SCÈNE IX BLONDEL, PÉLISSIER, puis EDWIGE
PÉLISSIER, son pardessus sur le bras, sort du pavillon de» Blondel.
Tiens! vous êtes là, Blondel!
BLONDEL
Pourquoi cet étonnement?
PÉLISSIER
Ah! je croyais que c'était vous qui étiez rentré dans votre maison.
BLONDEL
Non. J'étais de service, mon cher.
PÉLISSIER
Je prenais dans l'obscurité mon pardessus que j'avais déposé chez vous, avec le vestiaire de Mme Duruy, quand on vient juste d'éteindre votre rez-de-chaussée.
Alors je me suis trouvé stupidement dans l'obscurité !... A tâtons, je me suis mis à chercher, autour de votre billard sur lequel j'avais jeté le pardessus, et...
BLONDKL, regardant le pavillon.
Ah! oui! tiens, au fait, c'est éteint! Pourquoi?... C'est absurde.
PÉLISSIER
Et on a poussé la porte pendant que j'étais là. C'était un couple. Je croyais que c'était vous qui accompagniez Madame Blondel.
BLONDEL
Du tout. Ma femme était seule... Ce ne peut être elle que vous avez aperçue.
PÉLISSIER
Alors, vous avez des invités chez vous...
BLONDEL
C'est d'ailleurs imprudent de laisser ainsi toutes les portes ouvertes. Je recommande toujours à ma femme de fermer la porte qui donne derrière ce massif d'à?' bres.
PÉLISSIER
C'est par là que je suis entré.
BLONDEL Un instant. (Au moment de s'en allei.) VouS désirCZ du
feu! Voilà une boîte d'allumettes.
(Il lui laisse les allumettes. Pélissier allume un cigare, met son pardessus. Quelques sccoade* après, Blondel, qui a fait le tour de sa maison, revient; il remet des clefs dans sa poche.)
PÉLISSIKP.
Adieu, mon cher. Alors, je ne serre pas la main à Madame Blondel.
BLONBEL
Ma femme se sentait souffrante. Eï!e «st montée depuis longtemps se coucher.
PÉLISSIER
Ah! «Ile est montée!...
BLONDEL, regarde la fenèlre du premier.
Oui...
ÉLISSIER
Vous lui présenterez tous mes respects.
BLONDEL, distrait, regardant la maison.
Vous dites?
PÉLISSIER
Vous lui présenterez tous mes respects.
BLONDEL
Oui... Cependant, pourquoi n'est-ce pas allumé dans sa chambre? Et pourquoi tout est- il éteint en bas?
(La lumière s'allume au premier.) Justement. Mais, alorS, elle
n'était peut-être pas encore montée... Tiens!... (ii jette
«in caillou dans la fenêtre.)
PÉLISSIER
Ce n'est pas pour me dire adieu, cher ami, que vous allez déranger Madame Blondel?
BLONDEL Rassurez- vous! (ll jette un second caillou et appelle.)
E4wîge!...
(La fenêtre s'entr'ouvre. Edwige passe imperceptiblement la tête par les volets.)
EDWIGE V
Qu'y a-t-il? C'est toi?
BLONDEL
Oui. Tu es encore habillée? Comment n'es- tu pas .] couchée?