L.«ut. - 125 fr (K-23 bis, Chabrol
16. — Fragment autogr., collé sur soie. — 50 fr. (N°99, Dolomieu, 1843.)
On y remarque le passage suivant: « ... Ah I Dieu, ma tille, je me suis consolé à prescber de la crainte de Dieu a mon cher peuple et je m'en consoleray à prescher de son amour a ma chaste troupe de Colombelles, entre lesquelles je vous regarde comme la toute mienne en celui à qui nostre cœur est donné. •
On trouve encore clans les catalogues deux pièces signées vendues 24 fr. et 3*2 fr. 50, un fragment autog. et une fiu de lettre autographe signée vendues 8 fr. et 10 fr. 50.
François (Dom Jean), prieur de l'abbaye de S1 Clément de Metz, savant bénédictin, l'un des auteurs de { Histoire de Metz, n. 1722, m. 1791.
Quatre lettres, de 3 à 5 fr.
François DE m i i ( ha 1 1 \ i (Nicolas, comte), poète, membre du Directoire, ministre de l'intérieur, sénateur, critique et grammairien distingué, membre de l'Académie-française, n. au village de gaffais, près Rozières (Lorraine), 17 avril 1750, m. à Paris, lOjanv. 1828.
1. - L. a. s à Voltaire; Paris, 9 auguste 1775, 2 p. 1/2 In fol. — 10 fr. (N° 228. J. Charavay, 1858).
domine avocat il demande a Voltaire sa procuration pour poursuivre les auteurs et éditeurs qui viennent do souiller le '•h» f d œuvre de la aenrtude. « L'édition qu on en n donnée est un vol public, un vol infâme, contre lequel vous de%ez réclamer, Monsieur, moins pour votre gloire qui ne saurait souffrir des sottises injurieuses u'un La Baumelle, que pour l'intérêt de tous les savaus, de tous les ôcri valus .. »
2. — L. a. s a M. Régnier, député de la Mcurlhe uu conseil des Anciens; 17 nivôse an VI, 2 p. in-4V — 10 fr. 50 (ir 242, Lucas de Monligny, 1860).
Les deux conseils recevront demain IS, le nnssage du Directoire sur \' mailles. On en ;» retranché tout ce qui 'pourrait indiquer le projet de les y transporter. 11 regrette quelques passages, et il croit devoir lui faire passer sur la $• j âge un de ceux qui peuvent lui suggérer quelques faits et quelques idées. 11 lui recommande encore
cette grande pensée républicaine : Voici ce passage : « La création de Versailles fut une insulte à la nature. Uu despote voulut faire uu palaif dans un désert. Il v joignit un parc, dont la eirconféience embrassait dix-neuf lieues. Il y joignit les prodiges. Le bon peuple paya les frais. Il en coûta à nos ancêtres environ deux milliards, pour cette fantaisie royale; et le seul article des plombs, dans les mémoires des dépenses, passa trente millions. C'était au milieu d'une guerre qu'il fallait soutenir contre l'iiurope- Le despote en rougit lui-même i l il j< ta au feu les mémoires de la dépense. Ainsi les Rois 6e flattent d'effacer la trace Uu mal qu'ils font au monde. Heureusement, en France, les Hois ont disparu Versailles est un «le leur vestiges, que la liberté doit eflacer a son tour, si elle ne peut réussir à le purifier. Mais suus doute votre sagesse s occupera, de préférence, du facile moyen de le républuaniser. Saisissez, citoyens représentants, saisissez au plutôt cette grande idée politique. Songez qu'eu la réalisant, vous remplirez un double but. Vous ôierez au loyalisme un de ses derniers rêves et vous ■ ousolerez les amis de la liberté, par la métamorphose, si longtemps aitendue, qui fera du palais des hois la maisou de la république. »
3. — L. a. s. à Mr Crapelet ; Paris, 15 juin 1821, 3 p. in 12. — 7 fr. (N° 256, Fossé Darcosse, 1862)
11 Je prie de presser M. Lefèvre, afin qu'il lui paye les 500 francs échus du mois de juin 1820 : • Je suis dans un momeut où je ne t-aurais me passer de mes lai Lies
ressources. Je viens enfin de vendre ma maison Dans un autre pays, un ancien
ministre qui aurait fait ce que j'ai fait, ne courrait pas le risque d'être sans asile sur ses vieux jours, la nation payerait ses dettes... Lutin, je u'ai pas fait fortune à l'intendance, et je ne saurais eu rougir Je ne sais seulement où je lugerai tous mes
livres. Faudra-t-il que je renonce encore à la seuie société que je puisse cultiver ? »
Les autographes de François de Neufchateausoiit communs : les calalogues en renferment une cinquantaine vendues de 2 à 3 fr.
VARIÉTÉS
CATHERINE DE BOIRBOK. - LA MARQUISE DE POMPADOUR. - L'ABBÉ BEItGlEEt.
JL.\ COMTESSE D'ALBAiW.
Continuons à travers la collection d'autographes que doit vendre Mr J. Cbaravay aîné la petite excursion que nous avons commencée dans le dernier numéro. Nous rencontrons tout d'abord une charmante épitre de Catherine de Bourbon, la sœur de Henri IV, adressée au vicomte de Turenne l, et sans date. Elle le plaisante agréablement sur sou mépris de la vie :
« Je suis bien marie qu'estant venu exprès aux eaux pour espérer guéridon vous ne lui puisiés nouvel. Elles ne sont pas propres pour tous maux de coy je suis bien marie pour l'amour de vous. Vostre lettre dasoir me feit croire que vous esties tort mal, mais mon laquais me dit que vous portiés mieux qu'isy. Lan t à ce beau discours du mépris du monde que vous me voulés faire je l'euse trouvé plus à propos lors que j'avois ma migraine, mais asleure que je me porte très bien je trouve qu'il y fait bon demeurer pour voir le cours du marche et revoir ce bel air de Fiance où i'ay la chose du monde qui m'est la plus [chère] et tous mes parans. Résolvés-vous donc à changer de discours et me parler plustost des smguliarilés des moutaignes. Cella me sera plus agréable. »
Cette chose du inonde qui lui est la plus chère, ne serait-ce pas ce comte de Soissons qu'elle aimait et qu'Henri IV lui empêcha d'épouser en la mariant avec le duc de Bar (1599)? On connait le joli jeu de mots que la princesse, non moins spirituelle que fervente
i Henri de La Tour d'Auvergne, duc de Bouillon, maréchal de France, né 1555, m. 1623. Il fut connu sous le nom de vicomte de Turenne jusqu'en 1591, époque où il épousa l'héritière de Bouillon ei de Sedan.
huguenote, répondit à son frère qui lui représentait que le duc de Bar élait plus digne de la sœur du roi do France : • C'est vrai pour la sœur du roi, mais Catherine n'y trouve pas son compte
(comte). »
De Catherine de Bourbon à Madame de Pompadour il y a loin : cependant nous franchirons la distance qui les sépare et nous reproduirons une lettre (le la marquise adressée à « Monsieur le marquis de Bonnac, ambassadeur du Roy, à la Haye. » La voici :
« Le sr de S1 Sauveur ne m'avoit pas laissé ignorer, Monsieur, tous les soins que vous vous donniés pour découvrir l'auteur de cet infâme libel. Le respect que les Etats généraux onts marqués au Roy en vous remettant le coupabb est ea effet un exemple très- rare et qui vous fait d'autant plus d'honneur. J'espère qu'il arrêtera un peu les plumes empoisonées des habitants de ce païs. Je suis très parfaitement, Monsieur, votre très humble et très obéissante servante.
« La M. de Pompadour. »
Quel est ce libelle? c'est ce qu'on ne peut savoir, car non-seulement dans les Pays-Bas, mais en France môme, les épigrammes, les couplets satyriques, les écrits pleins de fiel et de menaces pleuvaient de toutes parts et se déchaînaient sur la favorite qui, chose remarquable, soutint énergiquement et sans faiblir toutes les attaques et resta jusqu'à son dernier moment la maîtresse du Roi et de la France.
La célèbre marquise fut, comme chacun sait, la protectrice des hommes de lettres et des philosophes en particulier. Voici venir un de leurs détracteurs les plus acharnés, un de leurs ennemis les plus infatigables, l'abbé Bergier1. Pas une des lettres de ce lutteur intrépide où il ne donne un coup de patte à ses adversaires. Jugez plutôt par ces deux passages :
« Les philosophes sont moins bruyants que ci-devant ; ils out ietté leur feu et ils sont au bout de leur doctrine. Rien ne paroit plus de leur part ni daus aucun autre genre; jamais tant de stérilité dans la littérature ». —Rien de nouveau dans la littérature. Les philosophas seront aux écoutes pendant quelque temps pour sçavoir quelle tournure prendront les choses- s'ils peuvent se flatter de l'impunité, ils recommenceront à clabauder, s ils craignent ils se tairont : ils feront comme les chiens qui se cachent quand ils ont peur 3. »
La comtesse d'Albany, dont Alfieri a transmis le nom àla postérité, avait épousé, en 1772, Charles-Edouard Stuart, dit le Prétendant, appelé par ses partisans Charles 111, roi d'Angleterre. Cette union ne fut pas heureuse : l'avant-dernier des Stuart avait contracté, paraît-il, des vices honteux, entre autres celui de l'ivrognerie, et sa femme s'enfuit loin de lui, en 1780. Elle alla à Florence, puis à Rome, et c'est de cette dernière ville qu'elle écrit le 4 octobre 1782 à M. Seimour, à Londres, les lignes suivantes :
i Bergier (l'abbé Nicolas Sylvestre), né à Darnay (Lorraine), 31 décembre 1718, mort a Paris, 9 avril I7y0 * LeUre du 27 janvier 1774 à l'abbé Hralet, à Madrid. » Lettre du 11 novembre 1774, au même. ^
• Vous été» donc retourné à la patrie et vous êtes heureux. Pour moi je la -suis aussi : je vis fort tranquillement et vous savez que cela a toujours été mon goût, et à Florence je ne l'ai pas pu suivre. Ma santé ne s'accomode pas trop du climat de Rome : l'été me fait beaucoup souffrir de l'estomac, le grand chaud m'incomode extrêmement. On ne peut pas tout avoir dans ce monde. La société des prêtres ne m'amuse pas beaucoup non plus, mais c'est en attendant mieux. J'espère bien vous revoir soit à Paris ou en Albion, car je veux voir ce pays tant vanté et qui dans ee moment fait monts et merveille, et qui malgré toutes les forces réunies des Bourbons fa la prima figura in mare. C'est dans ce moment qu'on voit ce que peut la liberté et combien une nation est plus puissante quand chaqu'un deffend le sien, que la guerre ne se fait pas pour le Sir qui la commande. Il y a un grand parti ici pour vous autres messieurs ; si les indulgences et les messes pouvaient vous servir de vaisseaux je crois que vous en auriez tant que vous en voudriés. C'est incroiable combien les Français sont peu aimé3 malgré les deniers qu'ils envoient à Saint-Pierre pour dorer la mule. »
L'esprit du xvtii* siècle perce à chaque ligne dans cette lettre dont nous n'avons reproduit que le passage le plus intéressant. La comtesse, bien qu'elle fût l'épouse d'un roi d'Angleterre, ne connaissait pas ce pays dont elle semble fiere cependant comme si c'était le sien. La dernière phrase est très-piquante et nous laissons à nos lecteurs le soin de la commenter.
NOUVELLE» DIVERSE
Le bulletin n° 147 de M. J. Charavay aîné vient de paraître. Ceux de nos abonnés qui, par hasard, ne l'auraient pas reçu, sont priés de le réclamer, et il leur sera immédiatement envoyé.*
— Rien de nouveau à dire sur la prochaine vente. Le catalogue S'avance rapidement, et les premières lettres sont déjà livrées à l'impression. Ce sera une surprise pour les amateurs qui y trouveront nombre de pièces aussi remarquables par l'intérêt historique que par la rareté et la conservation.
— Le 9f numéro de Y Analyse, revue mensuelle des associations scientifiques, littéraires, etc., de la France et de l'étranger 4, vient de paraître ; il renferme, comme les précédents, d'excellents renseignements sur le mouvement intellectuel parmi les associations savantes françaises aussi bien qu'élrangères. Le cadre que s'est tracé le directeur de celle revue, M. le comte Àchmet d'Héri-
* court, est large ; il comprend les découvertes faites en archéologie ; les changements survenus dans la composition des bureaux des Sociétés ; les communications les plus importantes faites dans les séances ; un nécrologe des hommes les plus remarquables dans les sciences, les lettres ou les arts ; les concours agricoles, horti-
i 6 francs par an pour la France et 9 francs pour l'étranger. — Toute demande d'abonnement doit être accompagnée d'un mandat sur la poste ou d'un mandat à l'ordre de M. B. Cortet, secrétaire de la rédaction, 12, rue Roy er- Gollard.
coles, industriels, etc.; les expositions, les congrès, les sujets de prix proposés et les résultats de ces luttes académiques ; enfin un chapitre spécial dans lequel sont analysés, sous le titre de Bibliographie, les mémoires et bulletins des institutions savantes. La publication de cette revue répondait à un véritable besoin, et elle continue avec succès l'œuvre déjà commencée par Y Annuaire des Sociétés savantes de France et de l'étranger (lr# année, 1863-65, 2 vol. in-8° ; 2e année, 1866. un fort vol. de 1,036 pages, chez Dumoulin, 13, quai des Grands-Augustins, à Paris) et pour laquelle M. le comte d'Héricourt s'e3t imposé tant de sacrifices.
Vente de M Armand Baschet. — C'est le 22 octobre que commence la vente de la bibliothèque de M. Armand Baschet, littérateur distingué et homme d'esprit; elle durera jusqu'au 29. M. Bachelin, qui doit la diriger, a divisé le catalogue en deux parties : France et Italie. La première comprend de bons livres comme devait en avoir un érudit comme M. Baschet : quant à la seconde, on y trouve nombre de volumes rares et difficiles à trouver que leur possesseur avait découvert, avec son tact de curieux et de chercheur consommé, dans les nombreux voyages qu'il fit en Italie pour ses travaux. Venise surtout est fort bien représentée. Nous ne manquerons pas d'assister à cette vente pour eu rendre compte à nos lecteurs.
Il n'y a pas longtemps que Roger de Beauvoir a disparu de ce monde où il avait mené si joyeuse vie et déjà ses livres, ses meubles ont été livrés aux enchères et dispersés sous le marteau d'un commissaire priseur. C'est le 2 octobre qu'a eu lieu, par les soins de M. Aubry, la vente de la Bibliothèque de Roger de Beauvoir. Nous ne dirons rien des livres qui, pour la plupart, étaient modernes, et se sont vendus fort cher. Des membres de la famille étaient là avec quelques rares amis qui ont racheté un certain nombre de volumes. Ilse.trouvait dans la bibliothèque un album d'autographes. Quel homme de lettres n'a pas le sien? Cet album renfermai Ides épîtresd'artistesetd'écrivains modernes, entre autres Victor Hugo, Georges Sand et Gozlan, qui devait suivre Roger de si
}>rès dans la tombe. On y voyait aussi une lettre signée dé Napoléon «* et une lettre autographe signée d Horlense Beauharnais. Le tout, nous devons le dire, était assez mal arrangé et décoré de pièces de vers et de dessins grotesques de l'incorrigible Roger. Cet album s'est vendu un prix exorbitant, 230 fr. Il a été racheté par la famille.
La vente de Roger de Beauvoir nous en rappelle" une autre d'un littérateur distingué qui est heureusement fort bien vivant, M. Armand Baschet. Qu'un amateur se dégoûte de sa bibliothèque, qu'il s'en défasse, rien de plus juste et nous en voyons des exemples tous les jours. Qui sait ? le spirituel auteur du Roi chez la Reine a
peut-être l'idée d'une autre collection. En tous cas nous souhaitons le meilleur succès à la vente de sa bibliothèque.
L'Intermédiaire renferme parfois des demandes bien bizarres. En voici une que nous ne savons dans quelle classe ranger et que nous soumettons à l'appréciation de nos lecteurs : « Damiens, l'assassin de Louis XV, avait, dit-on, deux frères, Robert et Pierre. Estil vrai que de la réunion de ces deux noms de baptême ils aient formé leur noms de famille Robert-Pierre, d'où Robespierre ? Est-il vrai que Maximilien Robespierre soit le fils de Robert, et par conséquent le petit-neveu de Damiens? » — Qui a pu inventer une telle fable et quel pamphlétaire s'est avisé de composer cette généalogie, telle est la question que nous prenons la liberté déposer à M. Blaisois, auteur de la demande ci-dessus ? En tout cas, nous espérons que quelque réponse viendra éclaircir ce fait, car il n'est pas besoin d'ajouter aux calomnies qu'on s'est plu à accumuler sur Robespierre, celle de le faire neveu d'un assassin.
On vient de placer, dit V Analyse, dans le grand escalier d'honneur du conservatoire des Arts et Métiers les statues du père des agronomes français, Olivier de Serres, né en 1539, mort en 1619, et d un illustre mécanicien, Vaucanson, né à Grenoble en 1709, mort en 1782, à Paris, où le cardinal de Fleury lui avait confié l'inspection des manufactures de soie.
La librairie parisienne vient de perdre un de ses représentants les plus distingués. M. Perrotin (Charles- Arthur) est mort au commencement de ce mois à Chàtillon-sous-Bagneux, â l'âge de 68 ans. Venu sans ressources à Paris, il parvint par son intelligence à se placer au premier rang des éditeurs de la capitale. Propriétaire exclusif des Œuvres de Béranger c'est aux éditions continuelles du poète qu'il dût sa fortune. Il se montra reconnaissant envers celuici et il éleva spontanément la pension qu'il lui faisait de 800 fr. à 3000 fr. La récompense de sa générosité ne s'est pas fait attendre et le nom de Perrotin restera indissolublement lié à celui de notre illustre chansonnier.
Tous les journaux ont annoncé la mort de Jobert de Lamballe, le grand chirurgien Cette nouvelle est controuvée : bien que l'illustre malade ait complètement perdu l'usage de la raison et que son état soit fort grave on a trop tôt marqué le terme de cette vie si douloureuse. Jobert de Lamballe est frappe a mort, mais la fin de ses souffrances n'est pas enrore arrivée. E. C.
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