‹ L'Amateur d'autographesChapitre 86 sur 175 · ITB DE FREDERIC II · texte numérisé non relu

ITB DE FREDERIC II

11. - L. a. s. au cardinal de Eleary; camp de Rutenberg, 18 Juin 1742, T p. pl. in-4°. - 150 fr. (N° 135, J Charavay, 1847.)

Le< jeune tfrôdôrio vient de te»mi*>«r cette g< erre de spoliation qui lui a- donneia Silésie. La grande Marie-Thérèse, effrayée, a fait le sacrifice de « ette province, pour désarmer son ambitieux ennemi ; et celui-ci, peu scrupuleux envers ses aitiés, signe, le 11 juiïï, une paix séparée. Le lendemain, il disait nu niamhal de BeHe-Isle: « H: le maréchal, swïgBZ à vous, ma partie e*t gagnée. • Six jours «prè», il ectit au cardinal

1 Chroniques, p. 179 ' Idem, p. 181.

de Fleur v la présente lettre pour faire l'apologie de sa conduite, et ce n'est qu'une longue récrimination contre les négligences du maréchal Schwérin et les inepties et les faiblesses du maréchal français do Broglie. « Le cœur, dit-il, a plus do part à mon expédition de Moravie gue la prudence. . J'en appelle aux mânes immortels du grand Turenne et de Condé. si je devais, sans élre muni de subsistances, mettre mon armée victorieuse dans le risque de périr de misère! ... Dans cette situation, où il n'y apoint de secours à attendre ni de la France ni de la Saxe, où il faudroit gagnier trois batailles de suite pour expulser les Autrichiens de la Bohème; où les succès de l'armée du conte d'Harcourt ne répondent point à lattente que l'on en avoit ; où une guerre longue et ruineuse apesentiroittout son poids sur mes épaules; où l'urgent des Anglais arme presque toute 1 Hongrie prête à fondre sur l'armée du prince d'Anhalten Haute- Silésie; où le hazard des événements devinntplus décisif que jamais ; où la supériorité de l'ennemy et sa fortune m'obligeroit enfin de succomber avec les autres, il m'a falù , quoique dans l'amertume de mon cœur, me sauver d'un naufrage inévitable et gagner le port comme j'ai pû. Il n'v a que la nécessité et l'irapuisance qui puissent me vaincre. On ne condamne persone pour n'avoir pas fait rte choses imposables. Quand aux posi-

bles, vous trouverez en moy une fldellité invariable et plustot mes armes se iour-

neroient-elles contre moy-méme que contre des alliez qui me sont aussi chers que les François.,.. •

12. - L. a. s. à Voltaire ; Magdebourg, 26 juin 1742 , 2 p. in-4°. — 41 fr. 50 (H- 40, Chalabre, 1833); - 40 fr. (N« 106, Soleinne, 1844.)

c Je vous y promets un établissement dont je me flatte que vous serez satisfait et surtout d'être au-dessus des tracasseries et des persécutions des bigots : vous avez souffert trop d'avanies en France, pour y pouvoir rester avec honneur... »

13. — L. a. 8., en français, au cardinal de Fleury; Cbarlotembourg, 28 juill. 1742, 4 p. iu-4'. - 80 fr. (N- 134, Laroche -Lacaretle, 1847); - 100 fr. (No 190, D'Hunoïstein, 1864.)

Lettre très-impootante, écrite par Frédéric le jour même où il signait, à Berlin, la paix avec l'Autriche. — 11 mande au cardinal quo les fautes des généraux français ou bavarois, faisant tomber sur lui tout le poids de la guerre, il a dù accepter les conditions de paix qui lui étaient offertes. ■ J'ai trop d'obligations à la France, s'ôcrie-t-il, pour la payer d'une si noire ingratitude, et quelque ressorts que l'Angleterre fasse jouer, on ne tirera ni directement, ny indirectement le moindre secours de moy contre la France. Mon trôté de pair sera imprimé ; il n'y a point d'article secret, et par cette publication toute l'Europe sera convaincu que je n'ai voulu autre chose, sinon me soustraire aux hazards de la guerre. » 11 termine en assurant de son amitié le cardinal, qu'il appelle le vénérable Mentor de la France.

14. — L. a. s. au cardinal de Flenry; Magdebourg, 12 sept. 1742, 4 p. pl. in-4». - 100 fr. {N- 3146 du Bull J. Charavay); ?02 fr. (n« 192, Amant, 1855.)

Il ne peut entrer dans un détail des raisons qui l'ont obligé de faire la paix avant ses alliés sans exposer des faits qui seraient peu agréables au cardinal. • Vous pouvez être persuadé que je n'agirai jamais ni directement, ni indirectement contre les intérêts du roy de France... Ni les offres avantageux de la reine d'Hongrie, ni les nouvelles propositions des Anglais, n'ont pu m'aracher la moindre démarche contraire à la neutralité quo j'ai am brassée, je ne changerai point de couduite, et je crois que cette conduite est aussi avantageuse au roy très-c.rétien dans les circonstances présentes que ne pouroit lui être mon assistance formelle... Peut-on m'accuser de faire la paix pour ma sûreté, lorsqu'au fond du Nord on en négotiait une qui aloit à mon détriment, et 6n un mot peut-on m'acuser d'avoir si grand tort de me tirer d'une alliance que celui qui gouverne la France avoue d'avoir contractée à regret. Un ministre sent le poids de ces raisons, mais ce n'est pas à la multitude d'en juger. Je regrete d'ailleurs véritablement que le tems ait du pouvoir sur certaines personnes qu'il devroit respecter, les hommes aimables et les grands hommesdevroient être exemntés de la loi commune... •

15. - L. a. s. au roi (Louis XV); Postdam,' 10 fév. 1743, 1 p. 1/2 in4«. - 23 fr. (N'110, Lalande, 1844.)

Rien ne peut être plus flatteur pour lui que les assurances d'amitié que Sa Majesté veut bien lui donner elle-même. Quelque sensible qu'il ait été à ce que le cardinal de Fleury lui a dit en son nom, il l'est infiniment plus de ce qui lui vient en droite ligne de sa propre peisonne.

16. - L. a. s. au cardinal de Fleury; Znahm, 2 fér. 1747, 2 p. 1/2 in-4*. — 40 fr. (N-7t, Charon, 1839.)

« .... Vous devez vous attendre à une battaille, je ne saurois vous en dire la nature, mais toutefois pouvôz-vous croire que je ne négligerai rien de ce que j'imagiueréz d'utille et de glorieux pour la cause comune, et que je ferai tous mes eforts pour bien batre mesieur les Autrichiens... »

17. - L. a. s., en français, à Voltaire ; Postdam, 24 mai 1750, 1 p. 3/4in-4°. - 150 fr. (U° 176, Trémont, 1852) ; - 55 fr. (N» 316, Dubois, 1866. )

La première rage contient 37 vers dont voici les premier» i

« Pour une brillante beauté

t Oui t en lui i son désir lubrique

« Jupiter avec dignité

« Sut faire l'aroaut magnifique

« L'or plût, et son pouvoir magique

i De cette amante trop pudique

• Fléchit l'austère cruauté. »

Il termine ainsi :

• Je veux imiter cette pluye

• Que sur Danaé son galant

« Répendit très aboudamant « Carde votre puissant génie « Je me suis déclaré l'amant. •

Sur la seconde page il l'avertit qu'il part pour la Prusse et sera de retour le 22 juin, et le prie de venir à Postdam à cette époque. • Vous y serai resu comme le Virgile de ce siècle, et le gentilhome ordinaire de Louis 15 sèdera, s'il lui plaist, le pas au grand poète. Adieu. Les Coursiers lapides d'Achille puissent- ils vous conduire, les chemins montueuz s'aplanir devant vous... »

17 - L. aut , sig. Fr., à Voltaire; 1751, 1/2 p. in-4°. - 57 fr. (N« 212, Esterhazy, 1857.)

Accusé de réception de son poëmela loi naturelle, dont il l'entretiendra plus tard... • Ici les hussards, les ingénieurs, les officiers d'infanterie etde cavalerie me tarabustent si fort, qu'ils ne me laissent pas le temps de me reconnaitre, adieu, ayez pitié d'une Âme qui est dans le purgatoire et qui vous demande des messes pour en être tiré bientôt... •

18. - L. a. s.; 7 janv. 1752, 2 p. - 51 fr.(N» 81, Pixérécourt, 1840.) Il fait l'éloge de La Mettrie.

19. — L. a. s. au duc de Mancini-Iïiveniois; 12 fé?. 1756, 1 p. pl. in-4\ — 62 fr. (H- 217, J. Charavay, 1857.)

20. — L. a. s. au duc de Nivernois : 19 fév. 1756, 3/4 de p. in-4'. — 51 fr. (H- 208, J. Charavay, 1858) ; - 20 fr. (X'UÏ, Lucas de Montigny, 1860.)

« ... Je veux plus de mal que jamais à la politique de ce qu'elle m'empêche de jouir de votre agréable société autant que je le dcsirerois ; je suis bien malheureux de n'avoir à vous entretenir que de ces graves bilevesées des tours de page de ma jeu» nesse et de ces riens importants qui font vivre les gazetiers et amusent les badauds ; j'espère que vous voudrez mettre tout l'ennui dont je vous ai accablé sur le compte du métier que je fais et non sur la personne... »

21. - L. a. s. (au duc de Nivernais) ; 1756, 1 p. pl. in-4». - 57 fr. (Iî* 249, Lajarrielte, 1860.)

Il le charge de transmettre au roi (Louis XV) l'expression de ses sentiments de bonne amitié.

22. — Epltre au marquis d'Argens, aut. sig., en yers ; Erfurt, 1757, 2 p. in-4*, d'une écriture fine et serrée, papier de deuil. - 240 fr. (N-285, chevalier R... y, 1863.)

Cette pièce a passé dans les mains de Voltaire, qui a mis sur l'enveloppe la note suivante : > Testament en vers du Roi de Prusse, lorsqu'il voulait mourir, en 1757, quelques mois avant Rosbac, écrit de sa main. »

Accablé par toutes les forces de la coalition, brisé par les revers, Frédéric s'abandonne dans ( ette tpitre, à toutes les faiblesses du découragement. Elle se compose de 207 vers. Voici la première strophe :

Ami, le sort en est jeté :

Las av. destin qui m'importune,

Sous le joue de l'adversité,

J'acourcis le temps areté,

A mes jours remplis de misère,

A daigné de partir par prodigalité.

23. - L. aut., sig. Fr.. (à Voltaire) ; 9 août (1757), 1 p. pet. in-4», prose et vers, papier de deuil — 75 fr. (H* 285, chevalier R... y, 1863.)

Curieuse lettre, écrite sous la même impression que l'epltre précédente.— 11 vient de lire Zadig, mais l'enchainemont bizarre des < aut-es retendes ne peut ébranler sa fermeté. Il est loin de condamner Caton, ni la mort de l'empereur Otbon. « Il faut combattre pour sa patrie, et mourir pour elle, si on la peut sauver... » Si l'on m'écrase, dit-il, ma chute vous fournira un bon sujet de tragédie, Faisant allusion à MB< de Porapadour, il s'indigne contre cet esyeite d'hômet ov de femes qui gouverne l'Europe.

• Vous aurés bientôt, ajoute- t-il, de mes nouveles. bonnes ou mauvaissee, » et il cite ces deux vers caractéristiques de Voltaire, ou lus orthographiant à sa façon :

Quant on. a tout^rdu, quant on a plus d'espoir, La vie est uu oproUre, et la mur i un devoir.

24. — L. a s. à Voltaire ; iRuppira, t6 mai Î759, 3 p. 1/2 in-4*. - 48 fr. (N« 202, Laverdet, 1856.)

Il lui a une obligation infinie de ce .qu'il lui a^ommuniqué les changements qu'il a faits à la Henriade, il n'y a que lui qui soit supérieur à lui-môme, tous les changement»

fiu'il vientde lire sont du dernier Jaôn^etil-necessedoft'étonnerde la force que la langue rancaise prend dans ses ouvrages. • Si Virgile fut ué citoyen de Paris, il n'auroil pu rien Taire d'approchant du combat de Turène, il \ a un feu dans cette description qui m'enlève; avoués nous la vérité, vous y fûtes présent à ce combat, vous l'avez vu de vos yeux, et vous avez écrit sur vos tablâtes chaque eoup d'épée, porté, reseu et paré, vous avez notée chacun des ge&tes des champions, et par cette force supérieure qu'ont les grands frénies. vous avez lu dans leur cœur tout ce que pensoienl ces vailtons oombattans. LeCaraohe n'ut pas mieux déeinô les atitudes difficiles de ce duel, et lebruo «v«c tout fon colori n'auroit assurément rien fait de semblable au petit portrait de réfraction que fait l'aimable, le cher poêle philosophe. L'endroit ajouté au chan septième est encore admirable et très-propre à occuper une place dans l'édition que je fais préparer à la Henrwde. Mais, mon cher Voltaire, ménagez la race des bigots, et craignez vos persécuteurs», ce seul article est capable de vous faire des affaires. De nouveaux, il n'y a rien de plus cruel que d'être soupçoné d'ireligion, on a beau faire tous les eforts imaginables pour sortir de ce blâme, cette accusation dure toujours ; j'eu parie paraxpérienee^t jem'apersois qu'il faut êired'une^irconspection extrême, sur un article duquel les sots font un point principal. Vos vers sont conformes à la raison, ils doivent aussi l'estre a la vérité, et c'est justement pourqudi'les idiots et les stupides s'en formaliseront. Ne les communiquez donc point à votre ingratte potrw, traitez-laiMmnw^e-aoteU(iraite leB La©ona;-que;la vérité et la .beauté de vos^rudacr tions ne brille don que dans un endroit où l'auteur est estimé et . vénéré, dans un ^païs entin où il est permis de ne point être stupide, où l'on auso penser et où on ause tout dire.1»

(La.tutte au proeluiin numéro.)

mé.moiiu;h de chamwi:tte

Parmi Jes pièces dont se compose la collection que M. Jacques Obarovay aîné «doit vendre le 3 décembre prochain nous avons trouvé ùn manuscrit de la main de Ghaumette, avec ce titre sur "lequel .on avait .passe de légers trails.de plume: Mémoires de -C ou histoire de la révolution du 10 aoust 1792. C'était la, à n- en -pas bouler, les Mémoires du fameux procureur de !la commune de Paris

?[ui voulut, comme beaucoup des hommes de la Révolution, écrire '.histoire des événements oi) il avait figuré afin de se prémunir contre les attaques de ses contemporains et de la postérité. C'était La jQUTDée.ou tO aoûtque Cbaumette tenailà raconter, mais iil n'en eut vraisemblablement pas le loisir, car le manuscrit s'arrête après la journée du 20 juin. Nous avons cru devoir publier intégralement ce curieux document, car il n'est jamais sans intérêt de voir comment un homme présente des événements dont il a été l'acteur et le h éros. La préface contientd'assezbonnesinaximes, maisChaumelte, dans ce court récit, les oublie souvent et se laisse emporter à des déclamations qui peigneotbien dutfeste l'esprit et le style du XV11I siècle. E. C.

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