CONSPIRATION DU PRINCE DK CELLAMARE
Dès que les intrigues du prince de Cellamare furent connues et dévoilées on adressa des circulaires aux gouverneurs et aux prélats. Celle que nous possédons est adressée à lYvéque de Soissons.
Monsieur,
Gomme il n'est pas possible que ce qui vient de se passer à l'égard de M, le Pcc de Cellamare, Ambassadeur du Roy d'Espagne auprès de sa Ma-
» V. pour les exploits de Le Normant, Nicolas et Soly la Chronologie de Palma Cayet, p. 327. , ,
2 Commandant au régiment des Wallons. Il est question de lui dans les articles rédigés par Le Pelletier, curé de saint Jacques la Boucherie, et qni furent envoyés au duc de Mayenne comme bases de la réforme demandée dans le gouvernement (Sisraondi, t. xxi, p. 134.)
s Ce Cocheri et ce Crucé doivent être les mêmes que ceux qui prirent tant de part à l'assassinat du président Brisson. (V. Palma Cayet, p. 328.)
» Palma Cayet, p. 331
jesté, n'exite l'attention du public, M** le Régent a jugé à propos de faire imprimer les lettres qui ont donné lieu aux résolutions que le Roy a prises à cet égard. Ces lettres sont signées par cet Ambassadeur et écrites eutièrement et sans chiffre de sa main.
S. A. R. m'ordonne, Monsieur, de vous en envoyer des exemplaires; leur simple lecture sudra pour faire connoître que cet Ambassadeur, abusant du caractère public dont il est revestu, travaillait depuis longtemps à séduire les sujets du Roy, et à causer dans le Royaume une révolution totale. Aprè3 cette preuve de prévarication de ce Ministre, et toutes celles qui se trouvent encore dans les projets, mémoires et instructions qui estoient joints aux mômes lettres, et qu'il n'est pas encore tems de rendre publics, sa Majesté auroit pu justement le regarder comme déchu des prérogatives attachées au caractère d'Ambassadeur, mais Elle a voulu, par les Conseils de M*r le Duc d'Orléans, donner en cette occasion une marque de sa modération aussi bien que des égards qu'Elle aura toujours pour la personne du Roy d'Espagne, et Elle s'est contentée de prendre des mesures qu'Elle a crû nécessaire pour dissiper les pernicieux desseins des Ministres de ce Prince ; c'est dans cette veûe qu'Elle a mis auprès de son Ambassadeur un gentilhomme ordre de sa maison, pour observer sa conduite, et l'accompagner jusqu'à la frontière d'Espagne, et qu'Elle a ordonné que l'on s^élat en présence de l'Ambassadeur et avec son cachet joint à celuy du Roy, les papiers de son Ambassade afin d'empescher qu'ils ne soient interceptés.
S. A. R. avoit receu en plusieurs occasions, Monsieur, depuis la Régence, ' des avis qui sembloient ne devoir lui laisser aucun doute que M. le Gard. Àlberoni, ministre tout-puissant du Roy d'Espagne, n'eut formé à l'insceu de son maître, le dessein de troubler la tranquililé du Royaume et que l'Ambassadeur de ce Prince ne fut le canal dont il se servoit pour en préparer les moyen*, mais elle n'en avoit pas encore une assés grande certitude, lorsque Dieu en métant tout le Ministère au jour a bien voulu donner à ce Royaume* une marque d'une protection particulière.
En même temps que S. A. R. m'a ordonné, Monsieur, de vous instruire de cette découverte importante, Elle m'a prescrit aussi de vous marquer que connoissant votre zèle pour le service du Roy, Elle est persuadée que si, contre toute vraisemblance, quelqu'uns des sujets de Sa Majesté avoient esté capables d'écouter des propositions séditieuses, vous cmployerès votre Ministère pour les exhorter à la fidélité qu'ils doivent au Koy, et les porter à ne prendre contre leur devoir aucun engagement contraire a la tranquilité publique.
ie suis, Monsieur, votre très-humble et très affectionné serviteur,
Maure pas.
A Paris, le 14« Décembre 1718.
( uiueiowi r.
Lettre signée par Championne!, alors lieutenant-colonel, adressée à « M. Julien, député du département, de la DrOrae à la Convention nationale, » et relaéwe à une souscription pour les maiheureux habitants de Lille qui venaient d'être bombardés par les Autrichiens.
Arbois, le 15 8»™ 1792, et l« de la République.
Frère et Ami,
Notre bataillon n'a pu apprendre le triste sort où la barbarie des Autrichiens a réduit nos braves frères de Lille, sans désirer d'y remédier de tout son pouvoir. Une souscription aussitôt remplie qu'ouverte, a pro-
doit la somme de hait cents quatre-vingt-quinze livres en assignats et dix livres en argent que nous vous adressons, bien persuadés que votre patriotisme et votre humanité vous rendront cette commission infiniment agréable. Nous vous prions de déposer noire offrande avec la lettre qui raccompagne entre les mains de la Convention Nationale, et d'appuyer fortement la demande que nous faisons d'être armés.
Nous sommes charmés que celte occasion nous procure l'avantage de vous assurer de nos plus tendres sentimens de fraternité.
Les Membres composant le conseil d'administration du 6e bataillon des volontaires du département de la Drôme, en garnison à Arbois, département du Jura.
Champwnnet, 1» col. en l«v Sirache. Anselme, 1». Martin, serg* major.
Cette pièce fait partie de la collection de Mr J. Cbaravay aîné.
Étienne Charavay.
LA COniU HPO!%DAI\CE DE MAMILLO^
M. l'abbé Blam pignon, si connu par ses beaux travaux sur Malebranche. se propose de publier la correspondance de Massillon. C'est dans le but de rendre son ouvrage le plus complet possible qu'il fait un appel aux amateurs qui pourraient posséder des lettres de l'illustre évoque de Clermont, en les priant de lui en donner copie. Nous espérons que cet appel sera entendu et que les collectionneurs voudront bien aider, avec leur bienveillance habituelle, Mr l'abbé Blampignon dans l'accomplissement de son œuvre. — Adresser les communications au directeur de Y Amateur d'Autographes qui les fera parvenir à qui de droit.
(PORTISFOUCQCET)
fortis (l'abbé Jean-Baptiste, dit Albert), célèbre naturaliste et voyageur italien, n. àPadoue, 1741, m. 21 oct. 1803.
Quatre lettres. De 3 à 4 fr.
fortolx (Hippolyte-Nic.-Honoré), littérateur et érudit, ministre de l'instruction publique, membre de l'Institut, n. à Digne, 13 août 1811, m. 7 juillet 1856.
Ses aulographes valent 2 fr.
foscarini (Marc), historiographe et doge de Venise, célèbre par son savoir et sa magnificence, n. 30 janv. 1696, m. 31 mars
L. aut. sig. à l'abbé Vandelli, professeur de mathématiques à Modène; (Venise), murs 175?, 1 p. in 4\ avec la réponse aut. sig. de Yaudelli au verso. - 33 Ir. (N«279, Succi, 1*63).
Relative à un manuscrit du Dante. — La réponse de Vnndclli contient des détails sur la mort du doge Grimant, et sur l'élection de son successeur, Fr. Loredan.
Cinq à six aulres lettres, de 5 à 8 fr.
FOBCOLO (Ugo), célèbre poète et patriote italien , auteur deB
lettres de Jncnpo Ortis, n. dans l'Ile de Zante, 1778, m. 10 oct.
1. - L. a. s.; Milan, 6 fév. 1811, 1/2 p. in 4". - 20 fr. (N" 253, Laverdel, 1851); 6 fr. (Ti° 261, Laverdel, 1862.)
2. - L. a. s. à Pierre Borsieri ; Florence, 3 déc. 1812, 1 p. in-4-. - 4 fr. 25 (N»279, Succx, 1863.)
Intéressante épître, empreinte de cette sombre mélancolie qui faisait le fond de sort caractère. — Il ne «ait s'il est vivant. Il ne peut rien faire, et il voudrait toujours dormir, préludé du perveluel sommeil, il sent toute son imhecilite, et pourtant il ne peut refuser à son cœur et à son esprit d'être virilement trempes. Son esprit lutte contrôla vie animale, et luttera jusqu'à latin. Que l'on n'espère donc pa« de le rabaisser, ni de l'avilir. Il termine en demandant les Lettres de Laurent Sterne, dont il a besoin pour le Voyage sentimental, livre qu'il fait imprimer à Pise, et pour lequel il a reçu 80 écus.
3. -* L. a. s. à M' Blnda, à Londres; Christ Churcb, \" oct. 1816, 4p.pl. in-4'. - 5 fr. 50 (N° 289, Hervey, 1864.)
Curieuse épitre sur les misères qu'il vient d'éprouver pendant un voyage à Southnmpton. Heureux s'il ne s'est pas fracasse tes os. Arrivé clans un pays appelé Lyndhuret, il ne trouva chez l'aubergiste, ni chevaux pour le mener plus loin, ni lit, ni abri, ni matelas, ni paillasse où il pût se reposer jusqu'au lendemain matin. « En outre, aioute-t-il, il était nuit, en outre il pleuvait, et pendant ce temps Monseigneur le duc d Orléans encombrait l'auberge, et l'on buvait, à table, à sa santé et à ma mort... »
4. - L. a. s. à Fr. Agtietti ; Londres , 2 oct. 1816, 4 p. pl. in-4». - 25 fr. (N« 254, Laverdel, 1861.)
Sortie violente contre Milan, qu'il appelle la métropole des poltrons. Il espère écrire un jour l'histoire d'Italie depuis F *9ô jusqu'en I8lt>... « Dites aux- amis et aux amies qui vous demanderont de mes nouvelles, quo je gémis en pensant que j'ai quitté, peut-être pour toujours, la terre sainte de l'Italie : mais que je me félicite de m'étre séparé de la société maudite de tant d'esclaves illustres — jo veux dire de nos chers coucilovens. qui. sans jamais songer à tirer l'épèe, ont toujours dans la bouche lé mot de liberté, et par ce mot, ils n entendent que le privilège de vivre de leurs rentes sans payer d'impôt, et d'être honores et adorés pour le seul mérite qu'ils ont, c'est à dire, de n'avoir jamais su, pu ou voulu rien faire. Et je me félicite d'être venu à Londres, où j'ai trouvé bien des personnes, et notamment chez lady Holland et sa famille, un esprit propre à distinguer l'Italien qui a des sentiments généreux, de celui qui n'est qu'un être vil
5. - L. a. s.; Digamina Cottage, 12 février 18?3, 1 p. pl. in-8°. - 17 fr. 50 <N» 176, Trémoni, 1852.)
Une quinzaine d'autres lettres ont passé dans les ventes, le prix ordinaire est de 4 fr.
fossati (David-Antoine), célèbre peintre et graveur de l'école
vénitienne, n. à Morco (Suisse), 1720, m. 1780.
On trouve de lui dans les catalogues deux lettres qui se sont vendues chacune 1 fr. j
FOUCAULT (Louis de), comte Daugnon, lieutenant-général au gouvernement d'Aunis et de La Rochelle, maréchal de France, n. 1616, m. 10 oct. 1659.
Une lettre de lui s'est vendue 3 fr. 50 dans la vente Renée, en 18G0.
fouché (Joseph), duc d'Otrante, conventionnel, fameux par sa mission à Lyon, nuis ministre de la police, n. près de Nantes, 29 mai 1763, m. 25 décembre 1820. (Isographie).
1.— Pièce aut., sig. Fouché de l'Oratoire ; (Nantes), 19 mars 1792, 1 p. in-4 oblong. — 35 fr. (N° 249, Lajarrielle, 1860.)
Procès-verbal de la séance d'examen des classes du collège d9 Nantes, tenue en présence des délégués de la municipalité. — Cette pièce intéressante est signée aussi par les autres orateurs, tous oraioriens • Doutllard, Bisson, Nowt, Faye, Gtraud, Uu haud et Noyer.
2. — Pièce aut., sig. Fouché de l'Oratoire, 1/2 p. in-4° oblong. — 7 fr. (N« 154, Villenave, 1850) ; - 17 fr. (N* 249, Lajarrielle, 1860.)
3. - - L. a. s. (à la société populaire de Nantes) ; Paris, 9 mars 1793, 1 p. in-8°. - 10 fr. 50 (N° 159, Lalande, 1850) ; - 33 fr. (N- 249, LajarrxetU, 1 860. )
t Paris est tout entier sous les armes ; à chaque instant de nombreux bataillons délitent dans l'enceinte do la Convention et marchent aux frontières C'est en donnant l'exemple de tous les courages que les Parisiens répondent aux calomnies... »
4. - Pièce aut. sig.; 26 mars 1793, 1 p. in-4'. - 9 fr. (N* 208, J.Charavay), 1856.)
Ordre aux citoyens Gaudin et Villenave de se rendre à Angers pour représenter les dangers dont Nantes est entourée et demander des forces pour la défense des communes qui sont toutes ravagées ou menacées.
5. — L. a. s., comme représentant du peuple près les départements du Centre et de l'Ouest, au comité de salut public; ISevers, 7 août 1793, 1 p. pl. in-fol. - 23 fr. !»• 108, Alliance des Arts, 1845) ;-13 fr. 50 (N° 167, Capelle, 1852.)
• Nous venons de recevoir, à l'instant, un paquet énorme d'adresses et de mandements de la part de nos seigneurs tenant leur cour à Caen ; il en sera fait un feu de joie le jour de la fédération. Doux cents cavaliers partis ce matin de cette cité sont chargés do leur exprimer les sentiments des citoyens du département de la Nièvre pour Leurs Majestés. » Mesures à prendre pour l'approvisionnement des troupes républicaines.
6. — L. a. s. à son collègue Lcgendre : Nevors, 8 sept. 1793, 1 p. pl. in-fol. - 10 fr. (N° 275, / Gharavay, 1863);- 15 fr. (»• 17419 du Bull. J. Charavay.)
11 l'attend avec impatience à Nevers. Trop fatigué pour continuer sa mission, il allait demander au Comité de salut public son rappel, lorsqu'un courrier lui a annoncé qu'ils étaient menacés d'un mouvement des rebelles de Lyon. Croyant alors pouvoir être de quelque utilité, il a retardé son retour dans le sein de la Convention, jusqu'à ce que Lyon fût réduit.
7. — L. a. s. à la société populaire de Nantes : Paris, 20 messidor an n (8 juillet 1794), 1 p. in-fol. -25fr. (N° 300, De Saint-Georges, 1865.)
Il a remis leurs lettres au Comité des domaines. » Soyez bien assuré que je ue négligerai rien pour obtenir une décision prompte et favorable, l'intérêt de mes concitoyens est inséparable du mien propre. »
8. - L. a. s. à ses collègues, à Commune-affranchie ; Paris, 20 fructidor au il (0 sept. 1794), 3/4 de p. in-fol. - 13 fr. (N- 235, Menée, 1 860. >
9. — L. s. au directeur de l'Opéra-Comique ; Paris, ^0 thermidor an vn (7 août 1T99), 2 p. in-4-, vig. - 10 fr. 50 (N- 148, Capelle, 1849.)
La féte du 10 août se prépare ; elle doit être dignement céléhTée ; elle doit rappeler de glorieux souvenirs, et donner pour l'avenir des leçons utiles et durables. Les magistrats du peuple mettront sous ses yeux le spectacle de la destruction du trône; ils recevront do tous les citoyens le sonnent qu'il ne se relèvera jamois. Les théâtres devront aufsi concourir ù l'embellissement de cette solennité. Vertus , grands exemples qu'ils doivent rolracer et peindre, etc., etc. 11 pense que Guillaume Tell, opéra comique, ou le Siège de Liile, pourraient remplir le but qu'il leur propose.
10. - L. a. s.; 27 thermidor an n (14 août 1799), 1 p. in-4°. - 10 fr. (N- 98, E..., de Zurich, 1843.)
Relative à la fermeture de la Société de la rue du Bac.
11. — L. a. s. au général Beurnonville, ambassadeur^ Berlin; Paris, 14 nivôse an vin (4 jativ. 1800), t p. In-fol. - 12 fr. (N- 176, Trèmont, 1852.)
Relative à Y ex-chevalier delioufllers et son épouse, qu'il autorise à rentrer en France, parce que tout ce qu'il a appris de lui établit • qu'il ne l'a quittée, au moment de la Résolution, que pour cultiver plus tranquillement les lettres. •
12. - L. a. s.; 20 vendémiaire an îx (12 oct. 1800), 1/2 p. in-4°. - 5 fr. (N* 200, Z^uptewis, 1855.)
Ordre de faire arrêter Philippe Aréna , prévenu d'être le chef du complot tramé contre la vie du premier consul.
13. — L. a. s. au préfet de police; 3 pluviôse an x ('23 janv. 1802), I p. in-40., vig. de Prud'hon. — 13 fr. 50 (N- 98, , de Zurich, 1843.)
Relative aux journaux, qui seront supprime» s'ils ne veulent pas être plus circonspeits.
14. - L a. s. à Mgr Paris, 3 mai (1811), 1 p. pl. in-fol. — 16 fr. (N<300, De Saint -Georges, 18(iô.)
Très-curieuse lettre concernant le divorce de Napoléon 1". — • Jamais on n'a plus mauifesté de vœux pour un prompt divorce. Il y a unanimité dans l'opinion et impatience de le voir réalisé. Chacun sent aujourd'hui qu'il n'a de garantie pour sa personne et pour sa propriété que dans les enfants de l'Empereur... »
15 — L. a s. au grand maréchal Duroc ; Paris, 4 janv. 1812 , 1 p. in-4°. avec la réponse autog. de Duroc ; 5 janv. 1812, 1 p. in 4°. — 12 fr. (N° 959 du Bull. J. Charavay) ; - 35 fr. (N° 249, Lajarrietle, 1860.)
Curieuse lettre, relative à sa disgrâce. — 11 a quitté sa campagne, et est venu à Paris pour exprimer à i'enipereur tous tes sentiments dont son âme est remplie ; mais il n'a pu voir Sa Majesté, et il se dispose à quitter la capitale, dont le séjour n'est pas convenahle pour lui. Retiré à la campagne, il attendra avec résignation que l'empereur veuille le recevoir. Jusque-là, il pense s'abstenir de paraître au Sénat. R prio Duroc de le guider dans cette circonstance.
Réponse de Duroc: — 11 a montré sa lôttre à Napoléon. Sa Majesté approuve qu'il aille au Sénat, et qu'il paraisse à la cour toutes les lois que ses fonctions de sénateur l'y appelleront.
16. — L. a. s. (à Caulaincourt, ministre des affaires extérieures) ; Rome, 22 déc. 1813, 2 p, in 4". - 23 fr. (N° 121, Charon, 1845) ; - 10 fr. (N- 290, D'IIunolstein, 1864.)
Lettre fort intéressante, écrite par Fouché en qualité de gouverneur de Rome * La crise où nous sommes, dit-il, exige des qualités extraordinaires pour s'en rendre maitre. • 11 fait tout ce qu'il peut pour activer la marche de Murât, dont toute l'ambition est de commander les corps d'armée de l'Italie, mais qui répugne de se trouver sur la môme que le prince Eugène. Il n'est pas vrai que le Cu do Mercy. ministre d'Autriche, soit de retour à Naples. Le roi I Murât) est ulcéré de ce bruit. U pourrait se porter à un premier acte de violence qu'il faut empêcher. « 11 commencerait une chaine de déchirements qu'on ne pourrait plus arrêter. » Le duc d'Otrante ajoute : • Je no puis trop recommander à v. E. de faire surveiller les alentours de l'Empereur. Les propos qu'on lient parmi les Autrichiens annoncent des projets d'attentats. On dit hautement que l'Autriche ne stipule, dans sus arrangements avec les puissances coalisées, que les intérêts de l'Impératrice et ceux du Koi de Rome... »
17. — Minute aulog., avec paraphe, d'une lettre au pc* de Metternich ; (Paris, 22 juin 1815), 1 p. in fol. - 20 fr. (N- 2851 du Bull. J. Charavay.)
Important document historique. Président du gouvernement provisoire, Fouché annonce à Metternich que ce gouvernement vient d'être formé par les chambres, à la suite de l'abdication de Napoléon, et que son premier acte - tt de luipropuer dé faire cesser l'effusion du sivq. et d'cuonr des nefiociaticns politiqu<s. « Ces négociations seront d autant plus faciles, que la France partage les vues que les souverains n'ont cessé de manifester. L'affermissement de la paix en Europe est le premier de ses vœux. Satisfaite de ses limites actuelles, elle met son honneur à les conserver dans leur intégrité, comme elle se fait un devoir de ne pas les étendre : et décidée à respecter les droits des autres nations, elle peut s'attendre d'un autre côté que son indépendance dans le choix de son nouveau chef et de son gouvernement intérieur ne sera pas non plus violée. »
18. - L. a. s.; (1815), 1 p. 1/2 in-4». - 30 fr. (N- 212, Esterhazy, 1857.) Très-curieuse lettre politique.
19. - L. a. s. à M"u Cochelet; (Dresde), 10 mai (1816), 2 p. pl. in-8°. - 13 fr. (N* 244, Cochelet, 1860.)
Il voudrait aller en* Suisse pour prendre les eaux avec elles /mademoiselle Cochelet et la roine Hortense) . mais il est obligé de s'imposer la plus grande réserve, car dans un temps où l'on mêle la politique à toui. les choses les plus simples paraissent graves- Ceux qui ont voulu so.i é.loignement doivent se contenter de sa résolution de rester à l'étranger, et ne rien demander do plus : «• Faut-il leur souhaiter des succès ? Ce serait un efl'ort au dessus du cœur humain et peut être un vœu contraire aux intérêts de notre patrie. »
20. - L. a. s. à M*,u Cochelet : Dresde, 5 juin (1818), 1 p. 3/4 in 8°. - 15 fr. <N° 244, Cochelet, 18:0.)
Ello a raison do croire qu'elle a fait sa conquête. 11 a revé qu'il la retirait du lac de Constance, où ello était prèle a sa noyer. - Il fait des projets de voyage, et tous ont pour but de se rapprocher de la reine Horten«e. Il n'a aucun désir de rentrer en France. ■ Nous n'y trouverions plus que des ac teurs inconnus, qui se heurtent au gré du sort, sur le cadavre de la patrie. Toutefois, comme je ne crois pas à l'éternité des peines, je conserve l'espérance : le ciel ne sera pas toujours d'airain ; nou3 serons un jour rappelés en France, et nous y trouverons indc [tendance et sécurité, sans lesquelles il ne peut y avoir devrais biens dans la vie. »
21. - L. a. s. à son collègue Girod Pouzol, 1 p. 1/2 in-fol. - 20 fr. 50 (N° 176, Trémont, 1852.)
Très-curieuse épître pour se défendre des accusations dirigées contre lui; il le prie d'ajouter un mot concernant les prétendus arrêtés qu'on a 1 impudence de produire à 1 appui de la calomnieuse dénonciation dirigée contre lui. 11 ne peut croire que cette dénonciation puisse devenir l'objet d'une discussion sérieuse. « I » Parce qu'elle est évidemment l'œuvre do la violence et du pouvoir de la terreur, etc., etc. »
22. - L. a. s. à Napoléon ; Paris, 18 juin, l p. 1/2 in-fol. — 23 fr 50 (N» 135, /. Charavay, 1847.)
« Après dix ans de ministère je ne pouvais m'attendro a ce que V. M. pût croire qu'il existât chez moi un secret pour elle ; je croyais lui avoir ouvert mon âme tout entière; je n'ai jamais eu de portefeuille secret...*» Affaire d'Ouvrard. Rendez-vous donnés en Zélande au lord "Vermouth par le célèbre comte de Montrond, l'agent et l'ami du prince de Talleyrand. Détails sur d'autres affaires de haute police.
On trouve encore dans les catalogues une trentaine de lettres de Fouché vendues de 7 à 10 fr.
foucquet (Nicolas), vicomte de Melun et de Vaux, marquis de Belle-Isle, surintendant des finances de Louis XIV, célèbre par son faste et ses malheurs, n. à Paris, 1615, m. 23 mars 1680 (Isographie).
t. — L. a. s. à S. Eminence (Mazarin?) ; Paris, 4oct. 1G53, 1 p. pl. in-4\ — 10 fr. (N- 242, Lucas de Nonhyny, 1800) ; \0 fr. (JS° 14721 du BuU.J. Cha-
2. — L. a. s. au cardinal Mazarin ; Î0 juin 1654, 4 p. pl. in-4°. — 8 fr. (N° 130, Charon, 1846): 57 fr. (N- 349, Lajarxelle, 18(0.)
3. — L. a. s. au môme; ['ans, 4 juin 1655, 2 p. pl. in-4°. — 6 fr. (Ne 146, Laverdet, 1846.)
Sur les affaires de finances, et sur les difficultés qui peuvent se rencontrer pour la
Serception dos impôts. 11 est à souhaiter que l'argent que l'on espère faire rentrer soit eplus de quatre cent mille livres, paire que jamais l'argent n a été si rare qu'il est. c Nous avons fait des efforts qui ont espuisé toutes les bourses, et consomè tous les fonds de l'année prochaine, en sorte que nous n'avons pas de quoy fournir aux dépenses courantes qui sont en grand nombre... » Affaires du Languedoc ; le parlement est tranquille.
4. — L. a. s au même ; Paris, 13 juillet 1655, 4 p. in-4°. — 37 fr. 50 (!H 107, Charon, 1847.)
Relative aux affaires de la Oretagne et du Dauphiué, et au mémoire des faits contre le cardinal de Retz auquel il travaille. ,
5. - L. a, s. au môme; Paris, 2 août 1655, 5 p. pl. in-4°. — 18 fr. 50 (N° 176, Trémont, 1852.)
Belle et intéressante lettre sur les affaires de finances et la résistance de plusieurs cours de parlement pour lenrogistrement des édits. — • V. E. considérera s'il luy
Slaist que nous somes dans une disette eslrangu et qu'il y a pour un miilipn en plus e dépenses toutes également pressées dont il n'y a auleun fonds à l'espargue... »
6. — L a. s. au mente ; Paris, .9 août 1655, 4 p. pl. in-4°. — 26 fr. (N«290, Ù'Ilunohtein, 1864.)
11 rend compte au cardinal-ministre de toutes les affaires courantes de son département. — Le» régiments suisses ne veulent point de lettres do change, et l'on ne peut donner de l'argent comptant. — Détails curieux sui le séjour en France du duc de Mantoue (Charles II de Gouzague), et sur les honneurs qu'où lui fait. Foucquet se
plaint des dépenses que cela occasionne, et ajoute ; • Si M. Colbert eust esté à Paris, je n'eusse osé rompre la te?te à V. E. du eu petit détail. » — Résolution prise en conseil sur les affaires de Bourgogne. Le premier président a mal agi. mais il remet tout sur M. d Amanzay. — Les munitionnairos déclarent qu'ils vont cesser leurs fournitures, si l'on continue à doubler les rations de pain aux armées. — Affaire du cardinal de Retz.
7. - L. a. s.; Paris, 24 sept. 1655, 2 p. in-4«. - 30 fr. (If- 11326 du BuU. J. Charavay,)
8. — L. a. s. à S. Eminence (Mazarin) : 3 mars 1655, 1 p. pl. in-4*. — 5fr. 75 (W 134, Laroche -Lacarelle, 1847) ; 22 fr. 212, Esterhazy, 1857.)
9. — L. a. s. au même ; 2 juin iG5(i, 2 p. 1/2 in 4\ - 3 fr. 55 (N° 81, Charon, 1839) ; 16 fr. (N* 110, Lalande, 1644) ; 17 fr. 50 (N- 3261 du Bull. J. Charavay.)
Difficultés de se procurer do l'argent pour fournir aux 60,000 fr. demandés par le cardinal. Violences exercées sur les fermiers des gai elles. Les Ktats de Bourgogne demandent la révocation des édils avant de rien donner
{La suite au prochain numéro).
REMONATItAMCE» DE LA VILLE ET CITÉ DK METZ AL ROY «OUI PROTECTELB
(Suite et fln).
Vous remonstrent aussi très-bumblement, Sire, que depuis naguières Monseigneur le duc de Lorrayne pour quelques disputes cju'il a* avec les seigneurs vénérables de la grande esglise à cause d'une terre appelée le Ban de Bazaille, auroit fait saisir tous et chascuns les biens, rentes et revenuz que les dis de chapitre ont en ses terres et pais, contrevenant parce moyen aux accords et traitez faietz entre ses prédécesseurs duc de Lorrayne- et ceulx de la dite ville de Metz et au départ de la journée tenue à Nomeny en Tannée mil cinq cens soixante trois entre les députez de Vostre Majesté et de Son Excellence par lesquelz est expressément porté que tes dis de Metz peuvent toutes et quantes fois que bon leur semblera tirer les grains, rentes et revenuz de ses dis pals et les mener à Metz sans y pouvoir eslre empesché, comme le tout est plus amplement déclaré aux articles des dis de chapitre icy joincte.
Au préjudice desquelz accords et traictezles officiers de mon dit seigneur duc ont aussi l'aict saisir et exécuter les rentes et revenuz que l'abbé de Saint- Vincent au dit Metz a au ban de Duguy, païs de Barrois, ressort de France, pour ung certain don gratuit que le clergé de ses païs kiy ont ces années passées accordé ausquelz ils vouîdroïent comprendre ceulx du clergé de Metz pour les biens qu'ils ont en ses dis païs et par force, contreveuans aus dis traictéz auroient depuis trois ans ses officiers exécuté le dit abbé en ses biens qu'il a au dit lieu de Duguy et estably commissaires pour les vendre et enlever les rentes et revenuz.
Gomme pareillement il a fait saisir les aultres biens que le dit abbé a au balliaige de St-Michiel pour quelque gaigière faicte en un boys appartenant au dit abbé appelé le bois l'abbé maintenu par les dis de Metz estre scitué dans le ban de Maizière, païs Messin,
et par les officiers de mon dit seigneur de Lorrayne au contraire que c'est dans le païs et souveraineté du dit seigneur duc et de faict le seigneur bailly de Sainct Mihiei y au roi t estably commissaires qui font couper les boys du dit abbé et plusieurs dégaslz d'iceulx au préjudice du dit abbé qui est seigneur d'iceulx et de la souveraineté du dit païs Messin où le dit bois se trouvera véritablement estre sittué et assis, ce que les dis remontrans ont par plusieurs fois remonslré et faict entendre au dit seigneur duc par députez qu'à cesle fin mon dit seigneur de Piennes et eulx luy ont expressément envoyez, luy suppliant leur voulloir faire maintenir des dis arrestz et empeschemens et permettre aus dis de chapitre et abbé de St- Vincent de pouvoir faire profict de leurs biens et revenuz et venir a journée communication amyable pour congnoistre des dis différens,à quoy il n'a voulu entendre, que premièrement les dis de chapitre ne feissent sortir du dit ban de Bazaille quelques gens de guerre que les Gouverneurs et conseil du Roy catholique à Luxembourg y ont faict mettre, qui leur est chose du tout impossible et n'est aucunement en leur puissance. Et pour ce, Sire, que telz arrestz et saisies sont de fort grande conséquence et par trop préjudiciables au service de Yostre Majesté et de la dite ville d'empescher ainsi de pouvoir admener les vivres en la ville et que les dietz remonstrans ne désirent autre chose sinon qu'il soit congneu par justice des dis ditférens et d'en venir à journée suyvant que jà passé un an il vous a pieu l'avoir ordonné et commis Mons* Yiart, conseiller en voslre privé conseil et président de la dite ville de Metz, pour en congnoistre avec celuy qu'il plaira à mondit seigneur duc commettre de sa part. Les dis remonstrans vous supplient très humblement qu'il plaise à voire dite Majesté voulloir escrire à mon dit de Lorrayne que voslre volonté et intention est qu'il ait à laisser joyr les dis de chapitre et abbé de St- Vincent de leurs dis biens et revenuz et députer de sa part quy bon luy semblera pour avec mon seigneur le président député de Vostre Majesté congnoistre et juger tant des dis différons que plusieurs aultres qui sont entre les dis officiers et ceulx de la dite ville de Metz, comme en faict en la dite année mvc lxiii, et ce pendant et en ' attendant l'assignation de la journée faire maintenir par provision aus dis de chapitre et abbé de St- Vincent de leurs dis biens et choses saisies et arrestées, le tout sans préjudice en principal du droit des parties ; et où il n'y vould roi t entendre qu'il vous plaise mander à mon dit seigneur le Gouverneur user contre les subjeetz du dit seigneur duc tant pour ce faict que aultres qui se pourroient présenter à l'advenir, des saisies et voyes anciennement accoustumees pour la manutention de leurs franchises et immunitez où ilz sont fondez par traictez trop anciens et esquelz ilz ne doivent recevoir diminution, ains plustost tout accroissement, eslans honnorez de voslre protection.
Sa Majesté veult et entend que les dis suppiians soient soubz sa protection maintenuz et conservezen leurs franchises et tibertez antiennes* et escript de rechef à Monsieur le duc de Lorraine à ce qu'il aye à depputer quelqu'ung selon la réquisition qui luy en esté cy devant faict»
pour avec le président de Metz député de sa dite Majesté congnoistre et juger taQt des dis différons que de tous autres qui sont entre ses officiers et les dis de Metz, ainsi qu'il a esté tousjours faiet par le passé en cas semblable, et prie cependant par la mesme lettre mon dit seigneur de Lorraine de leur faire donner par provision mainlevée dos choses que ses officiers leur ont faiet saysir et arrester, sans préjudice du droict de celui auquel il se trouvera appartenir en jugeant le principal. Et, là où le dit s' duc ne vouldroit accorder la dite mainlevée uy venir à journée, sa dite Majesté mande au sr de Piennes, gouverneur et son lieutenantgénéral au dit Meiz, qu'il use des voves antiennes et accoustumées pour la manutention de leurs franchises et immunités.
Et pour ce, Sire, que des différens qui sont entre les dis officiers de Lorrayne et ceulxde Metz en dépend ung de bien grande conséquence et préjudiciable à tous ceulxde ladite ville et du tout contre et au préjudice des traictez faictz avec ses prédécesseurs ducz, qui est d'un certain droit de forfuyance prétendu par mon dit seigneur duc et ses vassaulx, seigneurs* haultz justiciers, sur les citoyens et habitants de Metz et que de ce faiet y a ung procès pendant en voslre privé conseil entre Madame la comtesse de Salin et sr Du Mesnil-sur-Saulx contre François Lamy et Me Humbert Estienne, bourgeois de la ville de Metz, dont lesdisremonstrans ontnaguières escript à Vostre Majesté et bien amplement faiet entendre tout le faiet. Hz supplient très humblement Vostre Majesté, Sire, qu'il luy plaise voulloirordonnerqueles dis de Metz seront reçeuz à se joindre au procez avec Lamy, leur bourgeois, pour l'inlérest que la cité y peult avoir, affin que suyvant les dis traictez qu'ilz produyront à cest eflectïlz en puissent avoir une fin et que le droict soit gardé à qui apartiendra, ou bien faire en sorte avec mon dit seigneur duc qu'il en soit jugé par Mess™ les députez de Voslre Majesté et démon ait seigneur duc à une journée en lieu neutre, ainsi qu'il est accoutumé par le passé.
Sa dite Majesté accorde aux supplians que au cas que le dit sr duc ne voulsist consenlir que à la journée il l'eust congneu par les depputez de ce différent ainsi qu'il a esté receu a se joindre aux procès avec ses vassaulx, que pareillement les dis supplians y soient receuz avec Lamy, leur bourgeois, poui l'inlérest que la cité de Metz y pourroient avoir, affin que parties oves le droict soit vrardé à qui il appartiendra. Faiet à Paris le neufviesme jour de mars 1576.
". . Henry. — Bhuukt.