‹ L'amateurChapitre 18 sur 20 · CONSTANCE, VALERE · texte numérisé non relu

CONSTANCE, VALERE

VALERE, sans voir Constance, et près de la Statue.

Bientôt tout sera prêt.

Pour recevoir ma nouvelle Statue On change tout mon Cabinet.

Elle va bien l’orner; c'est le premier objet Qui d’abord en entrant viendra frapper ma vue. D'autres rangés plus bas composeront sa Cour. Je veux que de la tête entière Elle les passe tous; les premiers feux du jour L'embelliront d’une douce lumière.

CONSTANCE, à part.

Comme il parle de moil... Je ne sçais par où fuir.

VALERE

Allons. Mais Ciel! que vois-je! O surprise! 6 plaisir! Je ne me trompe pas; c'est elle, c'est bien elle. De mon Antique, vous, vous êtes le modèle.

Quel prodigel Vous existez!

Je suis de votre siécle! On me trompoit.. restez. Vous détournez les yeux! Dites, daignez me dire.

CONSTANCE

Monsieur! Quel embarras! À peine je respire.

VALERE

Quel son de voix! Comment ! vous dans cette maison! Puis-je demander votre nom

Et vos heureux parens? Voilà votre Statue;

Elle est à moi; mais vous! parlez; vous l'aviez vue.

CONSTANCE

Oui; même ce matin je la croyois perdue.

VALERE

Je l’avois.

(IL court vers le cabinet.) Ah! Damon:

(Il revient.)

Le connoissez-vous ?

COMEDIE. 57 CONSTANCE, souriant.

Oui.

VALERE

I1 ne m’en parloit pas! Le cruel! Est-ce lui? Oh, c’est lui, je vois tout.

CONSTANCE

Monsieur, pourriez-vous croire...

VALERE

Je crois qu’il me trompoit. Il en aura la gloire; Aurai-je le bonheur de. de vous plaire? Non,

Je n'ose l'espérer.

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