1863.)
Lettre fort importante sur les dispositions prises par le duc de Vendôme, général en chef de l'armée d'Italie, pour empêcher le prince Eugène de ravitailler Turin.— Tous les points vulnérables sont fortifiés par Folard lui niéiue, et les précautions sont si bien prises que si le prince Eugène venait les attaquer, sa défuite serait certaine. « En vérité, dit-il, M. de Vendôme est un grand homme ; il fait tout par luimême, et le plus habile ici opine du bonnet... • (Malheureusement Vendôme lut appelé en Belgique pour réparer le désastre de Ramillies, et l'Italie nous fut enlevée par le
2. — L. a. s. à Mgr Lessingne, 24 nov. 1706, 4 p. pl. in 4". — 32 fr. 50 (K° 136, Charon, 1847); 20 fr. (N" 176, Trémont, 1852.)
Lettre relative à son plan d'attaque qui avait été approuvé par M. le duc de Bourgogne et par M. le duc de Vendôme, et que l'on n'a pas voulu suivre ; tout ce qui se passe maintenant en fait voir la justesse et la nécessité; d'y revenir. • V" -
î. - L. a 8. à Monseigneur (le duc de Vendôme) ; Mantone, 16 fér. 1707,
7 p. in-4«. - 30 fr. (N° 219, J. Charavay, 1858) ; aO fr. (N° 9682 du Bull, J. Charavay).
Pièce historique, toute relative A la reddition de Modène, qui obligea les Français et les Espagnols à abandonner la Lorabardie. Le chevalier, oui avait fortifié la place, a fait tous ses efforts pour empêcher De Bas et Chibert de la livrer. 11 s'indigne de ce que nus soldats, qui étaient 5 A se sont rendus à 400 hommes. . Le colonel Valis qui commandoit me voulut fui ru arrêter et mettre dans un cachot de ce que j'avois voulu empêcher la reddition de la place... •
4. — L. a. s.: 3 octobre 1709, 3 p. in-4°. Piquée. - 3 fr. (ff°222, J. Charavay, 1858) ; 10 fr. (N- 10457 du Bull. J. Charavay.)
5. - L. a. s. à Mgr ...; Paris, 12 sept. 1714, 3 p. in-4*. - 8 fr. (N» 141, Choron, 1847.)
6. — L. a. s.; Paris, 9 nov. 1714, 2 p. in-4°. — 8 fr. (N° 141, Charon, 1847).
7. — L. a. s. à M' Lancelot ; 1729, 1/2 p. in-4°, cachet. — 3 fr. (!*• 222, J Charavay, 1858) ; 20 fr. (Pi° 9895 du Bull. J. Charavay.)
Relative à ses Commentaires iur Polybe, pour lesquels on lui suscite des tracas» séries.
8. - L. a. s.; Paris, 16 oct. 1739, 8 p. in-4-. - 45 fr. (N° 188, Alliance des Arts, 1844.)
Belle lettre où il donne le plan d'une bataille avec le nom des généraux.
9. - L. a. s., 3/4 de p. in-8\ - 5 fr. (W 226, /. Charavay, 1858.) Les seules lettres qui aient passé en vente.
FOLARD (François-Melchior), jésuite, poète dramatique, frère du précédent, n. à Avignon, 1683, m. 1739.
L. arut. à son frère; Ntmes, 30 mai 1727, 2 p. l/2in-4°, cachet. — Réservée
(N° 222, J. Charavay, 1858.)
Intéressante épltre : détails sur le prospectus des commentaires sur Polybe ; appréhensions des critiques que pourront faire de l'ouvrage les auteurs du journal de Trévoux; nouvelles du tremblement de terre de Saint-Gilles, Arles et Beaucaire ; sortie contre la Henriade deVoliaire, dont il vient d'apprendre la publication, et qu'il appelle unesoWse. • Il fa ut que l'Henriade soit un imaérable poème, veu le gout du siècle. Oleschetives choses que l'on fait maintenant, soit en ver» soit en prose I... Le plus bel esprit de ma maison est ma servante, après mon chat. Adieu, frère. »
On ne trouve rien autre de lui dans les catalogues.
foncemagxe (Étienne Lauréault de), célèbre littérateur et érudit, membre de l'Académie française et de celle des Inscriptions, E. à Orléans, 8 mai 1694, m. 26sepî. 1779.
1. — L. a. a. à M' Lambert ; 30 dec. 1748, 3 p. in-4°, cachet. - 5 fr. (N° 167, Capelle, 1852); 2 fr. 50 (N° 200, Duplessù, 1855.)
2. - L. aut. à M- ...; Palais-Royal, dimanche matin (1763?), 4 p. in<4°. - 12 fit. (N* 19680 du Bull. J. Charavay.)
Lettre fort curieuse, relative au Testament politique du cardinal de Richelieu, que Voltaire soutenait ne pouvoir être de ce minisire. — Qu'importe que l'on dispute au cardinal la gloire médiocre d'en être l'auteur? L'honneur que ses héritiers feront à l'ouvrage, en l'adoptant, suffit pour le venger. — Si l'on imprime le Testament, il faudra y joindre une préface, et conférer le texte sur le manuscrit de la Bibliothèque. Quant a sa vieille lettre ( publiée en 1750\ elle est surannée, et d'ailleurs M. de Voltaire a tellement changé le plau de ses attaques, qu'il faudrait faire un ouvrage tout neuf. « J'en ai à peu près tous les matériaux ; la difficulté est de les mettre en œuvre, car ce n'est pas le cas de donner un croquis. L'adversaire à qui nous avons atVaire mérita qu'on se présente au combat avec toutes ses forces.... » — (Foncemague parle vraisemblablement de l'éditiou qn'il donna du ramené en 1764).
3. - L. a. s..à M' i'asumot; Paris, 22 nov. 1769, 1 p. 1/2 in-4°. - Retirée (K* 157, Pélré, 1850) ; 2 fr. |K« 190, Laverdet, 1854) ; 7 fr. 50 (If 85Î8- du BuU. J. Charavay).