‹ L'Amateur d'autographesChapitre 46 sur 175 · MAYKÏVUTE (LE DUC DE · texte numérisé non relu

MAYKÏVUTE (LE DUC DE

Lettre signée, datée de Paris, 8 décembre 1591, et adressée à « Messieurs les prevost des marchans et eschevyns de la ville de Paris !. » Le 15 novembre le conseil des seize avait fait pendre le premier président Barnabé Brisson ainsi que les conseillers Larcher et Tardif .. Instruit de ces scènes sanglantes, le duc de Mayenne, qui était à l'armée non loin de Verdun, comprit qu'il devait les réprimer sous peine de voir sa puissance méconnue. Il partit pour Paris le 25 novembre avec 700 chevaux d'élite et arriva le 28 au soir dans la capitale a. Là son premier soin fut de punvr les factieux: il s'empara de la Bastille où commandait le fameux Bussy-Leclerc, et le 4 décembre condamna à mort neuf des seize : Cromé, Crucé, Cochery, Launay, Bussi, Anroux, Emmennot, Ameline et Louchard. Quatre d'entre eux, Louchard, Emmennot, Ameline et Anroux. furent seuls exécutés. Le 8, féte de la Conception de la sainte Vierge, on lit une procession générale «en Tentour de la cité » 4. Le

1 Collection de M. J. Charavay aîné.

» Palma Cayct. dans *a Chronologie Novenatre, (édition Michaud, p. 328 et suit.) donne les détails les plus curieux et les plus circonstanciés sur ces exécutions.

3 Sismondi, t. xxi, p. 137.

4 L'Estoille, édition Michaud, p. 78. . :

môme jour le duc de Mayenne écrivit la lettre que nous allons publier où il destitue de leurs fonctions certains capitaines qui avaient pris une trop grande part aux derniers désordres. Voici cette pièce :

Messieurs, ayant esté adverty qu'il y a voit quelques cappitaines de ceste ville qui n'ont faict le serment en la court en noz présences suivant le mandement qui leur en avoit esté faict et pour ce que nous ne pouvons croire qu'ilz ayenl différé faire une si bonne et saincte action sinon pour ne Faprouver et n'avoir pareille et semblable volunté que tous les autres cappitaines et qu'il ne seroit raisonnable qu'après avoir failli à leur devoir iiz demeurassent en charge, ayant sceu que du nombre ceulx qui ont faict la dicte fauite, Montjol, Thuol, Godard, Thomas, Jossel, Ramsaur, Le Normant, Nicolas, Soly », Dupuys, Sainct-Yon ». Courcelles, Cocheri, Gontier et Grucé », cappitaines, en estoyent et n'avoient faict le serment, à celte occasion vous avons bien voulu advertir que nostre intention est qu'ilz soient desmis et deschargez de leurs charges, et qu'il soit pourveu présentement eu leur lieu et place de personnes capables, gens de bien et affectionnez à ceste sainte cause et repos de la ville, à

?uoy nous asseurons que pourvoirez promptement et nous advertirez de élection qui aura este faicte pour les faire venir devers nous prester le serment comme ont faict tous les autres, priant Dieu, Messieurs, vous avoir en sa garde.

A Paris ce vu* jour de décembre 1591.

Voire entièrement affectionné amy,

Charles de Lorraine.

Le 10 décembre le duc lança un manifeste qui fut publié à son de trompe dans les carrefours de Paris. Il y racontait les événements accomplis et y donnait pleine amnistie à tous les coupables sauf au conseiller Gromé et au greffier Adrian Cocheri, qui avaient le plus contribué à l'assassinat du président Brisson *. Après avoir ainsi pacifié la capitale, le duc repartit de Paris le 13 décembre pour aller secourir la ville de Rouen assiégée par le roi de Navarre.

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