PIÈCES SUR LES DÉPARTEMENTS
LiÉNOIVCOUIlX (LE CARDINAL PHILIPPE de)
(La Bretagne pendant la ligue).
Après la levée du siège de Paris le prince de Conti revint à Tours où se trouvait le cardinal de Lénoncourt. Celui-ci était l'un des plus fidèles serviteurs de Heuri IV, et il mettait tousses soins à conserver au roi la Bretagne, alors agitée par le duc de Mercœur, et la Tourraine où les ligueurs occupaient plusieurs places. Aussi écrit-il au vicomte de Turenne, depuis maréchal de Bouillon, pour solliciter des secours:
Monsieur, vous pourrez veoir les lettres que j'escriptz à sa Majesté. Si elle y trouve chose qui la contente nous en exécuterons ses commendementssur toutes choses qu'elle pourveoye au scecours de Bretagne à peine de la perdre bien tost et toutes les villes et plasses qui sont sur ceste rivière de Loyre. Vous congnoissés quelles elles sont et le peu de bonne vollenté que le peuple qui y est dedans ont. J'ay faict une ouverture au conseil du Roy qui a esté trouvée bon qui est que si on veult traicter avec les estrangiers qui sont à Lyon des debtes qui leur sont debves par les marchans, subjeclz du Roy, je crois que on en pourra tirer d'eutz voire trois cent mil escus. Sa Majesté nous en fera entandre sa vollonté. Mousieur le cardinal de Bourbon * escript par ce porteur sur la nouvelle qu'il a eu de l'extrémité de malladie de monsieur d'O * et luy supplie de luy accorder le gouvernement de l'Islede France et de la ville de Paris. Hier le château de Laverdin « ce debvoit batre. La ville
* L'abbé Maury était le successeur de l'abbé de Boismont dans le prieuré de Libons-cn-Santerre, bénéfice qui valait 20,000 livres de rente. (V. article Maury. Jans la Biogr. Didot.)
1 .luigné (Ant.-El -Léou Leclerc de) , n. en 1728, m. en 1811. Il était archevêque de Paris depuis 1781.
» Bourbon (Chartes, cardinal de), d'abord cardinal de Vendôme, archevêque do Rouen, cousin de Henri IV et son compétiteur au trône, né vers 1563, mort le 30 juillet 1594.
40 (François, marquis d ), surintendant des finances sous Henri 111 et Henri IV, gouverneur de Paris, né en 1535. Il ne mourut que le 24 octobre
» La ville de Laverdin, près Vendôme, avait été prise par un capitaine ligueur Le Vigneau qui la défendit énergiquement contre le prince de Conti et ne capitula qu'à la dernière extrémité. (V. Chronologie novenaire de Palma Cayet, éd. Michaud, p. 259.)
a esté priée comme a esté celle de Montoire 1 et le chasteau. Pour l'honneur de Dieu et pour la conservacion de ceste (province?) que Sa Majesté pourveoye à la deffence et conservacion de Bretaigne. Je vous ay escript Bien emplement ses jours bien que je ne receoive point de voz lettres. On partie icy tant tost de une tresve, tantost de la pais. Pleust à Dieu que en eussions une bonne, je entens la pais.
Monsieur, je me recommande humblement à voatre bonne grâce et prie le Créateur qu'il vous donne bonne et longue vie. A Tours, ce 27 octobre 1590.
Yostre humble et très affectionné à vous faire service,
Philippe, cardinal de Lénoncourt.
Hier Monsieur d'Bsparnon arriva pour certaiu à Nior.
Toutes ces pièces sont empruntées à la vente que M* J. Charavay alué doit faire au mois de décembre prochain.
Étienne Charavay.
MAJVUEL. DE L'AMATKUR D'AUTOGRAPHES
(FRAtfCOWrrZ-FRÉDÉRIC II)
FRANCOWITZ. V. FLACH.
FRANGIPANI (Corneille), célèbre jurisconsulte et traducteur italien, n. à Castello (Frioul) au commencement du xvr* siècle, m. 1581 .
Le catalogue n» 260 [Ch. JT* de Milan, 1862) renfermait des notes autographes de lui vendues 8 fr.
frank (Jean-Pierre), un des meilleurs médecins de l'Allemagne au xvm* siècle, n. à Rotalben, 19 mars 1745, m. 24 avril 1821.
L. a. s , en italien; Pavie, 20 sept. 1792, 2 p. in-4». -2fr. (N-279, Succi, 1863).
La seule lettre autographe signée qu'on trouve dans les catalogues français.
FRANKLIN (Benjamin), illustre physicien, l'un des fondateurs de la République des États-Unis, n. à Boston, 17 janv. 1706, m. à Philadelphie, 17 avril 1790. (Isographie).
1. — L. a. s.; Philadelphie, 9 mai 1753, 7 p. pl. in-fol. - 42 fr. (N* 141, Charon, 1847) ; - 16 fr. (N° 176, Trëmont, 1852.)
Développements politiques et philosophiques ; intérêts de la république américaine, caractère ae l'émigration (les populations de l'ISurope vers l'Amérique ; observation aux la propension de l'homme à vivre sans rien faire; charmes de la vie sauvage; — l'œuvre de la civilisation est pourtant indispensable ; vœux pour que l'Angleterre conserve ses institutions, etc., etc.
2. — L. a. 8. à Nr Hubbard, au bureau de la poste, à Boston ; Philadelphie, 5 mars 1756, 1 p. in-4\ Pièce doublée. - 15 fr. (N* 290, D HunoUtein, 1864.)
1 V. le N° 98 de Y Amateur d Autographes.
Relative au service des postes dont il était alors directeur.
3 — L. a. s. à Mr James Parker; Philadelphie, 30 juin 1764, l p. in-4-. - 30 fr. (N* 99, Dolomieu, 1843.)
4. — L. a. s. à M"' Hopbenson, à Philadelphie ; Londres, 9 mai 1766, 1 p. in-fol., cachet. - 20 fr. 50 (N° 68, Officier-général étranger, 1838;; — 18 fr. (N° 190, Laverdet, 1854.)
5. — L. a. s. i Joseph Galloway ; Londres, 1" déc. 1767, 3 p. in-fol. 25 fr. 50 (N- 141, Charon, 1847.)
Accusé de réception do quelques lettres de change. Réflexions sur la pénurie des espèces métalliques et proposition des moyens pour y remédier. Le ministère anglais paraît devoir être conservé ; les discours de plusieurs députés et pairs contre 1 Amérique sont restés sans effet. Explications sur la délimitation des frontières avec les indiens, et sommes à leur payer, etc.
6. - L. a. s. à M' Smith Wrighs ; Londres, 13 fév. 1769,1 p. in-4-. Déchirée et raccommodée. - 17 fr. (N° 123, Charon, 1845) ; - 13 fr. (.V28o, H. ...y, 1863).
Il le prie de vouloir bien accorder une lettre de crédita Benjamin Bureh, jeune physicien de Pensylvanie, d'un excellent caractère, et un des amis particuliers de sa Famille ; il lui sera reconnaissant de ce qu'il fera pour ce jeune homme a sa recommandation.
7. - L. a. s. à M. M. Franklin, à Philadelphie ; Londres, 7 oct. 1772, 1 p. pl. in-fol., cachet. - 42 fr. 50 (N° 206, Laveruet, 1856.)
8. - L. a. s. à Mr Leroy de l'Académie des sciences; Londres, 16 nov. 1772, 4 p. in-fol. - 49 fr. (N° 121, Charon, 1845.) .
9. - L. a. s. à M* Matthew Clarkson ; Londres, 5 fév. 1775, 1 p in-4°, cachet. - 23 fr. 50 (N- 176, Trémont, 1852.) , , ...
10. - L. a. s. à Marat; Passy, 13 mars 1779, l p. in-4o. - 31 fr. (M 98, E. ., de Zurich, 1843); - 30 fr. (N° 3263 du BuU.-J.- Charavay) ; - 33 fr. (N-212, Esterhazy,\Sbl.)
Il le remercie de l'avoir invité à la séance dans laqueUe il fera ses expériences sur l'électricité.
11. - L. a. s. an représentant 3t mars 1779, 1 p. pet. in-4*. - 7 fr. (W 130, Charon, 1846.)
12. - L. a. s. à M'Caccia, banquier; Passy, 1" mars 1781, l p. in-4». - 18 fr. (N° 259, Fossé- Darcosse, 1862.)
13. - L. a. s. ; Passy, 24 nov. 1780, 1 p. pl. in-4». - 25 fr. (N° 3487 du BuU.-J. - Charavay . )
14. - Lettre de change aut. sig. à M' Grand ; Passy, 8 mars 1780, 1 p. in-4r - 17 fr. (N* 276, Succi, 1863.) •
15. - L. a. s. au docteur de Monchy ; Passy, 29 août 1781, 1 p. pl. in-4o. - 16 fr. <N° 183, Laverdet, 1854 )
16. - L a. s. à Mr Durivalle ; Passy, 24 juil. 1782, 1 p. in-4'. - 17 fr. 50 (N° 142, Naudel, 1847.)
17. - L. a. s.; Passy, 24 déc. 1783, 1 p in-4«. - 25 fr. (N° 165, Châteaugiron, 1851.)
18. — L. a. s. à Mr Félix Frécon ; Passy, 3 juil. 1784, 2 p. 1/2 in-4». - J2 fr. (K° 134, Laroche lacar elle, 1847.)
19. - L. a. s. à l'abbé de La Roche ; Philadelphie, 22 avril 1787, 3 p. infol. - 8 fr. 25 (No 142, Naudet, 1847.)
20. - L. a. s. au duc de La Rochefoucault ; Philadelphie, 10 déc. 1788, 2 p. 1/2 in-4o. - 30 fr. 50 (N- 110, Lalande, 1844.)
Recommandation en faveur de M. le gouverneur Maurice, membre du Congrès de Philadelphie.
21. — L. a. s. ; Philadelphie, 5 janv. 1789, l p. pl. in-fol. - 18 fr. (N° 176, Trémont, 1852.)
22. - L. a. s.; Philadelphie, 30 oct. 1789, 1 p. pl. gr. in fol. - 9fr. 75 (N° 135, J. Charavay, 1847.)
Les catalogues contiennent eucore une dizaine de lettres seulement signées vendues de 8 à 15 fr.
Franklin (Sir John), illustre et infortuné navigateur anglais, n. à Spilsby (Lincolnshire), 1786, mort dans les mers polaires, vers 1850, en cherchant un passage au pôle nord.
Quelques pièces signées se sont vendues environ 3 fr. Une a été payée 11 fr. 50 à la vente du B°« de Trémont.
FRANSZ (Pierre), savant philologue hollandais et élégant poète latin, n. à Amsterdam, 19 août 1645, m. dans la même ville, 19 août 1704.
!• L. a. s., en latin, au père Rapin; Amsterdam, 21 mars 1679, 3 p. pl. in-4°. — 2° Pièce de vers ant. sig., en latin, adressée au même, 4p. pl. in-4°. - 15 fr. (N"205, Parison, 1856.)
C'est tout ce qu'on trouve dans les catalogues français.
franz (Jean-Georges-Frédéric), célèbre médecin allemand, auteur d'intéressants ouvrages sur son art, n. à Leipzig, 1737, m. dans la môme ville, 14 avril 1789.
1. — L. a. s., en latin, an collège roval des médecins de Nancy; Leipzig, 24 juin 1784, 2 p. in-fol. - Retirée (N- 191, Lamoureux, 1855.)
2. — L. a. s., en latin; Leipzig, 13 mai 1788, 3 p. in-4*. — 4fr. 50 (N° 279, 1863.)
Les seules lettres qui aient passé en vente.
FRAYSSlNOUS (Denis-Luc), évéque d'HermopoIis, éloquent prédicateur, grand-maître de l'université, ministre de l'instruction publique sous Louis XVIII et Charles X, précepteur du duc de Bordeaux, membre de l'Académie française, n. à Curières (Aveyron), 9 mai 1765, m. à Saint-Geniez, 12 dëc. 1841.
t. - L. a. s. à m ...; Paris, 27 mai 1816, 4 p. in-4. - 14 fr. (N° 235, Bénie, 1860.)
Intéressante épitre relative à ses Conférences.
2. — L. a. s. à Ms* (Quélen, archevêque de Paris); 8 mars, 2 p. 1/2 in-4°. — 49 fr. (n° 242, Lucas de Moniigny, 1860 )
Il a quelque espoir que le 3 mai. la procession générale du jubilé se terminera par une grande expiation ; on pourrait bien l'appeler nationale, si les deux grands corps politiques y étaient présents, et pourquoi pas?... 11 lui a paru que le monument était arrêté : ce serait la statue pédestre en bronze de Louis XVI ; il ne sait dans quelle attitude ; • il faudrait ici je ue sais quoi de céleste que les artistes de nos jours ne savent guère saisir .. Ne serait-il pas possible de profiter du jubilé, circonstance unique, pour abolir ces folles et sacrilrges promenades de Longcnamps pendant les jours les plus saints de l'année; ce triomphe de la vanité et rie l'impudicité à côté des mystères douloureux de la croix me parait être le comble de l'abomination chez un peuple chrétien ; on pourrait transporter ces promenades au lundi de Quatimodo ; alors dans la mesure, il y aurait force et condescendance politique : ne pourriez-vous pas voir avec M. de Lavau jusqu'à quel poiut cela serait exécutable ; je me chargerais bien d'en parler au Roi; j'ai trouvé que cette œuvre honorerait votre < piscopat; vous y penserez devant Dieu; vous avez grâce et qualité pour cela.. Montlosier est dangereux, La Mounais l'est cent fois davantage ; emboucher la trompette pour prêcher la suprématie truij oreUv des papes, et croire en cela servir la religion dans le temps où nous sommes est une des plus insignes folies que je sache ; le gouvernement, les deux chambres, toute la magistrature de France, toutes les autorités, et en général la France entière, repousse cette doctrine ; leur silence ne passera il pas pour un acte de faiblesse ou de complicité, et si l'épiscopat n'est pas bien net de cet vltramontanùme, qu'arrivera-til?Ceci mérite réflexion. .
Les catalogues renferment une trentaine de lettres de Frayasinous : le prix moyen est de 3 fr.
FRÉDÉRIC III, empereur d'Allemagne (1440), dit le Pacifique, père de Maximilien n. à Inspruck, 21 sept. 1415, m. 19 août
1. - L. s., en latin; 1443, ! p. in fol. oblong, trace de cachet. - 12 fr. (N° 202, Laverdet, J856). m
2. - L. s.; 1454, 1 p. in- fol., cachet. - 30 fr. (N- 4804 du Bull.-Laverdet, 1859).
3. — L. s.; 1461, i/2 p. in-4° oblong, cachet. - 21 fr. (N- 279, Sucà, 1863).
4. — L. s.; 1462, 1 p. in fol. oblong, cachet. - 4 fr. (N° 203, /. Charavay, 1856).
On ne trouve rien autre de ce prince dans les catalogues français.
FRÉDÉRIC i« roi de Danemark et de Norvège, fils de Christian I« et successeur de Christian II (1522), prince connu par sa réconciliation avec Gustave Wasa, et qui introduisit la réforme dans ses Etats, n. 1471, m. 10 avril 1533.
L. s. au roi François I" ; Gottrop, 39 août 1528, 1 p. double in-fbl., sceau. - 18 fr., avec trois autres pièces (N° 130, Charon, 1846.)
Pièce unique, dans les catalogues français.
Frédéric m, roi de Danemark et de Norvège, fils et successeur de Christian IV (1648), célèbre par ses luttes avec la Suède et l'héroïsme qu'il déploya dans la défense de Copenhague, n. 1609, m. 1670.
Deux ou trois lettres signées. De 4 à 6 fr. *
Frédéric iv, roi de Danemark et de Norvège, fils et successeur de Christian V (1699), un des adversaires de Charles XII, n. 12 oct. 1671, m. 12oct. 1730.
Une lettre signée de lui a été payée 6 fr. 50 à la vente Esterhazy (1857) avec une lettre signée de Frédéric III.
Frédéric v, roi de Danemark et de Norvège, fils et successeur de Christian VI (1746), souverain célèbre par la protection éclairée qu'il accorda aux lettres, aux sciences et à l'industrie, n. 1722, m. 14 janv. 1766.
On trouve de lui, dans les catalogues, une pièce autogr. signée vendue 8 fr. (vente n* 171).
FRÉDÉRIC VI, roi de Danemark et de Norvège, fils et successeur de Christian VII (1808), connu par sa fidélité à la cause de Napoléon Ier et auquel les traités de 1814 enlevèrent la Norvège, n. à Copenhague, 28 janv. 1768, m. 3 déc. 1839.
On trouve de ce souverain dans les catalogues deux lettres aut. sig. vendues chacune 6 fr. et une sixaine de lettres signées de 3 à 5 fr.
FRÉDÉRIC i«, roi de Suède (26 mars 1720), beau-frère de Charles XII. n. à Cassel, 18 avril 1676, m. 1751.
■1. - i. a. a. (au roi de Pologne Stanislas), 2 p. ln-4*. - 15fr.50 (H- 1SL Lamoureus, 1855.) '
« Le porteur de cette lettre aura l'honneur de l'informer de la situation de ses affairée... Xespère que votre majesté voudra me donner son bon conseil et prendre à cœur mes iDtérêts, comme elle a toujours eu la bonté de faire.»
2. — L. s. au duc de Bourbon; Stockholm, 1730, 1 p. 1/2 in-4% enveloppe et cachet. — 4 fr. (N*7484 du Bull. -J Charavay).
Une autre pièce signée de ce prince s'est vendue 3 fr. à la vente Mon merqué.
Frédéric I", électeur palatin (1439), surnommé le Victorieux, fils de Louis III, le barbu, n. i« août 1425, m. 12 déc. 1476.
L. s.; 1462, 1 p. in-fol., cachet. - 12 fr. (N- 8071 du BuU.-J. Charavay).
Pièce unique, dans les catalogues français.
FRÉDÉRIC H, électeur palatin (1544), surnommé le Sage, qui embrassa le protestantisme par les conseils de Mélanchthon et l'introduisit dans ses Etats, n. 12 déc. 1483, m. à Alzei, 26 fév. 1556.
L. a. s. au connétable (Aune de Montmorency) ; 24 mai 1540, 1 p. in-fol. - 2 fr, (N° 125, Téclienar, 1846.)
La seule lettre aut. sig. qui ait passé en vente.
FRÉDÉRIC m, électeur palatin (1559), dit le Pieux, qui fut mêlé à toutes les controverses religieuses qui eurent lieu de son temps, n. 1515, m. 26 oct. 1576.
L. s. à Henri 111 ; Beidelberg, 1T nov 1575, 2 p. 1/4 ln-fol. — 3 fr. ( N° Î63, Enimery, 1850.)
On ne trouve rien au^re de lui dans les catalogues.
Frédéric IV, électeur palatin (1583), surnommé le Juste, n. 1574, m. 1610.
On trouve une lettre signée de lui dans le catalogue de la Bibliothèque de Rosny (1837).
FRÉDÉRIC V, électeur palatin, fils et successeur du précédent (1610), élu roi de Bohême, en 1619, prince connu par ses luttes contre l'empereur Ferdinand II qui le dépouilla de tous ses Etats, n. 16 août 1596, m. 29 nov. 1632.
4 ou 5 lettres. De 5 à 7 fr.
FRÉDÉRIC -GUILLAUME, électeur de Brandebourg, dit le Grand électeur, prince habile qui jeta les fondements de la grandeur future de la Prusse, n. 6 fév. 1620, m. 28 avril 1688.
L a. s., en français, à Louis XIV ; Cologne, 20 Juin 1654, 2 p pl. pet. in-4*, cachets et soies. - 20 fr. (N« 285, R . y, 1863.)
Témoignages de dévouement, en réponse à une lettre affectueuse qu'il a reçue du Roi. M. de Vicquefort, qu'il renvoie auprès de Sa Majesté, lui dira combien il est disposé à seconder ses intentions.
C'est la seule lettre autogr. sig. de ce prince que nous trouvions dans les catalogues français.
FRÉDÉRIC 1er, électeur (le Brandebourg (1688), premier roi de
Prusse (1700), fils du précédent, n. à Kœnigsberg, 1657, m. 25 fév. 1713.
L. a. s., en français, à sa fllle la princesse de Prusse ; Beriin, 3t oct. 1703, l p. in-4°, cachet. - 15 fr. (No 212, Eslerhazy, 1857.)
La seule lettre aut. sig. qui ait passé en vente.
Frédéric-Guillaume 1er, roi de Prusse, fils et successeur du précédent, père du grand Frédéric, n. 1688, m. 31 mars 1740.
Quatre lettres signées. De 4 à 5 fr.
Frédéric II, roi de Prusse, fils et successeur du précédent, (31 mai 1740), dit le Grand, n. à Beriin, 24 janv. 1712, m. à Postdara, 17 août 1786. {Isographie).
1. — L. a. s. au g-' Rupin ; 3 oct. 1732, 1 p in-4-. - 42 fr. (N* 190, Laverdet, 1854).
Il a reçu un ordre du roi Frédéric -Guillaume, sou père, de Taire un... Il n'en sait pas assez pour faire cela tout seul. Son anxiété se peint à chaque ligne de cette curieuse lettre confidentielle, c ... Je suis dans le plus grand embarras du monde,... si je sais comment faire, je veux être pendu !... Envoyez-moi un homme qui sait faire un..., car je suis dans de terribles peines .. »
2. — L. a. s à Voltaire; Ruppia, 16 mai 1739, 3 p. 1/2 in-4*. - 80 fr. (N«296, J. Charavay, 1864.)
Très-belle et très-curieuse lettre où il l'entretient longuement du poème de laHenriade et du soin dont- il s'occupe de faire graver la Henriade Après divers éloges donnés à ce poème il ajoute : « Si Virgile fut né citoyen de Paris, il n'eût pu rien faire d' approchant du combat de Turenne, il y a un feu dans cette description qui m'enlève ; le Garrache n'ut pas mieux dessiné les attitudes difficiles de ce duel, et Lebrun avec tout son colori n'auroit assurément rien fait de semblable au petit portrait de refraction que fait l'aimable, lécher Poète, philosophe.. La postérité m'aura l'obligation de la Henriade gravée, t omme nous l avons à ceux qui nous ont conservé l'Enéide, ou les ouvrages de Phidias et de Praxitelle. »
3. — L. a. s., en français, (a Voltaire) ; Insterbourg, 27 juil. 1739, 2 p. pl. in-4\ - 52 fr. (N° 121, Charon, 1845); 125 fr. (N- 290, D'Hunolstein, 1864.)
Superbe lettre, dans laquelle il annoneu à Voltaire qu'il vient d'arriver dans la Lithuanie prussienne. 11 lui fait une vive peinture des maux qui accablèrent cette province, au commencement du xviu» siècle, lors d'une peste qui fit périr 3O0.UO0 hommes. La cour négligea de secourir ce malheureux pays, t Frédéric I", dit-il, mourut sur ces entrefetes, et fut enseveli avec sa fause grandeur, qu'il ne faisoit consister qu'en une vaine pompe et dans l'étalage pompeux des cérémonies frivoles. » Tableau des soins qu'apporta son père pour faire renaître l'abondance en Lithuame, où il y a maintenant plus de ;.oo.oou habitants, c J'espère, ajoute -t il, que vous ne serai point fâché du détail que je vous fais, votre humanité doit s'étendre sur vos frères lithuaniens, comme sur vos frères français, anglais, allemands, etc., et d'autans plus qu'à mon grand étonnement, j'ai passé par des vilages où l'on entend parler que français. »
4. - L. a. s. à Voltaire; 15 août 1739. Lettre prose et vers. - 63 fr. (N* 63, Monmerqué, 1837.)
5. - L. a. s. à Voltaire ; Postdam, 9 sept. 1739, 6p. 1/2 in-4% d'une écriture fine et serrée. - 135 fr. (NM83, Laverdet, 1854.)
Il a reçu ses deux lettres et le second acte de Mahomet, qui lui parait fort beau,
• mais a vous parlés franchement moins travaillé, moins fini que le premier; il y a cependant un vers dans le premier acte de cette pièce qui m'a fait naître un doute , je ne sais si l'usage veut qu'on disse écraser des étincelles, j'ai cru qu'il falloit dire éteindre ou étouffer des f tincblles. Souvenez vous je vous prie de ce beau vers :
t Et vers la vérité le doute les conduit.
• toujours sage bien que mes sens sont aflectés d'une magniere plus bien aimable par les magnifiques vers de vos Musulmans, que par les massacres que ces infidelles font à Belgrade de nos pauvres Allemans. » Suivent six strophes de dix vers sur les horreurs reurs de la guerre, commençant ainsi :
« Quand de soufre enflamô deux nuages affreux « Obscursisant les deux et menasantla terre. »
11 lui envoie en môme tempe la préface de la Henrinde, il faut sept années pour la graver; « mais l'Imprimeur anglais assure qu'il l'imprimera de magniere qu elle ne le cédera en rien a la beauté de son Hortu e lutin ; si vous trouvez quelque chose à changer ou à corriger dans cette préface, il ne dépendera que de vous de le faire, je ne veu point qu'il si trouve quelque chose d'indigne de la Henrùide ni de son auteur... • Après un petit voyage il va se mettre sérieusemeut en devoir de combattre Machiavel. — Son sentiment sur les fêtes que célèbrent les Français aujourd'hui. • St Ion est à Paris dans le gout des plaisirs, et qu'on se trompe quelquefois sur le choix, on est ici dans le gout des grands homes, on mesure le mérite à la toise, et Ion diroit que qui conque a le malheur d'être nez d'un demi pied do Hoy moins haut qn'un géan, nesauroit avoir du bon sens, et cela fondé sur la règle des proporsions, pour moi je ne sai ce ' est. mais celon ce qu'on dit Alexandre n'étoitpas grand. Cesartnon plus, le prince Condé, Turenne. milord Malhoucoug, et le prince liugene que j'ai vu, et qui étoit touts Herots à juste titre brilloient moins par l'extérieur, que par cette force d'esprit qui trouve des ressources en soi môme dans les dangers... • Réflexions philosophiques sur les Français, sur les chefs des sociétés (ou Etats;, sur le plaisir, le bien le plus réel de la vie. Il paraît que le monde se met assez en goût de fêles; car jusqu'au voisinage de la Nouvelle-Zemble et des mers hyperborées on ne parle que de réjouissances, les nouvelles de Pétersbourg ne sont remplies que de bals, de festins et de fêtes qu'ils y font à l'occasion du mariage du prince de Brunsvic. « je l'ai vu à Berlin ce prince de Bronsvic avec le duc de Loraine et je les ai vus badiner ensemble d'une magniere qui ne sentoit guerre le monarque ce sont cependant deux têtes que je no sai quelle nessesité ou quelle providence paroit destiner à gouverner la plus grande partie de l'Europe.
t Si la providence étoit tout ce qu'on en dit, il faudroit que les Neutons les Wolfs les Locs les Voltaires en feintes êtres qui pensent le plus fusent les mai très de cet univers, il paroiteroit alors que cette sagesse infinie qui préside a tous les événements eut par un choix digne d'elle placé dans ce monde les êtres les plus sages d'entre les humains pour gouverner les autres, mais de la magnere que les choses vont, il paroit que tout se fait assez à l'avanture.
• Monarques malheureux ce sont vos mains fatalles « Qui nourrissent les feux de ces embrassements
« La haine l'intérêt deitez in féru a Iles « Précipitent vos pas dans ces égaremens
• Accablés sous le poix de nombreuses provinces t Vous en vouléz incore ravir à d'autre princes :
t Payez de votre sang les frets de votre orgueuil ■ Laisséz les fils tranquille et à ses filles
• Qu'ainsi que les rucces les malheurs et le deuil « Ne touchent de l'état que vos seules familles. •
(Suivent cinq autres strophes sur le même sujet) qu'il termine par l'éloge de Vol" taire qui, possédant l'art des magiques accords,
« Sait orner les fleurs qu'il fait eelore t Ces tragiques sujets, ces carnages, ces morts • Que sous ces traits savaus l'œil délicat abhore « C'est la qu'on peut souffrir ces masacres afreux. « Les malheurs des humainsne plaisenlqu'en cesjeux.
« Un hôrae de mérite n'est point estimé selon sa valeur, un autre n'est point placé dans un poste qui lui convient, un faquiu cera illustre, ut un hôme de bien languira dans l'obscurité, les rennes du gouvernement d'un empire seront comisesà dos mains novices, et des homes experts seroul éloigné? des charges: qu'on me disse la dessus tout ce qu'on voudra, on ne poura pourtant jamais m'alléguer une bonne raison de cette bizarerie du destins. »
Il est fâché que sa destinée ne l'ait point placé du manière qu'il puisse l'entretenir touts les jours, qu'il puisse bégayer quelques mots de physique à mnaame la marquise, et que le pays des ars et des sciences fut sa patrie... Il dit en terminant : « Ne m'oublies point, mou cher Voltaire, que les cliarraes de Paris, vos amis, les sciences, les plaisirs, les belles, n'efacent point de votre mémoire uuo personne qui devroit y être conservée à perpétuité, je crois y mériter une place par l'estime et l'amytié avec laquelle je suis à jamais
6. - L. a. s. à Voltaire ; Renwsberg, 10 oct. IÎ39, 2 p. 1/2 in-4°. - 83 fr. (H- 183, Laverdel, 1854.)
Il croyait avec la république qu'il avait reçu le meilleur accueil du monde de tout Paris, qu'on s'empressait de lui rendre des honneurs et de lui faire des civilités, et que sou séjour dans cette ville rameuse ne serait mêlé d'aucune amertume... « Je suis fâché de m'étre trompé sur une chose que j'aurais fort souhaitée, et il paroit que votre sort et celui de la plus pare des grands hommes est d'être persécuté pendans leur vie. et adorez corne des dieux après leur mort, la vérité est que ce sont quelque brillant qu'il vous pegne l'avenir, vous ofre le seul tems dont vous pouvez jouir sous une face peu agréable... » 11 l'encourage à lutter contre l'adversité et regrette de ne pouvoir le recueillir dans sa maison qui serait un asile contre l'infortune.
Il a reçu les deux nouveaux actes de Zophire, il ne les a lus qu'une seule fois, mais il lui réponds de leur succès, il a pensé verser des larmes en les lisant, la scène de Zophire et de Saïde, celle de Saïde et de Palmire « lorsque Saïde s'apprette à comettre leparisside et la scène ou Mahomet parlant à Omar feint de coudamner l'action de Saïde sont des endroits exelents, il m'a paru h la vérité que Sophire venoit secoofeser exprès sur le teatre pour mourir en règle que le fond du teatre ouvert et fermé sentoit un peu la machine, etc.. ete » Il croit que les fêtes de Paris n'ont satisfait que la vue, pour lui il serait pour les fêles dont l'esprit et tous nos sens peuvent profiter. Il lui semble qu'il y a de la pédanterie en savoir, et en plaisir, que de choisir une matière pour nous instruire, un goût pour nous divertir, • c'est vouloir retressir la capassité que le Créateur a donô a l'esprit humain qui peut contenir plus d'une conoissance, et c'est rendre inutile l'ouvrage d'un Dieu qui paroit épicurien tant il a soin de la volupté des homes. »
c J'aime le luxe et même la mollesse
« Et les plaisirs de toute espesse
• Tout houet home a de tels sentiments.
• C'est Moisse aparamans qui dit cela? Si ce n'est lui c'est toujours un home qui seroit meilleur législateur que ce juif imposteur et que j'estime plus mille fois que toute cette nation supersticieuse faible et cruelle. »
Nouvelles* de milord Baltimore et d'Algaroti, qui retournent en Angleterre.... Cet anglais qui parle très mal le français. Il appelle un russien un animal mécanique, il dit que Petersbourg est l'œil de la Russie avec lequel elle regarde les pays policés, que si on lui éborgnaitcet œil, elle ne manquerait pas de retomber dans la barbarie dont elle n'était guère sortie, a II est grand partisan de la soleil et je ne le crois pas trop éloigné des dogmes de Zoroastre touchant cette planette... > Son sentiment sur Algarpti qui a beaucoup de feu et de douceur. — Départ du marquis de La Chitardie. Ici on s'embarrasse aussi peu de guerre que s'il n'y en avait point dans le monde. — Il travaille à son Machiavel, longs détails. — Il fait construire une tour pour y placer un observatoire, etc., etc.
7. - L. a. s. à Voltaire; 6 nor. 1739, l p. in-fol. - 49 fr. (H* 305, VilUnave, 1865.)
8. - L. a. s. à Voltaire ; Berlin, 4 déc. 1739, 2 p. 1/4 in-4\ - 60 fr. (T 183, Laverdet, 1854.)
11 attend avec beaucoup de curiosité et d'impatienee sa nouvelle tragédie toute achevée, il était déjà charmé de ce premier feu qu avait ielté son géuie immortel.... Il lui soumet les douze premiers chapitres de son Anti-Machiavel » qui quoi que ie les aie retouchés fourmillent encore de fautes, il faut que vous soyez le père putatif de ces enfans et que vous ajoutiez à leur éducation ce que la pureté de la langue française demande pour qu'ils puissent se présenter au public. Je retoucheréz en atendanl les autres chapitres et les pouserai à la perfection que je suis capable d'atteindre ; c'est ainsi que je fais l'échauge do mes faibles productions contre vos ouvrages imortels a peu près come les Holandais qui troquent des petits miroirs et du verre contre Tort des Américains, a Dissipations qui le distraient de son travail, Machiavel est souveut obligé do céder la place à ceux oui pratiquent ses maximes, et qu'il réfute par conséquent. — Son sentiment sur M. de Valori qui est enfin arrivé à Berlin, il fait beaucoup regretter Lacbitardie ; pourquoi. — M. Celui-, habile physicien et très-renommé pour les expériences, on lui compte pour vingt mille écus d'instruments, il achèvera cette année une machine mécanique qui démontre parfaitement tout* les mouvements des étoiles et des planeltes selon le système de Newton. - Un génie admirable pour les mécaniques, Liberquius, a fait par l'optique des découvertes étonnantes... « Je suis ravi de voir de ces heureuses productions do ma patrie, ce sont corne des roses qui croisent parmi les orties et les ronces, ce sont comme des bluetes de génie qui se fout jour à travers des cendres ou malheureusement les arts sont ensevelis... » Autres nouvelles, autres réflexions philosophiques, morales, etc.
9. - L. a. s. à l'abbé Dubos; Berlin, 3oct. 1740, 1/2 p. in-4\ - 17 fr. 50 (H° 196, Laverdet, 1855).
Belle lettre de félicitations sur le livre que l'abbé Dubos vient de lui envoyer (Réflexions critiques sur la poésie et la peinture.) • Comme il n'y a point de honte a se
~er soi-môme il n'y en a aucune pour vous d'avoir corigé un livre que <pe adniiroit déjà. Heureux sont les pais ou les auteurs de pareils livres habi»
10 — L. a. 8. au cardinal de Fleury ; 23 fév. 1742, 2 p. 1/2 in-4«. — 100 fr. (fl- 181, 7. Charavay, 1853).
• ... M. de Brolio est hors de tout danger. Prague en sûreté, l'ennemi dans la consternation et le découragement, la Basse-Autriche inondée de nos partis, et nos troupes en état de combattre et de vaincre lorsque l'ennemi aura 1 audace de se présenter ou la témérité de nous attendre.... Si l'on apprend à connaître les amis dans le danger, je me flatte que nos alliés me trouveront digne de leur confiance et de leur amitié, et je vous réponds que vous pouvez être tranquille sur les affaires d'Allemagne, car je ne remuerai point d'ici que tout ne soit arrangé selou vos désirs et pour le bien de la < commune...»
VARIÉTÉ
Lors de la révocation de l'édit de Nantes beaucoup de protestants embrassèrent la religion catholique de gré ou de force. Pour les encourager on accordait à ceux qui montraient le plus de ferveur des certificats témoignant de leur sincère conversion. En voici un curieux spécimen délivré par l'illustre Fléchier :
« Esprit Fléchier, évêque de Nismes, conseiller du Roi en ses conseils, noua certifions que les Sr» Henry et Jean de Rochemore d'Aygremont, frères, de celte ville, s'acquittent exactement des devoirs de bons catholiques, assistant assiduementà la messe et aux oftïces de l'Eglise, fréquentant avec édification plusieurs fois dans l'année, nommément à Pâques, les sacremens de Pénitence et d'Eucharistie, et donnant dans toutes les occasions par leur conduite édifiante des marques d'une véritable et sincère conversion. En foy de quoy nous leur avons fait expédier le présent certificat. Donné à Nismes sous le sceau de nos armes le 6e mars
« Esprit, ev. de Nismes. »
La pièce est ornée d'un cachet fort bien conservé. Un tel certificat devait mettre ceux qui en étaient munis à l'abri de toute persécution et nul doute qu'on ne fil tous ses efforts pour l'obtenir, surtout dans le Languedoc où l'intolérance religieuse était à l'ordre du jour.
La vie privée de Louis XV n'a été que trop souvent racontée et nous n'en lisons qu'avec dégoût les détails honteux. Loin de nous la pensée d'en entretenir nos lecteurs, nous voulons seulement citer deux phrases d'une lettre de ce prince qui montrent l'homme tel qu'il était. Le 16 avril 1742 il écrit à un ministre :
« Que dites-vous de la Brancas qui m'a dit qu'elle disoit que l'enfant qu'elle avoiteue étoit de moy? L'une ou l'autre sont bien impudentes de
me donner yn tel paquet M* de Pompadour ny moy ne vous envions
la sloire d'avoir mangé des poids de si bonnes heures quoique vraisemblablement nous n'en mangeronts pas si tost, l'année étant si retardée qu'il n'y a pas encore la plus petite apparence de vert.... n
En* continuant à travers la collection; dont M. J. Charavay aîné prépare le catalogue notre petite excursion, nous rencontrons le quatrain suivant adressé par le savant botaniste Latapie aMwe de
La Ferté Imbault qui fut, comme sa mère Mœe Geoffrin, une des reines des salons du XVIII0 siècle :
» Recevez mes fleurs et mes vers « C'est l'amitié qui vous les donne :
o Si j'élois roi de l'Univers « Je vous offrirois ma couronne. »
Ce quatrain a pour litre ces mots : « Ce samedi 1 5 octobre, jour de la Sainte Thérèse, patrone de Madame de La Ferté lm- Tbault. »
Sans sortir du XVIIIe siècle citons un passage fort caractéristique d'une lettre du futur orateur de l'Assemblée constituante, de Mirabeau, datée de Paris, 27 octobre 1783, et adressée à M. Pelîenc:
« Je le crois en effet, mon cher Pellenc, qu'il me manque à moi et à de beaucoup plus habiles que moi plusieurs qualités pour être sûr de réussir ; après quoi il me manqueroit force circonstances. Les réputations tranchantes soit en bien, soit en mal, effrayent presque également une administration pénible et chancelante, et l'on y prend sans le vouloir môme en dégoût les hommes d'un caractère trop marqué, mais quand le mérite demeure, c'est encore faute de quelques qualitez et surtout de celles qui apprisoivent la fortune. Que voulez-vous y faire? Nous voudrions les hommes complets pour ne pas dire parfaits, sans songer, si nousavons, si nous pouvons môme avoir une idée bien assurée de la perfection èt si les hautes montagnes ne supposent pas les grandes vallées. »
Plus loin on remarque cette phrase où il parle d'une manière fort irrévérencieuse de son père :
« Ce n'est pas le seul orage qui fonde sur mon père : on a fait signifier au Martin, acquéreur de la bastide de Marseille, déclaration d'hippothèque et voilà le marché très en l'air et un procès. Il ne faut pas croire qu'on fait toute sa vie impunément des injustices et des folies. Cet homme a cru pouvoir être despote en affaires comme dans sa famille. Il trouve à décompter dans l'âge où cela est le plus triste. On recueille ce qu'on a semé. »
Voilà qui peut être vrai, mais en tout cas c'est bien dur de la part d'un fils Cette lettre peint du reste l'homme qui Ta écrite. Terminons par une pièce qui nous montre fort bien l'époque de la révolution. Elle émane ae Carrier, et est adressée de Nantes, le 16 nivôse an n, au général commandant la division du Nord :
« Tu n'ignore point, général, qu'il n'y a dans Nantes d'autres troupes que celles qui sont confiées à tes ordres et qu'elles demandent à grands cris à marcher contre les brigands pour en achever la déconfiture. L'occasion la plus favorable se présente pour satisfaire leur ardeur. Tu verras par la lettre du commandant du poste de Port Saint Père dont je te fais passer la copie que ce poste est très menacé et qu'il n'a pas une massede forces suffisante à opposer au nombre des brigands qui sont sur le point de l'attaquer. Je te préviens en outre que si ce poste venoit à être pris par l'ennemi, celui de St-Léger et celui de St-Philibert couroient le même danger. Je t'invite donc et te requiers au nom de la République de faire
sortir de Nantes tout ce gui y reste de ta diTision et de le faire porter de suite partie au poste de Port St-Père, partie à celui de Léger et partie à celui de St-Philibert. Tu donneras en conséquence à l'instant les ordres les plus pressants pour que ta division parte demain à six heures du matin pour marcher rapidement en trois colonnes aux trois poste? que je viens de t'indiquer. Je mets sur ta responsabilité et sur ta léte tous les événements qui peuvent résulter de tout retard et de tout succès que les brigands pourraient obtenir contre nos postes par ta négligence. »
Les ordres étaient précis : assumer sur la tête des généraux la responsabilité de la défaite était un des moyens employés par les représentants du peuple pour déjouer la trahison qu'ils voyaient toujours planer sur eux depuis la fuite de Dumourier. Malheur à ceux qui n'accomplissaient pas les ordres de la Convention : Custine, Bouchard, Chancel et bien d'autres payèrent de leur tête leur négligence ou leur désobéissance. Les Anglais nous avaient montré l'exemple quelques années auparavant, en pendant leur amiral Byng, coupable d'avoir été vaincu par La Galissounière.
NOUVELLES DIVERSE
La vente que prépare M. J. Charavay aîné aura quatre vacations qui sont fixées aux 3, 4, 5 et 6 décembre. Le catalogue, qui est ' très-avancé, paraîtra vers le 15 de ce mois. Ce sera, nous le répétons, un des plus importants qui aient paru depuis longtemps et les emprunts que nous y avons fait dans les pièces inédites et dans les variétés doivent avoir renseigné nos lecteurs à cet égard.
— - Tous lés journaux ont fait grand bruit d'une lettre de l'Impératrice Eugénie qui se trouvait dans le Bulletin de M. Gabriel Charavay, notre honorable confrère, et non dans le nôtre, comme l'ont pensé plusieurs amateurs. M. le Préfet de la Seine, qui avait voulu racheter ce précieux autographe, l'a fait rendre à l'expert chargé de le vendre, car, après un examen sérieux, il a été reconnu que la susdite pièce n'était qu'un fac-similé. En effet, à l'époque où cette lettre fut écrite, on la fit reproduire pour en distribuer des exemplaires à tous les membres du conseil municipal. C'est l'un deux qui, par une erreur regrettable, a passé pendant quelques jours pour l'original.
Le Directeur-Propriétaire : Jacques CHARAVAY.
Abbeville. — Imp. P. Btiez.
N° i 18. — 5« Année
16 Novembre 1866
* rue des Grands-Augustlne, «O, à Paris
PRIX DE L'ABONNEMENT POUR PABIS BT LB8 DÉPARTEMENTS
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. Étranger : le port en sus.
Londres : MM. Puttick et Simpson, 47, Lei-
cester-Square.
Berlin : M. Richard Zeune , Victorias-
traese,29. a.
La Haye : M. Martinut Nijhoff, 49, Raams-
traat.
Leipzig : M. OUo-Augiut Schulz.
Turin : MM. Bocca frères.
Bruxelles : M. Van Trigt, 30, rue Saint- Jean.
Madrid : M- BaiUy-BailUère.
Saint-Pétersbourg : M. Jacques Issakoff.
Moscou : MM. Gauthier.
Stockholm : MM. Samson et Wallin.
Les demandes d'abonnement et toutes les communications relatives au Journal doivent être adressées, franco, à M. Jacques CHARAVAY, rue des Grands-Augustins, 26.
PIÈGES INÉDITES
TRAITÉ EIVTRE LES DUCS DE BERRi, D'OR- DE BOURBON, EX LE8COMTË8 D'AJLEIV- ÇOIV EX D'ARMAGXAC, EN 14IO.
Le duc de Bourgogne, Jean sans peur, qui retenait dans une étroite tutelle le malheureux Charles VI, était en butte à la haine et à la jalousie de tous les autres princes. Deux partis se trouvaient en présence, celui des Bourguignons, dont le duc de Bourgogne était le chef, et celui des Armagnacs, auquel Bernard, comte d'Armagnac, depuis connétable de France, avait donné son nom. Le 15 avril 1410, les ducs de Berri, de Bourbon, d'Orléans et de Bretagne, les comtes d'Alençon, de Glermont et d'Armagnac, réunis à Gien, signèrent un traité par lequel ils s'engageaient réciproquement « à tenir Je roi en sa royale majesté et franchise, et à chasser dehors tous ceux qui voudraient s'y opposer. » Ils convinrent aussi, pour atteindre ce but, de réunir une armée de 10,000 hommes i. Vers la mi-juillet, Charles VI écrivit au duc de Berri de venir à Paris sans armes, afin qu'il pût l'entendre et lui rendre justice. Sur ces entrefaites, le vieux duc de Bourbon Louis II, qui avait été le compagnon a armes et l'émule de Duguesclin, mourut à Moulins, le 19 août, laissant un fils, Jean, qui lui succéda. Le duc de Berri ne tint pas compte de la lettre du roi, car nous trouvons dans Juvénal des Ursins * une lettre des princes ligués où ils annoncent à Charles VI
J Sismondi, t. xii, p. 347.
* histoire de Charles VI,
édon Michaud, p. 452.
que c'est pour l'arracher à la domination du duc de Bourgogne qu'ils se sont alliés ensemble. « Nous cy dessus nommez sommes alliez et assemblez pour aller par devers vous pour vous humblement remonstrer et informer au vray de Testai de vostre personne et de monseigneur de Guyenne, vostre aisné fils, et comme vous estes détenus et démenez du gouvernement aussi de vostre seigneurie, de vostre justice, de vostre royaume, et de toute la chose publique d'icelluy. » Celte lettre est datée de Gien, le 2 septembre 1410, et c'est une copie gu'ils envoient « à révérend pére en Dieu Tévesque, doyen et chapitre de Beauvais. » Enguerrand de Monstrelet* en donne une autre à peu près semblable, écrite de Chartres, 2 décembre 1410, mais cette fois,, c'est aux bourgeois et habitant de la ville d'Amiens, qu'ils en adressent copie.
Le 1« novembre 1410, dans rhôlel dè Winchester (B'rcêtre), se trouvaient réunis les anciens alliés : Jean, duc de Berry, frère de Charles V et oncle du roi régnant, un des nobles ancêtres des bibliophiles de nos jours, Charles, duc d'Orléans, qui avait & venger l'assassinat de son père et qui devint l'un des meilleurs poètes de son temps, Jean I, duc de Bourbon, qui avait hérité de la haine de son père contre Jean sans peur et devait mourir captif en Angleterre, Jean, comte d'Alençon, qui cinq ans plus tard périt glorieusement & la bataille d'Azincourt, livrée par ses conseils, et Bernard, comte d'Armagnac, le plus grand capitaine de son temps, connétable de France, destiné à tomber, en Î418, sous les coups des Bourguignons vainqueurs. Là, ces hommes qui devaient signer le lendemain" la paix de Bicêtre, confirment le traité conclu à Gien, s'engagent par les serments les plus solennels à rester toujours unis, et de ne faire aucun accord, traité ni alliance avec le duc de Bourgogne, l'un sans l'autre. Acte est dressé, au nom du duc de Berry, de ce traité, et tous les cinq, dans l'ordre où nous les avons nommés, y apposent leur signature. C'est ce document dont nous n'avons pas trouvé trace ni dans les chroniques du temps, ni dans les historiens modernes dont nous donnons le texte aujourd'hui.
Nous Jehan, filz de Rov de France, duc de Berry et d'Auvergne, conte de Poitou, d'Estampes, de Boulloigne et d'Auvergne, lieutenant de Monseigneur le Roy ez pais de Languedoc et duchiè de fi menue, à touz ceulx qui cez présentes lettres verront, savoir faisons que comme ou mois d'avril prouchain passé en nostre ville de Gien pour le bien et honneur de mon dit seigneur le Roy, de sa justice et de la chose publique de tout son royaulme nous ayons l'aides certaines aliances ainsi comme par ycelles puet apparoir avecques noz très chiers et très amés filz et nepveus lezdux de Bretaigne, d'Orliens et de Bourbon, lez contes d'Alançon et d'Armaignac, et selon le contenu d'icelles soions veuuz acompaigniez chescun du nombre de gens d'armes et de trait que nous devions avoir ou de plus par devers mon dit seigneur le Roy pour lui dômonstrer le mauvaiz estât en quoy l'on tenoit sa personne, son royaulme et sa justice, et pour le remectre en sa puissance et royal magesté ainsi que difoyt est et quMl appartient afin que à chescun de sez soubgiés et de son royaulme il peust rendre et faire raison et justice ainsi que à lui appar-
* Chroniques, éd°- du Panthéon, p. 174-5.
tient et non ad autre. Pour ce nous en continu an t nostre bonne vouilenté et conformons lez dictes aliances faictes en nostre dicte ville de Gien et de novel en déclarant nostre intencion avecqucs noz dis fita et nepveus nous allions à rencontre du duc de Bourgoigne. Et ont nous promis et juré noz dis fi I z et ncpveus et cbescun d'eulx sur les sainctes Ew-angiles de Dieu pareulx corporelment touchiez nous servir etaidier k rencontre du dit duc de Bourgoigoe toutez foix que par euhc ou aucun d'eulx en serous requis. Et toutez les choses dessus dictes nous avons promisses et j un' n , prometons et jurons par cez présentes à noz dis Bis et nepveus et ilz à nous et chescun l'un à l'autre de lez tenir, servir et accomplir par la manière susdicte loyaulment et de non faire ne serchier aucun accord, traictié ne alliance aveq le dit duc de Bourgogne, Uun sens les autres et de vouilenté et consentiment de chescun de nous tOuz. Et ainsi l'avons promis et jnré, prometons et jurons touz ensemble et l'un à l'autre en pain e d'estre réputez faulx, mauvais et patjures celui en qui feuldroit. Et à fermeté des choses dessus dictes chascun de nous avons signées cez lettrer de noz mains et faictes sceller de nos seaulx secuez. Donné en nostre ho3tei de Vincestre le premier jour du mois de novembre fan de grâce mil ccgc et dix.