ACTE DEUXIÈME
l'aveu démon amour, mais il me brûlait, il m' étouffait trop... L'existence que je menais était impossible. Il y a des minutes où la franchise vous empoigne...
BOUGUET
Et tu n'as pensé qu'àtoiiTun'aspenséniàmafemme, niàtonmari!...Arheure peut-être où j'allais sauver cet homme, où je pouvais l'amener sur la rive... car j'ea sentais encore le pouvoir... ton cri perfide est venu!...
EDWIGE, l'inten-ompant.
Ak! taisez- vous! taisez- vous! J'ai peur tout à coup. Une peur affreuse. Pas pour moi : pour vous. J'y songe! S'il allait vous tuer! Il semblait hors de lui.
BOUGUET
Si tu savais le mépris que j'ai de la mort!
EDWIGE
Allez- vous-en... allez- vous- en!
BOUGUET
Je ne me déroberai pas!
EDWIGE
AUez-vous-en! Dieu! que j'ai peur! C'est effroyable cette sensation que de là... à droite... à gauche... Où est-il!... Quest-ce qu'il faut que nous fassions?
BOUGUET Attendre. Demeurer. (ll se recule et du geste indique le champ désormais de la séparation.) ÉcarteZ- VOUS ! S'il vicut, qu'il ne
nous trouve pas dans l'attitude de deux eompUces qui se parlent à voix basse. Nous sommes à jamais séparés. Restez-là, dans la seule attitude qui convienne : celle du silence et de l'acceptation.
(Elle s'nrc-boule contre lo banc à droite. Elle a tout à coup une exclamation comme si elle avait entendu ({uelq^ue cho&e près d'elle.)
EDWIGE
Là... là... par là... (Nouveau silence.) Non, je me suis trompée!... Ah! le voilà!
BLOND EL accourt, tenant quelque chose d'enveloppé sous son aisselle.
Sais- tu ce que je tiens là? Mais tu l'apprendras tout à l'heure! Patience! Peu de chose, en vérité! Auparavant, il faut que je t'annonce ce qui t'attend...
EDWIGE
Prenez garde... quelqu'un... quelqu'un à droite... peut-être un étranger... un invité qui sera resté.
BLONDEL
Tout le monde peut venir! Tout le monde doit entendre! Demain, il n'y aura pas assez de public!... Demain, il y aura la foule pour juger... Tout Paris saura ce qu'était l'illustre Bouguet, le grand savant... lauré de tous les triomphes!...
EDWIGE
Qui est là?