‹ L'Amazone (volume 3)Chapitre 2 sur 19 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

L'exactitude étant, selon moi, la première condition de toute publication historique, je crois devoir expliquer comment je suis à même de raconter exactement la dernière campagne de Kabylie.

Pendant un séjour de quelques semaines que je faisais à Alger, pour santé, durant le dernier hiver, le gouverneur général de l'Algéria m'a autorisé à assistpr à l'expédition de Kabylie, qui devait se faire au printemps.

Animé par le désir de voir une campagne militaire et un pays peu connu, j'ai suivi l'expédition, depuis le premier jour jusqu'au dernier, regardant tout de mon mieux, les honimes et les choses.

J'ai fait cette campagne de mon plein gré, sans mandat, ni mission de personne : je n'y ai rien cherché qu'un nouvel horizon :\je n'ai rien demandé à en recueillir, que le juste salaire de mon travail,

II PUËFACE.

c'est-à-dire les prix des ventes de ma publication, soit en articles, soit en volume.

Quant à cette publication elle-même, entière liberté d'écrire m'a été laissée : tous les renseignements que j'ai demandés, sans exception, m'ont été donnés: ma plume n'a été dirigée par aucunes considérations de personnes, par aucun désir d'honneurs, ni de lucres: je regarde la vérité comme le premier devoir de l'écrivain : j'ai de mon mieux, avant tout, accompli ce devoir.

Je puis m' être trompé souvent dans mes appréciations des hommes et des faits : errare hvmanum est; mais je n'ai écrit que ce que j'ai cru être la vérité absolue de fond comme de forme, rendant fidèlement aux chefs, aux soldats, à l'ennemi, suum cuiqucy à chacun le sien.

EMILE CABRET.

Septembre 1857.

Page 1