ACTE TROISIÈME
MARCELLE, arrangeant le canapé.
Cette journée! Je me sens un peu souffrante... La tête me tourne.
MADAME BOUGUET, méfiante.
Oui... mais tout à coup... ainsi... Enfin, je trouve cela extraordinaire! Hernert qui disparaît... ce va-etvient continuel... ton émotion...
MARCELLE
Que vas- tu imaginer, maman?... De la lassitude, voilà tout. Passe-moi ce coussin...
MADAME BOUGUET
Ah! mais, ah! mais! On me cache quelque chose... Est-ce que par hasard?...
MARCELLE
Quoi?...
MADAME BOUGUET
Oh! J'ai des doutes!... J'essaie en vain de me les dissimuler. Ce retard anormal de ton père... Marcelle, ■où est ton père?
MARCELLE
Comment veux- tu que je le sache plus que toi?
MADAME BOUGUET
Ta voix ment... Vous me cachez tous un accident.
MARCELLE
Calme- toi, maman, calmons-nous... nul accident.
MADAME BOUGUET
Alors, parle... Je comprends. Ils se sont battus, n'est-ce pas?...
MARCELLE
Eh! je n'en sais pas plus que toi!
MADAME BOUGUET
Ah! c'est un demi- aveu... Mon Dieu, si tu t'es ainsi étendue, après qu'Hernert a eu conversé avec toi, à voix très basse, c'est que tu viens d'apprendre une mauvaise nouvelle... Tu me la dissimules.
MARCELLE
Que vas- tu imaginer, maman?
MADAME BOUGUET
Vous mentez tous... vous mentez tous... Quel est ce bruit en marche qui vient?... ces pas mous, trop lents... Ah! que j'ai peur!... que j'ai peur!...
(Elle recule, tout en prêtant l'oreille. La porte s'ouvre. Paraît Laurent en chemise molle, le bras gauche et la poitrine bandés, soutenu par le docteur. lia sont précédés de Hernert. Bouguet a une cigarette à la bouche et sourit.)