‹ L'Amazone; Les flambeaux. Pref. de l'auteurChapitre 205 sur 263 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

avec angoisse... Vous ne pouvez concevoir mon doute de moi-même... mon étonnoment... ma rage, depuis quelques jours... le doute de ma fierté qui m'envahit!... Celui auquel vous vous confessez avec ardeur n'est peut-être qu'un pauvre vieux savant naïf et falot qui n'a même pas la connaissance de lui-même et qui à cinquante ans se sent tout à coup pris par une force rétrograde!... Oui, ne cherchez pas à comprendre... Nous sommes deux voyageurs, nous nous rencontrons en chemin inverse. Nous pensions l'un à l'autre, sans nous connaître... et nous nous rencontrons en passant, l'un allant là, l'autre en revenant. Et nous nous tendons la main fraternellement... mais avec une bien belle amertume! —

HERNERT

Ce n'est pas encore assez que cette poignée de main... Je ne sais ce qu'évoquent pour vous cette soirée, ces arbres, ce jardin, ce ciel... Je devine obscurément une terreur... Mais, moi, je sens monter en moi toute l'émotion du soir où j'ai souhaité de disparaître à cause d'elle... Voyez- vous, c'est le même ciel immobile... Il n'y a qu'une chose qui est peut-être changée... le visage de ma douleur... Et un peu grâce à vous, n'est-ce pas? Comprenez- vous ma dette superstitieuse maintenant et pourquoi j'ai tenu à l'acquitter?

BOUGUET

Il faut que je vous embrasse... il faut que nous nous embrassions!...

HERNERT

De tout mon cœur!

(Et ces Jeux hommes, dans l'ombro, se tlonnent un baiser maladroit où se Ululent Je largos respirations oppressées.)

'" BOUGUET

Mon ami, mon cher ami! qui pourrait comprendre notre émotion en ce moment et le baiser d'homme que nous venons d'échanger!

HERNERT, radieux.

Vous voyez que j'ai bien fait de venir ee soir. Je n'espérais pais à un pareil moment.

BOUGUET

Quelqu'un vient nous le voler...

HERNERT

Et, voyez, c'est un peu comme dans des histoires ou comme à la fin des rêves : la musique cesse avec no« paroles.

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