‹ L'Amateur d'autographesChapitre 90 sur 175 · SUITE DE PRBDÉR1C II-FRÉRON · texte numérisé non relu

SUITE DE PRBDÉR1C II-FRÉRON

25. - L. a. s. au M" de ... ; 15 janv. 1760, 3/4 de p. io-4°. - 67 fr. (N02i2, EMrhazy, 1857.)

Il le remercie de la peine qu'il a prise de faire imprimer ses balivernes. • Encore un revers et ce sera le coup de grâce, en vérité la vie devient tout à fait insupportable quand il faut la traîner de la sorte dans les chagrins et dans de mortels ennuis, elle cesse d'être un bienfait du ciel, elle devient un objet d'horreur qui ressemble aux plus cruelhs vengeances que les tyrans exercent sur des malheureux, vous me tueriez

Slutôt que de me faire chauger de sentiment... Vous n'êtes point roi. vous n'avez ni à éfendre l'état, ni à négocier, ni à trouver des expédients à tout ni à répondre des événements, pour moi qui succombe sous le fardeau, c'est à moi seul d'en souffrir la peine. »

26. - L. a. s. au Mu de ... ; 26 juin !760, l p. pl. ln-4«. - 50 fr. (N° 212, Esterhazy, 1857.)

Il parle des malheurs qui lui sont arrivés en Silésie, puis il critique amèrement la préface de la comédie des Philosophe*. « La fin de ma carrière est dure, triste et funeste, l'aime la philosophie parce qu'elle modère mes passions, et parce qu'elle me donne de l'indifférence* pour ma dissolution et l'anéantissement de ma pensée... Ah I que l'école de l'adversité rend sage, modéré, endurant et doux, c'est une terribte épreuve, mais quand on l'a surmonté, elle est utile pour le reste de la vie... »

27. - L. a. s. à Marmontel ; Posldam. 22 mars 1767, I p 1/2 in-4°.— 15 fr. 50 (N« 98, E... de Zurich, 1843) ; - Il fr 50 (N° 148, Capel'e, 1849.)

«... Je viens de lire votre poétique, je vous dirai naturellement ce que j'en pense, non pour critiquer, mais pourm'éclairer... Depuis que l'abbé d'Olivet m'a cité dans un traite de prosodie française, je me regarde comme ayant reçu une patente de naturalisation au Parnasse français... Les premiers doutes que je vous propose sont sur les langues et les brèves : les mots qui paraissent à mon oreille les plut longs, sont ceux de fantôme, Rome. Je conviens qu'il y a de certains mots que les gens du bel air affec-

italien... Je voudrais que vous eussiez vu représenter ici sur notre théâtre l'Iphigénie en Aulide de liaciue traduite en italien, votre oreille accoutumée après deux représentations à la voix de soprani se serait faite, et votre expérience vous aurait convaincu qu'on peut répandre des larmes à un opéra italien comme â une comédie fran-

28. - Projet de lettre autog. à Voltaire, 2 fois signée, avec ratures et corrections; 26 janvier 1773, 2 p 1 /2 in-4° — 67 fr. (N°2I2, EsUrhazy, 1857.)

29. — Projet de lettre aut., sig. Fr., à Voltaire ; Il oct. 1773, 1 p. 1/4 in-4\ - 72 fr. |N° 212, Esterhazy, 1857.)

Il lui parle longuement des améliorations qu'il a faites en Prusse * abolir le servage, réformer des Loix barbares, ouvrir un Canal, rebâtir des villes détruites, défricher des Marais, Etablir une Police et Consoler ses Pauvres ignatiens des rigueurs de la Cour do Home... •

30. - L. a. s. (à Voltaire); Posldam, 17 juin 1775, 2 p. pl. in 4°. - 44 fr.

(K'Wb, chevalier R...y, 1863.)

Il vient de parcourir cent milles de France, et n'a pu lui répondre plus tôt. Il lui parle de son portrait peint par M»e Terbusch, qui s'est plu à rajeunir sa figure éraillée. « Vous savez qu'il suffit d'être quelque chose pour ne pas manquer de flatteurs : Les peintres entendent ce métier tout comme les courtisans les plus raffinés. » A la recommandation de Voltaire, il offre le grade de capitaine ingénieur au jeune M or i val, dont la haine des hi.ots ne permettra pas la réhabilitation. ■ L'infâme fémira vainement de dépit en voyant que Voltaire et moi, pauvres individus, nous sauvons de ses griffes un jeune garçon qui n'a pas observé le I'untiglio et le cérémonial ecclésiastique... Vous me faites trembler en m'annouçant vos maladies. Adieu, mon cher Voltaire... N'oubliez pas le solitaire de Sans-Souci. ■»

31. — L. a. s. à son frère (le prince Henri) ; 9 fév 1780, 1 p. in-4°. — 75 fr. (N° 181, J. Charavay, 18531 ; - 60 fr. (N« 290, V Hunolslein, 1864.)

Sa santé est mauvaise, mais il se résigne, car le bien et le mal ne dépendant pas de nous, il faut les recevoir comme ils arrivent « En penssaut ainsi, dit-il, Ion poursuit

tranquillement son chemin jusqu'au moment où Ion arive au bord de cet anime qui engloutit tout. • Un certain docteur de Sorbonne est venu ici, non pour le convertir, mais pour postuler une prébende. Il est venu aussi des Anglais. >■ mais ils ne valent pas la penne d'oslre citfe 11 faudrait un rabot qui les repassât longtems pour les rentlres acceptables chez les bonnettes gens... •

32. — L. a. s. au duc . . (ambassadeur de France) ; 4 mars, 1 p. 1/2 in-4°. - 33 fr. (H- 312, /. diaravay, 1865) ; - 55 fr. IN- 20101 du BuU. J. Charavay.)

11 est très sensible aux marques de confiance que lui a témoignées le roi. • Je crains bien, dit il , que si nous ne parvenons celte année à moyenner un axcomniodemt'nt entra la France et l'Angleterre, que les affaires s'embrouilleront, de manière a rendre la guerre générale en Europe... •

33. - L. a. s à son neveu, 1/2 p. in-4». - 45 fr. (N* 194, /. Charavay, 1855.)

11 lui envoie un berceau. • Je n'ai pu y mettre un enfant; c'est a vous à le remplir quand vous serez marié... »

34 - L. a. s. (à Al^arotti), 1 p. pl. in-4-. - 79 fr. (H« 222, /. Charavay,

Jolie lettre, prose et vers, sur la maladie d'Algarotti.

35. - L. a. s. à l'abbé Colombi, 2 p. ln-8*. - 61 fr. (N* 99 , . Dolomieu ,

Sa résolution est prise de conserver les jésuites dans ses Etats, de conserver la religion catholique m $tatu quo ; il est de la secte hérétique, et le pape ne peut pas le dispenser de tenir sa parole.

36. - L. a. s. à son frère 1/2 p. in-4\ - 50 fr. (N° 115, /. Charavay,

37. — L. a. s- (à Louis XV), t p. in-4°. — 14 fr. (N* 109, Alliance des Arts, 1844.)

38. - L. a. 8. au duc de Nivecuois, 1 p. 1/2 in-4*. - 51 fr. (H* 228, J. Charavay, 1858.)

39 " - Projet de lettre autog. à Voltaire, 1 p. 3/4 in-4°. - 75 fr. (N° 212, Esterhazy, 1857.)

Lettre toute philosophique contenant des réflexions sur la tolérance en matière de religion et sur le respect do aux lois de son pays. • Je parie que vous pensez en Lisant ceci, celà est bien allemand, celé se ressent nien du flegme d'une nation qui n'a que des passions ébauchées, nous sommes, il est vrai, une classe de végétaux en comparaison des Français . aussi n'avons nous produits ni Jérusalem délivrée, ni Henriade, depuis que l'empereur Charlemagne s avisa de nous faire chrétiens onnous égorgeant, nous le sommes restés. . »

40. — 70 lettres signées à Maupertuis, président de l'Académie de Berlin, correspondance scientifique et littéraire. - (K« 121, Charon, 1845.)

Ce sont toutes- les lettres autographes signées que nous ayous rencontrées dans les catalogues français. - Le prix moyen des lettres signées, dont une cinquantaine environ ont passé dans les ventes, est de 5 fr.

FRÉDtfiuc Guillaume il, roi de Prusse, neveu et successeur du précédent (17 août 178G), le boute-feu de la première coalition contre la France, n. 25 sept. 1744, m. 16 déc 1797.

Quelques lettres aut. sig., de 7 à 10 fr. Le prix des lettres signées est de

Frédéric Guillaume m, roi de Prusse, flls et successeur du précèdent (16 déc. 1797), n. 3 août 1770, m. 7 juin 1840.

1. — L. a s. à laC#*»* de . .; Posldam, 31 mars 1800. I p. in-4°. - 9fr. 50 (N° 135, J, Charavay, 1847) ; - 7 fr. 50 (N° 167, Capetle, 1851.)

ConsolaUons sur la perto d'un de ses enfants. « (l'est avec résignation qu'il faut savoir se soumettre à la volonté divine... Ménagez votre santé et rende/, «races à Dieu qui vous conserve vos trois aînés... C'est par un singulier hazard que j'ai du apprendre.

hier au soir, la triste nouvelle que renfermait, votre billet, j'appris six mois plus tôt que la petite était née... •

2. — L. s., en français, au l* consul Bonaparte; Berlin, 13 janv. 1804, 2 p. in-fol. - 10 fr. (N« 148, Capelle, 1850), - 32 fr. (N* 249, LajarrUtte, 1860.)

« Grand et cher ami, j'ai la satisfaction de vous annoncer le mariage du prince Frédêric-Guillaume-Charles. mon frère, avec la princesse Amélie-Marie -Anne, de Hesse- Hombourg, qui a été célébré hier dans cette capitale... *

3. - L. s. à Napoléon ; Memel, 16 juil. 1807, 1 p. 3/4 in-4V- 13 fr. (N° 3082 do Bull. J. Gharavay) ; - 320 fr. (N° 212, Esterhazy, 1857.)

Belle lettre dans laquelle il fait l'exposé delà détresse de ses sujets et demande la remise des contributions qui montent à 100,000,000 de francs, ou du moins une réduction considérable, puis encore l'évacuation de ses Etats.

4. — L. s. à Napoléon; Memel, 3 août 1807, 4 p. in-4°. - 101 fr. (N« 249, Lajairietle, 1860.)

Importante pièce historique. — Il s'empresse de lui envoyer copie de la lettre du

{>rince de Neufchâtel au maréchal Kalkreuth ^où sont détaillées les conditions mises à 'évacuation de la Prusse par les troupes françaises;. 11 lui en coûterait de croire cette lettre motivée par la dérision immédiate de l'empereur. L'épuisement tins provinces prussiennes, l'anéantissement de tous leurs movens les mettent, hors d'état d acquitter les contributions de guerre et les contributions de toutes espèces qu'on leur impose. — La diminution de ces charges et l'agrément d'un paiement à terme sont l'objet principal deses vœux. Il attend une réponse favorable de l'empereur, et jusque-là, il ci oit pouvoir se dispenser d'accéder aux propositions du prince de Neufcliàtel. « Klles proviennent d'une interprétation arhiirairo du traité (de Tilsitt), et je ue puis pas croire qu'après avoir sanctionné et, ratilié celui-ci, Votre Majesté Impériale puisse approuver des explications qui renchérissent encore sur les conditions onéreuses qu il m'impose. Non, Sire, d'après l'opinion que j'ai de votre grandeur d âme, j'ose preférahlemeut me livrer à l'espoir que, loin de là. vous aimerez mieux m'accorder des modifications qui, en soulageant mes malheureux sujets, les pénétreront do la plus vive reconnaissance. • Quelles sont vos vues sur la Prusse? lui demande-l-il. Il lui parait impossible qu'il ait décidé l'anéantissement de sou existence politique. Il rappelle ensuite à Napoléon les promesses qu'il a faites à son sujet à l'empereur de Russie, lors de la paix de Tilsitt. uis il répond aux reproches d'avoir rejeté trop longtemps, avant la guerre, ses propositions de paix. • J'étais lié par des liens indissolubles et sacrés, et tirés en la conséquence, que la fermeté avec laquelle j'y ai tenu ne saurait être que d'un heureux présage pour toutes les relations que les circonstances pourraient former entre nous. Expliquons-nous, Sire, le langage de la conscience et de la franchise est celui qu'il convient d'adresser au plus grand homme de notre siècle. Je no peux plus vous donner ombrage. Prononcés le rôle que vous voulez m 'assigner parmi les puissances de l'Europe, et si votre intention est Je me rendre votre confiance, mettôs un terme aux traitements arbitraires de vos autorités, qui ne visent qu'a détruire les dernières ressources de mon peuple... » — A cette lettre étaient jointes les copies des deux lettres suivantes: 1» Lettre du prince do Neufchâtel, datée de Berlin, vi juillet 1807, au maréchal de Kalkreuth. interprétant le traité de Tilsitt et posant les conditions auxquelles le territoire prussien sera évacué par les troupes françaises. - 1° Réponse du comte de Goltz a la lettre précédente ; Memel, 11 août 1807, pour 'demander un adoucissement aux exigences du gouvernement français.

5. — L. s., en français, avec la souscript. aut., à Napoléon ; Berlin, 22 mars 1810, 1 p. 1/2 in-4». *- 24 fr. (W 176, Trémont, 1852); - 15 fr. 50 (N-290, D'Hunolstein, 1864.)

11 envoie à S. M. le maréchal de Kalkreuth pour le complimenter sur son mariage avec l'archiduchesse Marie-Louise. • Qu'elle daigne donc lui permettre d'être l'organe de mes sentiments invariables envers elle. Il lui confirmera mon inébranlable attachement à son système politique, il l'assurera que je n'ai pas de plus grand désir que de remplir, à son gré, tous mes engagements, ni de vœux plus ardent que de voir s'établir entre la France et la Prusse cette intimité de relations dont seule je me promets un retour de bonheur pour mes peuples... •

6. — L. s,, avec la souscript. aut., à Napoléon ; Berlin, 20 juil. 1810, l.p. in-4«. - 40 £ (n- 212, Esterhazy, 1857).

Belle lettre sur la mort de la reine son épouse.

7. — L. aut, en français, (à la O" de Saint-Aulaire) ; 25 mai (1818), 1 p. 1/2 in 4-. - 21 fr. (S" 249, Lajarrielte, 1860).

Compliment sur l'union projetée entre sa belle OUe et M. de Gazes. Il désire que cette union, qui lui semble avantageuse sous tous les rapports, devienne pour elle

une nouvelle source de contentement.. Je pense que vous devés être instruite, à l'heure qu'il est, que me voilà devouu grand-papa ! Cela doit me rendre raisonnable, et j'y travailla déjà de toutes mes forces... •

Les lettres signées de ce souverain valent de 3 à 5 fr.

frédéric-guillaune iv, roi de Prusse, fils et successeur du précédent (7 juin 1840), n. 15 oct. 1795, m. 2 janvier 1861.

Quelques lettres signées. De 4 à 6 fr.

frédéric-augcste i" électeur de Saxe*, créé roi par Napoléon, en 1806, n. à Dresde, 22 déc. 1750, m. 5 mai 1827.

L. a. s. à Napléon ; Dresde, 7 oct. 1807, 1 p. in-4\ - 22 fr. (N« 121, Charon, 1845) ; 25 tr 50 (N« 249, Lajarrietle, 1860).

Relative à l'annexion du grand -duché de Varsovie à la Saxe- — Avant de se rendre à Varsovie, il veut encore satisfaire à son cœur en lui offrant l'hommage de sa reconnaissance pour cet agrandissement, t Quelque signalé que soit ce bienfait en luimtfme.je proteste à Votre Majesté, que le bien principal que j'y rencontre et la plus douce jouissance que j'en aye à recueillir, c'est la preuve éclatante de son approbation comme de sa confiance. •

Deux ou trots lettres aut. sig. de ce prince se sont vendues de 8 à 12 fr. Le prix des lettres signées est de 4 fr.

Frédéric i« ou n, (Charles-Guillaume) , électeur de Wurtemberg, créé roi par Napoléon, en 1806, n. à Treptow, 6 nov. 1754, m. 30 oct. 1816.

Une sixaine de lettres aut. sig., de 6 à 10 fr.

fregoso (Pietro Campo), doge de Gênes, qui céda cette ville à Charles Vil, en 1458, et fut massacré le 14 sept. 1459, en voulant reconquérir son autorité.

1. — L. a. s. à Léonardo, son secrétaire ; Fanno, 15 juill. 1455, 1/2 p. in-4°, cachet. - 2 fr. (N- 296,.y. Charavay, 1854); 14 fr. (N* 15403 du Bull. J. Charavay).

Relative à la marine de la république de Gônes.

2. — L. a. s. aux gouverneur et capitaines de la ville de Gènes ; janvier 1457, 1 p pl. in 4-. cachet. — 9 fr 50. (N* 176, Trémont, 1852).

3 — La. s. au duc de Milan; 3 juillet, 1 p. in-4-, cachet. — 23 fr.(N*307, /. Charavay, 1865).

4. — P. S ; 20 mai 1459, 1/2 p. in-fol., cachet. - 52 fr. (N* 279, Succi, 1863).

Nous ne trou vous rien autre de lui dans les catalogues.

fregoso (le cardinal Frédéric), archevêque de Salerne, érudit, ambassadeur de Gênes auprès de Léon X, attiré en France par François I«r, qui lui donna Pabbaye de Saint-Bénigne de Dijon, m. 22 juil. 1541.

Une pièce signée de lui s'est vendue 4 fr. 50 à la vente Succi.

freiligrath (Ferdinand), un des meilleurs poètes contemporains de l'Allemagne, n. à Detmold, 17 juin 1810.

Deux lettres de lui se sont vendues 12 fr. et 5 fr. 50.

FREMYOT (André), archevêque de Bourges, ambassadeur à Rome, sous Louis XIII, frère de S* Françoise de Chantai, n. à Dijon, 26aoutl573, m. 13 mai 1641.

Deux ou trois quittances signées. De 3 à 5 fr.

fréret (Nicolas), célèbre historien et philologue, secrétaire perpétuel de l'Académie des Inscriptions, n. à Paris, 15 fév. 1688, m. 8 mars 1749. (Isographie). »

1. — L. a. s. à Voltaire; 2 déc. 1742, 1 p. 1/2 in-4*. - 12 fr. 50 (N- 194, /. Charavay, 1854 )

2. - L. a. s. à l'abbé Conti; 25 octobre, 1 p. pl. in-4'. - 6 fr. 25 (N« 198, Renouard, 1855.)

On trouve encore dans les catalogues plusieurs manuscrits ou fragments de Fréret vendus assez bon marché.

fréron (Elie-Catherine), le plus âpre des critiques du xvm« siècle, ennemi juré de Voltaire, auteur de Y Année littéraire, n. à Quimper, 1719, m. à Paris, 10 mars 1776. (Isographie),

t. - L. aut. à Mr De Lafontaine, à Foix; Paris, 15 juill. 1749, 3 p. pl. în-4-. - 10 fr. 50 (n- 312,7. Charavay, 1865).

Très-curieuse lettre, remplie de nouvelles littéraires et de méchancetés contre divers auteurs. « Le pauvre Bret n'est point encore sorti de la Bastille Ou* dites-vous de cette chenille de Mni$robert, qui s est avisé aussi de se faire mettre a la Bastille ces jours passés ? — Voltaire par ses menées est venu à bout de procurer à sa mauvaise pièce de Nanine 1 i représentations. — Marmontel fait une poétique pour mettre à la tête de sa tragédie d'Aristomène. Il travaille actuellement à une tragédie dont le sujet est Cléopatfe, sujet maigre, comme vous savez ! Comment en effet pouvoir nous intéresser pour un lâche comme Antoine et un catin comme Cléopatre?... »

2. - L. a. s. à l'abbé Gossart, à Noyon ; Paris, 4 fév. 1762, 2 p. in-8«, cachet. - 5 fr. 50 (N° 254, Laverdet, 1861.)

Il a fait remettre pour lui à M. Bidault, le Virgile de l'abbé Desfontaioes. L'a-t-il reçu ? il le prie en grâce d'expédier cette besogne le plus tôt qu'il pourra. ■ Le Brun est furieux de ce que vous n'avez pas cité ses odes dans votre livre. Il fait un libelle nouveau contre moi.... ■ Il dit en P. S. : « L'Opéra-Comique est enfin réuni à la Comédie Italienne. Ils ont joué hier pour la première fois aux Italiens. - On va nous donner encore une rapsodie tragique de Voltaire : intitulée Olympte, et tout le monde lui applique son titre : 0 L'impie !... »

3. - L. a. s. à Favart; 5 fév. 1763, 1 p. in-8« oblong. - 7 fr. (N* 289, /. Cha-

11 lui demande comment a été reçue hier la pièce de M. Goldoni (l'amour maternel).

4. - L, a. s. à Mercier St Léger; 5 janv. 1766, 1 p. 1/2 in-8°. — 4 fr. 50 (N« 2011 ûuBuU.-J. Charavay); — 16 fr. (n° 249, Lajarriette, 1860.)

Relative à une traduction de la CaUépédie et de Lucrèce, qui paraîtront sous peu.

5. - L. a. s. à M' de Vaudésir ; 4 déc. 1772, 1 p. in-4*. - 50 fr. (N- 256, Fossé- Darcosse, 1862.)

6 . — Vers aut. sig., faits pour le roi Stanislas, qui lui a donné une boite avec son portrait, l p. in-4». - 9 fr. (N* 148, CapeUe, 1849); — 16 fr. (N° 249, Lajarriette, 1860.)

Une vingtaine d'autres lettres de 5 à 6 fr.

fréron (Louis-Stanislas), publiciste et conventionnel fameux, fils du précédent, le chef de la Jeunesst dorée, n. à Paris, 1765, m. à St-Domingue, 1802.

I. — L. a. s à Cam. Desmoulins ; Paris, 23 juin 1790. 1 p. pl. in-4°. - 4 fr. (NB 192, Amant, 1859.)

Ayant été dénoncé à la Commune comme un des auteurs de l'Ami du flot, il prie Camille d'insérer sa réponse dans son journal. • C'est une horreur que je dois repousser avec toute l'énergie dont je suis capable.... Si les journalistes patriotes ne se liguent point, adieu la liberté de la presse.... »

(La suite au prochain numéro.)

MÉMOIRK» DE CHAUMETTE

(fiù

A peu prés dans le même tems Lafayette écrivit à l'Ass. nat. et au Roy les fameuses lettres où il s'établit conseiller et deffenseur de la Cour et récent dea représensans du peuple qui reçurent sans murmure les leçons et les menaces contenues dans cette fameuse lettre. Il eut pareillement une correspondance avec Roland, alors expulsé du ministère. Cette correspon dance rendue publique fil que les patriotes ouvrirent sérieusement les yeux sur les hommes qui s'établissaient en meneurs. On se disait : Roland est l'ami de Condorcet, Brissot, etc., et Condorcet était l'ami de Lafayette et déclare encore avoir pour lui un reste d'amitié. Brissot a été le prôneur du même Lafayette. Les liaisons de ces deux hommes avec Narbonne *, la deffense qu'ils ont prise de sa personne et de sa friponnerie, tout prouve leur intimité; et Roland, l'ami commun, écrit vertement à Lafayette1! Ces réflexions firent regarder la correspondance comme un jeu et là commencèrent les soupçons sur l'ex-mmistre qui, pour s'en laver, fit publier après sa sortie du ministère une longue et belle lettre au Roy où il lui disait ce qu'il aurait dû lui dire quand il était ministre Cette lettre assez bien écrite donna une espèce de réputation à Pex -ministre, mais l'incapacité, la bêtise, la sotte prévention qu'il a montré depuis au même ministère où, pour le malheur de la patrie, il est rentré après le 10 aoust, prouvent que cet homme n'était que l'instrument de ceux que je vienB de nommer et que c'était une machine dont ils se servaient

{tour parvenir à leurrer le bon peuple toujours aveuglement confiant. Si es teinturiers de Roland lui jettèrent sur lecorps une sottise en lui fesant cette lettre au Roy qui avait l'air d'une pelitte vengeance plutôt qu'une série de conseils qui ne s'y trouvaient que pour la forme et quan t il n'était plus tems de les donner, le pauvre prete-nom paya cher ce hors d'œuvre. Le directoire du département de Paris, composé des plus vils 'scélérats de l'Assemblée constituante rendit'à Roland ce qu'il avait fait au Roy. 11 publia une lettre à lui addressée comme ministre tandis qu'il ne Tétait plus, dans laquelle le pauvre homme n'était pas épargné. Mais ce n'était qu'un prétexte et Roland était destiné à être le plastron et le jouet de tous les intriguans. Le véritable but de la lettre départementale était de trouver une occasion de déclarer la guerre aux Jacobins, aux factieux, aux Républicains, et de faire l'éloge du Roy, de se déclarer ses champions. Les chers administrateurs s'y plaignaient avec uue emphase ridicule et une douleur à faire rire de ce qu'à la séance des Jacobins, le 21 mai, le président avait dit : S'il est possible à un citoien patriote de rester au service du Roy, c'est une preuve de l 'adage : tel maître, tel

1 Narbonne (le comte Louis de), né à Colorno (duché de Parme) le 24 août 1755. Appelé au ministère de la guerre, en décembre 1791, il en fut renvoyé le 10 mars 1792. Il fut plus tard aide-de-camp de Napoléon I*. et mourut le 14 janvier 1814 à Torgau dont il était gouverneur.

t Histoire parlementaire ce la Révolution française, t. xv, p. 102-1 112.

* Celte lettre était relative aux deux décrets sur la levée de 20,000 hommes et sur les prêtres auxquels Louis XVI refusait sa sanction. Elle est l'œuvre de M— Roland et renferme de sublimes passages. Aussi Roland lut-il renvoyé du ministère. C'est alors qu'il publia cette lettre» qui, d'après quelques-uns, aurait dû rester secrète. (V. Louis Blanc, t. vi, p. 388, et les Mémoires de M- Roland).

vakt; que dans celle du 17 les administrateurs de la Nièvre avaient été traités d'accapareurs de bled (na que cela était vrai), enfin que dans celle du 23, ô crime ! ! on avait dit que les généraux Lafayette et Narbonne étaient des traîtres ^ des perfides tout prêts à passer a l'ennemi, que le décret du veto n'était pas plus difficile à renverser que la Bastille, et les administrateurs concluaient à la destruction des Jacobins, destruction dont Lèopold, Brunswick et les émigrés avaient fait la motion expresse, motion violemment appuyée par environ 60 mille contre-révolutionnaires appelés par la cour de tous tes coins de la Fr an ce et hébergés fraternellement par le directoire du département, l'état-major de la gardenationale, le côté droit de l'Assemblée nationale et tous les autres scélérats que renfermait Paris.

Mais laissons là ces détails et voyons les dispositions où se trouvait le peuple. Les trahisons de la cour, les vexations des administrateurs du Roy, des juges de paix du Roy, des municipalités du Roy, des tribunaux du Roy, des gardes-nationaux du Roy, des généraux du Roy, des motioneurs du Roy, des mouchards du Roy, de la garde domestique du Roy, des législateurs du Roy; l'avilissement de l'Ass. nat., les menaces de l'ennemi du dedans et de celui du dehors à qui la cour ouvrait nos fi on tières, les manœuvres des prêtres fanatiques : tout cela excitait les mouvements auxquels le peuple devait bientôt se livrer.

Les sections du centre de Paris étaient opprimées par la faction royaliste ; mais celles des fauxbourgs St. Antoine et St. Marceau conservaient toute leur force. Ou y discutait les grands intérests de la patrie et les moyens de la sauver : on allait môme jusqu'à demander la réclusion du Roy et l'on auroit volontiers conservé un couvent de moines pour l'y séquestrer. Les citoiens de ces sections désignées par les aristocrates à dentelles sous le nom de sans culottes s'énorgueillissaient de ce titre etsous leurs respectables haillons appréciaient la valeur du tyran à l'exemple du poète Hamédi -Kermani qui, jouant avec Tamerlan à un jeu qui consistait à estimer en argent ce que valait chacun d'eux, dit au tyran : Jevous estime trente aspres. « La serviette dont je me sers les vaut », dit Tamerlan. liait c'est aussi en comptant la serviette, répondit Hamédi. C'était ainsi qu'à travers les expressions de la plus vive douleur on ap-

Eréciait Louis 16 et qu'on s'accoutumait à l'idée de se passer de rois, 'un autre côté les patriotes les plus chauds et les plus éclairés se rendaient au club des Cordelière et <$e là passaient les nuits ensemble à ce concerter. Il y eût entre autres un comité où l'on fabriqua un drapeau rouge portant cette inscription.: Loy martiale du peuple contre la révolte de la cour, et sous lequel devaient se rallier les hommes libres, les vrais républicains qui avaient à venger uir ami, un Bis, un parent assassiné au champ de mars le 17 juillet 1791.

Tous ces mouvements aboutirent à la rédaction d'une pétition qui devait être présentée par les faubourgs St. Antoine et St. Marceau marchant en armes etauxquels devaient se réunir tous les amis de lu liberté et le nombre s'en trouva immense. Le 20 juin fut le jour choisi parles vigoureux pétitionnaires. Dès le matin les rassemblemens eurent lieu. Enfin vers midi ce corps imposant se mit en marche ayant à sa tète la déclaration des droits de l'homme gravée sur deux tables et environnée de canons. Le directoire du département courut porter l'alarmeà l'Assemblée natiouale, mais le cortège était en marche et d'ailleurs cette marche portait avec elle un caractère de féte qui devait rassurer. En effet deux des objets de ce rassemblement étaient la célébration de l'anniversaire du serment du jeu de paume et la plantation d'un arbre de la liberté à la porte de l'Ass. nat. Bientôt un peuple immense remplit les rues qui abou-

tissent de la place de la Bastille au lieu des séances du corps législatif. On distinguait dans la marche l'effigie de la Bastille, les bustes aes grands hommes, des jalons sur lesquels étaient écrits ces mots: Liberté, égalité,

— Quand la patrie est en danger tous les sans culo' tes sont debout,

— avis à Louis XVI: le peuple las de souffrir veut la liberté toute entière ou la mort. — Libres et sans-culottes nous en conserverons au moins les lambeaux.

Là dans le manuscrit se trouve une lacune d'un feuillet où Chaumette devait sans doute faire le récit de la lecture de l'adresse à l'Assemblée nationale. Le manuscrit reprend ainsi: 1

Durant la lecture de cette addresse la foule se grossissait autour de l'Assemblée nationale ; de son côté la cour rassemblait tout ce qu'elle avait d'assassins et d'amis. La place du Carrousel, la grand cour du château, tous ses environs ressemblaient à un camp : les pièces de canons tournées contre le peuple annonçaient des intentions hostiles ; les chefs de la garde nationale, les officiers aes Suisses excitaient au carnage. Ou fit distribuer des cartouches et charger les armes; mais la gendarmerie jetla la poudre du bassinet en murmurant contre une pareille précaution. Grand nombre d'officiers et soldats de cette garde domestique qui venait d'être licenciée se promenaient avec leurs poches de gilet chargées de pistolets et de poignards. Ils avaient un signe de ralliement à leurs cocardes et beaucoup a'aristocrates, vêtus de l'uniforme nationnal formaient avec eux un corps de brigands qui paraissait disposé à tout entreprendre.

Cependant le cortège défilait à travers la salle du corps législatif et se rendait sur deux colonnes à la place du Carouzel où l'on avait disposé la troupe et les canons de manière à opposer une grande résistance. Les

IK>rtes des cours et du château étaient fermées et défendues par uneartilerie formidable. A l'abord du cortège la troupe fit un mouvement menaçant: un détachement des braves pétitionaires s'avance fièrement; on

Sarlemente ; plusieurs citoiens qui se trouvaient dans les rangs, indignés u rôle qu'on leur faisait jouer, s'en expliquent hautement ; la foule augmente, les passages sont ouverts ou forcés, les cours et le carrouzel sont bientôt inondés d'une masse énorme de citoiens tous armés et bien décidés : ils éprouvèrent une très grande résistance aux portes des pre-

i Voilà quelques traits du récit que fait M. Louis Blanc (t. vi. p. 423-5) et qui suppléera à la lacune du manuscrit : u Arrivée à la hauteur aes Tuileries, après avoir monté la rue Saint Honoré, la foule aurait pu, pour pénétrer jusqu'à la salle de l'Assemblée, entrer dans la cour du Manège; mais cette cour était longue, étroite: il parut dangereux de s'y engager. On préféra donc suivre la rue Saint Honoré jusqu à la hauteur de la place Vendôme et se

Srésenter par la porte des feuillants. • Pendant ce temps-là grande discussion l'Assemblée pour savoir si on laisserait pénétrer le peuple. « Allons, s'écrie Mathieu Dumas, voici l'heure suprême où il faut faire son devoir ! — A peine ces mots sont-ils prononcés que l'irruption des pétitionnaires, qui paraissent a la barre, et les applaudissements enthousiastes des tribunes, jettent l'Assemblée dans la plus grande ( onfnsion. Debout et irrités, les membres du côté droit protestent, Us invoquent l'inviolabilité du sanctuaire de la loi : • L'Assemblée n'a pas encore prononcé. Retirez-vous ! Retirez-vous ! Et, respectueux jusque dans les emportements de son patriotisme, la députation se retire. Alors seulement, son admission fut mise aux voix et décrétée. Elle rentre, et Huguenin, son orateur, lit unepétition pleine de colère, pleine de menaces, et qui, à cause de cela même, répondait fort peu aux dispositions de la foule : - Au nom de»la nation, qui a les yeux fixés sur cette ville, nous venons vous assurer que le peuple est debout. .. La trame est découverte, l'heure est arrivée ; le sang coulera, ou l'arbre de la liberté que nous venons planter fleurira en paix.... »

miers appartemens. Alors les vigoureux sans-culottes ayant monté sur leurs épaules une pièce de canon, l'étonnemenl et la peur firent lever tous les obstacles. On donna un grand coup de hache à une autre porte. Louis 16 la fit ouvrir lui-même et se mit à brandir son chapeau en l'air en criant de toutes ses forces: vive la nation. Il était alors entouré de

S relies réfractaires et séditieux, de plusieurs chevaliers du poignard et 'un petit détachement des grenadiers du bataillon des filles S. Thomas dont nous parlerons dans la suitte. Ces messieurs à l'aspect du peuple s'enfuirent épouvantés et abandonnèrent teurcher maître ou plutôt leur prôte-uom a la discrétion de ce même peuple qu'ils peignaient tous les jours comme un assemblage de bétes. En un clin d'oeil la salle fut remplie d'hommes armés de piques, de faux, de bâtons, armés de couteaux, de scies, de fusils, de fourches, etc. Ou plaça les tables de la déclaration des droits de l'homme face à face du Roy. Il se déconcerta et chercha à s'agiter pour se remettre. Alors ce ne Tut qu'un cri. Sanctionnez, disait-on» sanctionnez les décrets qui -doivent sauver la France, rappelez les minisires patriotes, chassez vos prêtres, choisissez entre Coblentz et Paris. Le roy tendait la main aux uns et aux autres, agitait toujours son chapeau : enfin ayant aperçu un bonnet rouge entre les mains d'un citoien il en couvrit sa téte, puis il se mit à boire à même une bouteille à la santé des sans culottes qui de leur côté criaient : le Roy boit. Il promit tout ce que demandaient les citoiens. Alors ils évacuèrent peu à peu les appartenions et ils défilaient depuis

auelque tems lorsqu'une députât ion de l'Assemblée nationale et le maire e Paris parurent pour rassurer le fourbe monarque et inviter les citoiens à se retirer paisiblement. Il fallut un très long espace de tems pour le faire, car toutes les galleries du château, les terrasses, l'intérieur et les toit3 mêmes étaient chargés de monde. Enfin à dix heures du soir tout fut évacué et Paris se trouva dans le plus grand calme. Ainsi se termina cette fameuse journée qui servit de prétexte à tant de calomnies et de trahisons.

Le peuple de Paris attendait tranquillement l'effet des promesses du Roy. Le préjugé que la promesse d'un Roy étaitsacrée ne laissait pénétrer aucun goupçon ; mais le lendemain même il écrivit à l'Assemblée nationale la lettre suivante :

« M. Le Président, l'Assemblée nationale a déjà connaissance des évé- « nemens de la journée d'hier. Paris en est sans doute dans la. consternaa tion : la France les apprendra avec un étonnemenl mêlé de douleur. « J'ai été très sensible au zèle que l'Assemblée m'a témoigné dans cette « circonstance. Je laisse* à sa prudence de chercher les causes de cet a événement, le soin d'en peser les circonstances et de prendre les « mesures nécessaires pour maintenir la constitution, assurer Vinviolau bilitè et la liberté constitutionnelle du représentant héréditaire de la « nation. Pour moi rien ne peut m'empècher de faire en tout tems et « dans toutes les circonstances ce qu'exigeront les devoirs que la conslio tution que j'ai acceptée m'impose et le3 vrais intérests de la nation. *■

Cette lettre fit connaître les véritables intentions de celui qui l'avait écritie et bientôt les mécontentements éclatèrent. Ce fut de ce, moment que la cour établit dans le château un tribunal inquisitorial qui instruisait dans l'ombre contre les patriotes et voulait résus<itcr les odieuses procédures des affaires des 5 et 6 octobre 1789 et du 17 juillet 1791. Ce tribunal infâme était composé de juges de paix vendus à la cour, des juges

» L'Histoire parlementaire (t. xv, p. 189) reproduit une proclamation de Louis XVI qui est dans le môme sens que cette lettre.

de paix! 6 ciel ! des juges de paix transformés en fauteurs de la guerre civile, en instrumens des vengeances atroces d'une cour assassine. Les plus chauds écrivains furent persécutés, incarcérés ; plusieurs présidens et secrétaires de sections, plusieurs membres des sociétés populaires subirent le mômé sort. L'insolence des enuemis de la patrie était à son comble : il suffisait d'être reconnu patriote pour être baffoué, insulté, maltraité même dans les rues et souvent chés soi ; toutes les loix étaient muettes et sans force pour la deffense des patriotes opprimés et se changeaient en poignards à deux tranchans quand il s'agissait des intérêts d'un royaliste ou d'un contre-révolutionnaire.

Là s'arrête le manuscrit : la mort ne laissa pas à Ghaumette le loisir de finir ses Mémoires. Ce qu'il en reste n'en est pas moins un morceau intéressant pour l'histoire, et il est curieux de comparer le récit de la journée du 20 juin avec le tableau si véridique, si vivant, si circonstancié qu'en a* tracé Mr Louis Blanc.

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